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Nouvelle théorie des êtres , suivie des erreurs de Condillac dans sa logique, et de celles de Voltaire dans sa metaphisique, etc., Par le cit. Aubry,...

De
53 pages
Denis (Commercy). 1803. 55 p. ; in-12.
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NOUVELLE
THÉORIE
DES ÊTRES,
Suivie des erreurs de Condillac, dans sa
fogiqiée, et de celles de Voltaire dans
sa Métuphisique , etc.
Par le Cit. AUBRY,
1 ex - Prieur , et Principal du ci - devant
Collége Bénédictin de Commerry.
Corutnnt nanque sui. tntia cuncta modi..
A C 0 k M'E RC Y,
Chez DENIS, Imprimeur - Libraire.
an XIL
a ,
PRÉFACE.
C, Il T à la renaissance de la ter ItC:M
qu'on doit chercher les causes qui ont ame-
né ta décadence. La principale de ces
causes est 1 sans doute, la doctrine har-
die et contradictoire, fausse et téméraire
de plusieurs de nos idéologues modernes.
Il ost incroyable combien la lecture de
Condillac, dont on se méfie si peu , et
celle du trop célèbre Voltaire , malgré la
défiance qu'on en a, ont renversé de cons-
ciences depuis 60 ans; combien elles ont
fait de déistes, d'athées, de maidriallette.
Ces lectures ont produit la désorganisation
les gouverne mens, les haines, les divi-
sions, les brigundages, les vols et les
assassinats si fréquens dans notre révolu.
tion, et ont presque fait regarder ces cri-
, abe. comme légitimes, ou propres à amener
le bien publie. il serait trop dégoûtant de
donner ici le tableau de ces tristes vérités )
ceux qui osent en soutenir la vue, peu-
vent le voir dans les cabinettdMhommee
d'état, et dans les archives de la police et
des tribunaux. -
iv
C'est pour empêcher le retour de tnnt
de inaux quo je me propose aujourd'hui
de montrer le contradictoire, le faux, l'ab.
surde et le ridicule des systèmes qui les
ont produits; de rétablir les anciens prin-
cipes , et de leur donner pour appui une
nouvelle théorie des êtres, aussi vraie et
aussi con forme à la raison que consolante,
t-t favorable à la religion. En conséquence,
après avoir développé le plus succincte-
meut possible cette nouvelle théorie, je
réfuterai tous lei idéologues qui, en l'at-
taquant , n'ont cherché qu'à dénaturer nos
aines, dégrader la source de nos counais-
smees, et nous déspirituatiser. Jem'at-
tacherai sur-tout à combattre l'un après
l'autre, les principes de la logique de Con-
dilluc et de la métaphisique de Voltaire ,
qui tous sont contraires à mon système;
et, pour être plus court, non seulement.
j abrégerai les textes de ces écrivains, sans
un altérer la sens, mais, pour ne pas me
répéter moi même, ce qui serait fasti-
dieux , je renverrai souvent à ceux de mes
nutres ouvrages , où j'ai déjà traité les
mêmes matières.
A I
NOUVELLE THÉORIE
DES ET RES.
S 1er
Du mot Nature.
4
N A T u R E est le mot, dont nos idéologues
modernet se servent tous les jours, pour pouvoir s.
passer des idées de Dieu, de religion » de morale,
, et pour faire disparaître les rapports nnturels qu'ont
tous les êtres crUt, avec le créateur. Soumettons donc
ce mot magique au crenset de l'anulyre, et comi.
dérons-le dans l'ordre intellectuel, l'ordre moi ni et
l'ordre phisique.
Dans l'ordre intellectuel, la nature n'est autre chose
que ce qui constitue chaque être en particulier » et
qui fait qu'il eit lui » et non pas un autre. Ainsi, la
, rondeur est la nature du cercle; quatre côtés égaux
forment celle du carré, etc.
Dans l'ordre moral, la naiure est l'effet des incli-
nations et des sentimens qui sont communs à tOUI
les hommes, et dont, par conséquent, personne ne
peut s'éloigner » sans devenir un monstre. Tels sont
la reconnaissance envers un bienfaiteur, la piété
filiale, l'amour paternel, etc.
( 6 )
Dans l'ordre phisique , le mot nature, daigne non-
leulement l'universalité des globes qui composent
l'univers, mais encore tout les éléniens qui consti-
tuent leurs hAbitans. Tels sont, pour les corps, les
Atomes plus ou moin rond, crochist 9 citrrés t gros,
fins , déliés du mouvement ou da re,'O.1 desquels
dérivent leurs qualités de solide , liquides, chaud.,
froids, rouge., blanc*, no: r, o etc. 'J es sont, pour
les esprits les sensations, les idées, les sentiment »
et les inclinations ou instincts différens, dont l'im-
mense variété forme toutes les espèces différentes
d'esprits , et délinée dans chacun, quelquuns des
Attributs infinis de cette cause première d'où dé-
coutent nécessairement toutes les existences.
D'iiprès cet examen analytique, si je demande à
nos sublimes discoureurs de vertut, à tous uns alcby-
tniques décompositeuri du cœur humain, pourquoi
ils ne veulent p u qu'on analyse les principes des être.
spirituels aussi bien que ceux des corps, ils ne crai-
gnent pas de me faire entendre qu'il n'est point d'ames
distinguées des corps, ni de principes de conduite
faits pour elles ; qu'il ne doit pas plus y avoir de ré-
vélation de dogmes dans les n,.'ier!! de la morale ,
que de création dans les cabinets d'histoire naturelle ;
et que c'est la nature seule qui a crée le monde et
ses habitant.
M.tis de que, nature parlent-ils? Est-ce de la na-
ture en font qu'elle cet l'essence de chaque chose ? Si
c'est dans ce sens, la nature ne peut rien au*delè de
ce qu'elle d Jnne t et la rondeur qui est l'essence du
(7)
A 4
cercle, ne formera jamais le carré. Veulent-ils par-
ler de la nature en tant qu'elle of t sensation , idée ,
sentiment ? Mais Cet élémens de la nature spirituelle
supposent déjà l'existence des étres sentans et wnti. ,
puisque ces êtres en sont constitués. Est-ce de lu nature
en tant qu'elle est l'universalité des êtres, qu'ils \eu-
lent parler ? Mait la nature, dans ce Feiis, ne pt ut
avoir que les propriétés collectives des individus par-
ticuliers ; et » parmi ces propriétés il n'en est aucune
qui puisse par soi-même , ou se donner l'cxisteuco ,
ou la communiquer aux autres.
Qu'ils avouent donc, honteux de leurs défaites et
de leur ignorance , ces superbes idéologues, que si
leur système parait une jolie chrne, à ln laveur
d'un mot qu'ils n'entendent pas, après un sifcclc de
procédés et de calculs, du moins il ne viludrn j:\¡,,:.;.
le sens commun, avec les mots qu'il entend et qu'il
définit bien. Qu'ils avouent qu'uprè. avoir pour aiiéi
dirp t diuequ," l'entendement humain » et mis tous les
yeux la peneée et res élémens, on ne peut plut per-
sister dans l'athéisme, qui est l'extinction de toute
vérité et la dissolution de toutes choses.
On s'est moqué avec raison des réalistes et des no-
minaux , parce qu'ils se formaient des chimères. On
se rit encore aujourd'hui des qualités occultes de nos
anciens phisiciens, parce que ces qualités n'expli-
quaient rien; mais peut-on préférer à ce* inepties,
les ténébreux f)'ltt!mel des idéologues qoi cherchent
à nous cacher la nature et l'existence d'une première
cuise ? C':a":l:n c? dot-i! iiii déchirer, avec imîi-
(8)
ption, let fatales machines qu'ils dressent tous les
jour* contre la religion, et qui, miilgré tous leurs
i-fforts, et les applaudissement des lOti t vont toujours
ventre A terre ?
S II.
Du mot lubslaflu.
S'il est question de matiè re, on peut dire qu'il n'est
que l'otome qui soit une substance, paree qu'il est
seul la matière qui subsiste par elle même , et dont
les modes qui sont simples ne puissent-être anéantis
que par celui qui les n creet. Le corps est bien ausi
une substance, puisqu'il subsiste, mais une tubstance
cjui ne se soutient pas pnr elle même, puisqu'elle est
continuellement dans un état de fluidité, d'acquisi.
tion ou de déperdition de matière ; que ln durée de
ses parties ou do ses organes dépend de la réguralité
d'un flux continuel , hommogène, régulier et bien pro-
portionné des (llom", qui le composent ; et que tous
ses modes sont nccidentels, puisqu'ils changent sans
c esse, et (,,,'nu're.u..nr tout corps sentit immortel par
lui même ou d'une durée éternelle comme l'atome.
S'il est question d'esprits, on peut dire qu'il n'en
est aucun qui D'existe par-lui même, puisque tous
font simples ou formés de modes subetantiels inva-
riables , et que chacun reste toujours le même dans
s on espèce. à cela près que les facultés de ceux des
esprits qui sont uns à des corps, ne sont pas, dans
tous les tenu également développées, parce que et
développement dépend toujours beaucoup du tempé-
rament plus ou moins rpt:,u':er de ce* corps , de
(9)
A S
l'Age des ,.hOh" , du gouvernement etc. ; et que ce
d.Wohjtyement ne peut rien ajouter ou rctrnncher à
une wVtmce, nui il feulement y fair. connu lire ce
qu'il y a
s 1 11.
Tl,Jo/rie qu',l faut proférer,
Parmi les systèmes qu'on peut ndopter » dans tout
les genres de discussion » il faut toujours préférer
ceux qui présentant clt-s idées plus claires, plus dis-
tinctes, qui rendant miuex raiton de» phénomène»,
et donnent des solution» plu* sut «"faisantes aux objec-
tions. Or, quoi de mieux » à tous égards, que la
théorie qui fait consister l'essence dos êtres dans l'as-
semblage de lt*ur» altrilniM, ou modes substantiels ?
Qu'eft-ce qu'un Etre quelconque, si on retrache
de son idée celle de les attributs ? ( voyez unti-
Culi.-Iii'.ilc, page 15. )
S IV.
Thtbrie de la lUI/lire divine.
Qu'y a t-il déplus naturel pour connaître et dis.
tiiguer les esprits, que de dire qua Dieu est l'en.
semble incréé. infini et éternel des sensations , des
id.!etl, et des sentimens, ou volontés éternelles qui
le constituent r Par ses sensations incréées, Dieu sent ,
sans aucun besoin d'organet, tous les êtres corporels
qu'il a formés. Par ses idées incréées, il te voit lui-
D,pme, et tout 1ft êtres spirituels qu'il a aH.; et
p r sessentimens incréés, il apprécie et veut, dès
l'éternité, l'existence de tous les Etres spirituels et
corporels auxquels il donne ou a donné l'existence.
( 10 )
On ne djit pas croire cependant que la scnsatioe
d<? la douleur convienne à Dieu. La douleur n'a en
source que dans l'abus du plaisir dans le» 6tres créé*,
et Dieu qui est infini et incréé, ne saurait abuser de
a n'être, parce qu'il est nécessairement et infiniment
dans l'ordre , t q,,'iI ne 'nrrn t *orir de lui-même.
nun. les êtres créé», l'ab«>nc« de p Ini!':r forme le
repos, comme l'absence de la lumière forme l-jstv-
ivbrcs ; « t IVnge déreglé du plaisir forme la dou-
1 comme l'exercice trop prolongé des mAmbt\s >
1 orm le mal-être qu'un appelle fut gin*. Dans Dieu ,
le plaisir n'a point d'absence, pirce qu'il est éternel »
c i ion développement ne forme jamais de douleur »
par e qu'il ne saurait tire plus petit ou plus grund,
ni moins réglé que son être.
S V.
Théorie des esprits créés, intelligens et libres.
Quoi de plus raisonnable que de dire des esprits
intelligens et libres, tlu'ile sont l\H*?mhlnge créé »
) !i s ou moins borrié, des sensations, du» idée»et de»
s r.timeo» qui constituent la divinité, )ni!lqut' ces es-
ttih ne peuvent concevoir ni agir que par ces par-
ties constituantes, et que c'est par elles qu'ils sont
l'image de Dieu ? Retranchez de l'idée du corps
l'étendue en longueur , largeur et profondeur, il ne
reste plus rien par quoi vous puissiez le comprendre.
Retranchez de celle de l'ame IfIt tPntntiom. les idées
et les sentimens, vous l'anéantissez absoluntei't.
D'aprts cet Dotioftl, pourquoi le philosophisme
Ujuve l-U les mystères de la Trinité et de l'Incur-
( 11 )
1 A 6
nation ffconïtnhct à la raison ? ne vott-on pas,
dans notre ame, l'image de l'un et de l'autre ? Dolr.
ame n'est-elle pas incarnée par son union aveu un
corps ? coûtait? source des •eiis.uiow qui lu consti-
tuent, c tte ame ne représente-t-elle pas le Père ?
Comme renfermant toutes les idées c tiV priment noi
parole*, ne représente-t-elle pas le verbe divin ? COlU-
me exprimant l'iiiiif)ur qui unit not sensations, nos
idev» et nos sentimens, ne montre-t-elle pM le St.-
Esprit qui unit 1 c l'cr. au Fils? La parole intérieure
de l'unie, M revêt du son de la parole extérieure
pour se faire connaître, conue le verbe de Dieu
,'t.,.t fait cli tir, pour se faire c Innaitr: h nous. ClIn.
me le verbe de l'ame est form e de ses idées et leur
est entièrement égal, de mj.ne le verbe de Dieu est
lumière de lumières, Dieu de Dieu et le même Di u.
Le verbe intérieur de l'ame précède ses ouir i
au déhors, et peut être sans ses ouvrages; le v rbe
divin précède aussi ses créatures et peut exister tllna
t-1!' s. Si les facultés de notre ame ne font pas des
pers onnes , comme en Dieu, c'est qu'elle- sont c- £ 6?t
et borné*'» ; et si, en Dieu , les mêmes facultés cor-
n.-uitives sont des personnes, c'est qu'elles sont in-
créées et parfaites. D'ailleurs nos facultés n'en sont
pas moins distinctes entre elles, et n'en forment
pas moins une seule et même ame créée.
Que veut dire M.r Mrrcier de l'Institut, quand ,
dans son discours sur les Sépultures, il assure que In
sensation est la seule chose qui existe en fait de tua-
tière ? Veut-il nous faire croire que nos sensations
sont matérielles Al.ù! il n'en est aucune qui soit éten-
f il )
due en longueur , largeur et profondeur , aucune qui
cccupe m itéi ie U'tuenl un ifipace , aucune qui soit
molle, dure etc. Que veut il dire encore, quand il
ajoute que la pen ée n'est que le d^e oj)peint-ni d'une
cho*e unique, indivisible, indestructible ? N'est-ce
pas là du pur galimatias ? Cette chose unique est-elle
autre que noi sensations, nos idées, nos sentiment ?
Ou le développement de nos pensées s,, fait dans notre
ame, ou ddlll lot objets fXtfrienK : S'il se fait dans
tlolre Amr. c'est donc notre ame qui se développe
i lle même, et cela rentre dans mon système; t'ttfe
fait dans les objets extérieurs, alors je lui demande
comment l'ame peut éprouver une manière d'être si
étrangère à sa nature ? Peut-il nier que la nature de
l'ame soit toute en ière dans ces deux vers :
Mentem nosce tuam , tua mru i est citima qnœqiu»
Sentis, cognoscis, vel benè, vel nuili vis ?
S VI.
Théorie de l'ame des betet.
Peut-on ne pas regarder l'ame des blltes comme
l'assemblage créé d'!f ,emotion. seules, puisque ne
variant aucune de leurs actions, t'lie. ne peuvent
AT" que ce dernier degré de la spiritualité ? Si l'ins-
tinct , qui est le premier mouvement des sensations
qui dirigent les Mes s était éclairé par des idtôet.
comme nos demi. - philtisol)ltes l'imaginent, ne mon-
trerait-il pas, en elle», la même perfectibilité que
dans l'homme ? On le snit » si le mouvement des
tensatiODl est spontané , il n'en est ni moins aveugle,
( 13)
ni m «in* d'trminé à une toute chw < ni par consé-
quent plus propre h conduire A la perfe ction. ( f'oyt
l'IIr", ci iticjui'?, page )1, et théorie de l'uni i des
bé tes, page 18. )
S vil.
Théorie de la matière.
N'est-il pas tout simple aussi de regarder les atomes
qui e .mposent les corps, connue des "t..t"S »»
ét 'lldut en longueur, largeur et profondeur, et par
consériu-nt , aussi M'!dM qu'indivisibles ? Tout COI'r"
nVit-il pas l'assemblage individuel, niaig divisible ,
d'un plus ou moins grnnd nombre d'"lonle. réunis
pour le former ? Il est toujours plus ou moins solide
ou fluide, selon que les atomes qui le composent, sont
plus ou moins ronds, crocbm, carrât etc. ( foyr*
auti-Condilluc, page 17. )
S VIII.
Existence de la matiïre.
Mr Mercier, en soutenant que la matière n'existe
pas, parce qu'elle ne se connait pas, veut il dire que
c'est la connaissance qui donne l'existence ? Mais les
corps bruts qui ne te connnaisent pas , en existent ils
itioini ? Si c'est la connaissance qui donne l'existence,
pourquoi une na.aiun djnt je connais le pi-on , ne se
trouve-t-elle pas bAHe d'avance. Si les c,)rl" n'exis-
'ent que par la connaissance, ils n'existent donc qu'en
idées, et Dieu nous trompe, puisque nos sensations
sont toujours accompagnées du sentiment de l'exis-
tence de oes corps. La matière existe , parce qu'elle
frappe nos organes, et que cet effi t a une cause qu'on
ne saurait Accuser de mensonge.
14 )
S IX.
Epoque de rra iàtetit e de la matière.
Y on me dt*mHiid > l'époque de I'ûxib-ence de la
matiè re, je ri-poncts que n'ayunt par elle- même nucuiie
raison suffisante pour exister, elle n dû n'être créés
c;ue pour former le monde ; cur le pouvoir de In ma-
tière, en total, si elle eu a, n'est que celui de la
matière en détail ; or quel élément de ln matière en
particulier, ou quel corps organisé, eu général, peut
ne flatter dYxister pur lui-mème ?
On ne peut donner d'autre époque sûre, de la
création de la matière et du monde , que celle que
Aîoyse nous a trao<mi<e', mais il suffit, pour donner
le dementi à tous nos l'hi!mophhtt' fur l'éternité
du monde, qui est leur croyance favorite, de prou-
ver Impossibilité d'un mouvement perpétuel, hors le
souverain moteur de l'uni\'t r,\ j or, rien de plus sa-
cile. Alleguera-t-on la circulation du sang dans l'hom-
me et les animaux ? Mais cette circulation rf Il pas
perpétuelle, puisqu"elle commence et finit dans cha-
que individu , qu'il faut qu'on l'entretienne par la
nourriture et la bohron , et que, si elle liiifpe d'un
individu à l'autre, pnr la génération, rien ne saurait
garantir la durée éternelle de ce passage , que la
volonté du créateur ; puisque tout corpt a en lui-
mémo les semences de sa destruction , ce qui n°
saurait s'accorder avec l'idée d'un mouvement per-
pétuel. Dirn-t-cn que le monde entier jouit d'un
mouvement auquel on ne voit ni commencement ni
fil ? 1\10;' ue voit-on pas, dans tous les siècles, des
pertes partielles et des changemens dans iW» la»
t~~
( 15 )
globes aux quels nos yeux peuvent atteindre ? Or qu
peut nous girantir que dans quel .Ut'i millions d'an-
nies, une conflagration ou un boulversement spnt'rftl
des globes ne ramenera pas l'ancien cah<>*, qui à
été ta matière première de toutes les existences cor-
porelles ? le il .-istt- liii- iiiètne qui croit à l'existence
d'un tntivi-rnin mo:«*.ir, n'est-il pas forcé d'avouer
que Dieu ne saurait faire son semblable h'.>r. de lui-
ni ù nie i
Ainsi que la matière soit créée comme le vou-
laient Moy'e et Platon qui croyaient que Di.
n'I.g', pas nécessairement nt h irs de lui-même; ou qu'elle
soit .r"e comme l'aurait Aristote qui pensait
q le Dieu agit nécessairement hors de lui-même elle
n'en est pas moins l'effet connu et certain, temporel
ou éternel du créateur, puisque, d'un côté, tous nos
sens le montrent, et que, de l'autre, rien ne pouvant
sortir de rien, tout ce qui existe dépend nécessai-
rement d'un créateur tout-puissant qui donne l'être ,
et infiniment bon et ange qui le conserve.
S X.
ProprititSs de la matière.
Les atomes et les corps qui composent ln m1.jrr(',
n'ont d'autre propriété essentielle que leur exten-
sion en longueur, largeur et profondeur ; ils n'ont
donc par eux-mêmes qu'une force d'inertie qui sup-
pose repos et figures, indivisibilité dans les atomes et
divisibilité dans les corps. Si donc ces atomes et ces
corps ont par-delà, du mouvement, ils le doivent à
des êtres différens d'eux-mêmes, c'est. - i- dit e à à des
( 16 )
,mh" ou il tit'? lois plaisiques établie pour eux par
l'mih »r de la nature ( J'uyrz questions nux Plalo-
luplicï, page il. )
S xi.
Causes du mouvement de la matière organisés
et vivante,
Ainsi les causes du mouvement de la matifre
organisée et vivnntc , font des êtres spirituels, en tnnt
qu'ils ont ensemble ou séparément les trois principes
d'activité, qui posis les sensations pour sentir les êtres
corprel», les idées pour comprenre les spirituels,
et les sentiments pour déterminer les actions des êtres
ru!»' :it ablr» et IIlJrff. Dieu est le premier moteur,
ou 1,\ dure première, spirituelle, incréée et éternelle
qui donne pnr lui-même le mouvement au monde.
Les t. hf" sensibles et intelligens créés font les causes
naturelles du mouvement des corps auxquels ils font
unis , et de la déterminotion éclairée ou aveugle de
ce mouvement. Les lois phisiques sont aussi des CRUte.
de mouvemea: ; mais eHe. ne regardent que les corps,
et ne sont, conséquemment, libres et spontanées
que dans le premier moteur qui les n établies.
S X 1 1,
Liberté et spontanéité des mêmes rmutl.
Dieu est libre, parce qu'il connaît tous les objets
possibin, et qu'il peut départir à tout ceux qu'il
veut créér, plus ou moins de 1ft perfections, selon
sa volonté. L'homme est libre, parce que ses idées
lui font connaitre les objets, et que ses sentiment
( '7 )
l'attachent ou l'éloignent d'eux, non toujours selon
ton penchant, qui est plus ou moins gâte par l'édu-
cation , mais toujours selon sa volonté, dont la dé-
tenmnatton, bonne ou mauvaise , qui mérite récom-
pense ou peine, dépend touj wrs de lui. La Itfte n'est
pas libre , et n'a que de la spontanéité dans ses
mouvemens, parce qu'elle manque de la lumière
des ¡défi qui forme l'intelligence, et de l'énergie
des »entim*rw qui, en formant la volonté, détermine
librement, c'est-a-dire, avec connaissance de cause.
( l'etyll auti-Condillac , page 27. )
Voyons l'il ne suffira pas de l'appli-
cation des • :imi^es plus que probables de cette
théorie, pour ottr toute probabilité aux syitêinet
de Condillac, Voltaire, etc.
LOGIQUE
DE CONDILLAC.
PREMIÈRE PARTIE.
CHAPITRE PREMIER.
Des premières leçons de l'art de penser.
Nos sens sont nos premières facultés. Si nous
avions été privés de la .'11,.. nous ne connaitrions
ni la lumière, ni les couleurs. Qu'el est vo tre but,
trop célèbre Abbé, dans une assertion dont le sent
est si équivoque ? Voulez-vous nous peor.. der qu'il
n'existe point d'êtres inten-ibles, ou que de t'I. êtres
peuvent se composer d'élèmens sensibles ? vous ne
Voulez point d'êtres insensibles, vous ne er dono
ci Dieu, ni nnics, puisque ces étres sont percep-
tibles à tout ce que vous appellez organ les senî ;
et si vous composez ces êtres d'élément sibles à
nos orgnnes, outre que votre assertion - une con-
tradiction dnns les ternI", vous Ion a f. dans le
matérilismé le plus cru. Pourquoi aisi vous tant
les équivoques dans les mots ? Avez-vous donc oublié
que nos sens sont la faculté de sentir, et non nos
organes, et que la faculté de sentir est fondée, non
sur nos organes qui sont matériels, sur les sen-
sations dévelopl)ée% ou indéveloppées cp, titrent dans
la constitution spirituelle de notres unu ® ubliez vous
( 19 )
que nos organes ne sont que la cause occasionnelle
à laquelle Dieu a attaché le développement de nos
facultés ? Nos sens, comme vous les entendez , ne
font pas des fHcuhé" et quand nous sommes priva
de la vue, c'est-à-dire de nos yeux , notre ame n'en
est pas moins formée des sensations qui fondent sa
faculté de voir : tua mens est omnia quœyue sentis.
( foyet théorie de l'ame des bêtes, page 2 et 13. )
Les tnforu acquièrent des connaissances sans notre
secours ; ils ont donc un art pour en acquérir, et
ils en suivent les règles à leur inçu. D'accord, mais
sur quoi est fondé cet art ? N'est-ce pas sur les idées
et les sentiment qui accompagnent leurs sensations ?
N'est-ce prt. de ces trois modes qu'est formée la
substance de leurs ames ? Comment des wnlfttlon. ,
toujours aveugles de leur nature, pourraient-elles
devenir des connaissances? Ah 1 Newton, ab f MuHe.
branche, que vous étiez sots de vous dessécher te
sang par vos longues études ! il ne fallait, selon Con-
dillac, que suivre l'art de la simple nature , sans
même chercher à en connaître les règles. ( r 01'.
anti-Condillac , page 8. )
Nos facultés et nos besoins dépendent de l'orga-
nisation, et varient comme elle ; la nature est la
conformation des organes, C'est donc au corps fflul,
profond Condillac , qu'appartiennent nos facultés et
nus besoins. Si la nittule est la conformation dt*s or-
g UHS, il n'est plus besoin d'une ame d stinguée du
corps. Courage, grand génie, votre logique dchor-
r tî, - tous les i iiiiit s du 1 a - d-iiii géntnt de la çor.,
( 20 )
cience, puisque ce fardeau ne saurait appartenir au
coi ps.
Vous ne niez pas l'existence d'une ame, dites-vous,
en quoi consiste sa nature ? De deux choses l'une :
cu les facultés spirituelles de cette ame constituent
,1\ subtance , ou elles ne la constituent pas. Si cet
Incdlé, constituent sa substance, les sensations, les
iMt", et les sentimens qui les fondent sont innés, et
par conséquent indépendans de l'organisation. Si cet
facultés ne constituent pas sa substance, rien ne la
constitue ; puisque, selon vous, la nature est la con-
formation des CIIgAnfl, et que nous pouvons par
conséquent, avoir sans ame, nos facultés comme
nos besoins. ( l'cY' théorie, etc. page 5 et 13. )
Le plaisir rt la douleur sont nos premiers mat-
Ir" i ils nous ecl airent, parce qu'ils nous avertissent.
Mais, sublime Métaphisicien, comment ces dtux sen-
sations, qui sont aveugles de leur nature, peuvent-
e-Ile.* nous éclairer ? Est-ce en se transformant en
idées lumiueuse ? mais ce qui n'est que ténèbres ne
saurait devenir lumière. Ces sensations, avant même
leur transformation, n'appartiennent point au corps,
comment, après cette transformation, pourraient*
elles lui appartenir ? Dites plutôt, docte Condillac,
et vous direz plus vrai, dites que nos organes sont
les causes occasionnelles du développement de nos
fen'Httons, et que nos sensations servent à nous faire
disti nguer et connaître la lumière de nos idées, sans
que, pour cela , elles deviennent ou puissent devenir
des idees elles mêmes. Il ne f. ut pas confondre les
( 21 )
organes avec les «'nt. I.os organes Il""t corporel*,
et peuvent se dissoudre , et non gens i(itit spirituels ,
piliscill'ilq sont la faculté de sentir, et'e-même , fondée
lur toutes les sensations développées ou ind"'t>Iop-
pées, qui sont une partie intégrante et indissoluble
de l'âme. ( Voyez anti-Condillac , Png* )
CHAPITRE II.
Nature de t'analyse.
Analyser c'est u"., rvcr, dans lUI ordr•• .furCf',s!f.
les qualités d'un objet, 7fit de leur donner, dans
l'esprit, l'or tir »• simultané dans lequel eli"s existent.
D'accord , mais l'analyse vaut-elle mieux pourceln,
que la synthèse, comme vous le prétendez ? N'est-
il pas égal de remonter des dernières qualités d'un
objet, aux premières, ou le descendre des premiè-
res aux dernières ? ( l'oyez anti - Coodittac t
page 56. )
L'esprit voit plus que l'œ 1 ne peut voir. C'est
comme si vous disiez : ~l'eut d'un ruisseau coule plus
que le caillou qui est ou fond , ne peut cou'er. L'œil
ne voit rien; il n'est qu'un instrument pi!*>if; c'est
l'ame qui voit , parce qu'elle est seule parmi les
êtres créés, qui soit nctive, sensible et intelligente
par elle-même. ( Voyez anti-Condillac, page^. )
C'est à l'ame qu'appartiennent toutes les sensa-
tions de la vue. Vous venez cependant, Mr., d'uttri-
buer la vision à l'oeil ; mais si elle appartient effec-
tivement à l'ame, pourquoi ne convenez-vous pas
que toutes nos sensations sont innées ? Notre faculté

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