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Notice sur M. Louis-Félix Delamare, pasteur de Mialet (Gard), décédé à Mouriès le 7 janvier 1865. [Signé : Maurin.]

De
29 pages
impr. de Roger et Laporte (Nîmes). 1865. Delamare. In-12, 34 p..
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NOTICE
,/' SUR
M. LOUIS-FÉLIX DELAMARE
NOTICE
SUR
1. LOIlsriLIX DELAIAIrn
Pasteur de Nialet (Gard) -
.,.----.
>a\VIcm.riès le 7 janvier 1865
Doux et humble de cœur.
(Matth. xi, 29.)
FBIXi 85 CENTIMES
NIMES
IMPRIMERIE ROGER ET LiPORXE
Place Saint-Paul, 5
1865
L'auteur de cette brochure a fait insérer, au
mois de mai dernier, dans les colonnes de
YÊvangéliste, quelques détails biographiques
sur le pasteur Delamare. Ses deux articles ayant
reçu un accueil bienveillant de la part de tous
ceux qui ont connu ce vénéré pasteur, les
membres de l'Union chrétienne de jeunes gens
de Mialet, dans le double but de rappeler et de
conserver dans l'Église dont ils font partie, le
souvenir du ministère béni de cet homme de
Dieu, et de donner plus de publicité à ce qui
a été raconté de sa vie et de ses travaux évan-
géliques, ont prié l'auteur de ces lignes de
publier à leurs frais la présente notice.
Un ancien membre de l'Union de Mialet
ne pouvait qu'accéder de grand cœur à ce lé-
gitime désir. Cet opuscule, rappelant la vie de
notre ami, sera comme un monument élevé sur
sa tombe.
Lè souvenir sera moins apparent qu'un mo-
nument en pierre, mais il pourra faire plus de
bien.
Veuille l'Éternel accompagner de sa bénédic-
tion les lignes qui suivent.
Saint-Bauzely, novembre 1865.
¡
MAlTfiÏN.'
1 ~'-
4*
NOTICE
SUR
i
II. LOMS PÉMX DELAMARE
• .i'asteur de Mialet (Gard)
L'invitation que j'ai reçue de plusieurs membres de
l'Eglise de Mialet , l'attachement que j'avais pour
M. Delamare , ce vrai pasteur des âmes , et la recon-
naissance, me font un devoir d'esquisser la vie et le
ministère abondamment béni de cet homme de Dieu.
Puissé-je ne pas me trouver trop au-dessous de ma
tâche.
M. Louis-Félix Delamare naquit au Hâvre-de-Grâce
au mois d'octobre de l'année 4847, au sein d'une
famille catholique.
Ses premières années et son adolescence n'offrent
rien de saillant au point de vue religieux ; on sait seu-
— 40 -
leinent qu'il était fils obéissant, respectueux et tendre,
et élève aussi intelligent que laborieux.
De bonne heure, il se destina au commerce et entra
dans ce but dans une des grandes maisons du Havre ,
où il s'attira l'estime et la confiance de ses maîtres
par son assiduité au travail, sa bonne conduite et
ses services. Ainsi posé, il obtenait de l'avancement
et il serait parvenu sous peu à avoir de forts appointe-
ments dans cette maison très-importante, si le Sei-
gneur n'eût eu d'autres vues sur cette âme noble, mais
ignorante jusqu'alors sur les choses de Dieu.
La position de M. Delamare, dans une ville qui a
des relations commerciales très-fréquentes avec le
peuple d'Outre-Manche, lui faisant un devoir de con-
naître l'anglais , notre ami allait prendre des leçons
chez une dame pieuse qui suivait le culte évangélique
de la chapelle américaine du Hâvre. Un jour, cette
dame invita son élève à aller entendre le discours , en
anglais, d'un pasteur indépendant qui devait présider
le culte à ladite chapelle.
Dans le but de profiter d'une bonne leçon d'anglais,
en entendant le discours , M. Delamare, passant sur
ses opinions religieuses , va écouter le prédicateur
américain et apporte l'attention la plus soutenue à
ses paroles. Or, comme la foi vient de l'ouïe, l'élève
de vingt ans profita, non-seulement d'une leçon de
— H —
grammaire, mais surtout il eut le cœur touché par les
paroles du prédicateur : la vérité évangélique lui fut-
révélée. Attiré par les cordeaux irrésistibles de l'amour
du Seigneur, à entendre les bonnes choses dont il
n'avait pas même eu la pensée, il fréquenta le culte
évangélique et donna son cœur au Sauveur. Il resta
encore quelque temps dans le commerce, mais il était
toujours préoccupé des choses de Dieu, et il employait
ses heures de répit à la lecture de la Parole sainte,
à la distribution de traités religieux , faite aux marins
ou à d'autres œuvres évangéliques ; mais bientôt cette
petite sphère d'action religieuse ne peut pas lui
suffire ; il sentit que de donner son cœur à Dieu, ce
n'était point assez, mais qu'il devait aussi lui con-
sacrer sa vie. Il reçut du Seigneur une vocation directe
que ses travaux à Mialet ont justifiée. Dès lors, comme
Moïse qui abandonna le palais de Pharaon, préférant
être amigé avec le peuple de Dieu, il renonça à de
bons appointements et vint s'asseoir sur les bancs
d'un établissement du Midi, où il étudia en vue du
baccalauréat ès-lettres.
Une fois muni de son diplôme, il entra à la faculté
de Montauban, où il eut pour maître l'illustre Adol-
phe Monod, qui, comme on le sait, entre autres
grands talents , possédait peut-être plus que d'autres
professeurs, la belle faculté de se reproduire chez ses
élèves, par la pensée et par le cœur.
- 12 -
Il n'est peut-être pas inutile d'ajouter que M. Dela-
mare eut pour condisciples, quelques-uns des hommes
qui ne sont pas les moindres de l'Église réformée de
France. Avec un pareil entourage, la belle intelligence
dont Dieu l'avait orné, les excellentes dispositions
religieuses qu'il avait, les bons désirs qui l'animaient,
l'ardeur et la persévérance qu'il apporta à l'étude,
notre ami devint, non-seulement un homme instruit,
mais un homme de science, comme me le disait un
de ses condisciples et collègues. Malgré son savoir, il
est resté toujours dans une humilité telle, que le pu-
blic religieux l'a peu connu. On peut dire qu'entre
autres vertus chrétiennes , celle qui dominait le plus
chez lui, c'était cette vertu si rare que nous appelons
l'humilité. Tous les vrais disciples de Christ savent
que c'est là la véritable grandeur devant Dieu. Ses
études terminées, le cher M. Delamare, qui était d'une
constitution chétive , se trouvait encore plus faible.
Le chrétien sait qu'il n'appartient point à l'homme
de diriger ses pas ici-bas, mais qu'ils sont dirigés par
l'Éternel. M. Delamare, se rappelant sans doute les
paroles du Sage, demanda à Dieu , dans ses prières ,
avant de quitter la faculté de théologie , de lui faire
connaître d'une manière évidente, qu'elle était l'Église
qu'il l'appelait à desservir. Résolu à ne point choisir ,
il s'engagea devant le Seigneur à accepter la première
— >13 —
2
.pffre qui lui serait faite , et de la considérer comme
une indication de la Providence, une manifestation de
la volonté divine, un appel même de Dieu. La première
lettre qu'il reçut relativement à une place , venait de
Durfort (Gard) ; on lui offrait une suffragance. Sans
hésitation, il se détermine à l'accepter ; ^eu de jours
après, peut-être le lendemain, il reçut une autre
lettre, venant des environs du IJâvre,.son pays,natal,
nous l'avons déjà dit. Tout, dans la position qui lui
était offerte par cette dernière lettre, était propre à
tenter toute autre personne qu'un chrétien sérieux et
conséquent, comme celui dont nous parlons. M. De-
lamare n'était pas engagé avec la première Eglise qui
lui avait adressé un appel, mais il l'était moralement
devant Dieu; il" refusa la place de pasteur titulaire
-dans son pays, et accepta d'être suffragant dans un
pays inconnu pour lui, éloigné du sien et où il. y
avait beaucoup à faire au point de vue de la piété.
Il vint à Durfort où il resta pendant quatreaps.
Quand, pour la première fois, on voyait cet homme
de Dieu , il vous rappelait par la simplicité de ses ma-
nières et l'ensemble de sa personne , ces paroles
qu'Ésaïe applique au Sauveur : a Il n'y a en lui ni
- forme, ni apparence , quand nous le regardons; il
.n'y a rien en lui à le voir,, qui fasse que nous le
désirions. » En effet, il était d'une simplicité et d'une
— u -
humilité à s'y méprendre; pourtant, à la vue de ce
regard doux et intelligent, de cette figure maigre,
allongée, mais noble, qui reflétait les sentiments
d'une belle âme, et qui avait ce je ne sais quoi qui
commandait le respect, la déférence, et vous conviait
à la communion avec ce racheté de Christ, les per-
sonnes instruites et quelque peu exercées, reconnais-
saient bien vite avec qui elles avaient affaire.
Son ministère à Durfort fut béni ; bientôt il se fut
formé toute une famille spirituelle dans un village, où
l'Evangile rencontrait l'opposition de l'incrédqlité.
Des raisons plausibles ayant déterminé le serviteur
de Dieu dont nous esquissons la vie à quitter Durfort,
et la place de pasteur à Mialet venant à vaquer, no-
tre ami présenta sa candidature; mais tout en quittant
Durfort, il se souvenait des âmes qui avaient été
éclairées par son ministère, et nous l'avons entendu
maintes fois, les recommander aux soins des pasteurs
méthodistes et des prédicateurs laïques qui leur prê-
, tent leur concours. Aussi depuis lors, la famille de
celle que Dieu lui donna pour compagne, reçoit-elle
et continue-t-elle à recevoir, avec beaucoup d'égards
et d'attention, les prédicateurs wesleyens.
Nous voici arrivés au point où la vie de M. Delamafe
nous paraît la plus intéressante et la plus édifiante :
nous voulons parler de son ministère à Mialet.
- 45 -
L'Église de Mialet accepta M. Delamare, et elle a
eu le privilége de le posséder pendant onze ans. Peut-
être le lecteur sera étonné que cet homme de savoir
et de piété, n'élevât pas ses prétentions plus haut que
d'occuper un poste de campagne : c'est que notre ex-
cellent ami n'avait pas l'avantage de jouir d'une forte
fanté et par conséquent sa voix était faible. Mais si
le corps était débile, l'esprit était fécond et on se rap-
pelait plus particulièrement en voyant M. Delamare,
ces paroles du grand Pascal : « L'homme est un roseau
pensant. » Si ce serviteur de Dieu n'avait pas une
forte voix, sa parole était néanmoins fort attrayante
par la justesse et la maturité de la pensée qu'elle ren-
fermait ; elle était convaincante par l'accent de vérité et
de conviction qui l'accompagnait; elle était entraînante
par l'expression de sa figure qui, en chaire, devenait
belle , imposante et répandait sur l'assemblée comme
des rayons de lumière ; on peut dire qu'il y avait chez
lui un pouvoir de fascination. Oui, sa faculté de capti-
ver l'attention , de gagner les esprits et les cœurs , ve-
nait en grande partie de l'expression quelque peu céleste
de cette physionomie qui reflétait l'image d'une âme
qui vit habituellement avec son Dieu : la prière fré-
quente est le secret de cette communion habituelle
avec le Saint des saints, et notre ami était un homme
de prière. Dans l'exercice de son saint ministère, il