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Y
ODE
SUR LES VICTOIRES
DE NAPOLÉON LE GRAND,
EMPEREUR DES FRANCAIS
ET
ROI D'ITALIE.
PAR M. CROUZET, correspondant de l'Institut
national, membre de la Légion d'honneur,
proviseur du Pritanée militaire français.
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT.
AN XIV. = 1805. -
u-j
-'-./
ODE
SUR LES VICTOIRES
DE
NAPOLÉON LE GRAND.
JYcc viget quidquarn simile aut secundum.
HORAT.
LE FRANÇAIS AU TOMBEAU D'HOMERE.
i.
LE FRANÇAIS. ----
RÉVEILLE-TOI, cendre d'Homere;
Ton Achille est ressuscité,
Plus grand
HOMERE.
Qu'as-tu dit, téméraire?
LE FRANÇAIS.
Ombre auguste, la vérité).
Oui, par un héros plus sublime
4 ODE.
Cet Achille si magnanime
En nos jours vient d'être efface.
Tu n'en es pas moins admirable ;
Le chantre reste inimitable;
Le héros seul est surpassé.
2.
HOMERE.
Abjure ce langage étrange.
Le demi-dieu que j'ai chanté,
Dont le nom seul sert de louange
Aux mortels qui l'ont imité,
Achille est la valeur suprême.
Jamais la nature elle-même
Ne fit rien qui lui fut égal.
Mon héros est au-dessus d'elle.
Achille n'eut point de modele;
Il ne peut avoir de rival.
3. 1
LE FRANÇAIS.
Je sais que le chantre d'Achille
Est le pere de ce héros;
De sa tête en guerriers fertile,
Ce guerrier superbe est éclos.
ODE: 5
Prince de l'antique harmonie,
C'est toi, dont le pompeux génie,
De sa splendeur l'a revêtu.
Le mien, d'un cerveau poëtique
N'est point l'ouvrage Ltntastiquf
Il ne doit rien qu'à sa vertu.
4- (
Aux vastes champs de la victoire,
Ce conquérant a moissonné
Plus de lauriers et plus de gloire,
Que tu n'en as imaginé.
Il n'est plus pour nous de prodiges ;
J'ai vu des antiques prestiges-
S'évanouir le merveilleux ;
La fable a cessé d'être fable ;
Il n'est plus rien d'invraisemblable,
Que les faits passés sous nos yeux. 1
5.',
HOMERE.
Je te pardonne le délire,
Qui me paraît troubler tes sens.
Ton cœur sans doute te l'inspire;
Je veux bien seconder tes chants,