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OBSERVATIONS
Du SIEUR TRAVENOL,
Pensionnaire de l'Académie
Royale de Musique,
Sur les frivoles motifs du refus que
fait le SIEUR JOLIVEAU , Caisses
de ladite Académie, de lui payer
la pension.
À DR ESSÈES
A MONSEIGNEUR LE COMTE
DES. FLORENTIN,
MINISTRE ET SÉCRÉTAIRE D'ÉTAT
A
MONSEIGNEUR,
MONSEIGNEUR LE COMTE
DE S.FLORENTIN,
MINISTRE ET SÉCRÉTAIRE D'ÉTAT.
O TOI que la Raison éclaire ;
Ministre vigilant, sage , laborieux :
Esprit né pour la Cour ; & maître en l' Art de plaire ,
Sur cet Ecrit, SEIGNEUR, daigne jetter les yeux;
Vois cher Ami de Polymnie ,
Que Thémis toujours inspira,
Vois jusqu'où va la tyrannie
Du Caissier de notre Opera.
TRAVENOL.
Despreaux , Epître V.
OBSERVATIONS
Du SIEUR. TR. AVENOL, Pensionnaire
de l'Académie Royale de Musique.
Sur les frivoles motifs du refus que fait
le SIEUR JOLIVEAU , Caissier de
ladite Académie, de lui payer sa
Pension.
J E fuis plus malheureux qu'un autre. Il sem-
ble que les ressources les plus certaines, les
mieux fondées, se refusent à moi ; & l'on
diroit, que les Privilèges les plus autentiques,
les plus solemnels, doivent disparaître , dès
qu'il s'agit de les employer en ma faveur.
Je fuis entré à l'Académie Royale de Musi-
que , il y a plus de vingt années. On peut y
acquérir de la Gloire : il n'est: pas possible de
s'y former une fortune , les Appointemens ,
fur-tout pour l'Orchestre , font trop modi-
ques. Après ce long service , j'ai été mis à la
Pension. Elle est: de trois cens cinquante li-
vres j & c'est toute ma ressource, pour foute-
À;
nir ma vieillesse, mes infirmités, & une soeur
plus âgée que moi, & dont la santé n'est pas
meilleure que la mienne. Qui pourroit m'en-
vier cette foible ressource ? Je ne l'ai acquise
que par vingt années du travail le plus péni-
ble & le plus assidu.
Cette modique ressource doit du moins res-
ter dans son entier. Elle est destinée aux ali-
mens des personnes qui ont sacrifié leur jeu-
nesse à l'exercice , & au service pour la repré-
sentation du Spectacle de l'Opera.
Un Arrêt du Conseil, du 6 Août 1745 ,
rendu sur la Requête du Directeur de l'Opera,
ordonne, que ces PENSIONS , ainsi que les
Appointemens des Acteurs , Actrices , SYM-
PHONISTES , & autres personnes employées à
l' Académie Royale de Musique , ne pourront
être saisies par leurs Créanciers , pour quelque
cause que ce soit. SA MA JE STÉ veut , que
nonobstant toutes saisies faites ou à faire ,
qu'elle déclare nulles , & de nul effet, le Caissier
de ladite Académie ,paye & vuide ses mains de
ce qu'il doit , ou devra ci-après ausdits Acteurs,
Actrices, SYMPHONISTES & autres Employés
au service de ladite Académie , quoi faisant, il
en sera bien & valablement déchargé.
Cette Loi est publique : c'est le Privilege
de l'Académie Royale de Musique. Il a été