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Oedipe à Colone , opéra en 3 actes... représenté devant Leurs Majestés, le 4 janvier 1786

De
58 pages
impr. de P.-R.-C. Ballard (Paris). 1786. 50 p. ; in-8.
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D 1 P E
A COt ONE,
OPÉRA EN TROIS ACTES,
BÊBIÉ A LA REINE,
Repréfenté devant L
à fer/ailles, le 4 Janvier ijSS.
DE L'IMPRIMERIE
De P. R. C. Ballaiid, feu! Imprimeur pour la Musqué de
la Chambre. Menns-Plaiiîrs & Grande Chapelle du ROT,
& de Monfeigncur Comte & Madame Comtdle D'A R T O I S.
M. DCC. LXXXVI.
Par exprès Commandement de Sa MajsJIé.
Les Paroles font de M. Guillard.
La Mufique eft de M. Sacchint.
A LA REINE,
Madame*
L A protection aujji publique qu'éclairée que Votre
Majesté daigne accorder aux Arts en général, &
en particulier à la Poéfie embellie des charmes de la
Mufiquè m'a fait défirer la pcrmiffion de meure à vos
pieds le Poème <f (Kdipc à Colone. La diflinUion fatteuje
dont MM, les Académiciens ont honoré cet Ouvrage efi
un des bienfaits de Votre Maj je s t Ê. C'cfl à
Jon goût délicat & fur que nous fommes tous redevables
de ces Prix fondés dom l'objet cfi d'encourager les Gens
de Lettres & qui înfpireront à ceux qui auront plus de
talens que moi, des produâions moins fautives & moins
indignes de lui être offertes.
Soutenu par le génie de deux illufîres Cornpofiteurs
Gluck & Sacchini j'ai eu la fatisfaâion de voir plufieurs
fois mes premiers effais contribuer aux délaffemens de
F'qtre Majesté. L'honneur que je refais au-
jourd'hui me féra faire de nouveaux efforts & ce prix
glorieux que je me propofc, me répond de leur fuccès.
.le fuis avec le plus profond refpeS
MADAME,
De VOTRE Maj esté
le très-humble, trcS-obéîfl*ant
Serviteur & fidèle Sujet,
Goiuasd,
ACTEURS ET ACTRICES
CHOEURS.
Côté DU Roi.
Les jD'K
Girardin.
Jofepbine.
Dubuitfon.
Garus.
Rouxelin.
Sanétus.
Charmoy.
Leclerc.
Les S".
Murgeon.
Leroux.
Cavailiers.
Jalaguier.
Jouve.
Moulin.
Pute au 1.
̃Martin.
Legrand.
Pouflèt,
Leroux c.
CÔTÉ DE LA Reine.
Les DU*.
Aurore.
Maker.
Thaunat.
Desrofiers.
D'Hautrive.
Beaumont.
David.
Courneuve.
Les S".
Pucenau.
Marcou.
Cièret.
Tacuflèt.
Lory.
Fagnan.
Leroux 1.
Ptiteau c.
Lartet.
Jailliot.
Rey.
Xeuvois.
PERSONNAGES DANS ANS.
ACTE PREMIER;
ATHÉNIENS.
Le St Niveion, LaD1IcDoRivït,
Les S" Delahaix, Clerget, Cafter, Sivile.
Les D"« Siville, Leclerc, Lacofle Bernard.
C 0 L 0 N A T T E S.
Le S'LAURENT, LaDlle LANOtois
Les S" Barré Largiere Coulon Bozon,
Les D'ICI MafTon Henriette, Troche Prault,
,TROISIÈME ACTE.
'S UITE DE THÉSÉE.
Le Sr GAnD.BL, La Dlle C o tr r. o n.
Les Srî Simonet, Degueville Lebel, Abraham.
Les D1ICSGarnicr, Simon, Dancourt, Courtois.
Le S' VESTRISaLaD^GuiMARD, LaD"cPERIGKON.
PRÊTRESSES D\A P O L L .0 HT,
LaD!le ZACHARIE.
Les D'les Siville Leclerc, Lacofte Bernard ,'Maïïbn
Henriette, Troche, Prault.
PRÊT RE S%
Le S' Rivet.
'L' A M 0 V R.
La D1Ie N a N i n e.
r HT M E ZV.
Le Sr L A BOR Y.
A C T E UR S.
ANTIGONE, LaDlle Dofon.
POLINIGE, Le Sr Lainé..
OEDIPE, Le Sr Chéron.
-THÉSÉE, Le Sr Chardini.
LE GRAND PRÊTRE, Le Sr Moreau.
UNCORIPHÉE, LeSrMartin.
ERIPHILE, La D'le Gavaudanc.
UNE CORIPHÉE La DUe Gavaudan 1.
UN HÉRAULT,' Le Sr Châteaufort.
OFFICIER des Gardes
de Théfée Le Sr. Deshayes.
(EDIPE
A
(E D 1 P E
A COLORE.
ACTE PREMIER.
Le Théatre repréfente une plaine voijine d'Athènes
on voit cette ville dans le lointain. D'un côté
efi un bois de cyprès qui couvre le fond du
Temple des Euménides dont la porte princi-
pale efl /aillante & découverte.
SCÈNE PREMIÈRE.
THÉSÉE, POLINICE, ÉRIPHILE,
Suite.
THÉSÉE.
EN VAIN un frère ingrat vous ravit la couronne;
Prince, mon Peuple & moi reconnoiflbns vos
droits:
La nature & la loi vous appellent aú trône,
Le droit de Polinice eft la caufe des Rois.
2, <E D E,
Ma fille eft le précieux gage
De l'étroite union que je forme aujourd'hui;
Ce doux hymen, où je l'engage,
Sera de nos états le plus folide appui.
POLINICE.
̃ Ah le trône où j'afpire a cent fois moins de
charmes
Que la main qu'à mes voeux vous daignez pré-
fenter
Animé par fes yeux, foutenu par vos armes,
Eft-il quelque ennemi qui puifle m'arrêter?
Le fils des Dieux, le fucceffeur d'Alcide,
Théfée arme aujourd'hui pour moi
Foible ennemi, frère ingrat & perfide,
Etéocle, frémis d'effroi!
La valeur & la beauté même
Se réunifient contre toi,
Cède à leur voix fuprêmej
Tremble devant ton Roi.
OPÉRA. 5
A 2
S C È N E IL
Les Précèdent "PEUPLE, SOLDATS.
TH É S É E.
Xi abit an s de Colone & Citoyens d'Athène,
Prenez part au bonheur que ce grand jour amène.
Pour gendre & pour ami je choifis ce héros,
Au trône des Thébains je promets de le rendre
Vous, braves compagnons de mes nobles travaux,
Soldats, jurez de le défendre.
CHOEUR DE SOLDATS.
Nous braverons pour lui les plus fanglans hafards;
Qu'il guide nos braves cohorte
Thèbes nous ouvrira fes portes,
Ou le dernier de nous mourra fous fes remparts.
( Théfée fe placefiir un trône, Pol!nice& Eriphile
un peu plus bas, les Troupes défilent devant eux.)
4 (EDITE,
UN Hérault, aux Troupes.
Vous avez entendu les ordres de Théfée
Vous fuivrez le héros dont fon coeur a fait
choix
Protefteurs de l'Etat & déTenféurs des Rois
A vos bras éprouvés toute gloire eft aifée.
(Les Troupes forment diverfes évolutions & s'é-
loignent, )
OPÉRA, j
A3,
SCÈNE III.
THÉSÉE, POLINICE, ERIPHILE,
DE JEUNES CoLONIATES, & DE JEUNES
Athéniennes viennent offrir des préfens
à Eripwile.
D 1 VER Tl S SEM E N T.
Chœur DE Femmes.
ALLEZ régner, jeune PrincefTe;
Puiffe un fi grand hymen rendre heureux vos
beaux jours
Si de nouveaux fujets réclament vos amours
Que ceux-ci foient encor chers à votre tendreiTe.'
UNE ATHÉNIENNE.
Vous quittez notre aimable Àthène
Et vous emportez nos regrets
Trop heureux vos nouveaux fujets,
Hélas vous leur plairez fans pcine
Sur le coeur de tous les mortels
Votre aimable empire fe fonde;
Il n'eft aucun pays du monde
Où la beauté n'ait des autels.
6 <E D I P E,
ErIPH I LE.
Jc ne vous quitte point fans répandre de larmes
Et dans vos fentimens mon coeur efl de moitié
Quels que foient l'amour & fes charmes,
Ils n'ôtent rien à l'amitié.
( On danfe. )
( Le Peuple fe retire aux extrémités du Théâtre. )
OPÉRA. 7
SCÈNE IV.
THÉSÉEE POLINICE, ERIPHILE
fur le devant de la Scène, LE Peuple garnit
le fond.
THÉSÉE, à Polinice.
V>her Prince, allons au Temple offrir noms
facrifices
Que les filles du Stix confir ment nos fermens
D'Athène & de fes Rois puiffantes prote&rices
De nos traités leurs noms font les garants.
Venez.
Polinice, part.
Dieux
THÉSÉE.
Votre caufe eft jufte,
Leur préfence pour vous eft un bienfait de plus.
POLINICE, troublé.
Leur nom facré ce Temple augutle
Réveillent le remords dans mes fens éperdus,
Je tremble. E r i p h i l e à part*
Thésée.
Quel effroi?,
8 ŒDIPE,
POI.IN ICE.
Seigneur, j'avois un père
Hélas tout l'Univers a connu fes malheurs.
Eh bicn Seigneur c'eft moi qui comblai fa
misère.
Mon Peuple, mes amis, des oracles trompeurs,
L'ambition peut-être) ou quelques Dieux ven-
geurs,
A ligner fon exil ont contraint ma foiblelTe.
Ériphile.
Ciel
Thése'e.
Qu'eil-il devenu ?
POLINICE.
J'ignore en quels climats
Il traîne une affreufe vieillefle.
Bientôt trahi par des amis ingrats,
ChaiTé du trône par un frère,
J'ai d'Etats en Etats promené ma misère.
Par le malheur inftruit trop tard, hélais
Je déteftois mon crime, & pleurois fur mon pére,
Lorfqu'enfin dans Athène, un Dieu guida mes
pas.
Votre Cour devint mon afyle,
Je trouvai dans vous un vengeur;
OPÉRA. 9
Je connus, j'adorai la charmante Eriphile,
Et la paix rentra dans mon coeur.
Ses vertus, fes appas, fon refpe£t pour fon père,
Dans mon coeur attendri firent naître l'amour;
L'efpoir de l'égaler un jour
Me fit defirer de lui plaire.
Thésée.
Cher Prince, calmez-vous, le Ciel s'appaifera;
Près de lui le remords tient lieu de l'innocence.
ERIPHILE.
Vous verrez votre père il vous pardonnera.
POLINICE.
Ah que ce moment tarde à mon impatience
Ensemble.
Implorons les bienfaits
De nos Déciles prote&rices
Allons former fous leurs aufpices
Les noeuds facrés & d'hymen & de paix.
.10 <E D I P E,
SCÈNE V.
THÉSÉE, POLINICE, ERIPHILE,
GARDES, PEUPLE, TROUPES.
Thésée Polinice & Eriphile s'approchent
du Temple. Les Prêtres fe placent ci l'entrée.
On y drejfe un Autel portatif. Le Peuple &
les Troupes fe rangent de côté.
LE GRAND PRÊTRE ôc LE CHOEUR,
Hymne.
Marche des Prêtres pendant l'Hymne.
o vous que l'innocence même
N'ofe implorer qu'avec terreur,
De votre juflice fuprême
Ne déployez pas la rigueur.
Vous percez dans la nuit obfcure
Du coeur des perfides mortels
L'audace impie & fimpofture
N'ont jamais fouillé vos Autels.
( Après la ntarche, les Prêtres fe placent vis-à-vis
l'Autel qui eji devant la porte du Temple. )
O P É R A. il
LE GRAND PRÊTRE.
Divinités, d'Athènes prote&rices
Thdfdc implore votrè appui;
Polinice s'unit à lui,
Approuvez leurs deffeins, & foyez nous propices.
( Un grand filcnee. )
LES PRÊTRES.
Approuvez leurs deffeins, & foyez-nous propices.
( Un grand Jîlence. )
LE GRAND Prêtre & LES PRÊTRES, demi-voix.
O Ddefles appaifez-vous
Vous lifez dans nos cœurs, vous voyez nos
pcnf(5es
Méritons-nous votre courroux ?
( On brûle l'encens, le feu s'éteint, & le réchaud
facré fe renverfe. )
LE GRAND Prêtre.
Les Déefles font courroucées
Peuples, Prêtres, Rois, tremblez tous!
Polinice, à part.
Mon Père!.
12 (EDIPE, OPÉRA.
ËRIPHILK.
Ah J Polinice
Tous.
0 jour aireux pour nous
( Le tonnerre gronde, les portes du Temple s'ou-
vrent on apperçoit le grouppe des trois Eumé-
nides, l'Autel efi tout en feu. )
les Prêtres & LE PEUPLE.
O Ddefles appaifez-vous
une VOIX.
Non, non
Polinice.
Mon père.
LES PRÊTRES & LE PEUPLE.
Fuyons tous.
( Les Prêtres & le Peuple fuient en défordre, Thé-
sée, Polinice & ERIPHILE s'éloignent en
filence. )
Fin du premier Acte.
ACTE IL
Le Théâtre repréfcnte un Défert épouventablc.
On apperçolt dans le fond le Temple des Enméni-
des, > 6* fur le côté des Jfs, des Cyprès & des
Rochers.
SCÈNE PREMIÈRE.
POLINICE, feul.
U vais-je, malheureux, & qu'ofe-je efpérer?
Trahi par mes fujets & maudit par mon père,
En horreur au Ciel même, en horreur à la Terre,
Quels fecours me promettre, & quels Dieux
implorer ?
Le noir venin qui me confume
Me fuit par-tout s'attache à ces climats
A mon afpe£t, des Dieux la vengeance s'allume,
Et je fouille la Terre où s'impriment mes pas.
Hélas d'une fi pure flamme
Je fentois mon coeur embraie
Cet amour vertueux eût épuré mon ame
Mais mon père mon père étoit-il appaifé r
I* (EDI PE,
Je ne voulois que le voir & l'entendre,
Mes pleurs auroient coulé fur ion fein attendri
De mes remords il n'eût pu fe défendre
Un père eft toujours père, & je l'aurois fléchi.
Quelqu'un paroît fur la montagne.
Quel eft donc ce vieillard qu'une Efclave
accompagne ?
Avançons. Julie Ciel c'eft (Edipe c'eft lui
Ah! courons vers Théfée, implorer fon appui.

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