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Observations sur le rapport que M. Talleyrand Périgord, ancien évêque d'Autun, a fait à l'Assemblée nationale sur l'instruction publique : les 10, 11 et 17 septembre 1791. suivies d'un Plan d'instruction primaire national présentés à l'Assemblée nationale par les moines de pension de Paris, l'an de l'ère chrétienne 1791, et de la liberté conquise, le troisième ([Reprod.])

76 pages
de l'impr. de la Ve Hérissant (Paris). 1791. Éducation -- Planification -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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TEST CHAR7
TEST CHART No 2
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION^FRANÇAISE
A
OBSERVATIONS
Sux le rapport de M. l'ancien Êvêyut
d'Autun fur V Inflruclion publique tf
Plan d'Inftruclion primaire Nationale.
Messieurs,
LES maîtres de penfion commencero t
leur travail fur l'inftru&ion primaire Natio-
nale, par où M. l'Evêque d'Autun a termi é
le lien..
Il été décrété conftitutionelleraent f'
l'intrusion, a t il dit, page de fôn
rapport, & à la fin #
i° « Qu'il fera créé &r organife une injf-
m trudion publique commune à tous \ti
» cicoyens gratuite, à l'égard des parties
» d'enfeignemens indifpenfables à tous les
hommes, & dont les établiUemens feront
» d.ftribués graduellement dans un rapport
» combiné' avec la divifion du royaume.
i° »> Qu'il fera établi des fêtes nationales.»
Que l'éloquence crt quelquefois une bien
dangereufe fyréne Meilleurs mille applau-
dilTemeos onc couvert M. le Rapporteur &
fans doute, à plus d'un égard il les mé-
ritoit.
Son rapport, en effet, ou plutôt fon psan
d'intrusion publique, préfcnte des vucstiicV
vattes des beautés réelles & en grand
nombre il offre même d'excellentes ebofes
faire & fouvent d'aflez bpw moyerw
d'arriver au terme qu'il fe propofe.
Cependant Mcflkurs couverts de l'égide
facrée de la liberté, entraînés irréfiftib!ement
par le défir de porter l'intrusion naionalc
au plus haut dégré de perfection dont elle foit
fufceptible nous fe dirons avec la loyauté
françoife le projet de monfieur Valley-
rand eft inadmiffiblc parce qu'il e im-
praticable, & il eft impraticable parce
qu'il eft en oppofition avec la loi cenftitu-
tionelle, parce que fon auteur fe met en
contradiction avec lui même parce que
ces contradictions le font tomber daps des
erreurs de calcul tk même dans des' injuf
tices dont fon coeur patriotique auroit eu
horreur, s'il en eût feulcment foupconhé la
moindre trace dans tout fon ouvrage.
C'ett pourquoi avant d'entrer dans l'ho-
norable & difficile carrière à làquelle nous
fommes appellés par notre amour du bien
général amour tel qu'il ne' nous permet
aucune dégviifement ni méme aucun ména-
gement dès que ,nous voyons la plus légère
apparence de danger pour la cbofc publique
avant de montrer les erreurs que M. lé Rap-
porteur u'a pas fu éviter, & de préfenter
Ai
un plan qui réunifiant tous les avantages'
du fien, fe concilie mieux avec la loi ;t ks
intérêts généraux & particuliers avec la
juftiçe & les vues politiques d'un grand empilre
tel que le nôtre nous nous empreflbns d'ac«
quitter envers NI. l'ancien Evéque d'Alun,
un devoir bien cher à notre coeur..
M. Talleyrand Périgord montre par-tout
dans ce brillant écrit le civifrue le plus pur
cV le plus ardent patriotifme. Il fe tourne
en tous (en!, & emploie mille moyens pour
faire Reurir en France les fciences &r les arts.
Son inftftut national, fur-tout, cft une cfpece
d'encyclopédie qui femblable à une terre fé-
corde en toute forte d'cxcellcns fruits, dsit
les autres peuples du monde, en productions
du génie, que fon heureux fol le met au-deftus
de toutes les contrées de l'Europe par 1`ou
immenfe population, & les richelles de toutes
cfpèces qu'il prodigue à fes babitans.
Nous ne pouvons que louer la fage cV: in-
duftrieufe divifion de fon plan d'inftruâion
publique en écoles primaires, de diftricls &:
de départemens.
Nous penfons comme lui que l'inftruc-
tion divifée en cours cfl préférable à ccllc
partagée en claflès parce que cette di-
vifion. metUQt plus d'ordre dans l'échellc
(4)
des leçons qu'offriront les différens cours,
offrira auftï plus de fecours aux élèves, &
leur procurera plus de facilités.
Nous adopterons donc dans notre triait
la divifion propose par M. le Rapport ur.
L'influence de l'éducation fur le bonheur
ou le malheur des enrpires a été tant d fois
démontrée que nous ne vous parl rons
point, Meilleurs, de la néceflîté d'une bonne
éducation en France.
Nous vous dirons feulement qu'il nous
pirott que, des difpofitionjdans lefqucllos on
fera encrer li génération naiflante dépend
la fiabilité ou la ruine de cette conftitution,
qui fait aujourd'hui l'admiration de l'Univers,
& qui eft deflince à faire le bonheur dej tous
les peuples nous en conclurons la néciflîte
ce n'envoyer vers les enfans de la nation
que des hommes foumis de coeur ce d'afi7ec-
tion au nouvel ordre de chofes établi par la
Conftitution.
Nous n'ajouterons rien non plus, Meffîcurs,
ce que M. le Rapporteur vous a dit des
vices de ttnftruâion publique fous l'ancien
icgime il nous fembfe niême que; fon
ïèle les fui a fait voir avec les yeux d'ùn
cenfeur trop rigide & que fa très -louable
pafiîon pour la liberté, lui a découvert des
traces de ckfpotifme jufques dans les éloges
( s")
A;
mêmes que nos habiles profelTeuri donner
f fouvent en préfence de leurs élèves au
difeours fublimes des défenfeurs entbouGafte
de la liberté Grèque & Romaine.
Pojt ne pas abufer des infant précieù
que vous confacrez avec tant d'ardeur au
bonheur de la France, Meilleurs nous non
hâtons d'entrer en matière.
Et d'abord nous allons vous parler des ccole
primaires.
C'ell dans ces écoles qui font la bafe 5:
le fondement de toutes les autres, Meneur!,
que les enfans de l'écat à peine fortis d
cette délicieufe fituation où ils n'avoienl
copnj que les tendres embrallèmcns de leurs
nierez, cmbraÛcrncns qu'ils ne pouvoien^
paye- encore que par ces naïves eareffes
douce récompenfc des befoins ou prévenus;,
ou aufU tôt foulages viendront apprendre
qu'ils font det2inés à devenir des hommes;;
que déjà ils le font qu'aux yeux de l'être
fupreme, de la nature &r de la loi, ils font
&: demeureront égaux en droits à tous les
individus qui les environnent; que les vertu
fcules ce le mérite pourront leur procurer dans
la fuite quelques dirtindions; que cesdiftinc-
tions elles-mêmes leur échappcront pour un
tenu; qu'alors leur vertu feule leur refera
pour les appeler cnfuite à de nouvelles dignités.
C'cfl-là qu'ils apprendront que ta patrie
cette mère commune qui partage également,
autant qu'il eft en elle,. Ces faveurs à tous
fes enfans; exige auflî. d'eux quelques facri-
fces en échange des marques de fa te ndrefl;
que ces facrifices ne font pas coûteux
qu'ils ne confident que dans une entière
obéiflance aux lois;' que ces lots font faiies
pour le bonheur de tous & du confèntement
de tous puifqu'ellcs font l'ouvrage des re-
préfentans de la nation.
Dans ces écoles eflentielles à tous, on leur
donnera une notion générale des lois conf-
titutionelles fondement inébranlable de la
force & de la félicité de l'empire. là i^s appren-
droot leurs droits & leurs devoirs comme cito-
yens. On ne leur laiflera pas ignorer non plus
le bonheur qu'ils ont d'être nés chrétiens c\r
catholiques. On leur montrera l'auteur ds
cette fainte religion comme un Dicu'de paix,
d'union de charité, qui ordonne de fermer
les yeux fur les foiblcUcs & lcs défauts de
fes frères, cV qui veut qu'on ne foit clair-
voyant, févère ce intolérant que fur les
liens propres.
Dans ces écoles ils apprendront à lire
mais les livres qu'on leur mettra dans les
mains, leur enfcigneront à la fois leurs droits
R leurs devoirs, comme citoyens & comme
(7)
A*
de communiquer leur pcnfées par le moyen
de l'écriture. On y joindra des leçons de
calcul, Se les principes de La langue fran-
çoife, pour qu'ils puitient la parler & l'écrire
correftement & pour les mettre en état de
fe pafler de recours étrangers quelqacs pro-
feflîons qu'ils ombrant dans la fuit dini
ces écoles, en un mot; on remplira parf ti.
tement les vues de l'ade conftitutionel m
donnant aux jeunes citoyens toutes les con»
noiiîances qui font elfentielles à tous 'et
hommes.
Au fonir des mains des jnftituteurs pfi-
maires, une partie de ces enfans fera admire
dans l'un dç ces atteliers que la vigilants
maternelle de la nation fera ouvrir Pour
leur procurer différens moyens d'affùrer leur
fubfiftance en Ce rendant utiles à leu ri
concitoyens par leur induftrie &' leur cri-
vail, tandis que d'autres que leur goût pour
les feiences appellera à des études plus étendues,
paOeront dans les écoles de djilrift, où on
les difpofera par des cours de grammaire
& d'humanité aux connoiûinccs plus élevées
dont les écoles du département orneront
enfuite leur efprit.
Mais avant de vous foumettre dans le détail
notre plan d'éducation, avant de vous parler
de toutes ces écoles, qui feront autant de
Source! inépnifablcs du bonheur'&rdeja gloire
de la nation, qu'il nouf foit perm s Mcf-
fseurs, de faire quetques observât ons fur
l'opinion ds M. le Rapporteur touchant les
écolcs primaire?.
Leur inrtitution a pour objet TcnfeigRement
gratuit des connoiftances cQentiellcs tous
les hommes. La loi ordonne qu'elles fotent
ouvertes indiftin&ement à tous les jeunes
Citoyens tous aiîtont donc également le
droit de profiter de ce bienfaic tous auront
un intérêt fenfible l'aller puiferdans ces fources
pures l'eau vivifiante de l'inftruAion: d 'où il fuit
évidemment que la lo: exige qu'il foit députe
vers les 'corans de l'état un nombre d'infti-
tuteurs fuffifant à leur initruftion.
Examinons rapidement, Mcflîeu|-s, quels
fontJcs moyens que M. Talleyrand emploie
pour procurer à cette loi bienfaifante fon
exécution.
CI 11 y aura, dit-il quarante-huit écoles
primaires(à Paris; dans chacune de ces
u écoles un maître falarié par la nation &
qui ces éleves ne devront aucune rc-
tribiuion j le traitement de chaque maître
» fera de mille francs pour la capitale c\r
» c'eft pour cela que, félon M. Je Rapporteur
Ici écoles primaires de Paris coûteront
n chaque année quarante-huit mille francs
H à la caifle nationale. »
Cherchons d'abord à concoure, Mcffieurs,
'i'il y a proportion entre l'ouvrage &: le
oombre d'ouvriers noas verrons enfuite s'il
y en a entre le falaire propofé & les befoins
de première néceffité de ces utiles ouvriers.
Piî'm'ite
obretvi-
tion.
La population de Paris malgré les émi-
gracions très-confidérablcs, occifionnées par
le nouvel ordre de chofes excède encore
de beaucoup le nombre de huit cents mille
babitans.
Ne confierons que comme un dixième
de cette population le nombre des enfans
qui, depuis fix ans jufqu'à treize, auront
droit de fréquenter les écoles primaires, nous
trouvbns une mane de quarre. vingt mille
cnfan> divifons cette maûe en quarante-[
huit porttons cgales, pour la diftribuer aux:
quarante- huit maîtres d'écoles primaires
nous leur donnons à chacun environ dix-fept
cents enfans à Jnftruire car, nous ne dcvons
pas perdre de vue, Meilleurs, que tous ont
un droit égal aux leçons qui fe diftribueronc
dans ces écoles; que cette distribution étant
purement gratuitc, & l'incérêr étant le premier
& le flus puiflànt mobile des actions humaines
il eft à préfitmee que très-peu de parcns néglige-
ront ce moyen économique qui leur cft offert.
*'«• )
Suppofbas néanmoins que là quatrième
partie des enfans fe procure rinftra&Jos
par d'autres voies, les quarante-huit école»
primaires n« conctondront plus guères que
foixante mille enfuis, & dans cette fuppe-
fition il ne refera, plus i chacun des qu
rance.huit maîtres qu'à peu près treize cents
deves.
Lcs écoles primaires comme totstes la
autres écoles publiques, devront fans dôme e
s'ouvrir R fe fcraoer chaque jour à des heures
fixes tant le matin que le fou fup
fant qu'elles commencent le matin à huit
heures pour fnir à onze > & que l'aprè;-
midi, on doive les ouvrir à deuX heures pour r
les fermer à cinq, la durée de chaque claf
fera de trois heures; mais, pour que
trudion foit utile aux enfans, il eft abfolument
néc< (Taire que le maître donne à chacun d'eux
en particulier une portion de loti terru cV
de fon attention car, quoique les explica-
tions fur la religion la morke les droits
de l'homme, l'aâc conftitutionel les
exhortations puifleot fe faire en général ht
le maître fe canteater d'interroger tantôt
l'un tantôt l'autre de Ces éleves pour s'aflurêr
fi ces différentes parties de l'inftruâion ont
été vraiment entendues & recueillies avec
fruii il y a d'autres forte* de leçons, qu'il en
tl«)
obligé de donner ifolément à chacun de les
écoliers il faut par exemple qu'il les filtre
lire les uns après les autres, qu'il corrige
féparément leurs cahiers d'écriture, & leari
règles d'à rithemétique.
II faudra donc que deux fois le jour, dam
un efpace de trois heures chaque fois, il dr-
vife & partage fon attention, fon travait
& fes foins entre plus de douze cents enfans,
même dans la foppofition la plus favorable
au fyftêrae de M. le Rapporteur.
Il n'a certainement pas calculé la popu-
lation de Paris; car autremeat, il eût évidem-
ment voulu rendre nul cV illufoire le décret
conftitutiooel fur la gratuité de l'inftruclion
primaire, ce que ne pourra jamais ni croire
ni même foupçonner quiconque, aura juge.
par les faits, du coeur de M. l'ancien Evêque
d'Autun.. ̃
Cependant cette oppofition au détret ett
frappante car, lorfque la loi veut que les
enfans de la nation reçoivent gratuitement
l'intrusion eflentiellc à tous, elle veut fûre-
ment, en même-tems les moyens de la leur
procurer; or le premier de tous ces moyens,
cft d'employer à ce travail autant d'ouvriers
qu'il en exige pour pouvoir être bien fait.
Si comme l'expérience de tous les jours
le démontre, le plus expéditif des inftituteurs
ne peut foffirc. à l'iottruOion de cent élèves,
( Il )
lors même que la durée de la tenue odes:
écoles n'cft pas ainfi limitée comment psur-;
roit-il.jdansun efpace de trois heures, donner
à plus de douze cents l'inftruâion néceflai e»
Sous ce premier point de vue, le plaide
M. l'ancien Evêque d'Autun, cft donc en
oppofitivïn évidence avec la loi constitution slle,
qu'il rend nulle &: iltufoire & met en même
tems prefque tous les enfàns de la nation
dans l'impoflibilitl abfolue de tirer aucun
profit du bienfait qu'elle leur offre.
Il nous paroît, Meneur;, que pour donner
au projet deM.Talleyrand, un moyen de fe
concilieravec laloi cantlitutionclle, il faudroit
que l'on procurât aux quarante.huit ferions
autant de maîtres &r due maîtrefles pour les
écoles primaires, que leur population ref-
v pedive en exige, a6n que les enfans de l'un
& de l'autre fexe puiflênt retirer de' ce
précieux établiflement tous les avantages:que
la nation en efpère, & qu'elle a droit d'en
attendre.
Paris, comme nous venons de le dire, eft
divifé en quarante-huit feclions quand on
ne fuppoferoic dans chacune d'elles que
cinq cents enfans de l'un cVr cinq cents
de l'autre fexe il feroit d'une néceflné in-
difpenfable d'envoyer vers eux au moins
cinq maîtres & autant de ni ai trèfles encore
faudroit-il, pour les raifons que nous aurons
(«j)
me
occafion de déduire dans la fuite de ces
ouvrage, donner à chaque maître un pré-
cepteur, & à chaque maîtrefle une fubmp-
nitrice. Ce qui donneroit pour les quarante-
huit feclions de Paris deux cents quara te
maîtres & autant de rnaîtreÛes, en tout quai te
cents. quatre-vingt tant inftituteurs qu'irf-
titutrices, en chef» avec un nombre é al
de fous maîtres & de fubmonitrices.
Vous voyez McÛîeurs, d'après cet espefé
fuccint, dans quelle énorme erreur de calcul
a été précipité M. le Rapporteur, par cette
involontaire oppofition à la loi conftitutio-
nelle. Car, quand il feroit poflîble, avcc es
moindres notions des dépenfes qu'exige n
féjour habituel à, Paris, & même malgré es
aveux de M. l'ancien Evêque d'Autun de
n'accorder à chaque maître des écoles p;ri-
maires qu'un traitement de cent pilote!, il
auroit du employer cet article dans fon mé-
moire de dépeofe non pour quarante huit
mille livres mais pour quatre cents quatre-
vingt mille livres.
Vous appelez dira M. le Rapporteur
autant de maîtreires que de maîtres, à la di-
région & à La conduite des écoles primaires
par-là vous augmentez prodigieufement la
dépenfesj'ar ois fait cette économie à lacaifle
nationale en admettant dans ces écoles les
petites filles feulement depuis fix ans jufqucs
à huit. Quel danger trouvez- vou» dore à'un
âge fi tendre dans cette réunion de fex s dans
le même lieu » v
Fiponfi.
Lorfque nos fages & bonnes lois 0011$ feront
jouir de tous les biens que nous nous en romct-
tons,cVqu« certainement elles nous procireront
avec le teiMS> lorfqu'ellcs auront ramené les
mœurs à leur première QmpUciié, à Uuj pureté
t'age d'oc parmi* nous, peu être verrons-nous
iuffi, com,me nos fortuné/ ayeux, le tendre
agneau bondir & fe jouer(a<f milieu d loups
qui auront oublié leur ancienoe voraci é; nous
ferons alors, comme M. /Talleyrand fans
inquiétude fur le mélange dei/exes.
Mais dans ce fiècle, où la corruption en
prefque univerfelle, nous nous faifons gloire
de partager les craintes de tous les Cages
inftituteurs publics qui prennent depuis long-
tems les plus grandes précautions pour
empêcher autant que faire fe peut, cette
dangereufç réunion dont l'expérience tourna*
lière nous a fait connoitre tant de fuaeftes
çfiets.
La confiance de Ni, l'ancien Evêque d'Autun
.à cet égard novis paroît bien plus charitable
que prudente.
Nous continuerons donc à demander pour
les jeunes fijles des écoles diftin&es &: réparées
de celtes deftioées à l'inllruâion des jeu DU
<<f>
garçons. Nous demanderons que \cs écoles de
filles foient préfidées pa| de! femmes plutôt
quepardes hommes» pi rçcjque, dès \i première
enfance,il doit y avoir une différence marquée
entre l'éducation des filles & celles des garçons.
.On ne peut trop tôt difpofer les fille» à h vie fé-
dentaire & doraeftique, on ne peut 1es accou-
tumer de trop bonne heure à manier l'aiguille
& le fufeaui enfin à divers petits exercices pro-
portionna leur âge analogues ceux aux.
.quels la nature la délicateûe de leurs or-
ganes & l'intérêt focial femblent comme
de concert, les appeller pour tout le cours de
leur vie.
Nouî demandons que les écolesde filles foient
en oombre égal à celui des écoles de garçons
parce que le nombre 4es fi Iles n'eft pas moindre
que celui des garçons; parce que l'acte conrtitu-
tionncl veut qu'elles participent comme eux
la gratuité de I i'inftrudion primaire; parce que,
malgré que M. le Rapporteur défire avec
beaucoup de raifon que les filles foient le
m,oins de tems poflîbls éloignées des regards
maternets, deux années ne fuffifent pas pour
leur enfeigner avec fruit tout ce qui doit con-
tribuer à les rendre vraiment utiles s enfin, parce
que cette première éducation étant la feule que
le plus grand nombre d'entre elles pourra fe.
procurer, il eft de la juftice & de 1a générofité
de la nation,, il eft même de l'intérêt de 1a
( t«)
fociété de la leur donner bonne, folide «5c com-
plète dans fon genre,
Trolfii.
me obser-
vation.
S'il eft vrai, comme nous croyons l'avoir
prouvé dès nôtre première obfervation, que les
quarante-huit maîtres propoféspar M. ke Rap-
porteur pour les écoles primaires de cette
capitale, fuftïroient à peine à l'inrlruetiori de
la cinquième partie de fes en'fans,' il s'enfuit
évidemment que les quatre autres cinquièmes
ne pourroient profiter de ce bienfait! que la
mère commune, la patrie, leur offre à tous. Le
voeu de. cette loi bienfaifante feroit. donc
trompé &la loi prefque entièrement biivée de
fes falutaires effets ou bien fi l'on.}'. nettoit
dansces écoles un plusgrand nombre ^'élèves
qu'on ne peut y en inftruire, aucun ne pou'rroit
profiter repliement de ce précieux fecoWs, ce
qui feroit encore plus oppofé à l'efprit de la
loi, qui par là deviendroit abfolument nulle
&r fans effet.
Car une diftribution qui furchargeroit l'inf-
titureur réndroit évidemment inutiles tous les
efforts de fon 2cle. Or, il feroit impoflîblê
qu'il neftit pas extrêmement forchargé parce
que, chaque citoyen ayant le droit de pro-
fiter pour fes enfans du bénéfice de la loi
exigerait avec raifon qu"ils fuflent admis dans
ces ccoles, d'oii fufvroicnt £ U foins, & la nul-
lité des écoles -primaires pour l'inftruction
à caufe de l'énorme disproportion qui fe
trouveroit
B
trouveroit entre le nombre des ouvrier Se
k travail ,&r la ruine entière des intitule
& inftitutrices actuellement titulaires pat-
la défcrtion des élèves qui. fréquentent ma :i-s
tenant leurs écoles.
Que deviendronc donc, ces indigentes ce
refpeâables familles qui," au. nombre de
près de cinq cents, feulement dans c tte
Capitale fe font confacrées avec tant de
zèle, degénérofité cV de defintéreflement
aux foins non moins pénibles qu'honorables
de l'inftruclion de leurs jeunes concitoyens?
Ce(\ fur la foi de l'étzr, fans doute, c'eftdans
la certitude où ces citoyens fe croyoient être
de fe procurer par le p/oduit de leur travail,
de leurs veilles & de leurs fueurs les iref-.
fources néceflaires jufqu'à la fin de leur 4a.r-
fière qu'ils oot embraffé un genre de vie fi; fa-
tiguant, cV néanmoins fi peu favorable iaux
f^'éculations de fortune: prefque aucun d'eux
n'a pu faire d'économie pour l'hiver de la
vie prefque tous au contraire vivent
comme au jour le jour, de la modique ré-
tribution dont les pères & mères récontpên-
fent, chaque mois, leur zèle infaiiguable ce
leurs pénibles travaux.
L'éducation diftinguée que prefque tous ont
.reçue les connoiflànces qu'ils ont acquifès
les auroient rendus propres à tout autre état,
il cft vrai, & I!s auroiem pu fervir !a patric
( i«
de tout autre manière; mais ils Ce font en-
ticremeot & excluGvemcot confiicrés la
pkiparc de puis nombre d'années, à ce genre
Je travail; & certes, il y a bien d quoi
occuper l'homme le plus laborieux* ils ont
concentré dans cette fphere toute lcurs
lumières & tous leurs taiens, Le terni qu'ils
auroient donné à une étude étrangèr leur
eût paru un larcin fait à leurs élèves. Toute
autre fpéculation leur en donc maintenant
intcrdite, & s'ils ne continuent à donner à
leurs jeunes compatriotes les foins qu'i s leurs
prodiguent avec un zèle & une tendretlc
vraiment paternels les voilà fans état
prefque tous fans reflburce &: livrés à toutes
les horrcurs de la plus aOVcofe indigence.
Quoi, Meilleurs, des citoyens lï utiles, fi
précieux, fi Décrire! ce recevroieni chez
la plus généreufe des nations, dans la Capitale
même & au centre du plus riche &r du
plus puiflant empire du monde, en échange
du travail le plus continuel, le plus pénibles,
lè plus utile à la focietc & le nioins 'lucra-
tif, en échange des plus grands ce des plus
nombreux facrifices, d'autre recompenfe qu'un
abandon dédaigneux, ce cela prefque dans le
même tems où l'augure fénat, applaudillànt
à leur civifme & à leur zèle, vient de leur
promettre publiquement ,pu la bouche de
(
Bj
fon Préfixent ( 1 ) appui,
de leur décerner le titre, non moins honorable
que ri.utcur de fes
Non Meneur!, ridelle à fes promettes la
nation viendra au fecours de ces citoyens
généreux &: infortunés. Si, ce qui n'eft pas
vraifemblablc quelques uns d'entre eux ne
pouvoient être employés dans le nouveau
mode d'ioftrudion ils doivent attendre avec
la plus entière confiance de la boncé, de
la juftice de l'Aflcmblée Nationale oV de l'ad-
Kiiniftration publique une. retraite qui les
mettra à.l'abri des atteintes déchirantes de
la mifère.
iic obfïj-
'atiijr.
ExaminoDstnaintenant,Meûîeurs,&:d'aprèj
M. le Rapporteur lui-même, S'IJ y a propor-
tion entre le fahire qu'il veut que l'on alloue
aux maîtres des écoles primaires de Paris
.& les befoins de prenrière néceûité de ce*
utiles ouvriers.
Ecoutons M. le Rapporteur.
«Il dit aux grammairiens votre traitemcnt
» fixe fera de quatorze cents livres pat année
plus vous ferez en droit d'exiger Vingt-quatre
«francs de chacun de vos élèves. Aux maître
» de lingues cV d'humanité vous aurez feu-
»lement fcize cents livres de traitement aooucl;
), nuis chacun de vos élèves vous devra aulli
(1) Sé4iwe du f®,r U i^Marj
( îo )
» unfupplément de \ingt-quatrc francs. Eàfin
» aux profcfleurs de réthoriquc, logi ue, ma-
» thématiques & autre» vous n'aurez que dix-
huit cents livres de fixe; mais chacm dc vos
»difciplcs vous payera trente-fix francs. »
Pour tous ces profeffeurs le traitement fixe
n'eft que ce qui fuftit ftridement aux befoins
de première nécefluc NI. le Rapporteur le
dit formellement; auffi ne le regarde-t il que
comme un à compte fur leur revenu r :cl. Ces
vingt-quatre, ces trente-fix livres paya Mes par
les élèves au-de-làdu traitement fixe, ont un
aliment à l'émulation des profcfleuis tant
vaudra l'homme tant vaudra la terre. n leur
donne le pain; ca fera à eux de faire le reftepar
leur aflîduitc, & les autres moyens hpnnétes
qu'ils pourront employer pour mériter fixer
la confiance publique.
Tous ces trailcmens, nous en convenons
bien volontieis, nous fur-tout, dui, par une
dure expérience, ne connoiflbns que trop
les dépenfes inévitables aux domiciliés dans
cette ville font cettainement très écono-
miqucs, & fans le fupptcment que M. Talley-
rand offre à ces refpedabies inftituteurs, on
eût pu lui faire le reproche qu'il cft plus qu'éco-
nome mais pourfuwons,
Il avoue donc formellement que dix-huit
cents livres de traitement fixe fùffifentà à peine
aux dépenfcs de première nécetlïtc pour des
(il)
B}
citoyens domiciliés dans cette ville immenfc
cV cet aveu eft d'autant moins équivoque
qu'il n hefite pas de procurer aux profeûeursà à
qui il a fait ce traitement un moyen d'arté-
lioret leur fort, pris datns leur état même
I)'aprés cet aveu quel traitement Ni. le
Rapporteur fera-t-il aux ma'tres des écoles
primaires?ceux-ci n'aurontle droitd'exigerde
leurs élèves aucune rétribution; car la loi conf-
titutioncllc ordonne expreficment que leurs le-
çonsfoient purementgratuites leurtraitement
doit donc fournir fcul à tous les befoins » il doit
donc être de plus de dix-huit cents livres, puis-
que, pour mettre les profelleurs à qui il ac-
corde ces dix-huit cents livres, Co état d'y fub-
venir, M. Talleyrand eft obligé de leur ac- j
corder un fupplément de trente fix livrcs qui
leur feront payées par chacun de leurs dif-
ciples.
Dans fon projet de décrcts page 14 51 NI. le
Rapporteur parlant du traitement des maîtres
des écoles primaires dit le traitement des
» maîircs des écolcs primaires fera graaué
» fdon les localités. Le maxïn.um fera de
» mille francs, avec un local pour l'école.
» le minimum fera de quatre cents livres.
» L'article lt porte Le traitement des maître
j> d'écoles primaires de l'aris fera de mille
» francs. Un peu plus haut, il avoit dit
» L'eufcignemenc des écoles primaire! cft
( il )
une dette 'qui fera acquittée entièrement par
la fociété.
Quoi Meffieurs Ni. le Rapporteur ne
croit pas la dette de la focictè entièrement ac-
quittée divers les grammairicns par un traite-
ment de quatorze cents livres? enver; les pro-
fefleurs d'humanité par un de fei*e, te envers
ceux de philofophie par dix-huit cents livres
de traitement fixe, polir l'aider à s' cquittct
envers eux, M. l'ancien évoque d'Au :on veut
que les difciples y concourent, les u par un
iupplement de vingt-quatre livres., 1. s. autres
par une addition d'une focnmc de tr ntc iix
livres. Ces fecours nous le répétons, font
nécefl'aircs il eft vrai à ceux à qui M. le
Rapporteur les accorde attendu !j[ cherté
des comeftiblcs, &: autres objets de dépenfes
qu'on ne peut éviter dans cette grande
ville ce mille francs pour tout traitement,
avecun local fculement pour l'école, fuftiront
dans cette méme ville à tous les bvfoins
des maîtres des ccolcs primaires? fi ce n'eft
pas là une contradiclion rcvoltantc nous
n'y connoilTbns plus rien Se nous prions
bien fincèrement M. Talleyrand de nous
donner le mot de l'énign^e.
les maîtres des écoles primaires ont üs
moins de befoins phyfiques que les autrcs
noicrcs ? l'objet de lenr travail reconnu
çrfçïuiçl à to«» k> hommes çft • il woinï
(M )
B +
refpeclablc, moins précieux, moins utile à la
focicté oue celui dés autres profefïcurs? on
bien ceux qui feront chargés de diftribuer
ces portions d'inftrudion fi nccc'.Vaircs, que
nul ne peut s'en palier à moins qu'il ne venil e
dépcndre toute fa vie de tout ce cui lawi-
finera cV: courir fans cette le rifque d'être e
la vioTirne & la proie de la mauvaife Foi
daiis les aflTjircs qu'il aura tratter ces
inftirureurs difons nous doivcnt-ils donc c
avoir dans l'opinion publique une place
moins honorable que les autres enfeignans
& chercheroit-on à les avilir dans cette
opin'on d'où dépendent néanmoins les fuo
ces de leurs travaux &: ceux de leurs élevés
en les laiiVant manqncr du nécetlàirc $c
les faifant par-t'a' tomber dans une cfpcde
de dégradation malheureufement hélas
trop infépàrable de la pauvreté 6c de l'indi-
gence aux yeux indues du préjugé?
Un propriétaire qui, pour s'adurer, ploficui's
fièclcs après fa mort, des droits ah recon-
noi!?\ncc de fes neveux, fait conftruire un
vallc édifice, doit il une moindre rccompcnfc
à l'archucclc habile qui par de folides fon-
dations en aflure la fiabilité la durée
qu'aux agriminiftes de l'arcbitecUirc qui l'ont
enrichis d'crncmcns divers, t-lfgansi il cft
vrai, 8c agréables à la vue; mais fans lefquels
cependant l'édifice n'eût pas été moins folide
& n'en eût pas moins procuré aux héritier*
du propriétaire une jouiflance réelle cV du-
rable ? non fans doute.
La fociété etc doit donc pas moins de
reconnoiflànce aux maîtres des éco es pri-
maire* dont les leçons précieufes font le
fondement inébranlable du, bonheur ce leurs
jeunes concitoyens qu'à ceux qui le pro-
curent des connoiflànccs d'agrément dont,
abfolument parlant, ils auroient pu fe pafl'er.
.Toutes les fciences font feeurs, elles ont
entres elles des rapports fi intimes, u'elles
fe tiennent comme par la main. M. te
Rapporteur les honore, les chérit, c'herchc
à les encourager en mille manière par
quelle fa/alité donc arrive-t-il que, fe pllaifanc
à careRèr les cadettes, il affecle de traiter
les ainées avec une forte de dédain
Kon,Mefljeurs, cco'cd ni par indifférence
fur le fort des maîtres des écoles primaires
ni par mépris pour ce qui eft l'obic( & la
matière de leur travail, que M. le Rapporteur
les a fi maltraités dans fon projet. Il a pro-
blablemênt été effraye de la mafle de dépendre
que oéceflîtera un plus grand nombre d'inf-
tituteurs,& un traitement plus confidcrable.
Il en a été efl'rayé parce que, connoiflAn:
vraifemblablement mieux les charges de
l'état que fes moyens & fbs reflburces U
n'a pas aflez cherché à connoître les canaux
( M )
& ks fourccs, fans pretTJr
beaucoup fur la caille, national, il pouvoit
ptiiler pour fubvenir à ces depenfes, dont
plusieurs parties, dans fon plan font fur-'
ccptibles d'une réduction très-cor, fidcrable.
hotns ne tarderons pas A tr.-inquilifi
M. le Rapporteur cet égard en lui çom-
nviniqiunt notre plan d inltruftion majis
auparavant, il nous, refle encore deux mots
d'obfervations à fairc non plus fur ce qu
dit M. Tallcyrând mais fur ce qu'il n'a
point dit, cV: que fejon nous il av.roit u
dire.
Nous lifons bien dans fon projet de décret)
qu'apr.cs vingt années de travail les maîtr s
des écoles primaires auront leur traitement
pou- retraite; mais nous n'y voyons pas qui1!
fc foit occupé
Ie Du traitement à faire aux veuves des
maures émérites; il nous ïemble cependant
que ces courageufes zélées & infatigables
.compagnes de leurs travaux, meritoieu bien
qu'il daignât jeter fur cl!cs un regard fa-'
vorible.
i'- M Talleyrand a furemcnt bien prévu
que les titulaires feront au moins
cn grande partie conférée; dans l'exercice
de leurs fondions cependant, il ne nom dit
point fi ceux d'entre cvx qui, déjà depuis
longes fc font confacres i l'iriftrucliort
(les enfans, feront encore tenus, pour jojuir
de la faveur de l'cméritât, aux vingt années
de travail & fi on omptera pour rien
tout le tems depuis quPl ils enfe gnenr.
Ce [croit exclure par le fait grand ombre
d'e'ntre eux de la confolante expeâative de
cette retraite ce qui nous paroît peu con-
focere aux règles de l'équité.
;° Enfin, nous regrettons bien fincc ement
que M. l'ancien Evêque d'Autun ait gardé
un filence abfoln fur les précepteurs &: I ubmo-
nttrice». Nous ne croyons pas qu'il deftinc à
ces fondions, quoique tres-importanics, Ici
élève-, dejà célèbres que les départemens en-
verront à Hnftitet national ptiifqu; nous
voyons qu'il les deftine anx places de ila ma-
giftrature, de radmfniftration & même de
la lëgiilature.
Nous allons tâcher de remplir ces vu|des dans
k plan d'inftruftton que nous fou mettons au
jugement de tAflemblée Nationale nous y
feron| entrer avec joie tout ce qui, dans celui
de M. l'ancien Evêque d'Autun nous a paru
devoir contribucr àq bien de la nation cV au
perfectionnement de t'cducation ce nous nous
ferons gloire de nous ranger à fon opinion
toutes les fois^que l'intérêt général ne nous
forcera pas à nous en écarter
PL Afpy INSTRUCTION NAT1ONAIJE.
Si comme l'a très bien dit l'éloquent
M. Tallcyrand, il cft impoffible 3 chaque in-
dividu de tout favoir il n'en eft pas moins¡
necefaire de former des établiflemens où Von
puifle tout apprendre.
Donner un plan général d'éducation, e(l
doncpropofer les moyens d'crsfèigncr toutes les
feiences dont l'cntendement humain eu fuf-
ccptible; mais comme il n'y a point d homme
univerfel, il n'y en a point non plus qui
feiil & par lui-même, puifle cmbraîTer toute^
les parties d'un travail auffi vafte le-, traite¿
d'une manière utife à la qu'ii
ait appelle à fon fecours des favans dani
les différens genres} que chacun d'ec^k en
pankolier ait traité le furrc qui lui /cft rV
milicr il faut qu'il fc foit entouré da leurs'
lumières qu'il fe les, foit en quelque forte
appropriées qu'il ait refondu dans fon travail
leurs travaux partiels, pour en faire un tout
dont l'auteur apparent n'eft à proprement
porter, que le rédacteur.
Urc communication de mémoires ne fuffit
pas à l\ confection d'usé ouyra^c fi Compliqué
6c fi étendu, parce que le compilateur quel-»
qVhabiic qu'il foit pourroit creer dans le

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