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Notice et description des tableaux et statues exposés au Museum du département de l'Escaut, situé à Gand dans l'église de la ci-devant abbaye de St Pierre

91 pages
imp. de P. S. de Goesin-Verhaeghe (Gand). 1802. In-12.
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N , 0 T I- -
ET
DESCRIPTION
D E S TABLEAUX
ET STATUES
E X P O S É S
- A' U
MUSÉ U- M
Du Département de
Situé à Gand dans l'église de la ci-devant
Abbaye de Sr. Pierre.
Prix jP5 Centimes.
A G AND,
De l'Imprimerie de'C'pF. 'e GÕsin Vérhaeghe,
rue Haute - porte, -n. ° 229.
1 Premier Frimaire an XI. ,,t.
Extrait du registre des Arrêtés du Préfet du
Département de l'Escaut.
Le Préfet du Département de VEscaut ,
vu la lettre qui lui a été adressée par le
Jury d'Instruction publique pris V Ecole Cen-
trale , par laquelle il l'invite à déterminer les
jours auxquels le Muséum établi dans cette
Fille, sera ouvert au public,
Considérant qu'il est instant d'exécuter les
dispositions de la Loi du 23 Fructidor an 6 ,
qui met à la disposition de ce Département
la ci-devant Eglise de St. Pierre, à Veffet
d'y former ledit Muséum, et que d'ailleurs
la majeure partie des objets d'arts qui doivent
composer ce Musée y ont été transportés et
placés dans le lieu et l'ordre qui leur con-
vient, Arrête:
Le Muséum du Département de VEscaut,
situé à Gand, dans la ci-devant Abbaye de
St. Pierre, sera ouvert au public, à partir
du 1 Frimaire prochain, tous les Mardi et
Jeudi de chaque Semaine. depuis neuf, heures
du matinjusqu'à midi, et depuis deux heures
de relevée, jusqu'à quatre, les six premiers
mois de tannée; pendant les six derniers
mois, Vouverture dudit Musée aura lieu depuis
huit heures du matin jusqu'à midi, et de-
puis deux heures jusqu'à six du soir.
Le directeur dudit Muséum est chargé de
l'exécution du présent arrêté , ainsi que de
prendre toutes les mesures propres à la con-
servation des objets d'arts.
Le présent arrêté sera inséré trois fois dans
les journaux de ce département, adressé au
jury d'instruction publique, à l'école centra-
le , et au citoyen Fan Poucke , directeur
dudit muséum.
Fait à Gand, le 24 Brumaire , an 11.
Signé F Al POU L T.
Pour expédition conforme:
Par le Préfet, le Secrétaire général ale la
préfecture , signé GRÉBAN,
A
DESCRIPTION
- DES TABLEAUX , ET STATUES EXPOSÉS
AU
MUSEUM
Du DÉPARTEMENT DE L'ESCAUT,
A GAND. -
CEt Emplacement, qui a pris le nom de Museum, était
précédemment l'Eglise de l'Abbaye de S. Pierre.
- Elle a été construite d'apiès- les Dessins d'un
Architecte Italien, inconnu , en l'an 1629, sous l'Abbé
Scbayck , qui en posa Ja premiere pierre. Dans la
Haute-Eglise , séparée de la basse par des portes
grillées , étoient les stalles des Religueux Bénédictins ;
ils y célébraient le service divin.
Le public se tenait en bas , sous le Dôme, qui
s'élève au milieu d'un grand carré soutenu par quatre
piliers, et qui va se terminer en coupole à la hauteur
de 189 pieds , son diametre est de 50 pieds. Le bâti-
ment fut achevé en 1722, sous Ant. Musatrt LXVIIIe
Abbé de ce monastère.
On a frappé une Médaille, en mémoire de la con-
struction ,de ,ce beau monument d'Architecture ; elle
( 4 )
représente d'un côté le buste de S. Pierre Apôtre , avee' :
la légende : SUPER HANC PETRAM JEDIFICABO ECCLEslAM -
MEAM. De l'autre côté, la façade avec la coupole , et la -
legende: JOACHIM ARSENIUS AEB. S. PETRI JUXTA GAND. <
IN MONTE BLANDINIO. AN. MDCXXIX.
I
Van Loon l'a insérée dans son ouvrage sur les Médail-
les des Pays-bas.
Frere Jean, Recolet , [habile Sculpteur, a fait les
quatre Evangelistes qu'on voit au-dessus des quatre pilas- 1
tres qui soutiennent le Dôme.
Les statues en pierre-de-grès placées dans différentes j
niches, représentant Jesus-Christ, les Apôtres, et les
quatre Docteurs de l'Eglise, sont sculptés par Heylbetgb, -
et par Gillis, d'Anvers.
,En entrant dans la Basse-Eglise par la grande
Porte ; au dessus du Portail:
N. 0 I.
Agar égarée dans le desert avec son fils
Ismaël, par Nie. Roose.
Agar, rendue de lassitude, s'assied par terre; elle
déplore la triste fin de son fils, qu'elle montre étendu
h quelques pas d'elle, luttant contre la soif; le chien,
Compagnon fidele d'Ismaël, ne voyant plus dtf mou-
vement dans son Maître , semble vouloir le ranimer
par ses caresses et appeler au secours par ses douleu-
reux aboyemens; dans cet intervalle un Ange conso-
lateur apparaît à Agar et lui montre une source jallis-
sante d'eau pure, qui étanchera la soif de .son fils
( 5)
et le rendra à la Vie : le lointain est un paysage
montagneux.
Ce Tableau est long et étroit, il est peint sur toUe ,
'les figures sont de grandeur naturelle.
Nicolas de Roose, son vrai nom étoit Niaolas Liemaeker ,
surnommé Roose , on ne sait pas pourquoi. Il est né à
Gand en .1575 , et fut placé fort jeune chez Marc Gueraerf,
bon peintre d'Histoire. Après la mort de ce Maître, il
fréquenta l'Ecole cPOtbo-Vènius, dont it gagna l'affection,
qui fut, depuis, le fondement de sa fortune; car après avoir
passé plusieurs années dans cette Ecole, son Maître l'en-
voya au Prince - Evêque de Paderborn) avec une lettre
-de recommandation ; mais le climat étant contraire à sa
santé il quitta cette cour et vint s'établir à Gand où il
est mort à l'âge de 71 ans en 1646. La ville de Gand
possédé le plus grand nombre de ses Tableaux ; il tra-
vailla avec Craeyér, aux Tableaux qui décoroient les arcs
de Triomphe érigés pour Ferdinand, lors de son entrée
dans cette Ville ; 011 les conserve à l'hôtel de Commune ,
et ils sont gravés dans l'ouvrage intitulé : Lttroitus
Ferdinandi in urbem Gandavum, auctore G. Becano. Ant-
verpia, 1636, grand in folio,
Il avait une grande facilité-, causée par le feu de son
imagination qui le portait plus à traiter ses sujets eu grand
qu'en petit: ses figures sont presque toujours colossales,
sa couleur souvent froide , et tirant sur le noir, principa-
lement dans les ombres : ses carnations trop rouges et peu
agréables. Rubbens faisait beaucoup de cas de ce peintre.
( 6 )
Au-dessus de ce Tableau.
N. 0 2. x
Jésus-Christ mourant sur la Croic, par
Zegers-Jacques van Helmont , 1722.
Le Sauveur attaché à la Croix jette un regard mou-
rant vers le Ciel, et appelle à haute voix le Pere.
Eternel, un groupe de soldats, en partie à cheval,
le remarque et s'étonne de ces cris; la Sainte Vierge
assise au bas de la Croix , paroit pénétrée de La plus
profonde douleur ; la Madelaine , à rnoux, embrasse
affectueusement les pieds de son divin Maître; S. Jean et
tine des Maries expriment vivement la tristesse dont
il sont accablés; on voitautour du mont Calvaire une
infinité de spectateurs, et dans le lointain la Ville de
Jcrusalem ; sur le devant les instrumens du supplice.
Ce grand Tableau est peint sur toile et ■ ceintrét
les figures sont plus fortes que nature: il vient des
Carmes déchaussés.
Zegers-Jacques van Helmont, fils et élève de Jean , nA-
quit à Anvers en 1683 le 17 Avril, il mourut à Bruxel-
les, où il s'étoit retiré, le 21 Août 1726. Il n'est jamais -
sorti de son pays pour étudier les Chef - d'Œuvres des
Ecoles étrangères ; par sa grande application, il avait
acquis une facilité étonnante; il mettoit dans ses Tableaux
d'Histoire beaucoup de noblesse et d'esprit, son coloris
était agréable, son dessin correct, sa touche ferme et
moëleue: la Ville de Bruxelles possédé la plus grande
partie de ses ouvrages. -
( 7 )
A 5
A côté du Portail à gauche,
N. 0 3.
Un grand Paysage boisé , par Jacques van
Artois.
Un Peuplier blanc domine la partie droite du Ta-
bleau ; l'arbre majestueux s'élève au-dessus d'une
terrasse qui forme un des côtés du grand chemin:
les bords opposés - sont la base d'une montagne sa-
blonneuse qu'ombragent de beaux arbres, dont les
cimes s'élancent dans les airs ; au milieu du Ta-
bleau ou voit la grande route se perdre dans une
riante vallée couverte de verdure ; une Riviere la
traverse en serpentant; les bords sont plantés d'ar-
bres et arbustes ; des habitations champêtres la déco-
rent; Jesus-Christ accompagné des disciples d'Emails
occupe le chemin; un Berger conduit ses brebis au
paturage ; l'horison est terminé par des montagnes
lointaines.
Ce grand Tableau , peint sur toile et ceintré, ornait
ci-devant le réfectoire de VAbbaye de S. Pierre; il est
touché drune maniéré légère mais ferme, le coloris en
est jhaud et piquant , l'effet harmonieux et vrai.
les lointains traités avec beaucoup d'art.
Jacques van Artois, nâquit à Bruxelles en 1613. On ter
croît élève de Wildens; il ne cessait d'étudier dans les,
campagnes et dans les forêts les variétés de la nature ,
c'est îà qu'il s'est acquis cette grande maniéré et cette
touche hardie et facile ; ses ciels et ses lointains secsf
C 8 )
légers et variés, ses arbres ont de belles formes et sem.
blent se mouvoir au grè des vents.
D. Teniers était son ami et retouchait souvent les figu- ]
res de ses Paysages: il vécût avec peu d'économie ,et
mourût pauvre: on ignore en qu'elle année.
N, ° 4.
La Réconciliation , par Jacques yord'aem.
Le Peintre a puisé son sujet dans le texte da~-
S. Matthieu. chap. V. f..23 et 24. Au milieu
du Tableau deux hommes s'embrassent cordialement
en signe de réconciliation. Devant l'Autel, sur lequel
brule une lampe, le grand-prêtre en habit cérémonial, --
l'encensoir en main , les attend pour remercier l'être
Suprême de leurunion, et les bénir. Deux Acolytes' por-
tecierges occupent les deux côtés de l'Autel, plusieurs
personnes viennent déposer leurs offrandes, qui sont en
pigeons, poulets , brebis, &c. , dans le sanctuaire,.
pour marquer leur reconnaissance de bienfaits reçus.
Tableau en longueur peint sur toile , figures de
grandeur de nature, vues à. mi-corps : c'est un ou--
vrage fait à la hâte et par là rempli d'incorrections,.
dont ce Maître n'a que trop souvent gâté ses pro-
ductions , ingénieuses d'ailleurs et pleines de feu.
Jacques Jordaens, nâquit à Anvers le 12 Mai 1594;
il eut pour Maître jIJam van Oort, dont ilépousa la
fille; il forma son goût sans sortir de sa patrie , sur plu-
sieurs Tableaux de l'Ecole Italienne, qu'il rechercha de
toutes parts pour son étude; il fut l'ami de Rubbens, qui
faisait grand cas de son talent, et l'employait dansdifférens
C 9 )
Mvrages? par un travail continuel il s'était acquis une
grande facilité, ce qui contribuait à augmenter considé-
r rableent sa foraine : une vie rranquille et réglée l'a con-
duit à l'âge de 84 ans: il mourut à Anvers le 18 Octo-
bre 1678.La Belgique est remplie de ses productions; plu-
sieurs Cours possèdent aussi beaucoup de ses Tableaux.
Sa maniere était grandiose , ses compositions ingénieuses
et abondantes , sa couleur brillante et harmonieuse , une
grande entente de clair-obscur, des expressions naturelles
et très-variées; mais son choix était souvent ignoble et son
dessin incorrect et outré ; non obstant ces défauts il passe -
pour un des grands peintres de l'Ecole flamande.
On a gravé plusieurs de ses Tableaux dont la collection
assez nombreuse est tres-recherchce.
Vis - à • vis en se tournant.
N. 0 5.
La tentation de S. Antoine , par Pierre
- Tyssens.
Lite Saint dans sa retraite , assis sous l'omorage épais
de quelques arbres touffus, médite sur la passion du
Sauveur dont l'image est devant lui attachée à une
Croix; d'une main il tient un livre ouvert sur les
genoux et de l'autre un chapelet; l'animal immonde,
compagnon de sa solitude , broute paisiblement à
ses côtés; le Démon, sous une figure humaine , assez
hideuse, tache de le distraire par des discours pervers,
que le Saint, ferme dans sa foi, ne veut pas écouter.
Tableau peint sur toile, figures de grandeur naturelle.
( 10 )
Pierre Tyssens est rié à Anvers l'an. II fut un grand
peintre d'histoire et ses ouvrages sont très - recherchés;
il étoit grand-Dessinateur, ses compositions ont beaucoup
de feu, sa couleur et sa maniéré est vigoureuse; il trai-
tait ses fonds en grand maître et les variait avec goût.
Il peignait aussi le portrait, mais avec moins de succès.-
On le croit mort à Anvers, où l'on sait qu'il avait été-
Directeur de l'Académie en 1661. N
En se retournant.
N. o 6.
L'enfant Jésus couronne les vertus de, S.
Joseph, par J. D. Cleef.
Sur le parvis d'un Temple payen renversé la Ste.
Vierge agenouillée tient des deux mains l'Enfant Jésus,
qui pose avec grace sur la tête de son Pere une cou-
ronne de roe, que le vénérable Joseph reçoit à
genoux d'un air humble et pénétré ; deux Chérubins ad-
mirent respectueusement ce trait de la bonté filiale , tan-
dis que le pere éternel précédé du S. Esprit vient planer
légèrement dans les airs, accompagné de deux Anges ;
un autre groupe d'Anges porcante Lis , symbole de
chasteté, répandent des fleurs sur la tête du Saint.
Ce Tableau de forme carrée est peint sur toile
les figures sont de grandeur naturelle ; il vient des
Dominicains: c'est une composition gracieuse et savan-
te, d'un ton de coloris très-agréable , d'un dessin
élégant et correct ; d'une touche légére et ferme ¡:
les fonds et le paysage y sont traités avec goût.
( II )
Jean D. Cluf, né à Venloo dans la Gueldre
l'an 1646 , êtoit élève et ami de Gaspar de Craeye* ;
il est mort à Gand en 1716. Ses ouvrages sont très-
nombreux dans cette Ville, on en voit dans toutes les
Eglises, dans la maison de Commune et chez plusieurs
particuliers; il composait savamment, dessinait correcte-
ment, coloriait avec grâce ; l'appas du gain le fit souvent
tomber dans des négligences impardonnables, alors son
dessin est maigre , son coloris peu naturel , sa touche
crue et faible, l'effet manqué; dans ses meilleures pro-
ductions il ressemble à Carl, Marat et à G. it Craiyer.
Au dessus de ce Tableau , pour masquer la
fenêtre qui répandait un faux jour sur les
Tableaux.
N. 0 7.
Les noces de Cana en Galilée , par Simon
de Bruxelles.
Ce Tableau. d'une grande hauteur est peint sur
toile et ceintré: il décorait ci-devant le réfectoire de
i'Abbaye de S. Pierre.
N. 0 8.
S. François Xavier, prêchant l'Evangile à
tous les Peuples de l'Univers , pal N ,
* La scene se passe dans un Temple Mexicain ; S. Fran-
çois en aube et en école montre l'image du vrai Dieu,
rayonnant de- lumierc, à l'Inca qui est agenouillé de.
(12 )
vant lui, les mains croisées sur la poitrine, toucha
du bonheur de sa Conversion; les différens Peuple
qui l'accompagnent , saisis d'un spectacle si nou
veau, expriment leur étonnement en adorant le vrài
Dieu; on reconnait les différens habitans de la terre
à leurs divers costumes : dans le fond est un Temple -
d'Idoles qu'on démolit ; trois anges dans les airs
portent des palmes et des couronnes, tandis que deux
autres annoncent, au son des trompettes, l'établisse-
ment de la religion. sainte.
Ce Tableau de forme oblongue, est peint sur toile t
les ifgures sont plus fortes que. nature : la composition
est grande et abondante , l'expression naturelle, le
dessin maniéré, le coloris peu naturel, la touche large
et facile; le ton est clair et a peu d'effet.
Au-dessous de ce Tableau on en voit trois
autres petits.
N. ° 9.
Un Paysage boisd avec figures , par Pierre
Hais.
C'est une vue de la Flandre d'après nature, prise
d'une élévation assez agréable et pittoresque ; le Ciel
et les arbres sont touchés avec légéreré, le lointain
traité avec arc, le coloris frais et transparent ; il est
peint sur toile , presque carré , c'est un Tableau
de chevalet.
C 13 )
N.° 10.
Du Gibier mort, tué ou pris à la chasse ,
par Grief.,
Le peintre a choisi un site agréable de la campagne
pour déposer sur le gazon une quantité de Gibier
mort, peint d'après nature; un Lievre, suspendu à
une' arbre , et touché avec délicatesse, en est le
principal objet ; autour de lui sont groupés une
infinité d'oiseaux de différente grandeur , tombés
sous le plomb du chasseur, ou pris dans les filets
-de l'oiseleur: chaque objet traité avec soin , de gran-
deur naturelle , imite parfaitement la nature , tant
pour le dessin que pour le coloris : l'ensemble fait
un bon effet; peint sur toile. Tableau de Cabinet.
N. 0 11.
*
Vue d'une ville batie sur les bords d'une
) riviere; peint par William Kroest.
Tableau de Cabinet, peint sur toile ; le ton en est
brun et monotone, le coloris un peu verdâtre et pe-
sant, la touche ferme et empârée.
N.O 12..
-La BuIJe du Scapulaire, nommée Sabbatine,
accordée parle Pape Honoré 111. à l'ordre
des Carmelites; peint par GaspardeCraeyer.
Le S. Pere en habits pontificaux est agenouillé
( 14 )
devant une table, pret à signerJa Bulle que lui po
tent deux Anges, a la sollicitation- de la Vierge., qui
en habit de carmélite, déclare au Pape qu'il doit c
server cet ordre qu'elle aime. --. j
Ce Tableau est peint sur toile; les figures sont d4
forte nature; le dessin en est correct, le oloris vigou-
reux , l'effet harmonieux ; les ombres des carnations
un peu noires et lourdes : il est de la seconde manière
de ce Maltre.
Gaspar de Craeyer , né à Anvers en 1-582, a travaillé
sous Raphaël Coxcie, à Bruxelles ; on le combla d'hon-
neurs dms cette Ville pour pouvoir l'y fixer; mais il pré-
féruit la tranquillité afin de vaquer mieux à son art i
il choisifla Ville de Gand et vint s'y établir : il y mourut
le 27 Janvier 1669: on compare le merice de ce'peintre
à celui des plus habiles flamands; il avait moins de feu
qti tRtibeus, mais son dessin est quelquefois plus correct;
ses compositions sont snges et simptes; il grouppait ses
figures avec art, et ses expressions ont toute la vérité
de la nature; ses draperies sont variées et pliées avec
simplicité ; quant au coloris , il possédait très-bien cette
partie de la peinture , il avait sur-tout une fonte de
couleur admirable: il parait avoir eu trois manié es, qu'on
peut distinguer aisément dans ses ouvrages qui sont au
Muséum; la première se reconnaît à de grandes mas-
ses d'ombres opposées aux clairs et par un dessin pur dt
correct, sans la moindre négligence dans les détails; la
seconde par les grandes masses de clair opposées à l'om-
bre , mais qui conserve le ton brun, et par un dessin
plus luurd; la troisième, celle qu'il semble avoir adoptée
( 15 )
B
de préférence dans la suite , par un ton gris et violet
dominant, un ptus grand usage de demi-teintes, d'om-
bres plus transparentes et moins brunes, ce qui donne
à ses ouvrages une fraicheur et une délicatesse , qui plaie
et attire tous les yeux.
Vis - à - vis.
N.O. 13.
S. Jerôme en Méditation; par N. Roose.
Une pierre sert de siege au saint, qui, une main
appuyée sur la joue, médite profondément un livre
.qu'il soutient du genoux ; une draperie rouge lui
couvre la moitié du corps; à ses côtés est le fidele
lion ; près de lui sont un Crucifix , une Tête de
mort, des livres &c., posés sur une pierre carrée.
Ce Tableau est peint sur toile , proportion de grandeur
naturelle; bon coloris, touche ferme, pinceau moel-
leux, dessin commun,
On peut remarquer au Museum, dans les différens
Tableaux, que nous avons de cet artiste, Pétonnante
variété qf/il savait mettre dans ses ouvrages.
En se retournant.
N.0 14.
L'immaculée Conception ; allégorie par
y. D. Cleef.
Au milieu des airs, dans une attitude gracieuse et
( tú )
simple est la S. Vierge debout sur un croissant ; du
pied droit elle écrase la tête du Serpent qui avait séduit
nos premiers parens , pour signifier qu'elle est la- seule
exeaipte de la tâche originelle , l'unique parmi les
mortelles élue pour devenir laMere du Rédempteur,
ce qui est exprimé par la Croix dont sa main droite
est armée ; au-dessus de la Vierge est la Ste. Trinité
environnée de la cour céleste et de toute sa splen-
deur, pour désigner que c'est par sa toute-puissante
volonté et coopération que ce miracle doit s'effec-
tuer pour le salut du genre humain; au bas sur la
terre, près de l'arbre de vie sont Adam et Eve,
honteux de leur prévarication ; Adam tient dans sa main
le fruit fatal, par lequel la mort s'est emparée de
l'Univers; du côté opposé est S. Anne et S. Joachim,
exprimant leur joie d'avoir donné le jour à la Mere
du Sauveur des hommes ; le fond est terminé par un
riant paysage.
Grand Tableau d'autel, ceintré , peint sur toile,
figures un peu plus grandes que nature.
La composition est grandiose, l'invention ingénieuse,
la disposition élégante , le dessin correct , le colo-
ris naturel, l'ensemble agréable et harmonieux ; c'est
une belle production de ce Maftre.
N.O. 15.
Le Chant Grégorien ; peint par Philippe
Champagne.
Six enfans répètent dans un Antiphonaire la leçon
de plein-chant que leur donne S. Grégoire. Ce Pon-
( 17 )
kîfe, en costume ordinaire, est assis devant une ta*
ble; trois prêtres se tiennent à côté du saint, dont
ils semblent admirer la patience et la douceur un
groupe de trois anges déroule au-dessus de sa tête un
ruban, avec cette légende : Gratus est dco Cantus
Gregorianus. ( Le chant Grégorien est très-agréable à
Dieu.) L'appartement est meublé d'une Bibliothèque,
emblême de la profonde érudition de ce Pape.
i Grand Tableau d'autel, ceintré, peint sur toile.
Composition simple et savante , dessin correct et
élégant, couleur naturelle , ton argentin, touche moel-
leuse et ferme , effet harmonieux.
PbiHppt Champagne, né à Bruxelles en 1602, élève d~
Boullon, de Michel Bourdeaux et de Foquierc, a demeuré
à Paris, où il est mort en 1674. Il était très-laborieux,
et peignait avec beaucoup de facilité; un dessin correct
et un bon ton de couleur ont suppléé à ce qui lui mon.
quait dans le goût, qui était froid et peu animé: plusieutJ
bons Graveurs ont gravés d'après sc, ouvrages.
N. 0 16. C)
La supériorité de la nouvelle alliance sur l'an-
cienne ; peint par Bockhorst, dit, Lttngen-
Jan.
A la partie supérieure du Tableau sont représentés
(*) Ce Tableau dans la vie des Peintres par Descamps,
à l'article de J. Bockhurst, tome ad. page 171, est cité
de la manière suivante : ,, L'adoration du S. Sacrement
„ où l'Eglise est représentée par un Pape. 111 L'auteur lit
confondu le Pontife Melchisedech avec Uaa Pape.
( i8 )
trois anges qui soutiennent le calice avec l'Hostie con-
sacrée, emblème de la Nouvelle Loi; à la partie infé-
rieure sont les quatre Prophetes de. l'ancienne Loi,
Moyse , Aaron, Melchisedech. et Elie : Melchisedecb «
Pontife et Roi, adore à genoux, le corps du Christ
sous la figure de pain sans lévain; il est revêtu de l'aube
blanche surmontée d'un large et long mameau d'une
étoffe très-riche, dont la queue est soulevée par un
jeune homme aussi en aube, la tête ceinte d'une cou-,
ronne de laurier; le Pontife pose la main droite sur
un pain qui couvre un vase de métal, faisant allu-
sion à la rencontre que fit Melchisedech avec le Pa-
triarche -Abraham ; à côté est Moyse au front rayon- ,
nant, tenant sous le bras le berceau dans lequel il
fut sauvé , l'autre bras est élevé vers la sainte Hostie;
à l'opposé est son frere Aaron avec les habits pontifi-
caux et la mithre, l'Ephod sur la poitrine , de la
main droite il touche les pains de proposition et sem-
ble adorer le mystere de la nouvelle alliance ; devant
lui est Elie à demi nud , au teint halé par les chaleurs
des déserts qu'il habitait, uu genou à terre il semble
prophétiser sur le mystere de la transsubstantiation,
de la main gauche il tient un pain et le corbeau , un
autre pain dans le bec, descend vers le prophete; le
fond du tableau est un paysage.
Grand Tableau d'autel en hauteur ceintré, peint sur
toiie, figures plus grandes que nature : composition savan.
te, expression énergique, coloris chaud et vigoureux «
touche ferme , effet harmonieux, dessin outré.
'J. Bo,kborst, dit LtltJgen.Jan, naquit à Munster, vers
( 19 )
B 5
l'an nftov H fut élève de Jacques Jorcteeris; on îgnort
l'année de sa mort ; dans les portraits il approchait de
fort prés de la maniere de van Dycli.
N. 0 17.
S. Simon Stock, carmelie, reçoit le Scapu-
laire des mais de la Ste. Vierge ; peint
• par G. de Craêyer.
La Ste. Vierge assise sur des nuages avec son fils-
Jésus, donne à S.-Simon Stock le scapulaire que
celui-ci reçoit à genoux ; un ange est à ses côrës-
et lui fait entendre un concert harmonieux exécuté
dans le ciel par des esprits célestes.
Ce Tableau de forme ovale est peint sur toile, les figu-
res sont de grandeur naturelle. Le dessin est gracieux
et correct, la coïthirr rtrave et brillante , l"effet piquant
.ri harmonieux : il a souffert en plusieurs elldrCiÍU;
Fis - à vis,
No 18..
Le Sauveur chez le disciples d'Emails, dis-
parait en rompant le pain ; par G. Seghrt's.
Jcsus-Christ est debout et a dans sa main droite
le morceau de pain rompu , il parle aux disciples
d'Emaus, qui, avec une vieille servante , sont dans
le plus grand étonnement de tout ce qu'ils voient
et entendent; les murailles de l'àpartement sont or
( 20 )
nées d'une tapisserie à large dessin; au travers d'ilne-
fenêtre on apperçoit la Lune; la lumiere est tirée
des lampes qui brûlent sur la table.
Ce Tableau en hauteur est peint sur toile, les figu-
res sont un peu moindres que nature: le dessin en
est f/umieré, la touche crue, les expressions bisarres r
l'effet piquant.
Gérard Seghers naquit à Anvers vers l'an 1589- Il
est le frere ainé de Daniel Segbers , peintre de fleura
Il eut pour élève Jean Miel. Plusieurs de ses tableaux,"
effets de nuit, sont gravés par les plus habiles graveurs
de son tems.
En se retournant.
N.0 19.
Vision de Sre. Marie Madelaine de Pazzij
allégorie, par T. Boeyermans.
Ste. Marie Madelaine de Pazzi en extase apperçoit
le Sauveur qui descend des cieux sur un nuage et lui
présente un cœur; elle l'accepte à genoux d'un air mo-
deste et dit „ que pourlui elle veut toujours souffrir
„ et ne jamais mourir; un ange la conforte et lui
soutient le bras ; non loin d'elle est S. Ange Martyr,.
Carmelite, portant la palme à triple couronne, sym-
bole des trois vœux ; Ste. Thérese est derrière lui
tenant un Crucifix dans ses bras, un cœur dans la main
et une couronne d'épines sur la tête ; le haut du
tableau représente Dieu le Pere et le S. Esprit envi-
ronnés de toute la gloire céleste; la Sainte Vierge,
( 21 )
un peu plus bas, un septre à la main, déclare à Ste.
Marie sa réception au nombre des élues.
Tableau d'autel en hauteur , fisures de gran-
deur naturelle, peint sur toile Dessin correct et de
bon style, composition riche , expression touchante,
coloris suave, touche légère et moelleuse. effet har-
monieux ; il vient de l'Eglise des Carmes chaussés-
N. 0 20.
St. Lievin Évêque et Martyr, patron de la
ville de Gand, statue de marbre blanc,
sculptée par L. Delvaux dit de Nivelles.
Le saint est représenté à genoux en habits épis-
copaux, les mains jointes sur la poitrine, la tête éle-
vée, la bouche ouverte privée de sa langue Cette statue.
ornait ci-devant la chaire de l'Eglise des Jesuites, de-
puis Ste. Pharaïlde, maintenant démolie. Elle est de
grandeur naturelle.
Laurent Delvaux, célèbre Sculpteur, étoit de Cqnd.
Il mourut à Nivelles le 24 Fevrier 1778, âgé de 83
ans. Ses principaux ouvrages sont à Bruxelles et à
Gand. Il avoir formé sa maniéré jUr les modeley
antiques, delà sa correction dans le dessin.
Au dessus de cette Statue.
: N. 0 21.
L'annonciatioo ; par Janssens.
C'est une repétition du tableau compris sous le-
n.0 171, mais seulement demi - figures
( 22 )
N. 0 22.
S. Charles Borromée secourant les pestiférés
de Milan ; par T. Boyermans.
Le saint Candinat en aube et étole., accompagné
d'un clerc tenant un cierge allumé-, porte le ciboire-
et administre le St. Viatique à une femme mourante
couchée sur la paille et soutenue par sa vieille Mere, ,'.
alentour plusieurs personnes attaquées de la pester
attendent le même secours ; dans le fond est une
, femme morte que deux hommes emportent, tandis
qu'une autre femme pleure sa perte: un cadavre est
étendu bur les marché de l'escalier; plusieurs angés
dans les airs portent des rameaux d'olivier; la sccné
est dans la cour d'un grand palais.
Tableau (Tautél de même forme et grandeifr qtet
celui diY n. ° 19 ; composition riche et touchante,
dessin pur et correct, couleur fraiche et naturelle,
tottebt fi>/é et: motlf&tse, effet h ar mon feux ; il vient de
lit même EgHse,
Au dessus de la pvrte latérale qui sert d'en-
trée à la haute-Eglise.
N.° 23. •
S. Lievin Évêque, ressuscitant une femme
morte qu'on allait enterrer; peint par
Gerard Seghers. i.
S. Lievin en habit violer, accompague de ses Diacres
C 23 )
et Acolytes donne sa bénédiction sur la personne -
morte et l'appelle à la vie ; les assistans expriment
leur dtonnement à la vue de ce miracle; la scène
est à la campagne.
Grand Tableau orblong, sur toile, figures plus gran-
des que nature, c'est un des six tableaux qui décoraient
ci - devant l'Eglise des Jesuites, depuis Ste. Pharaïlde.
N.0 24.
Jesus-Christ guérissant l'aveugle ne, par
G, Seghers. -
Le Christ, accompagné de quatre Apôtres touche
du doigt le yeux de l'aveugle, qui attend à genoux
avec une entiere confiance le recouvrement de sa'vue,
dont il a été privé depuis sa naissance, plusieurs
; assistans attendent l'accomplissement de ce miracle.
Tableau presque carré, teint sur toile, figures de
grandeur naturelle. Dessin correct mais roide, cou-
leur noire dam les ombres, lumieres trauchantes. C'est
le pendant du tz, 0. 38.
Vis-à-vis.
- N.0 25.
S. Adrien ; peint par Thyssens.
Le saint est debout en habit militaire, casque et
cwirasse', il tient un sabre à la main , et pose le pied
( 24 )
droît sur une enclume, instrument de son supplice;
un lion est à ses côtés et deux, anges portant la
palme du Martyre, lui mettent une couronne sur la tête :
le fond est un paysage.
Tableau en hauteur, peint sur toile, figure de GNlffr
ieUr naturelle.
En se retournant vers le chœur.
N. 0 26.
S. Bernard guerit des malades ; peint par
J. D. Cleef.
Sur le portail d'une Eglise, S. Bernard, accompagné
de deux teligieux et d'un chevalier, donne la béné-
diction à un malade qu'une personne charitable tache
de soulever; le malade' étend la main vers le saiat
pour lui témoigner l'effet de sa prompte guerison,
une femme à genoux implore pour son enfanr sa
sainte protection, de même qu'une autre femme atta-
quée d'une maladie violente; dans le food deux hom-
mes portent un moribond envéloppé dans unlinceuil
pour obrenir la même grâce et recouvrer sa santé;
un paysage termine l'horison.
Tableau en hauteur, ceintré, peint sur toile, figu-
res moindres que nature. Exécution facile, bon des-
sin , coloris naturel mais uti peu faible.
( 25 )
Sur la porte latérale du Chœtlf".
N. ° 27.
S. Sebastien consolé par les anges après
son Martyre; par Thyssens.
Des anges consolateurs viennent ôter les fleches, pan-
ser les blessures et délier les liens qui attachent le corps
du Martyr à un gros chêne, un autre lui montre la gloire
éternelle qui lui est préparée; deux autres sont porteurs
de la couronne et palme du Martyre ; ses vétemens,
cuirasse, sabre &c. sont sur le premier plan.
Tableau en hauteur , sur toile, figures de gran-
deur naturelle: composition élégante , dessin correct ,
coloris piquant, pinceau large et facile, bon effet.
Passé la grille de fer, sur la secondeportl
latérale du choeur.
N. o 28.
La résurrection de Jesus-Christ, par G. de
Craeyer.
Le Sauveur s'élance triomphant du tombeau vers
le royaume céleste, environné de gloire et couvert
des marques de ses souffrances; d'une main il porte
l'étendart de la Croix , symbole de k rédemption
du genre humain , qu'il vient d'opérer; il éleve l'autre
main vers son pere céleste pour lui annoncer sa venue ;
un manteau de pourpre entoure le bras de jesus-
( 26 )
Christ, et flotte àerrieré lui gonflé par l'air qui l'agite
Tableau en hauteur, sur toile, figure plus gran
que nature. Vexpression dans la tête du Christ porte
un caractere divin ; le dessin en est correct, lecoloris
brillant, la touche large, ferme et moelleuse l'em-
semble d'un bon effet.
L'esquisse de ce tableau est exposée au n. Ó 116.
N. 0 29. 1
Le triomphe de la naissance de Jesus-Christ;
représentation allégorique; par J. D. Cleef.
Au centre du tableau est l'Enfant Jésus entouré
d'esprits célestes, il est posé sur le globe terrestre,
qu'un serpent entoure , il élève ses petits bras vers le
Pere et le S. Esprit; la Ste. Vierge, agénouillée de-
vant son fils, le soutient affectueusement de ses deux
mains ; elle est richement vêtue e.t a la couronne
royale sur la tête; un chœur nombreux d'anges'exé-
cute un concert harmonieux sur plusieurs instrumens,
pour célébrer un événement si glorieux.
N.0 30.
Tobie d'après le conseil de l'Ange son com-
pagnon de voyage, ôte le fiel du poisson
qu'il vient de prendre, pour guérir son
Pere aveugle; peint par G. de Craeyer.
L'angeRafaël, sous la figure d'un beau jeune hommef
( 27 )
c
est assis sur une grosse pierre et contemple le Jeune
Tobie occupé à ôter le fiel du poisson qu'il a pris
dans la riviere voisine , afin d'en frotter les
yeux de son Pere aveugle, et de lui rendre la vue;
le chien de Tobie étanche- sa soif dans l'eau du
fleuve; un groupe d'arbres touffus compose le fond
du tableau, et la partie gàuche montre un paysage
terminé dans le lointain par des montagnes ; sur la
branche d'un arbre le peintre à placé un écureuil.
Grand Tableau carré, sur toile, figures de. grandeur
naturelle. C'est une composition savante , les figures
sont d'un dessin pur et correct, les draperies bi-en pliées,
les détails soignés, le coloris tendre, le pinceau ferme
et moelleux, l'ensemble d'un grand effets le paysage
est traité avec art.
C'est une des bonnes productions de Craeyer.
Vis-à-vis.
N. ° 31,
Le Christ à la croix , maniéré de Craeyer.
Tableau en hauteur, sur toile, figure plus grande que'
nature.
Au-dessus de la porte latérale, à droite, qui
conduit à la haute Église.
N.0 32.
S. Lievin chasse le démon d'une femme
possédée, peint prr G. Seghers.
Le St. Evêque donne la bénédiction à une femme
( 28 )
possédée de l'esprit malin, et force le demon à la
quitter; celui-ci se sentant vaincu abandonne cette
malheureuse sous une forme hideuse, et laisse apiès
lui une sphere infecte, marque de son impureté; les
deux diacres, qui accompagnent le Prelat sont éton-
• nés de ce miracle ; plusieurs aveugles, estropiés et
malades viennent implorer l'intercession du saint,
en espérant leur guerison ; dans le fond difle-
rens spectateurs expriment leur admiration et leur
joie.
Ce Tableau est le pendant de celui exposé sous le
le N. 0 23 , et vient de la même Eglise.
0 33.
La Martyre de Sr. Biaise, Évêque; par
G. de Craeyer, qui s'est plû d'ajouter
son âge à la date del'année; G.D.CRAEYER.
F. A. i'668. JET. 86.
Le saint est suspendu parles deux mains à la bran-
che d'un grand arbre , et élevé de quelques pieds
de la terre ; un bourreau lui arrache les chairs
avec un grattoir de fer pointu , pour le forcer
d'adorer un idole de bronze , qu'un prêtre payen
lui piésente sans cesse; un autre bourreau, armé
c'un instrument semblable lui lie les deux jambes,
pour lui ôter la faculté de les mouvoir ; deux ma-
trones en pleurs expriment leur douleur , sur les
affreux otiriiieils qu'on fait souffrir au saint Evêque,
et l'une d'elles reçoit dans un-voile blanc le sang
( 29 )
qui découre de ses plaies. Un ange vient conforter
le saint et lui montre la palme du Martyre ; ses ha-
bits pontificaux sont sur le devant du tableau.
Peint sur toile, ceintd, figures plus grandes que
lIalur" Le peintre, quoique si âgé, a mis dans cdle
production tout le feu de la jeunesse ; le coloris tn
est brillant et léger, les démi-teintes argentines, le
dessin noble et correct , le pinceau hardi et bien
fondu, la maniere grandiose.
On en a une estampe gravée au burin par Pilsen.
élève de Roberc van Àudenaert.
N.0 34.
L assomptbn de la Vierge, par P. D. G. 164t.
La Sainte Vi'erge, assise sur des nuages, est trans-
portée par un groupe d'anges dans la demeure cé-
leste ; trois autres anges voltigeant au dessus posent
sur sa tête une belle couronne de fleurs; la Reine
des Cieux est vetue d'une robe de satin blanc, et
par-dessus un riche manteau de pourpre bordé de
perles fines.
Tableau peint sur toile, figures un peu moinares, que
nature. Le dessin en est assez correct mais maniéré ,
le ton trés-clair et un peu fade, le pinceau gracieux.
N.0 35.
La Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus ; groupe
de marbre blanc, copié d'après celui qui
( 3° )
étoît à Bruges, et qu'on assurait être d
Michel - ange Buonvroti. L'original .e
transporté à Paris. J
La madone est assise dans une attitude fort si
pIe, tenant l'Enfant 1 Jésus entre les genoux ; el
tient la main droite de l'enfant dans sa gauche;
l'autre main elle tient un. livre; son habillement e
simple et modeste. Cette copie décoroit l'autel de fl
chapelle à gauche , dédiée à la Vierge, dans l'Eglis
des ci-devant Jésuites elle est un peu plus grau J
que nature.
Le piedestàl sur lequel cette statue est posée servoi4|
ci-devant au tombeau d'une Reine de Dunemarc; morti
à Swyuaerde, retraite de l'Abbaye de S. Pierre : u
table de cuivre, placée au-dessus du tombeau, contre
la muraille, portoit une. inscription en vers latins , qui
a été fettic dans le creuset avec d'autres métaux ;
elle est citée dans le Flandria illustrata de San^erç^
, N. ° 3(5.
Ste. Catherine de Sienne intercédant pour
les pestiférés-, par J. D. Cleef, 1670.
L'enfant Jésus, dans les bras de sa mere, bénif
Catherine , qui, à Genoux devant la Ste. Vierge , im-
plore son secours pour les personnes attaquées de la
peste; un ange, derriere elle, lui pose une couronne
da roses sur la téte ; d'autres anges accompagnent
la IVIeie 4e Jésus; au bas du tableau une femme
C 31 )
C 5
mourante, que son enfant caresse, rinvoque; d'au-
tres malades demandent son assistance. La scene est
dans un temple.
Tableau peint sur toile, ceintré, fig. de grandeur
naturel/e. C'est une riche et belle composition ; le des-
sin en est correct et pur, le coloris naturel et agréa-
ble , l'expression touchante , l'efet harmonieux ; on le
le prendrait pour une production de Craeyer, maître
de J. D. Cleef.
N. ° 37.
La résurrection de Lazare; par G. Seghers.
Jesus-Christ élève la main sur le tombeau de son
ami Lazare, et l'appellant par son nom, lui com-
mande de s'éveiller; Laz*re à la voix du Seigneur , se
débarrasse du lincenil qui le couvrait, et sort de son
cercueil; les assistans témoignent leur joie et leur
étortnement.
Tableau presque carre , sur toile, figures de grandeur
naturelle; c'est le pendant du N. 0 24.
Vis ■ à - vis sur le pilastre opposé.
No 39.
St. Biaise, Évêque, par D. Chef.
Le saint est représenté debout en habits épiscopux,
tenant la crosse d'une main, de l'autre un racloir,
instrument de son supplice ; il éleve la tête vers le cieL
Peint sur toile, figure de grandeur lIàttlreli.
( 32 )
En se retournant ,
N. ° 39.
La premiere Messe de S. Nicolas Tolentin;
par G. de Craeyer.
Pendant l'élévation de i'Hostie, le St. Évêque con-
temple avec émotion la délivrance de plusieurs âmes
du purgatoire, méritée par la célébration du sacri-
fice expiatoire de la Messe , d'après son inten-
tion ; au bas de Pautel , à côté , un prêtre dis-
tribue de petits pains bénis à une jeune femme, qui
en demande pour obtenir la guérison de son mari
attaqué d'une fievre putride et languissant dans ses
bras; du côté opposé est une autre femme, assise par
terre , tenant un enfant au Maillot : devant elle
est un enfant agénouillé sur un coussin , montrant
du doigt sa cuisse nue, pour marquer sa reconnois-
sance envers le saint de la prompte guérison de son
mal ; cet enfant est sans doute un portrait et l'ob-
jet de l'exvoto du tableau.
Peint sur toile, figures grandeur de forte nature.
Composition savante , expression naturells , coloris
agréable et frais, dessin correct , pinceau suave et
ferme, ton orgell/hl, effet tris-harmonieux..
Il vient de l'Eglise des Augustins,
N.0 40.
Les stigmates de S. François, par PP. Rub.
hens.
S. François à genoux sur la pente d'un rocher absorbé
( 33 )
dans une profonde méditation sur la passion et la
mort douleureuse de notre Sanveur , reçoit dans toute
la joie de son âme les saints stigmates, par la vision
d'un crucifix ailé, porté sur des nuages et lançant des
rayons ardens qui impriment les cinq plaies aux pieds
et aux mains et au côté de St. François; au bas du
rocher est un religieux de son ordre qui étend la
main pour monter vers - lui ; le lointain est terminé
par des montagnes à perte-de-vue.
Tableau d'autel sur toile , figures grandeur de forte
nature.
C'est une composition simple et aride, mais que le
génie créateur de Rubbens a rendu intéressante par
la touchante expression répandue sur la tête et sur
toute la figure du saint ; par la disposition des acces.
soires , par la belle couleur, par la touche ferme et
spirituelle, par l'harmonie de l'ensemble. C'est la seule
production de ce grand homme qui nous reste encore,
sans doute à cause du sujet peu agréable ; on le regarde
cependant avec satisfaction en se rappellent plusieurs
de ses autres productions qui faisoient Vornement de
nos temples et l'orgueil de notre nation.
Il vient des recollets.
Ce tableau a été gravé par Pilsen de Gand, éleve
de Robert van Audenaert, de même que le tableau
de St Bavon qui se présente devant S. Amand , de
a main de Rubbens, et qui occupe une place distinguée
ans le muséum national à Paris.
PP. Rubbens, est né à Cologne le 28 Juin 1577. son
naitre fut Ottovenius dont il imita les mœurs, la poli-
C 34 )
tesse et l'application à l'étude, et qu'il surpassa dans l'art
de la peinture; il mourut à Anvers le 30 Mai 1640, re-
gretté universellement. Ses ouvrages sont répandus dans
toute l'Europe, et font l'admiration de toutes les nations;
ses chef-d'œuvres réunis dans le mnseum national de la
Republique française à Paris, en font le plus bel ornement.,
N. 0 41. 4
L'Adolescence de la Ste. Vierge, par G. de
Craeyer. 1
Le peintre pénetré de la noblesse de son sujet, a
représenté la jeune Vierge debout, dans une attitude
de simplicité touchante, le corps négligemment penché
vers St. Anne sa mere qui la tient dans les bras;
celle ci est assise sur un throne accompagnée" de son
Epoux Joachim, qui partage avec elle toute l'étendue
de son bonheur; un ange vient poser une courone
de roses sur la tête de Marie, dont la physionomie
pleine de grâces , est l'expression de la candeur même;
Ste. Dorothée lui présente une corbeille de fleurs;
au bas du throne , dont les marches sont couvertes
d'une riche tapissserie, est St. Étienne décoré de ses
habits de Diacre, qui, d'une main portant la palme dit
martire , montre de l'autre une. corbeille remplie de
cailloux, instrumens de son supplice; du côté opposé
se trouve Ste. Barbe assise sur une pierre, posant la
main droite sur son cœur en jettant ses regards vers
la Ste. Vierge et portant la palme dans la main gau-
che ; derriere elle est Ste. Claire de Montefalco, en
habit de religieuse, tenant dans la main droite une
» <,
( 35 )
ibalance , où dans l'un des bassins l'on voit les trois bott-
iles mystérieuses qu'après sa mort on a trouvé dans son
tcoeur : le fond est terminé par des arcades, suite d'une
¡riche galerie en marbre: les personnages, dont ce ta-
bleau est composé, sont les principaux patrons de l'é-
glise des Auguscins, de laquelle il est tiré.
Grand tableau carré en hauteur, figures plus gran-
Ir/es que nature , pendant du N. ° 40.
1 Ccst une riche composition et dont le peintre a
tcu tirer le meilleur parti par ta disposition des figu-
es, par la beauté dH former, par la richesse des
draperies, par la simplicité et noblesse des expres-
sions., la fraîcheur et la suavité du coloris, la cor-
rection du dessin, et l'agréable effet du tout ensemble:
il est de sa 3me llltlniere, ainsi que le pendant.
N°. 42.
.La Ste. Vierge délivre plusieurs âmes dit
purgatoire sur l'avis de leur dévotion
pour le scapulaire, donné par S. Simon
Stock; par G. de Craeyer.
La Vierge descendue du ciel sur un nuage, accom-
agnée de S.. Simon Stock, s'incline affectueusement
fers une âme, qui à travers des flammes du purga-
oire, étend les bras vers sa libératrice: elle porte
e scapulaire comme signe de sa dévotion, ainsi que
plusieurs autres âmes qui attendent leur déliviance
t leur tour par l'intercession de S. Simon Stock.
1 Tableau sur toile presque carré, figures de forte

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