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Notice sur M. de Janville,... par Pierre-Aimé Lair,...

De
14 pages
impr. de F. Poisson (Caen). 1809. In-8° , 15 p..
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NOTICE
SUR
M. DE JAN VILLE,
Ancien Confeiller au Parlement et Président de la Chambre
des Comptes de Rouen , Président du Conseil général du
département du Calvados, ancien Maire de Caen , Adminis-
trateur des Hospices et Trésorier de la Société d'Agriculture
et de Commerce de cette ville,
PAR PIERRE-AIMÉ LAIR ;
Secrétaire de la Société d'Agriculture et de Commerce , et Membre de
l'Académie de Caen , correspondant de la Société d'Agriculture du dé-
partement de la Seine, et de la Société Philomatique de Paris , etc.
A CAEN,
De l'Imprimerie de F. POISSON.
1809.
NOTICE
SUR
M. DE JAN VILLE:
S'il est deshommes que l'on doive proposer pour
modèles et dont il soit doux de conserver la mé-
moire , ce sont ceux qui ont passé toute leur vie
à faire de bonnes actions. Depuis quelque tems
nous avons la douleur de perdre plusieurs écrivains
célèbres qui semblent emporter avec eux le bon
goût et les. connaissances littéraires. Mais la mort
des hommes de bien doit être encore plus sensi-
ble , et sous ce- dernier rapport nous avons
éprouvé en peu d'années de grandes pertes. On
regrettera long-temps à Caen le président de Jan-
ville , le général Durosel, le commandeur Geral-
din , MM. de Peliville , de Bougy , le Cordier,
plus recommandables encore par leurs quali-
tés personnelles et leurs vertus , que par leur
fortune et le rang qu'ils tenaient dans le monde.
Louis-François-Pierre-Louvel de JanvilIe, auquel
nous nous proposons de consacrer cette notice,
étoit né en 1743 à Paluel dans le pays de Caux.
Très-jeune encore, il prit le parti des armes.
Il obtint une lieutenance au régiment de Breta-
gne , infanterie ; mais il ne tarda point à quitter
la carrière militaire pour suivre celle de la magis
trature. Il fit son droit dans l'université de Caen
si célèbre autrefois , et que nous espérons voir
briller d'un nouvel éclat sous le nom d'aca-
démie.
M. de Janville occupa d'abord la charge de con-
seiller au parlement de Rouen. Il fut ensuite nom-
mé président de la chambre des comptes de cette
ville. Il dut cette dignité éminente à l'estime gé-
nérale dont il jouissait, et dont l'honorait en
particulier le chef de la magistrature. Il possédait
les qualités qui forment un bon juge ; la pénétra-
tion , l'instruction et l'intégrité.
Envoyé à Caen pour présider un tribunal sé-
vère , établi spécialement contre les contreban-
diers , il remplit cette place avec tant de modé-
ration , qu'il fit disparaître aux yeux du public
tout ce qu'elle pouvait avoir d'odieux. Souvent
il menaçait , rarement il punissait. Si , comme
organe de la loi , il était quelquefois forcé de
condamner , jamais il ne manquait d'implorer la
clémence du Roi en faveur du coupable. Le mi-
nistre lui ayant fait des reproches sur son ex-
trême indulgence , il répondit qu'il comparait
sa place à ces épouventails mis dans les arbres à
fruit, plutôt pour effrayer les oiseaux que pour les
tuer ; comparaison familière qui sert à faire connaî-
tre le caractère tout à la fois gai, spirituel et hu-
main de notre collègue. Il avait obtenu la grâce de
deux prisonniers condamnés aux galères. On pro-
posait de différer au lendemain de les mettre en
liberté; mais M. de Janville fut lui—même à la
prison et les rendit sur le champ à leur famille.
Ce, trait d'humanité fut célébré dans le tems au
palinod de Caen par plusieurs poètes, entre au-
tres par M. le Prêtre , membre de l'académie de
cette ville , qui voulut alors garder l'anonime ,
mais qui nous permettra de le nommer aujour-
d'hui (I). Ainsi, les concours littéraires du pa-
linod tendaient souvent à signaler les belles ac-
tions et à faire naître les talens. Les jeux floraux
qu'institua Clémence Isaure viennent d'être réta-
(I) Voyez lé recueil des poésies couronnées, au palinod de
Caen en 1777,
(6)
blis à Toulouse, ne verrons-nous jamais aussi ré-
tablir le palinod, institué par nos ancêtres , et
qui a servi à développer les premiers germes du
talent des Malfilâtre , et de tant d'hommes dis-
tingués ?
Une circonstance heureuse contribua beau-
coup à fixer à Caen M. de Janville. Il épousa
l'héritière de l'ancienne et illustre maison de Tour-
hebu. Il apporta dans cette union les qualités
qui peuvent contribuer au bonheur , la bonté et
l'égalité de caractère. Beaucoup plus jeune que
son épouse , il ne cessa toute sa vie d'avoir pour
elle les attentions les plus marquées et de lui pro-
diguer les soins les plus tendres.
Pendant les tems orageux de là révolution , il
exerça plusieurs fonctions , entre autres celle
de maire de notre ville : les honneurs étaient
alors dangereux. En acceptant ces différentes pla-
ces , il donna des preuves d'un véritable dévoue-
ment et son caractère conciliant les lui fit remplir
à là satisfaction générale.
Il rendit de grands services comme membre du
conseil du département du Calvados. Toujours il
en était nommé président et M. Moisson-Devaux
secrétaire. L'amitié étroite qui les unissait, tour-