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Notice sur Monique Sacquet, veuve de P.-L. Othon, condamnée à mort pour empoisonnement... Preuves de son innocence. (Signé : Louis Dubois. [24 décembre 1820.])

8 pages
Impr. de Moreau ((Paris,)). 1820. Othon. In-8 °. Pièce.
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SUR
MONIQUE SACQUET,
VEUVE DE P. L. OTHON,
CONDAMNÉE A MORT POUR EMPOISONNEMENT
A Caen, le a décembre 1820.
PREUVES DE SON INNOCENCE.
M ONIQUE Sacquet, fille d'un cultivateur propriétaire,
naquit à Méri-Gorbon, arrondissement de Lisieux,
département du Calvados. Sa famille, tant paternelle
que maternelle, est une des plus estimables du pays ;
elle est et fut toujours sans tache et sans reproche;
elle compte quatorze ecclésiastiques et les plus res-
pectables alliances de la contrée.
Comme ses deux soeurs, dont une est sur le point
de se marier, et dont l'autre est épouse et mère,
élevée dans la pratique des bonnes moeurs et de la
religion, Monique Sacquet fut placée à 18 ans au
couvent des Dames du Bon-Sauveur, à Caen. Ses
principes antérieurs, les leçons qu'elle y reçut, l'a-
vaient déterminée à se vouer à la vie religieuse. Son
père , qui connaissait ses bonnes qualités, avait dès
long-temps jeté les yeux sur elle, et l'avait crue plus
propre encore que ses soeurs à le consoler de son
veuvage, et à lui adoucir les rigueurs de la vieillesse.
Il voulait la marier dans son voisinage... Fatale réso-
lution qui contraria la véritable vocation de l'infor-
tunée Sacquet ! Douce, tendre et soumise, elle céda
aux instances dé son père, et s'offrit, victime de îâ
piété filiale, au joug d'un hymen qui ne lui conve-
nait pas, et qui devait être si funeste.
, Le 22 novembre 1819, Monique Sacquet parve-
nait à sa vingt et unième année lorsqu'elle se résigna
à épouser Pierre-Louis Othon, qu'elle ne connaissait
que depuis quelques jours. Jamais plus d'élémèns
d'antipathie ne furent rassemblés pour une union qui
pourtant exige tant de rapports de convenance et
d'harmonie dans les sentimens comme dans les goûts.
Jeune et belle, aimable, vive et tendre, étendant ses
pieuses affections sur ses devoirs et ses habitudes, sacri-
fiant les plus légitimes répugnances à la soumission
qu'elle devait aux volontés de l'auteur de ses jours, l'é-
pouse livra sa destinée à un mari dont l'âge était le dou-
ble du sien, dont les goûts étaient ignobles, le carac-
tère sombre et farouche, l'âme froide et sèche ; à un
homme dépourvu de toute espèce d'agrémens du
corps , de l'âme et de l'eprit, subjugué par une mala-
die du foie et une bile noire, qui rendaient toutes
ses passions affreuses, et, par suite de cette organi-
sation déplorable, disposé à passer des plus taci-
turnes méfiances du soupçon aux fureurs de la haine,
aux emportemens de la colère ; dur et brutal ; cruel
envers les,animaux les plus innocens; se jouant du
poison qu'il employait contre eux sans raison comme
sans précautions ( 1 ) ; ayant trouvé dans le désordre
de ses affaires qu'il avait présentées comme bril-
lantes, un nouveau motif de misanthropie et de dis-
simulation ,• et même cachant mal 'quelquefois le si-
nistre projet de s'arracher la vie (2).
(1) Dépositions : passim. (2) Dépos. deroad. veure Le Canu, etc.