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* (ÎV I N 10 N
1. 1 -" -.11 --.- 1 N 1 0 '8.-J
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Spr^ lè^JGouvernement le plus avantageux
à la France.
L A liberté d'pn Peuple ne consiste pas dans la
forme de son Gouvernement , mais bien dans la libre
expression de sa volonté générale qui fait les Loix par
lesquelles il -entend être i ouverné. Par-tout où le
Peuple constitue les autorités pour faire exécuter ses
Loix par-tout où la volonté générale se fait er-
tendre , par-tout où il existe un intérêt commun ,
une cliose publique, l'Etat est républicain , dût - il
être gouverné par. un seul ou par plusieurs Magis-
trats suprêmes , en quelque nombre qu'ils existent ,
& sous quelque dénomination qu'on les désigne.
Pénétré de la justesse de ce principe , j'ai fait la.
motion au Corps Electoral d'Indre & Loire de notifier
à nos Députés un vœu quelconque sur chacun des
objets soumis à leur jugement , sans entendre pour
cela leur enjoindre-de s'y soumettre , ni limiter l'en-
tiere confiance que le Peuple leur a accordée dans ses
Assemblées Primaires.
J'ai proposé entre autres voeux , celui de conserver -
Sria France un Gouvernement Monarchique dont l'ac-
tivité paroît nécessaire pour l'exécution des Loix dans
un grand Empire, & qui paroît le mieux se con-
cilier avec les mœurs & le caractère national.
Pour concilier ce Gouvernement avec la liberté , j'ai
proposé d'en retrancher le despotique Veto, la Liste
ci vile, le droit de nommer aux places , celui de pro-
poser la guerre & de la diriger , à moins d'une com-
mission expresse du Corps législatif; enfin de n'ac-
corder au Citoyen chargé de ce Gouvernement que
l'autorité d'un premier Fonctionnaire public , avec
Tesponsabilité.
On a traité ma proposition de royalisme, & le
Corps Electoral y a répondu par le serment du jour,
celui d'exécration des Rois f5 de la Royauté; cbaque
| ■ -'
2,
membre a juré cette exécration ; ainsi voilà le parti
pris par les Députés d'Indre & Loire de voter pour
un Gouvernement Démocratique.
Il m'a paru' que cet engagement précipité gênoit
la liberté d'opiner, bien autrement qu'un mandat im-
pératif. Il lie nos Députés à' une forme de Gou-
vernement qui rentre beaucoup dans les vues des Dé-
magogues & des intrigants , d'autant qu'elle laisse
beaucoup de places importantes à la nomination du
Peuple. C'est la réflexion que j'ai faite , & j'aurois
au moins degiré qu'on eût laissé engager la discussion
de savoir si cette forme de Gouvernement peut se
concilier avec nos vices , notre égoïsme , notre in-
souciance politique, l'inégalité de nos fortunes , l'é-
tendue de l'Empire , son immense population qui y
ppur être contenue , a besoin du Gouvernement
le plus actif & le plus vigoureux. Si enfin il est
prudent d'en risquer l'essai dans la crainte que le
François ne se dégoûtât de sa nouvelle République >
comme autrefois l'Anglois s'est dégoûté de la Répu-
blique de Cromwel. -
.- Je ne pense pas que nos Députés sermçntaires aient
fait toutes ces réflexions avant de se lier par la re-
ligion du serment. Sans doute aussi que leur inten-
tion n'est pas de donner p. la France un Gouverne-
ment purement Démocratique , qui , suivant l'avis
de Rousseau, est trop parfait pour des hommes, &
ne convient qu'à des Dieux '; car nous sommes biep.
loin de la-Sagesse qu'il nous faudroit pour- nous gou-
verner nous-mêmes , sans compter que la pure Dé-
mocratie ne peut s'allier avec notre système repré-
sentatif. C'est donc un Gouvernement mixte & divifé
qu'on veut nous donner ; mais la destinée de la France -
ne serôit-elle pas à plaindre , si , échappée des serres
du despotisme , elle retomboit sous l'oligarcbie des
intrigants.
Il importe aussi de savoir quel nombre on fixera
pour nos Magistrats suprêmes ? Si l'on suivoit l'avis
de Rousseau ce nombre devroit être en raison in-
verse de celui des Citoyens « & il est clair qu'il De
faudroit en France qu'un seul Magistraf suprême.
Mais comment pouvoir se résoudre à accumuler tant
de puissances sur une seule tête ? Nous venons <ï etro