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2 En ni ^T m
MICROCOPY RÉSOLUTION TEST CHART
(ANS! and ISO TEST CHÀRT No 2)
NB$ IOIOo
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCII COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
15 BRIDGE
ttlTNEY • OXFORDSHIRE 0X8 6ÏH
Téléphone: (0993) 776396 Fax: (0993) 779043
O P I NI 0 N
J) E M. D'A L LARD E, ^v
éiiïijpcn de quatre cent
̃ (tJJJïonats. '•
.L».ORSQ'J'AI» moi, d'avril le comité des finance;
propofa de forccr la circulation des alignais que
TafleniMée nationale avoit précédemment crées, &
d'en faire du pipui-moriRoie je fis tout ce qui
dépendoit de moi, dans ce comité, poi;r tn'oppoîèr
à ce-te opération; j'en prc'voyois alois lcs funefles
effets; jc per.fois que loin de rappe'lcr la confijnee,
par cette ̃ eminion de papier on la detruiroie
éntièreriunt nies craintes ont été jurtifiecs par
rc'vc'ncir.ein; l'jrgcnt valoit a'o/s deux mt trois
pour cct,t il en v?.it plus de fi-pr aujourd'hui.
Je me prcleiitai à la tribune, pour expofer*!»
raffcM.blie r.ationale les r.iotifs qui nie faifcicnc
repoti(l;i !a pioj'oluion de fon comité des finances
clle ne voulut pas m'entendre elle jugea qu'selle
étoit aflTci inflmite par les opinions précédentes; on
ferma la difcufTîon, & on décréta que les affignats
feroient reçus corr.me efpèccs.
'Ma foiimtffion aux dccrets dn corps legiflarif ne
condamna au fi!ence; je dus croire que je m'étois
trompe' je dus, en bon citoyen abandonner mon
opinion particulièrç, & concourir, par toot ce cui
pouvoit dépendre de moi an fuccès & au crédit des
aflignats: je l'ai fait avec. le zèle d'un bon patriote.
J'avois rcnfé que le comité des finances deveit
s'occuper des, moyens d'éteindre, le plus prompte-
ment poffible, une monnoie fictive qui perd 7 p. t o0
contre le vrai figne de la valeur des chofcs; j'avois
cru que cette perte étant néceffairement fupportée
par l'agriculture & le commerce, à qui tout efl di,
cétoit ipuifer & peut-être tarir les deusfoiirces
de toutes riebefles, que de laifler fubfifter un papUr
qui fait cacher l'argent par-tout où il fe montre
ou en fait haufler le prix & je vois que loin de
fe pénétrer de ces vérités, qui me pafoifl'ent incon-
tenables, le comité des finances propofe, comme
tin moyen de libérer l'état la création de mil-
liards de ces affignats. J'avoue que je fuis effrayé
des malheurs qui peuvent être les fuites d'une opé-
ration diamétralement oppofee tous les principes
dc la juftice de la morale & de la politique &
< 3 )
A 2
je me détermine rendre publique mon opinion fur
la première emiffion des aflignat$.-mqnnoip,? parce
que les principes -qui y font développés font tous
applicables à la circonflance & propres- à faire
repouflèr toute propoftion de papier -monnoic
comme aujjî dangettuft qai'in/iifle.
0 P I N I O N.
votre comité des finances a trois objetTcflèntiels.
i°. Dégager les revenus futurs des anticipations
qui les abforbcnt & nuilcnt au rctablifTcmenj de
l'ordre dans fes finances.
&iïi\rct le fervice de cette année par des
refTources extraordinaires, :@fil) d'arriver bils trou-
bles au premier janvier, époque pour laquelle vous
décréterez' tin plan général d'impôts conlitutiouels,
& Milans pour acquitter toutes les dépenfes de
1'état, & pour parvenir à l'exiinflion de la dette.
3°. RapDelcr le crédit en infpirant la confiar.ee,
& dctcriniher les capitalises par cette même con-
fiance à remettre les cfpcces dans la circulation
lettre la caillé d'efeompte .à même de payer fcs
billets à bureau ouveit. 0
Têts font hs objets fur lefquels vous avcz à de-
libérer i ils (ont d'un^ Hle importance, qr.e vous f
e.4>
devez examiner, avec la plus fcrupulcufé attention
fi les moyens qu'on vous propofe font propres k
produire les cffets qu'on vous fiit opérer car tel
<fl l'état des chofcs,,que fi vous adoptiez une fauiîc-
mefure, vous ne pouvez pas vous dillirnuler que
vio(is.c<Wipromcueriez le, £alur*de l'état & la cor f*
plus par des moyens particls par des
comhinaifons de agiotage, qn.'on peut fe procurer
des rèifources ,6: que l'ordre peut éVe rétabli.
Le temps des illufions eQ paflci & ceux qui oit
déclare" ces vérités prcexiflantes à tout ordre focisi,
ceux qui on! rappelle l'homme les droits imprff-
ciiptibks, ceux enf.n qui ont régénéré cct empire,
nc peuvent employer pour la régénération ces
finances, que des moyens dont l'évidence foit dé-
montrcc, qui commandent la confiance, raniment
le commerce, & donnent de l'énergie & de.la
vigeur à toutes les parties du 'corps politique.
Pour parvenir fùrcment àcebut, qu'il efl ii clTèiî-
tiel d'atteindre, & marcher avec mcthode dans cette
il convient d'abord de fixer fon cfpijt
fur la fomme dcs engagemens, dont le paiement
d\ indifpcnfàble; fur la nature jdes rtlTources & fur
les caufes de la rareté du numéraire.
Quelle cfi donc la fommc que vous avez k
payer pour arriver au moment où votre dépenfe' fI'
A 3
trouvera aa nivcau de la recette & où vous
aurez détruit jufqu'aux traces de ces opérations
financières & fifcales, qui s'oppofent fans celle au
retour du crédit?
Je vois d'abord la d'anéantir le per-
nicieux ufage des anticipations il yen a ponr
J'cftime que la réduction des dépendes que vous
avez orc!onnées fur le rapport de votre comité des
finances ne pouvant s'effeéiuer. entièrement pour
l'année foit parce que vous n'avez pas pu
prononcer encore fur la diminution de chaque
objet de dépenfe, foit parce que l'humanité & la
juilicc ne permettent pas de renvoyer fans quelques
traitemens, des perfonnes dont le travail ou l'an-
cienneté da fervice méritent quelques récompenfes.
Ainfi ces réductions qui fcules opéreront da s l'avenir
le rétabliflement de la balance, laiflent encoie
fubfifter pour cette année, un déficit que j'tlH-
nierai de 15 à zo millions.
L'ailémbice nationale, après avoir mis les créan-
ciers de l'état fous la fauve-garde de l'honneur &
de la loyauté françoife, ne peut pas être indifférente
fur le fort des rentiers, qui, en déposant leur for-
tune au trefor public, lui ont confié tous leurs
moyens d'exiflence elle donc au nombre
de tes befoins les plus prefiàns l'obligation de r p-
(6 )
piocher le paiement des rentes de manière ne
biffer qu'un fémefirc en arrière; & c'eft encore en-
viron i to millions qu'il eft ntcefTaire de fe procurer.
Enfin, les non.valeurs dans les produits de qic!-
ques impôts indirects f le* retards dans le recouvre-
ment des autres, quelques dettes exigibles & faci ers
«jo'il eft indifpehfable d'acquitter, vous mettent
dans la néceflité d'avoir, à votrè difpofition tue
sfommé de 60 millions.
La pofition de la caifle d'efeompte doit être aufïï
tin des objets de votre follicitudc vous devc'j à
cette compagnie 240 minions., De ces mil-
lions, vous ont etc prêtés depuis le mois d'août
dernier; & quoique fes engagemens avec le public •
jbîent au pluse de 160 millions; quoiqu'ils foLent
garantis par un capital de plus de igo millions
appartenant à cette compagnie; quoique ce capital
foit fccondairement hypothéqué fur les biens natio-
naux, puifqu'il doit ^tre coropofë da millions
d'affignats cependant les billets de cette caifli»
éprouvent aujourd'hui une perte conlidérable fur la
place, & les ennemis de la liberté & de la confü-
tutiun ne (errent de décrier cet étaMilîèment &
de reprocher aux administrateurs & ai% actionnaire!
d'avoir oublié un moment les principes rigoureux'
de la banque, pour le livrer au patriotifme le plus
pur, & qui a cre" fi utile à la révolution.
(7 )
A 4
Vous n'abandonner*! pas, mfflicurî la cailfc
°| d'efcompte au milieu de fes ennemis c'eft-k-dire des
l ennemis dc la liberté mais vous la mettre¡' à môme
de rentrer promptement dans les bornes de fon
Intention vous confidcrerei fur-tout qu'il h'eft
pas jufte que la ville de Paris, qui a donné tant
de marques de courtage & de dévouement, (apporte
feule une cmilfion de t6o millions de billets de le
cailTe d'efcompte que les circonftances & le falut
de la'chofe publique vous a forcé d'emprunter
enfin vous aviferez aux moyens de vous procurer
mitlions, pour retirer promptement ce figne
de manvaifc foi c'eft-^dire des billcts à vue qu'on
ne paye pas. «
En réunifTant ces différens articules, vous verrez,
meilleurs que la^fomme de nos befoins feroit de
millions il faut donc y pourvoir, il le faut né-
Mûrement il le faut par des moyens qui aflurent
i, jamais le retour de l'ordre enfin" cet un compte
qu'il faut folder pour rétablir la balance.
Après avoir-fxé l'étendue de nos befoins, je pafle
l'examen de noS reffources elles font immenfes:
en effet, foit que vous les cherchiez dans le crédit
fôil que vous emplôyiei les propriétés nationales
v toujours clVil certain que la fomnie dui vous efl
i)éce(Taire ne fait pj»s la fixièlme^lrtie de celle
cjui- cfl a votre difpofition j & d'abord quant au