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Ophtalmotonométrie par le son : moyen de constater l'état de la tension oculaire par l'auscultation / par le Dr Gellé

De
11 pages
impr. de V. Goupy et Jourdan (Paris). 1866. 11 p. ; in-8.
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J)PHTALMOTÔNOMÉTRIË
PAR LE SON (1).
/)/P!--.\VV
-SlttHÎN DE CONSTATER L ETAT DE LA TENSION
OCULAIRE PAR L'AUSCULTATION
Par le Dr GKLLÉ.
Tout examen de l'oeil comprend l'étude de la
tension du globe. Il importe, en effet, de connaître
et do pouvoir mesurer la résistance variable du
globe oculaire aux pressions incessantes des nom-
breux muscles qui agissent sur lui.
Des méthodes proposées dans ce but, les plus
usitées sont : la palpation, qui exige du toucher
une éducation délicate, pour distinguer les degrés
dans la tension ; puis la méthode de Donders ou
manométrique : ce sont les procédés classiques.
Je désire faire connaître une méthode de
tonométric oculaire que je crois aussi précise
que possible et qui repose sur la connaissance des
propriétés acoustiques de l'organe et des modifi-
cations que l'état de maladie leur fait subir.
Un corps sonore est mis au contact de l'oeil ; le
son traverse l'organe, et l'otoscope l'amène à l'o-
reille de l'observateur': telle est ma méthode.
Par un dispositif simple, je produis un son cohs-
lant que je puis mesurer; j'obtiens ainsi des ré-
(l) Lu \ la Société de biologie.
2
sultats comparables, j'établis une normale, et je
puis mesurer exactement les divers degrés d'hyper-
tonie ou d'hypotonie.
Dans mes premières recherches, je faisais usage
d'un otoscope simple pour ausculter, et du diapa-
son la 3 de 9 centimètres pour donner le ton ;
mais si je pouvais ainsi constater des différences
évidentes dans la transmission sonore, il m'était
impossible de les mesurer.
Aujourd'hui, j'emploie le téléphone solidien que
M. d'Arsonval a présenté récemment à la Société
de biologie. Le son est fourni par un trembleur
d'un appareil d'induction, mu par un élément Le-
clanché et placé au loin. Sur la table, sous la main
de l'opérateur, se trouve la bobine à chariot inter-
calée entre le courant et le téléphone (bobine petit
modèle pliant des laboratoires).
Nous avons ainsi le ton et le moyen de le gra-
duer et de le mesurer. Pour l'ausculter, le bout
de verre de Fotoscope isolant (décrit ici dernière-
ment) est apposé légèrement sur l'oeil ; le malade
abaisse sa paupière, et regarde en bas, afin de pré-
senter la partie supérieure du globe oculaire.
Pour limiter le contact du corps sonore, j'ai dû
modifier le téléphone de d'Arsonval; j'y ajoute une
tigelle de cuivre qui dépasse de G à 8 centimètres
le plateau et dont le bout est arrondi.
Ce bouton seul s'appuie sur le globe ; on place
l'otoscope à Tune des extrémités du diamètre ho-
rizontal de l'oeil et le bouton métallique sonore à
l'opposé.
J'ai d'abord établi les signes du tonus normal.
Il résulte d'expériences nombreuses que, dans
les conditions expérimentales précédentes, on ob-
tient comme moyenne normale la transmission
— 3 —
d'un son fourni quand le chariot est porté au
chiffre 7 de l'échelle graduée ; mais ce point peut
être dépassé, c'est-à-dire que l'on peut percevoir à
travers l'oeil sain un son encore plus faible à 8, et
rarement à 9.
Ce son doit être perçu sans recherche, sans
effort, dés que le contact a lieu. Il est vivement
modifié par la moindre pression du bouton sur le
globe oculaire ; mais jamais on n'observe d'oscil-
lations étendues, inconstantes dans l'intensité; les
variations sont restreintes. Le son ne cesse pas
tant que l'on tient le contact, tant léger soït-il.
On peut, de plus, avoir une transmission avec des
intensités de 8 et de 9, c'est-à-dire qu'on peut les
diminuer sans que le son s'éteigne.
Ce sont là les signes du tonus normal, de la ré-
sistance élastique normale.
Ce point établi, nous pouvons étudier les modi-
fications produites dans le cas de maladie, et me-
surer l'hypotonie soit l'hypertonie.
Tension diminuée, hypotonie.
Dans ce cas, le son normal (chariot au 7 de
l'échelle graduée, petite bobine pliante) passe, mais
faiblement. Quelquefois il ne passe plus ; mais en
appuyant alors légèrement le bouton du téléphone
sur le globe qui semble fuir, le son se renforce,
ou il naît sous l'oreille, à volonté.
Le contact est d'autant plus difficile, et la trans-
mission d'autant plus insuffisante que le globe est
plus mou et moins résistant.
Dans ce cas, il faut souvent augmenter l'inten-
sité du courant ; porter la bobine à 6, à 5 même,
pour que le son puisse être perçu , encore obéit-il
toujours aux variations de pression du bouton
téléphonique. Toujours la pression accroît le son,
souvent elle est indispensable pour qu'il soit en-
tendu.
Ces oscillations grandes sont caractéristiques
de l'hypotonie, tout autant que la nécessité d'ac-
croître l'intensité du ton.
Tension exagérée, hyperlonie.
Ici, le son d'intensité normale (7 de l'échelle) ne
passe pas; il faut faire glisser le chariot au n° 6,
au 5, et quelquefois même à A, pour que ce son
passe.
Ce son n'est pas augmenté par les pressions du
bouton sur l'oeil.
Quelquefois même, il est éteint par les pres-
sions.
Ce sont les degrés auxquels on est conduit à
porter le chariot qui marquent l'intensité sonore
exigée et la difficulté delà transmission, et qui
donnent la mesure par suite de la tension exagé-
rée de l'organe. Plus les chiffres seront bas, plus
celle-ci est forte.
On remarque aussi que le timbre du son est ici
modifié.
A l'opposé des cas d'hypotonie, on n'éprouve
jamais de difficulté ni d'hésitation dans l'applica-
tion du contact, du bouton téléphonique.
Le son, quand il est suffisamment fort (6e, 5e, 4e).
passe bien, mais ne s/accroît pas par la pression.
Ces études cliniques ont été faites à l'hospice
des Quinze-Vingts, sous les yeux du docteur Fieu-
zal, le savant médecin en chef; et les résultats de
cette épreuve d'auscultation oculaire ont été con-

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