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Observations de la Société royale d'agriculture sur l'uniformité des poids et mesures ([Reprod.]) / [par MM. Tillet & Abeille]

De
125 pages
[de l'impr. de Philippe-Denys Pierres, premier impr. ordinaire du Roi] (Paris). 1790. Poids et mesures -- France -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
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OBSERVATIONS
DE JLA SOCIÉTÉ ROYALE
D'AGRICULTURE,-
SUR L'UNI^bRMITÉ DES POIDS
^£3 DES MESURES.
A PARIS.
A x
OBSERVATIONS
'De la Société Royale d'Agriculture t Jùr
Par MM. Tiliet & Abeille.
M, le Marquis de Bonnay Prenne du
Comité d'Agriculture & de Commetce de
l'Aflemblée Nationale a Fiit l'honneur à h
Société Royale d'Agriculture de lui demander
des obfervatioas fur un Mémoire de M. de Vine-
neuve, tendant à établir l'unité & ta confor-
mité des Mcfures dans tout le Royaume f Ea
conféqueuce nous avons été chargés M.
6c moi d'exécuter ce travail, Nous nous eti
hommes occupes 'avec tout le zèle qu'infpire
tuie matière fi iiuéreirïine.
Le Mémoire de M. ce Vilicneuve deux
objets. L'un relatif r l'ordre public l'autre à
aucun détail
eux-mêmes, nous abfolument de fon
avis, fur l'utilùc de ks rendre
4 Février
179a.
UT
uniformes. Cette
vegarde de tous, dans les achats ou les éch'an-
ges Se le premier tribunat de -juftice & de
paix entre les citoyens. Iipropofe, pour rem-
plir ton fécond objet, de faire très-prompte-
ment cette grande opération. Son vœu ferait
<jue l'immenfc quantité de nouvelles mefures
qu'il faudrait fabriquer, fournit da travail,
pendant cet hiver 3 à vingt clafles d'ardus
qu'il défigne 3 8c qui refbnt malgré eux dans
ne pouvons nous diiîîmulcr l'impoulbilué d'exé-
^cuter, dans le cours de deux ou trois mots,
Nous allons donc nous renfermer dans la
difeuffion de ce qui nous paroîc avoir feivi de
lenteur.
(s )
Aj
NOTIONS PRÉLIMINAIRES 6
sur nos Poids &
Depuis Childcric III dernier Roi dé h
premier Race, jnfqu'i préfenr, on n" Y point
varié en France fur if principe que l'utilité,
publique & particulière demandent qu'en
facilitant. les achats les ventes; on. en aflkre
la fidélité par rirfsge général des mêmes poids
& des mêmes mefures (1).
(i) Capkulaires de'Childe'ric III, de l'an 744: Per
emnes civhatcs leginmus forus menfura fuit.
Capitulaires de Charîcmagne, de 789 JEqiutles mcn-
Juras & refais pondéra jufta & œquatia omncs habemit.
Ce grand Prince renouvella cette loi en 8oj & Sotf.
IL l'énonça de. nouveau dans ces termes en si
déra vcl menfura ubiqve
la. même difpofirion dans Èt^
L'art XX, de l'Edit de Piftc Ut cornes & Relpubûc*
mtnfuram de
refont d'établir dans
projet fiit repris en 1511 point
«u d'exécution, de
"i'ey
Cependant un nombre confid^able de
Corps toutes
au principe, ou plutôt l'opinion
édit. in- 40 de 1755, tom. II, &
François 10r ordonna par un Edit du mois d'Avril
15-p que toutes les aunes f iraient égales par le Royaume
de Fr'àrcé. Et Henri II; Par Lettres 'du
19 Mai
( en ajoutant ou diminuant ) un fcul poids & mefures
qui feront appellJs par tout le Royaume le poids &
mefure de Roi. Ces Lettres furent fuivies au mois d'Oc-
tobre fi.iiv.intj d'uqe Ordonnance générale pour tous
les poids & mefures de Paris, pour à l'exemple de la
réduéiion faite en ladite ville être obfervc fcmblable -ré-
duBion en. toutes les autres villes 6* provinces du Royaume,
Voy. tom. I,
du 16
dans la vue de
que ordonne qu'il fera
envoyé- dans les principales villes du commerce du
maro de la de
Paris j avec leur s divifions.-
A4
Les raîfons qu'allèguent les partifans de k
des poidk' & méfures fonr connues.
Les plus été, clairement préfen-
T 8c. fdîidemeht réfutées par la Condaraine
l'autorité «des loix $c les difcuflïons
dé ceux qui ont examiné laqueftion
.avec impartialité, ni le préjuge r
prefque général, ni des Mar-
chands j car c'eft furttout l'intérêt perfonnel
des Marchands revendeurs qui perpétue ces
faufifes & dangereufes idées. On ne: doit pas
Le défordre & la confufion
viront1 toujours -plus qui
abufe de tout, que l'ordre & la
«ounont la bonne foi qui n'abufe de rien. Ici.,
la juftice de la raifoft 'ont prefqu è toujours
la crédule confiance de celui
même qu'elles cherchent à garaniii; des piège*
Mais plus une opération
1
en même tems par
des préjuges Se
des habitudes. l'intérêt public.
Les difficultés. à vaincre, pour remplir un fî
vafte projet font de deux espèces la déter-
mination des poids & des mefures qu'il feroic
le plus utile d'adopter., & le choix des moyens
propres' à rendre familier
& de
double rapport que la proportion
doit être examinée.
Il n'y a rien
être acheté 'ou vendu,
acheté
ordinairement
le marche ne pût fe
plus
de
dans les
barrière contre la rnauvaife
genres de* commerce.
Nous avons des mefures de cot*-
ten^ice & des mefures en longueur la livre 3
le boiffeau la pinte & enfin l'aune & la
toi/e j qui,, l'une & l'autre, onr pour élément
le pied de Roi. Tous les autres poids, toutes les
autres mefures en dérivent, & n'en font que des
fdus-cUvifions ou des
,ciel eft de fe Jfi\er à des poids & des mefures
quelconques qui foient les étalons matrices
de ceux dant oh fe fervira dans toute la France.
Si chaque étalon' matrice nous étoit fourni
par la nature qu'uniforme par- tout il fut ré-
pandu par-tout comme les chofes à. pefer & à
mefurer fon immutabilité
oppoferoxent des barrières
tères ou s'il
.femmes,
l ioi"
degré d'approximation qui fufKt
multipliés Si. fans cefife renaiffans des Société»
humaines.
La longueur du pendufe fécondes avant
qu'on sûr que la pefanteur n'étoit pas
tous les points de la furface de la terre ou plu-
tôt parce qu'on ne s'en doutoit même pas, »
été indiquée par plufieurs favans comme l'étalon
invariable d'une mefure unwerfelle. Une fpé«
culation fi grande, Ci belle, lie pouvoir être
abandonnée l'intérêt des Nations étoit trop
vifiblement lié à l'exécution d'un projet fi fé-
duifant. Devenu l'objet d'un defir avoué par
la raifon il devint en meme tems un objec
d'efpc-rance Se le génie dont le caradàre
s'élancer, au loin & fouvent
mëiiie au-delà des limites forces,
dût pas balancer
complet.
avec attrayantes,
qu'ont eu
éminemment les Nations policées. Nous il
t «o
J'adoption d'une
relui d'une paix perpétuelle en Europe" (x).
Nous 'pourrions auiïi citer en preuve de
difficulté de faire adopter univerfdkment ce
qui. parent le plus à l'abri de toute répugnance
la répulfion du C&enànet Grégorien fi .incon-
Mais arrêtons-nous à l'idée excellente-en elle-
(i) V.
dr la Société Royale de Londres intitulé
Towards a rfal charaBcr } arJ
in-folio. Londres, t668 dédie au Lord Brounckcr
Prudent de la Société Royale. Le but de Il auteur croit
'de rapprocher les intérêts de tous les hommes, par l'adop-
tion d'une langue univci Telle. Il mourut en 1*71. Nous
avons Ion ouvrage faus les yeux.
(1) les Economies
tom.
peur
Voy. aufll four
Saint-Pierre.
Roufleau, fous le" titre d'Extrait paix
Le Calendrier réformé par
t I*f
thème, de n'admettre pour bafe de toutes nos
mefures qu'un type fourni, parla nature, Se
donnons un coup d'oeil fur ce qu'en ont penfé
fes plus zélés partifans.
Ils ont été arrêtés rpax deux obftacles qui
leur ont paru difficiles à furmonter. L'un fondé
fur la difficulté de exactitude
jrifj-Qureùfe des différentes longueurs du pen-
dule, fur différens points de la fatface du
globe; -r l'autre d'accorder lei Nations fur celle
de ces longueurs qu'elles confentiroient à pren-
dre. pour bafe commune, invariable, &c par
conféquent univerfelle de toutes leurs mefures.
Ils ont penfé fur le premier de ces obs-
racles, qu'après avoir été détrompé; par i'obf
fervation Se l'expérience fur l'opinion que la
terre étoit fphérique les mêmes moyens
pourraient nous démontrer que l'égalité de la
conformité
fur n'a
c n )
pondent dans les deux hémifphères, ne font
que des conjectures que des conje&ures ne
pouvant fervir de bâte à des réfultats- rigou-
reux, il nous refte beaucoup à faire avant que
d'avoir des points d'appui folides & débarrafle»
de toute hypothèse.
Ils ont penfé fur le fécond obfiacle, que fans
attendre le concert peu vraifemblable des Na-
tions fur ce point, chaque pays pourroit du
moins en fe fixant à la longueur du pendule
fous l'équateur, ou fous un parallèle quelcon-
que, s'affluer des mefures uniformes 6c inva-
riables & fe munir par là d'un moyen qui
faciliteroit excrêmement la comparaifon exacte
& précife de fes mesures avec celles de cour
autre pays (i).
Sous ce dernier point de vue la Condamin$
a raflemblé dans un
cadémie en toutes les raifons capables
(1) Voy. dans l'Encyclopédie les articles figure de la
( 14 )
de porter la France à réformer {es mefures fut
la longueur du pendule à l'équateur. Quelque
pénétré qu'il fut, Se avec raifon, des avantages
gue procureroit un type commun pour les
mefures de tous les peuples, il n'a pu cacher
quel poinc il étoit contrarié par la petftla-
Gon que quand même le penduie de
teur feroit établi en France il fe pajferoit
probablement bien des années 3 avant' qu'il
devint la mefure commune de tolite l'Europe.
Et pour liâtercette révolution, du moins parmi
nous il a. imaginé & propofé quantité de
moyens préparatoires pour éviter l'inconvénient
d'abroger d'abord par une loi précife & abfolut
toutes les anciennes mefures ayant qu'on fe fut
fam'diarifé avec les nouvelles.
Malgré les inquiétudes de la
l'invraifemblance d'amener les Nations à
doption d'une mefiue univsrfclle le
chemin qu'on a fait cette route ne
nous laifie pas. quelque
ce but du moins pour notre propre utilité.
Les Académiciens envoyés en par le
de la terre nous donne la longueur du
foie commun à tous les peuples de la terre.
Dans l'année même de
mefura la longueur du pendule à Paris (ï).
Il n'entroit pas dans le plan
ciens envoyés au Pérou en d'indiquer
la longueur du pendule par une pattie aliquote
du degré terreftre qu'ils ayoient mesure. Ils
ont rapporté cerre longueur à celle de la toife
de France. Par-la ils nous ont donné une idée
claire en énonçant que fur le grand cercle qui
cille milieu du globe, qui etc le terme ex-
trême d'où l'on commence à compter les la-
titudes, & le terme de la moindre pefanteur
le pendule a trois pieds fix lignes quatre- vingt'
trois centièmes de ligne • de notre pied de Roi.
Si nous n'avions pas entre les mains notre
toife nous n'aurions aucune idée de cette
détermination. Toute longueur qu'on veut faire
( iO
Roi ne l'éft pas il feroic fore à
l'une & l'autre longueur euffenc des rapports
absolus & faciles faîfir. Mais malheureufe-
ment la différence entre ces mefures eft à la
fois & trop grande & trop petite, pour ne pas
jétter dans l'inconvénient majeur des fractions
& ces fractions en plus ou en moins feroient
telles que l'ouvrier le plus adroit parvien-
droit difficilement fuppoic même qu'il put
y parvenir ) à cette précinon rigoureuse à la-
quelle on attache l'espérance de l'adoption d'u»
étalon univerfel.
Le pendule fous l'équateur a 5 pieds 6
lignes ri~ de ligne de notre pied de' Roi.
Trois de nos pieds ou notre demi-toife,
excèdent donc la longueur du pendule de 6
lignes ̃–?, c'eft-à-dire, d'un feu moins de 7
lignes.
Le tiers du pendule excède notre pied de
Voilà donc d'abord des fractions dans
( *7)
B
la* discordance eft peu frappante, mais le calcul
la rend inconteftable.
Il faudroit donc, ou renoncer à prendre pour
bafe la longueur du pendule longueur qui
n'eft connue que d'un petit nombre de favans,
dont perfonne ne s'eft fervi pour des befoins
doroeftiques que perfonne n'a vue tracée
nulle part; ou renoncer au pied-de-Roi, me-
fure connue dans toute l'Europe d'un ufage
fréquent, familier, perpétuel dans. routé la
France, mefure d'après laquelle la longueur
même du pendule a été exprimée par nos
Académiciens. Sans la connoiuance du pied-
de-Roi nous n'aurions pas la plus légère idée
de cette longueur
Mais avant que de facrifier notre pied-de-
Roi à l'efpérance, ou plutôt au defir de partir
d'une bafe inaltérable & rigoureufe il nous
paroît indifpenfable d'examiner fi cette bafe
a été déterminée en rigueur; car fi elle n'c-
toit pas d'une rigueur abfolue il eft évident
que le but feroit manqué & que nous n'au-
rions qu'à perdre fubftituer cet étalon à
notre pied-de-Roi, Écoutons la Gondamine fur
îe point de fait.
(
a Nous nous accordons, M. Gadm M.
« Bouguer & moi prefque dans le centième de
» ligne fur la longueur du pendule â Quito.
Les expériences les moins .conformes ne don-
nent guères plus d'un dixième de libane de
différence ».
La longueurs, 3 pieds 6 lignes n'eft
donc que le refusât moyen d'expériences qui
ne s'accordoient pas rigoureufement entr'elles.
Ce que nous venons de dire fur le.pendule
équinoxial nous le difons fur celui qu'a me-
furé Mairan & nous croyons pouvoir le dire
de toute opération Semblable. Mairan a trouvé
qu'à Paris la longueur du pendule étoit de
trois pieds 8 lignes de notre pied-de-
Roi. Le pied-de-Roi répondroit donc à t™7
parties de ce pendule fra&ion qu'on peut
réduire à £ en négligeait feulement –»–
Enforte que notre pied-de-Roi feroit au pen-
dule de Paris à très- peu-près cozzuné %i6
eft à 661 ou comme i6eft à Mais n'ou-
blions pas ce que dit Mairan lui-même fut
fon obfervation. «£ Tout ce que je puis re-
3) cueillit de plus approchant du vrai dans la
m mettre du pendule à fécondes à Paris dans
le vieux Louvre au Second étage,
U doit avoir $ pieds 8 ( i ) ».
Nous rendons le plus fincère hommage au
mérite & au travail de. ces quatre Académi-
ciens. Nous iômmes convaincus qu'ils one"
porté l'attention & l'exactitude auffi loin que
le permettent i'imporfe&ion
de nos inftrumens & de nos organes O). Notre
unique but dans cette espèce de difcuflïon eft
de nous défendre nous-même de l'afcendanc
d'une Spéculation trop belle & trop grande
peut-être, pour ne pas nous faire illufîon fur
(i) Voy. les Mémoires de l'Académie, année >
pag. 20J. Voy. auffi les mêmes Mem. année 1771 page
497 où la Condaminc. dit que par la comparai/on,
immédiate qui en toife de
srouvéc plus courte que celle de £un dixième
la de leurs efforts.
l'exuême difficulté de larèalifer. Nous n'avons
perfonnellement que trop de dé-
cirer qu'un étalon pris dans la nature pût fervir
de bafe à toutes lés mefures y à espérer que
1'ufage de mefures nouvelles pourroit prompte-
ment devenir facile & airez général pour ne
pas arrêter l'importante célérité de !a marche
des achats journaliers d 1efirer enfin fur-
tout en faveur des claffes inférieures, qu'elles
puiTent fe familiaiifer rapidement avec ces
inilrumens de sûreté infiniment plus intéref-
fans pour elles que pour les claffes riches 8c
aifées de la fociété. Celles-ci favent réfléchir,
calculer & fe défendre. Les autres n'enont M
le cems, ni les moyens. Mais nous fommes
convaincus qu'à l'égard de la sûreté, des parties
contractâmes, la feule uniformité des mefures
l'établiroit complettement qu'elle
teroit pas le plus légèrement par leur confor-
l'homme
ne de
tion
par
c *I
obfervent en même cems il y a tonjours des
différences entre les jcfultats. On prend un
milieu entre les uns & les aucr.es; mais ce mi-
lieu eft-il un réfuîtat sur? Il peut fouvent aug-
menter l'erreur ou les erreurs, en y ajourant ail
lieu de les comeenfer. De quelque manière
qnon s y prenne, on n'obtiendra jamais de
retirât abfolument rigoureux & par confé-
quent les réfultats toujours contentieux, exci-
teront perpétuellement à recommencer les
mêmes opératio:ns. Enfin quand il ferait pof-
fible d'atteindre ce degré de
pour le prototype des étalons» il. feroit évidem-
ment impofîîble d'y conformer nous ne di-
rons pas les milliers mais les millions de copies
qu'exigent des besoins urgens, & qui fe renou-
vellent à chaque inftant.
Les claflfes nombreuses de citoyens occupés
fans
de
à la
-<
des mesures, &: prefque tous ,ont intérêt
les procurer à bas prix. L'incroyable multitude
'de ces inftrumens j l'extrême rapidité fi nééef-
faire dans les achats & les ventes; le défaut
d'attention ou la précipitation de la .plupart des
ouvriers qui fabriquent ces inftrumens j le be-
foin qu'ils ont eux-mêmes de fufftre par la
promptitude de leur travail aux frais de leur
fubfiftance tout manifefte à quiconque ob-
ferve les faits de pratique, rimpoffibilité de
concilier avec les néceffités fociaies les plus
indifpenfables le vœu de n'avoir que des
ufuelles d'une juftefle rigoureufe. C'eft
beaucoup que de pouvoir compter fur une
jufteflfe d'approximation.
Vivement frappés de ces confédérations
parce qu'elles font liées
de l'homme & le Tom-
mes pas moins i° de l'importance de fixer
de les
s'ils perdre.
'< 15
du pendule mefuré à Quito à. Tornea & à
Paris, {croient des bafes d'une juftefle plus que
fuffifante.
Les toifes employées 1 mefurer la longueur
du pendule fur trois points du globe fi éloi-
gnés les uns des autres, fonr au dépôt de
l'Académie des Sciences, & elles y font con-
fervées avec le plus grand foin. Elles fervi-
roient à tracer fur un corps d'une dureté
éprouvée contre l'action de l'air, comme le
porphyre les longueurs du pendule & 1
déterminer le rapport entre ces longueurs Se
les dimenfÏons des mefures qu'il s'agit de don-
ner à la Nation.
Outre ce témoin durable de la proportion
de nos mefures de convention ( fuppofé qu'elles
ne foient en effet que des mefures de con-
vention ) avec le type fourni par la nature
nous croyons que
port devroit être marqué fur chacun- des
Ce réfultat demanderait des mains
Cm )
Ions matrices par les mêmes Académiciens;
dans les' principales. villes
pour fervir à ajufter & à véri-
fier les mefures ufuelles difleminées dans les
magafins & dans les atteliers.
Bientôt les moyens employés pour l'exac-
ticude de ce travail & de fes résultats feroienc
connus & configncs dans toutes les Acadé-
mies & dans toutes les Bibliothèques <âe TEii-
rope.
Ces précautions nous paroiiTent très-fuiKfantes
pour répondre à tous les intérêts nationaux.
Nous aurions des mefures uniformes. Leur'
rapport avec le pendutè^feroit folidemenc
écablî. On n'auroit à craindre ni Taltératio»
ni la perte d'étalons matrices dont le pendule
reaeroit
indeftruchble.
être
< M >
avons eu befoin de quelque, effort pour avouée
que nous préférions au projet brillant d'af-
fervir toutes nos meures au pendule, le voeu
moins imposant de régler l'uniformité, dont
nous fentons l'utilité, d'après nos'mefures ac-
tuelles vérifiées & rectifiées. Mais nous fen-
tons en même temps que les idées d'achat
& de vente, de poids, de mesures, renfec-
ment toujours la comparaifon de la chofe
achetée ou vendue avec la mefure ou- le poids
qui fervent à en régler 'le prix. Dans, quel
défordre ne jetteroit-on pas des bommes con-
tinuellement agités par la néceffité d'acheter
ou de vendre à qui leurs moyens habituels de
comparaifon feroient fubitemenr enlevés?
Prefles de tous côtés & à chaque inftant par
nos besoins
adive qui peut feule nous garantir du*Ha»gcr
des privations, nous ne devons jamais perdre
de vue que la
quotidiens en augmente l'utilité.
l'avertit
i *î
en quelque genre que ce foie; échappe conf-
tamment à fes efforts. Nous avons fous la main
tout ce qui fuffit à nos affaires commerciales
& domeftiques ne portons pas plus loin nos
defirs & nos efpérances.
Les poids & les mefures qui portent le nom
de poids & mefures de Paris, font connus &
peut-être defirés dans tout le Royaume (i). La
jufteffe des uns eft certaine la rectification des
autres eft facile. Nous. penfons donc qu'après
avoir pourvu au moyen de les fixer & de les
conferver, c'eft fur ces mesures que doivent
être étalonnées toutes celles dont l'ufage fera
permis.
On nous demandera, fans douce quel eft
le vrai poids de la livre ou du marc dans la
(i) « Noos avons l'honneur de vous propofer, MeC-
fieurs de réclamer l'admiflîon pour toute votre Gé-
néralité des poids & ffiefures de Paris. qui, proba-
» blcment, deviendront fucccffivemonr en ufage dans
» tout le Royaume ». Cette propofition fut adoptée.
(Voy. le Procès-verbal de l'JJJembUe Provinciale de
Rouen, de 1787, p_ag. & 116.
La Généralité de Rouen eft plus int<?rcflee peut-être
qu'aucune autre à la jufrefTc de fes mefures & leur
conforinif4 avec celles des autres Provinces,
K *7*
Capitale? quelle eft la
de la pinte la vraie longueur du pitia de la
toife y de l'âiu» ? C'eft fur quoi nous allons
nous expliquer»
LA LIVRE, LE MARC.
On conferve à la Cour des Monnoîes de
Paris un poids de marcs avec les fubdi-
vifions, qu'on nomme Charlemagne.
Cette manière .de le défigner eft ancienne
elle eft liée» fans doute à la tradition que
c'eft à ce grand Prince que nous devons les
premiers étalons des mefures authentiques dont
on fédère à Paris.
Le marc, proprement dit, le poids de huit
onces qui fait partie de là pilé' » ou du poids
de 50 marcs dont il s'agit» ferc-^epuis très-
long- tems d'étalon matrice dans toutes les
publié*
"èoafervé fans altération
avec la dernière précifon au poids de monnoies
d'or qui ont été frappées au commencement
du 14e fiecle, qui font parfaitement confervées>
& dont on connoit le poids exad relativement
au marc légal du tems de leur fabrication.
L'étalon de la Cour des Monnaies, ou uns
étalon fcrupuleufement femblable eft dont
celui d'après lequel on ajuftoit la monnaie du
Prince avant le 14e fiècle (1).
Cependant il ne faudroit pas en conclure
que la fabrication du poids de 50 marcs, dont
on vient de parler remonte au tems de Char-
lemagne. Si c'étoit l'étalon originaire nous
trouverions dans une de fes fubdivifions ta livre
Romaine proprement dite qu'il ne faut pas
par Pierre le Roi ancien Garde de l'Orfèvrerie homme
«d'un mérite diftingue. Edition i«-4°, 1759 141.
ces année
poids
( *9 )
d'hui. Or la livre romaine, la livre de il
onces en un feul poids ne fait point partie
des fubdivifions de la pile totale de S o marcs.
Nous obferverons de plus que cette pile pefant
onces répondroit livres romaines
& un tiers. Il foudroie fe faire violence peut
fuppofer que Charlemagne eût donné à la France,.
pour étalon matrice, un poids avec fes divifions,
dont la totalité n'eût pas formé un nombre en-
tier de livres romaines. Enfin nous ajouterons
que nous trouvons dans cet étalon une fub-
divifion de huit onces portion de la livre
des Romains, légale, connue & fort en ufage
dans tous les détails de leur commerce. Nous
fomcnes donc fondés à croire feulement que
Charlemagne qui réuniiïbit les titres de
Roi de France .& d'Empereur a introduit
parmi nous avec fes divifions la livre
romaine de douze onces que e'eft fur le
poids de deux-tiers de cette livre qu'a été
adoptée pour la pefée de l'or ?: de l'argent,
( aurï & argenti) notre livre poids de marc Se
que c'eft postérieurement fon règne & cette
adoption que la livre françaife s'eft établie fur
le pied de deux marcs, pefant ensemble
onces. Auiiï une des pièces de la pile eiWl®
( *• 5
de deux marcs, & une autre d'un marc; au-*
cune n'eft de ix onces.
Tout le monde connoît le profond ouvrage
4e Budé, qui a pour titre, 1?c affc& partibus
eius. Il obferve qu'en France, la livre eft de
deux espèces la livre écalonnée ou royale qui
eft de ouces, dont on fe fert pour les mar-
chandifes qui fe vendent avec des balance$
la moitié de ce poids de feize onces donc
les monnoyeurs & les orfévres fe font fait une
livre qu'ils nomment marc. Les Romains, ajoute-
t-il, divifoient la livre en doiqe onces, & leur
poids de huit onces ( Bes ) feroit la moitié de
notre livre royale ajuftée par le dépofitaire do
l'étalon public à Paris.
Budé dit ailleurs notre livre étalonnée,
comme je l'ai fouvent répété, eft d'un quart
plus forte que la livre romaine enforte que
romaines font des ds
tatica
torcs omnefquc omninô qui
Hxc
Plufieurs auteurs fe fervent des mêmes expref-
fions en parlane du poids de la livre romaine.
L'once (uncia) en fait toujours k douzième
partie (i). Il eft vrai qu'ils font poftéricurs i
Budç, & qu'ils ont profité de fon ouvrage.
Mais ils y ont ajouté des éclairciiTemens très-
précieux, qui prouvent
fondi cette matière.
Marcam Cam vocantcs. Libram igirur Romani in xu
uncias diftribuebanr & unciam ia oflo drachmas. Hu-
jus libra: bejftm fclibram noftram rcgiam eflc dico
cujusmodus à Zygote publico ftatuitur Parifns. ( Bu-
4xus de afi, lib. x folio 44, verfo. Parifiis Mich.
Vafcofan
Porro cum libra noftra, ut faepc dixi Zygoftatica
qua merces appcnftles negociatpres admctiuntur qua-
drante major fît libra romana, fie ut duo dcviçenti
libra: noftra: quatuor & vigenti romanas libras xquenr.
librœ de
n)
On n'ignore pas qu'Auzout a conclu du
poids de l'eau, donc il avoic rempli le conge
du Duc de Parme, que la livre romaine pefoit
treize onces quarante-trois grains de notre poids.
Mais indépendamment des forces objections
qu'on a faites Contre fon observation c'eft ici
le caste fe rappeler la fage réflexion de la
Hire. « 'Il y a toujours beaucoup de difficulté
mefurer la capacité d'un vafe par le moyen
des liqueurs fur-tout lorfque le vafe a fon
» ouverture fort large comme celui-là a
( le congé) (i).
Nous pouvons donc regarder comme un fait
certain que la livre romaine étoit de doiqe de
nos onces.
A ces différentes preuves joignons-en une
nouvelle qui quoique indirecte concourt à
fortifier les autres. C'eft la livre médicinale,
poids de dow{e onces dont les Médecins de
Paris n'ont cène de faire ufage que depuis auez
(i) Voy. tur l'obfervation d'Auzout la diflcrtation dc
M. de la Barre dans les Mémoires de l'Académie des
Belles-Lettres totn. 8, pag. 39 y» & les Mémoires de
l'AcaJérnic des Sciences, année pas.
a'-)
c
peu de tems, & dont il eft vraisemblable qrfoû
fe fert encore dans plufieurs anciennes Villes
du Royaume
Les méprifes fur le poids des médicaniens
peuvent adoir des fuices fi funeftes que la
prudence & l'humanité dévoient naturellement
porter les Médecins à conferver les poids aux-
quels les Apothicaires ctoïent accoutumés de
longue main «& cet article de prudence étoic
d'autant plus important que dans la plupart
des atteliérs de Pharmacie les élèves les
femmes, les enfâns, les fervantes même pe-
fent les drogues 6c composent les remèdes
prefcrics aux malades. Aufh, lorfque Heliri Il
ordonna en l'uniformité des poids & des
mefures, la livre médicinale fur-elle nommé-
ment exceptée. « Et au regard du poids me-
(1) La plus ancienne édition que nous connoiflîonS
du Codex Medicamcntprum feu Parijîcn/ïs,
(8c nous croyons
La livre médicinale y eft fixée à doute onccs. L'édition de
qui la fuiyit eft femblablc
dans la réimprefTion faite en qu'elle efforcée
pour la première fois à fciçe onces.
(H)
se dicinâl, qui eft de douce onces feulement pouf
livre, demeurera (pour la diverfité d'opinions
d'aucuns Médecins & Apothicaires, qui; de
l'ordonnance defdits ComrhifTaires fe font
pour cet effet aflemblés), en l'état qu'il eft
prenne, jufqu'à ce que par nous autre-
» ment en ait été ordonné ». Voilà très-évi-
demment le poids dans l'usage duquel il feroit
le plus dangereux de le en plus ou
en moins, perfévéramment refpeûeK* & dé-
fendu contre toute innovation par ? Corps
entier de la Médecine. Il porte le nom de livre
& cette livre fe divife en dou\e de nos
Comment fe refufer à reconnoître dans ce poids
la livre romaine perpétuée en France quoique
la livre francaîfe.fut fixée depuis long- tems à
fe'qe onces ou à deux marcs.
(t) « Pondéra quibus hodic medki utuntur hxc
hujus atatis
Va-
Ci
A regard de notre marc qui
deux tiers de cette livre romaine Se médicinale»
lequel» fuivant Budéj peut être regardé comme
une livre particulière à la France du Cange
fur la foi de quelques Ecrivains, en fait remo-
ter l'ufageau règne de Philippe-Augufte (i).
Nous avons aujourd'hui des preuves que le
poids formant '.les deux tiers de la livre de
Çharlemagrie, en un mot que le
parmi nous pour peter l'or & l'argent vers la
£n du XIe fiècle fous le règne de Philippe
1er. Et quoiqu'il foit confiant qu'il a
France quatre marcs principaux & différens
entr'eux ( celui de Troyes celui de Limoges le
marc de Tours & celui de la Rochelle ) (i) il
n'y a pas lieu de douter que le marc royal
n'ait toujours été nous
(i) Marcs, ufum in
de
pag. 6)9.
marchât
•t'3«)-
l'avons aujourdhui. Nous croyons devoir dire!
de plus que jufqu'à ce qu'on ait recouvré des
• a&es antérieurs à ceux du Xle fiècle dont nous
venons de parler on peut conjecturer 9 i*
que la fabrication de ia pile de cinquante
marcs qui eft à la monnoie, remonte a-peu-
près à cette époque qu'elle ne peut être
antérieure que de rrès-peu d'années puisque
cette pile renferme dans fes fubdivifions
un poids d'un marc j Se qu'il paroît que ce
poids, comme faifant la moitié de notre li-
vre, n'étoit pas en ufage avant Philippe Ier.
Mais à quelque époque que nous ayons
commencé à faire ufege du marc l'introduc-
tion de, ce poids diftind, & le nom que nous
lui avons donné & confervé loin de prouver
que la pile dont il s'agit a été fabriquée du
tems de Charlemagne, prouve au contraire
qu'elle n'a pu l'être que dans des rems poftérieurs.
Quoi qu'il en foit, l'ancienneté de cet éta-
Ion matrice eft inconteftable. Il eft parfaitement
conservé l'exacte jufteflê eh a été vérifiée en
iy6j ( i ). Nous femmes dans l'habitude de
(1) Voy. l'Eflai fur le rapport des poids étranger*
(
c$
réduire à notre marc de huit onces les poids
étrangers que nous cherchons à comparer en-
tr'eux ou avec les nôttes: Tout concourt donc
à rendre cet étalon très-précieux & nous pen-
fons qu'on ne peut rien faire de plus fage que
de le prendre pour le type de tous.'les poids
au-deffus ou du marc., dont
formité fera ordonnée par-tout le Royaume.
Nous croyons ne pouvoir mieux temnuef\:et
article qu'en mettant fous les yeux des lecteurs
la notice de la fornme totale, Se des fubdi-
vinons de la pile que vérifia M. Tillet en
Nous avertirons feulement que le poids total
& celui du marc ou de huit onces, font les feuls
qu'on ait originairement ajuftés, avec fcrnpule.
Les autres divifions s'écartent en plus ou en
moins du poids qu'elles devroiertt avoir & la
différence eft quelquefois affes
Plus on à d'occafions de vérifier d'anciens poids
ou d'anciennes mefures en longueur, plus on
eft: étonné de l'inexacHrude des ouvriers dans:
la proportion des fubdivifions s foit entr'elles
foit avec la mefure entière.
avec le marc de France par M. Tillet Mém. de
l'Académie des Sciences, année 1767, pag, jyo^
Poids original
Qui çjt depofê à la Cour des Monnaies d& Paris*
La Boëte pèfe. zo mares,
Ier Poids.«14
a" Poids.. 8
f Poids 4 .y
4e Poids. »
5 Poids.
6e Poids..
7e Poids.»/̃ ,1
8e Poids '«/ » «
9e Poids.
1 oe Poids
11e Poids
j 1e Poids
ne doute qu'une
à des autres
f 39 )
policés. Maïs on voudroit favoir Ci tes dimert-
fions de cette mesure particulière ont toujours
été les mêmes en France Se fi le Boïjfeau,
qu'il eft aujourd'hui eft notre ancien boiffeau.
C'eft fur quoi nous manquons de témoignages
fuffifans, pour fatisfaire notre curiofité.
Avant le règne de Saint Louis, il y avoic
Paris des étalons publics, fur lefquels on
ajuftoit les mefures dont on le fervoic dans,
le commerce. Çeft ce que nous apprennent les
premiers ftatuts qui ont été rédigés pour le*
Arts & Métîers qui s?exerçoient dans la Capi-
tale en (i). Çeux des Mefii i-curs- de
̃ & de toute autre manière de grains aflujettif-
(1) Ces Statuts furent rédigés ou mis, en ordre, pour
la première fois, par Eftiennc Boiîiaue que Si Louis
avoic établi Prévôt
que des extrait% fort comrs de cette collcâion. Il en
fut fait deux copies authentiques l'une
cendie
qui de la
que de général du Par-
bernent. On en connoîr deux copies l'une
de
Bibliothèque*
particulières. En écrivant cette on de
copies modernes fous les yeux,.
( 4o )
foient ne Te fervir que de mefures feigneti,
du fcing du Roi (i). Celui dont la mefure éwic
altérée par quelque caufe que
obligé de la rapporter pour erre ar/e ( brûlée)
& caffée. Ces mêmes ftatuts parlent nacrati-
vement du 'Muid., de la mine du Minot du
Qu'il nous foit permis de remarquer que
ces noms, qui fe font xonfervés jufqu'à pré-
fent, font tous des noms de Meures rornai-
Long-temps avant le règne de Saint Louis
(i) Ceft-à-dire marquées pour prouver qu'elles'
avoient été étalonnées à l'étalon royah
,(7,) Muid modius mine, mina: minot, diminutif
Je mine, &
en latin
dernière mefurç ne
3 grains^
& l'on
qui
mais
des
un
le fel avoit un étalon particulier. Cet étalon
qu'on nommoit mine, étoit de pierre (i).
L'Ordonnance de Henri II, du mois d'Oc-
tobre 15 57j que nous avons déjà citée, & que
nous citerons dans pluf eurs occaf ons porte
qu'on fe fervira « pour la mefure du bled de
a la mefure donc on ufe à prêtent:, félon l'ef>
m talon 4- marque étant à f Hojlel- de -Fille 9
foie de hoijfeau ou minot dont les trois, font
» le minot & les quatre ,minots le feptiers Bc
M les douze feptiers le muid & à femblable
» mefure fe mefureront, pour l'avenir, l'avoine-,
» orge feigle, farines poids, febves navette,
n chenevix mil & tous autres légumes
aulx 4 oignons pommes., ooix nefïles
ïj châtaignes charbon,
v & généralement toutes autres denrées Se
s> la mefure *».
(1) Voy. une Charte
Ces détails ne nous indiquent rien fur Fe$.
dimenfions du boiffeau. Le P. Merfenne dans,
fon Traité intitulé •» Farifienfes menfurm,. devroit
nous êrre plus urile.. Le boifieau de Paris dit-
il, eft un cylindre de 9 pouces de diamétre.
fur 8 pouces 5 lignes de hauteur. Ce favant
Religieux eft mort en ainfi. il eft évi-
dent que le pied dont il s'eft fervi^ eft celui de-
la toife de Henri II, donc nous parlerons dans.
la fuite laquelle n'a été réformée ou: changée
qu'en 1668. Mais il eft vraifemblable qu'il y
a dans cette évaluation quelque erreur de Co-
pifie ou d'Imprimeur.. Car il n'eft pas poffible-
d'accorder ces dimenfions fôit avec celles du
boifleau actuel foit avec célles qu'on aurdifr
prifes fur le boiffeau du temps de Henri IL
Un Edit du mois d'Octobre portanr
règlement pour les mefures à bled pour les
étalonnages ordonna pour Paris la fonte de
nouveaux étalons à la place des anciens qui
étoieut compofés de plufieurs pièces*. Cet Edit-
garde lefilence fur les dimenfions de ces étalons
nouveaux foit en hauteur, foit en diamètre.
Mais les Prévôt des Marchands & Echevins.
rendirent le 19 Décembre une Sen-
tence pour l'exécution de l'Edit de &
(43 J
cette Sentence énonce que le hoijjeau fera, de
huix pouces deux lignes, demie de haut fur
dix pouces de large & de diamètre (i).
Tout le monde fentira les principales conve-
nances qui demanderoient que le boiflèau fût
diminué de la fraction hifarre d'une demi-ligne
qu'on a fait entrer dans fa jufte hauteur totale
ces convenances font l
10. De le concilier en nombre rond tant
avec le pied romain que nous regardons comme
fon étalon primitif, qu'avec notre toife réfor-
mée en
2°. De ne pas préfenter à tout le Royaume
comme une mefure générale déterminée avec
réflexion un boifTeau qui ne s'accorde avec au*
cun fyftême métrique', dans la hauteur du-
quel on a cependant fait entrer des fractions
dont la dernière eft d'une demi-ligne. La
nation du boiffeau
n'en
(1) Cet Edif,
( 44)
vile 1 d'anciens étalons. aflez négligés lors. Je
leur formation, pour, être compofe's de pluji&urs
pièces.
Le boiffeau eft peut-être de toutes les me-
fures celle dont l'uniformité intérefle le plus
immédiatement l'univerfaaité des habitans du
Royaume. Cette uniformité feroit non feule-
ment un obftacle à mille fraudes de détail. que
le peuple éprouve en achetant par petitesipax»
ties des grains §c d'autres comeftiblesj mais
un guide, sûr & prompt dans, ces cuconftances
inquiétantes où les achats, d'une extrémité du
Royaume à l'autre font l'unique moyen, de
mefurer rappr.Qvifion.neme.nt des fubfiftances
fur le befoinu.
Cetre mefure, comme nous venons de le
dire eft un cylindre qui doit avoir 8 pouces
2 lignes & demie de hauteur fur
diamètre. Les dimenfions du demi-boiOeau^ du
quart 5c du demi-quart de boifleau du litron 8c
du denti-litron ont été. fans doute déterrâmes
fur le même principe*.
Nous n'examinerons point fi les proportions
de ces fubdivifions four en rapport exadfc avec
les dimenfions du boiiTeau ni même. Ci ces
rapports peuvent être
tique. Mais nous ne pouvons nous empêcher de
faire ici glufîeurs remarques.
L'emploi prefqüe univerfel.du boineau eftde
mefurer les grains, les graines les féves les
lentilles, les fruits fecs, tels que les châtaignes
les noix, & même le charbon. Or il N'Y a aucun
de ces objets qui, fur une hauteur de ïo pou-
ces i lignes ôc demie, rende fenfible une demi'
ligne ou même une ligne de plus ou de moins.
Il n'y a que la farine à l'égard de laquelle
une demi-ligne pût être comptée pour quelque
chofe. Ce feroit même porter le fcrupule bien
loin.
Cette réflexion conduit à penfer que le
boifleau de Paris n'eft point une mefure ifolée<3c
indépendante de toute autre. L'homme le plus
Insouciant ne fe fur jamais permis d'eu fixer la
hauteur à 8 pouces 1. lignes & demie. Ces frac-
tions annoncent donc deux chofes: l'exigence
d'un étalon antérieur fur les proportions duquel
celles du boifleau de.voient être réglées 6c
une attention médiocre dans l'étalonnage d'une
mefure confacrée a tant d'objets de peu de
valeur & à l'égard desquels un défaut de
précifion, même fenfible, po^voit être compté
pour rien. le
uo
ieboiflêau originaire a-c-il été confinât d'après
le pied romain donc nous parlerons avec
quelque. détail dans l'article ou nous examine*
rons la jufte longueur de Panne».
Le pied romain répondoit certainement
i pouces jufte de notre pied-de-Roi aâuel4 En
con yarant les dimenfions de notre, boitfèau à
cette mefure
Sa hauteur feroit de 8 pouces Ti 1 lignes
romains*
On voir que ces dimenfions fe rapprochent
beaucoup d'un nombre déterminé de pouces
du pied romain hauteur de notre
boifleau répond à 9 pouces de ce pied antique
à une demi-ligne près, Se que le diamètre ré-
pond à la longueur ti p ied romain moins
environ une ligne. Ces. différences
font ni les Mathématiciens ni les
trumens qui
ont du premier étalon
L'étalon
des
étalons matrices* en cuivre ou en bronze du
(
de toutes fes divifons fabriqués etl
ou 1671. Peut-être ne feroit-il pas
impoflîble de retrouver les procès-verbaux de
leur vérification après la fabrication & ces
attes pourraient nous aider à reconnoître la
mefure originaire qui fervit de guide à l'ouvrier
& aux vérificateurs.
Mais ce qui inréreflTe éminemment le bien
général du commerce c'eft d'aflujettir aux di-
menfions précifes d'un boiffeau quelconque la
multitude & la diverfité à peine croyable dés
boifTeaux donc on fe fert en France. Non-feu-
lement la difproportion entre des mefures qui
portent toutes cette dénomination, eft quelque*
fois énorme mais de plus elle varie d'un lieu
à un autre, & auvent dans le même lieu.
Par tout ou prefque par -tout on
achète tantôt
mefure pour
des
(4&)
§ànsl*extrème conféquence de s'occuper
«paiement du commerce des grains, dans cette
opération nous proposerions d'établir -le,boit-
feau tel que nous fuppofons qu'il étoit originai-
rement, c*eft-âdire, ayant neuf pouces de
haureur du pied .romain, & la longueur de ce
même pied pour diamètre. Mais nous croyons
plus prudent, Se par conféquent.r)ius fage de fe
borner à fubftituer la ligne entière à la demi-
ligne qu'on a fait entrer dans la fixation de fa
hauteur actuelle, Avec ce léger changement
absolument imperceptible dans les réfultats pra-
tiques, lé boiueau de France fera un cylindre
de pouces 3 lignes de hauteur. fur \o pouces de
diamètre.
Ce n'eu pas fans motifs que nous croyons
qu'on doit s'en tenir aux dimenfions de notre
bofieau quoiqu'elles dérangent en apparence
la filiation qu'il nous
entre les mefures
Le boifleau
grand de l'élément
d'un multiple
de Sérier. tant
uïY
qu aux Gommerons & aux Marcnands dont les
înagafins pourvoient par la circulation à la<fub<-
fiftance générale.
L'évaluation du points moyen du- fetier de
Paris eft Z40 livres dé unces.
L'évaluation en deniers de autre livre monnoio
eft '4o deniers.
Il ~in réfulte que la livre pefant de bled vaut
ou coûte autant de deniérs que le fetier coûte de
livres monnoie.
Le fetier de bled vendu 14 Hv ou 24 francs
établit le prix de la livre pefant de bled à
deniers. Ici les fractions n'ont rien d'embarraf-
far.t le prix du fetier s'élevant liv 10 f.
la livre pesant de bled coûte deniers 7.
Qu'on joigne à cetre formule fi fîmple îes
réfukats tout calculés de deux exce'lens ou-
vrages, l'un de M. Tillet, l'autre de NI. Par-
mentier, & tous les Officiers de Police du
Royaume n'auront aucun examen aucun tra-
vail à faite pour l'avoir dans toutes les cir-
conftances pofllbles le vrai prix que doivent
être vendus la farine Se le pain (1)-
(t) Voy. le apport fait pat M.
tniç dcs du pain