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Nouvelles observations de paralysies générales progressives, rebelles à toute sorte de médications, cessation graduelle de tous les accidents sous l'influence des eaux thermales du Mont-Dore, communication faite à la Société médicale d'émulation, dans la séance du 5 mars 1864, par le Dr Jules Mascarel,...

De
11 pages
impr. de F. Malteste (Paris). 1864. In-8° , 12 p..
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NOUVELLES OBSERVATIONS
DE
PARALYSIES GÉNÉRALES PROGRESSIVES
REBELLES A TODTE SORTE DE MÉDICATIONS
CESSATION GRADUELLE DE TOUS LES ACCIDENTS
socs L'INFLUENCE
DES EAUX THERMALES DU MONT-DORE
Communication faite à la Société médicale d'Emulation
Dans la séance du 5 Mars 1864
Par le Docteur Jules MASCAREL
Ex-interne lauréat des hôpitaux de Paris,
Membre correspondant et lauréat de l'École impériale de médecine et de chirurgie
de Toulouse,
Correspondant de plusieurs autres Sociétés savantes françaises et étrangères,
Chevalier de l'ordre impérial de la Légion d'honneur.
PARIS
TYPOGRAPHIE FÉLIX MALTESTE ET G«,
UUE DES DECX-POftTES-SAINT-SAOVEULt, 22.
1864
Publications de l'union médicale (Nouvelle série) des 12 et 21 Avril 1864.
OBSERVATIONS NOUVELLES
DE
PARALYSIES GENERALES PROGRESSIVES
REBELLES A TOUTE SORTE DE MÉDICATIONS
CESSATION GRADUELLE DE TOUS LES ACCIDENTS
SOIS L'INFLUENCE
DES E^Uf^THERMALES DU MONT-DORE
j - Commnniéatiojn-Jtaite a la Société médicale d'Émulation
l " - pans la séance du 5 Mars 1864
- •- y
Parole Docteur Jules MASCAEEL
Membre correspondant
OBS. I. — Une demoiselle de 2i ans, d'un tempérament lymphatico-sanguin et nerveux,
d'une belle stature, d'une constitution irréprochable, les cheveux châtains, les yeux bleus,
l'intelligence très bonne, fut réglée à l'âge de-12 ans (mars 1882). Il y eut à ce moment des
pertes qui durèrent vingt jours, mais peu abondantes et sans,souffrances. On fit garder le repos
au lit; il y eut alors de l'inappétence et un peu de constipation. Avril et mai, les règles vont
bien et sans coliques. Juin, petite perte pendant six semaines, repos, inappétence et constipa-
tion.
Du mois de juin 1852 au mois de mai 185Zi, la santé est bonne ; il y a seulement de temps à .
autre de petits malaises, tels que maux de reins et un peu de faiblesse générale. Mais au mois
de mai 1854, fièvre de quelques jours qui nécessite une application de sangsues aux. cuisses.
Première apparition d'une douleur dans le flanc gauche, qui n'a jamais cessé entièrement
depuis cette épope. « p pA,
Tel était l'état où se trouvait celte demoiselle, quand, à la fin de l'année 1856, le 13 novem-
bre, il lui fallut s'aliter par suite de grandes coliques accompagnant l'époque menstruelle, qui
fut aussi abondante qu'à l'ordinaire. Ces coliques durèrentiw jour entier, et le lendemain tout
semblait fini, quand, dans la nuit du 14 au 15, la malade fut atteinte par la grippe qui régnait
épidémiquement.
Mais, douze à quinze jours auparavant, la malade se trouvant, à un .grand dîner, placée entre
deux portes, eut chaud et très grand froid; C'est là la seule cause appréciable de la maladie.
En quelques jours la céphalalgie et le mal de gorge cessèrent; mais tout se porta dans le
ventre en donnant naissance à tous les symptômes de la péritonite subaiguë : fièvre, pouls fré-
quent et petit, nausées, constipation, ballonnement et sensibilité du ventre, surtout dans tout
le côté gauche et vers' la région ovarique, où la moindre pression augmente la douleur. Consti-
pation permanente depuis cette époque. (Émollients de toute espèce, onguent napolitain à haute
dose, calomel à l'intérieur, cataplasmes de poudre de ciguë et de belladone, puis large vésica-
toire sur le ventre, pansé avec l'onguent napolitain et l'extrait de belladone, purgatifs de toute
espèce.) L'élément fébrile s'apaisa, mais la douleur demeura tout aussi vive dans le flanc gauche
et dans la région de la fosse iliaque du même côté.
Les règles du mois de décembre parurent seulement un jour au lieu de quatre à cinq, et ne
firent que marquer. Au mois de janvier, elles revinrent avec abondance sans amener aucun
changement dans la douleur abdominale, mais il n'y eut plus de fièvre.
A partir du mois de janvier, elle souffrit horriblement, ne marchant qu'avec peine et nepou-
vant rester assise sans avoir les jambes élevées ; elle ressentait un poids énorme au siège.
Les règles manquent pendant quatre mois (février, mars, avril, mai) ; l'appétit est nul, la soif
ardente, le pouls petit, sans fièvre; jamais de céphalalgie, de toux, de battements de coeur, d'op-
pression. Grande pesanteur sur le siège; impossibilité de marcher; douleur contuse augmen-
tant par la pression à deux travers de doigt au-dessus de la rotule, à la jonction des fibres
charnues des muscles de la cuisse avec les fibres aponëvrotiques et tendineuses. Ces douleurs
précèdent d'environ un mois la paralysie générale, qui commence au mois de mars par la para-
lysie des doigts de pieds du côté gauche. En quelques jours, le pied, puis la jambe, la cuisse et
enfin l'abdomen jusqu'à la hauteur de la zone ombilicale, tout est envahi; perte complète
absolue du mouvement et du sentimemt avec refroidissement des membres; des aiguilles en
platine traversent l'épaisseur des chairs sans développer de douleur; la constipation est de
plus en plus opiniâtre.
10 avril 1857. Une exploration attentive dénote : 1° l'intégrité parfaite des organes sus-
diaphragmatiques, à part la soif et l'inappétence; 2° quelques points douloureux à là pression
sur le trajet des apophyses épineuses dorso-lombaire, et quelques-unes du bas dé la région
cervicale; 3" la douleur ordinaire du flanc gauche en avant du rein, avec prolongement vers
l'ovaire de ce côté, grande pesanteur de reins, jamais de leucorrhée; 4" un volume plus gros
du' col et du corps de l'utérus ; la pression sur la face postérieure du corps est douloureuse.
L'S iliaque et le rectum sont comme bourrés de matières dures et tassées les unes sur lès
autres, qu'il faut enlever péniblement avec le doigt et une curette, attendu que, depuis long-
temps, les lavements ne font plus rien. On ne saurait constater la présence d'une hématocèle
péri-utérine.
Au spéculum,; on voit le col d'un rouge vit un peu entr'ouvert, la lèvre inférieure érodée
recouverte d'un peu de mucus transparent et adhérent.
L'époque de mai ne venant pas, c'était le quatrième, mois,, j'applique directement six sangsues
sur le col, nonobstant les érosions. Les règles revinrent le mois suivant et reprirent pour tou-
jours leur cours périodique. La pesanteur du siège diminue, mais la paralysie gagne l'oesophage;
aucun corps solide ne peut passer et souvent les liquides, se trompent de route. Soif vive,
dégoût pour foute espèce d'aliment ; l'analyse des urines ne dénote ni albumine ni sucre.
Traitement : Frictions de toute espèce sur la colonne vertébrale et sur le membre paralysé,
. nombreuses applications de ventouses sèches, puis scarifiées sur la colonne vertébrale, mar-
teau de Mayor, vésicatoires volants pansés avec l'onguent napolitain sur tout le trajet de la
colonne vertébrale, puis avec la morphine ; frictions avec l'huile de croton, puis avec la pom-
made stibiéesur le ventre et le flanc ; pommade ammoniacale sur le rachis et au chloroforme,
teinture d'iode pure sur l'abdomen; vésicatoires volants, trois cautères aux lombes sur le côté
gauche correspondant à la douleur; 150 bains de toute espèce au son, à l'amidon, à la potasse,
à la gélatine, au sulfure de potasse et à la gélatine, à l'alcool, aux herbes aromatiques, puis,
narcotiques,-feuilles de jusquiame et feuilles de laurier, bains de vapeur de même nature;
eau de mer, hydrothérapie, affusions froides pendant vingt-cinq jours, etc. A l'intérieur, bella-
done, atropine, sulfate d'atropine, portés successivement jusqu'à dose toxique. Eau naturelle
de Spa, de Contréxéville, de Pougues, de Vichy, deBussang, de Seltz, de Puhna, de Sedlitz, etc.
Extrait de noix vomique depuis 3 centig. jusqu'à 75 centig. à la fois par jour (trismus alors,
mais pas de mouvement dans le membre paralysé) ; plus tard le sirop de sulfate de stry-
chnine est repris jusqu'à dose toxique; pas de résultat. Le corps est enveloppé de flanelle,
puis de taffetas gomme ; le lait est donné sous toutes les formes ; les urines deviennent très
limpides ; il y a des sueurs forcées, mais pas de changement. La valériane, le valérianate
d'ammoniaque, les perles d'éther, le castoreum, le camphre, l'assa foetida, l'opium, le musc à
haute dose, les gouttes noires anglaises, la poudre, de Dower, tout est donné et pris sans aucun
résultat.
La soif, l'anorexie, la douleur de flanc, la constipation et la paralysie persistent et aug-
mentent.
Massage du membre paralysé, acupuncture, puis électropuncture, puis faradiation avec la
pile à auge, puis celle dé M. Duchesne, de Boulogne, celle de Bunsen; contractilité musculaire
conservée, mais résultat nul. On cesse tout remède. La malade est mise exclusivement au lait
d'ànesse, puis à celui de chèvre, aux bains de Pennés. Le mal semble rester stationnaire pen-
dant dix-huit, où vingt jours.
Arrivé à Paris le 1" juin, consultation où se trouvaient entre autres le professeur Cruveilhier •
et M. Duchesne, de Boulogne. Les consultants, après avoir parcouru la liste des médicaments
prescrits, déclarent qu'il n'y a plus d'autre médication à tenter que l'eau froide ou les eaux
ohâudes. Toutefois, M. Duchesne électrise lui-même la malade jusqu'au pharynx ; n'obtenant
aucun résultat, il y renonce au bout de huit jours.
Là malade est alors confiée "aux soins d'un médecin, à la tête d'un grand établissement
hydrothérapique, sous la surveillance de M. Cruveilhier. Tous les moyens dont dispose l'éta-
blissement sont successivement mis en usage. Le mal qui était stationnaire s'étend et gagne le

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