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Opinion sur le projet d'organisation de l'artillerie de la marine : prononcée à la séance du soir, le mardi premier mai 1792, l'an IV de la liberté ([Reprod.]) / par Pierre Forfait,... ; impr. par ordre de l'Assemblée nationale

De
17 pages
[de l'Impr. nationale] (Paris). 1792. France. Marine -- Artillerie -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION^
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
PERGAMON PRESS
Heiidington Hill 1-lall, Oxford OX3 OBW, UK
Marine, N*. 11. A
0 P 1 N I O -N
SUR LE PROJET D'ORGANISATION
DE L'ARTILLERIE DELA MARINE,
Prononcée à la Séance du foir le mardi premier Mai 179*
l'an de la Liberté;
PAR PIERRE FORFAIT,
Député du Département de la Seine-Inférieure;
Imprimée par Nationazs.
Messieurs,
Pou^ ne pas abufer devt>s momens, je paffe la
page 9 du difcours de M. Kerfaint. Ç'efl là qu'eft le
point -de la queftipn. Il vous propofe de rejeter Je
projet de votre comité de- marine, tendant à former
deux corps, l'un d'artillerie, & l'autre d'infanterie,
fpécialement afiedés au département de la marine,
U)
• & de reunir ces corps & les bureaux, &fes ateliers
voilà l'idée que je vais ellàyer de combattre.
Quel, peut être l'objet de l'innovation qu'on vous
propofe Pourquoi 'attacher ces deux corps militaires
au département de fa guerre ? 'Coûteront=ils moins?
Non certainement leur paye eft fixée' comme
celle de la ligne. On: conçoit comment' fous l'an-
cîen régime où. les fonds des deTïïcSMrniniftra-
lions étoient diftinéts où chaque dé-
partement fe r'egardoit comme un royaume a part, &
fe refufoit canftarnment à céder rien de fes vaines
prétentions à un autre, & moins.encore à partager fes
charges.; on conçoit,, dis ^je,' comment, avec une
auffi vicieufe organisation, if auroit été pofllble de
juflifier la conception de M. Kerfaint mais aujour-
d'hui qu'importe fur quelle caifle on prendra la fo,lde
des troupes' qui feront le fervicê"*dans les ports & à
la mer, fi cette folde -eft confiante ?
Ce n'eft pas, je penfe, avec plus^jie fondement,
que M.- Kerfaint prétend que la formation des deux
corps que fon propofe, menace la liberté.
.Pourquoi des troupes d'artillerie & d'infanterie me-
naeéroient-elies plus la liberté françaife étant atta-
clnes au département de la marine, qu'à celui de la
guerre, Je dé6e qu'on en donne une raifon plaufible.
C'efr le nomhre total des forces confiées à h direc-
tion dti chef fuprême de la Nation, qui pourroit
aiarmer lepatriotifme; ce n'eft pas.' la futile diftindion
x!es feftiôns du miniftère dans lefquelles on les aura
Voilà donc la; queffion débar'rafTée des .voiles dans
lefquek on i'avoit enveloppée. Il faut des artilleàrsiSî
des foldats pour faire le. lèrvice des vaiffeaux & des
• (?)̃̃
A il'
poçts M. de Ketfiaint en convient. ,11 eft fort indiffé-
-TenVpour la fortune & pour la liberté, nationale, que
ces artilleurs &ces foldats appartiennent au miniftére
de la guerre ou à^eJoL4e la marine je viens de l'é-'
tablir. Il ne refle plus qiTa^examiner i°. s'il èft ne-
celfaire de lever de nouveaux corps; 2°. s'il y a des
motifs fuffifans pour attacher ces corps au départe-
ment de la marine.
Je fuppofe pour un moment que les artilleurs & le$
troupes de terre puiflènt avec les mêmes avantages
que celles de la marine, faire le fervice de la mer & des
arfenaux dans ce cas-là même, il faudroit encore faire
la levée qu'on nous propofe. Il eft démontré -que
nous n'avons pas aflèz d'artillerie dans l'armée pour
faire le fervice de campagne & des places c'eft a rat-
fon de cette pénurie que la frontière, du midi n'en
eft pas fuffifamment garnie c'eft pax le même motif,
que lors de la formation dej'artilierie cheval vous
avez décrété que les compagnies qui compoferont
cette troupe feront prifes ou remplacées fur de nou-
velles levées. J'en puis dire autant des troupes de li-
gne. Soit lors des troubles des colonies foit lors des
défordres qui ont eu lieu dans quelques parties du
royaume, vous avez toujours craint de prendre des.
détactnemens dans l'armée des frontières. A préfent
plus que jamais, l'état de guerre doit exciter notre fol-
licitude'; & propofer de prendre parmi les corps qui
font en. préfence des ennemis de notre conftitution
des garnifons pour les vaifleaux & les places mariti-
mes qui ne font pas attaquées c'eft mécontenter
vainement & fans fruit les régimens qu'un choix pa-
reil privera de l'honneur du triomphe; c'eft arToiblir
fans néceffité le rempart de la France; c'eft donner
inutilement des efpérances à ceux qui fe liguent cor.-
trenous. Il faut donc compléter notre artillerie &
(4V
nos troupes de marine, foit qu'elles doivent apparte-
nir, ou non, au département de la guerre.
mm, C'eft avec plaifir cependant que je m'emprefle dé
^rendre hommage aux vues vraiement patriotiques de
M. Kerfaint quand il appelle par fes voeux le momeiit
où le Corps légiflatif pourra foulàger l'État du fardeau.
d'une armée dévorante & diminuer la force de la ]fyik
puiffançe qu'un peuple libre ait à redouter j la proftffvm
inilitaire^ cette alliée naturelle du pouvoir abfolu; mais
d'accord avec lui Jur les principes j'ofe nier les con-,
séquences qu'il en tire. Quand on pourra rendre à la
ter* & aux ateliers les hpmmes qui n'ont d'autre état
aujourd'hui pour gagner de quoi vivre que de s'exercer
dans l'art d'ôter la vie à leurs femblables alors il ne
faudra point faire porter les réformes fur les trou-
pes & fur l'artillerie qui par une longue habitude
-fe feront façonnées au fervice de la mer, mais fur
l'armée, mais fur l'artillerie de terre, qui peut feule
par. fcn nombre infpirer de jufles inquiétudes &
-donner lieu à des réductions jalutaires. Cela me con-
duit naturellement à la dernière quéftion favoir s'il
eft utile ou non d'attacher fpécialement des troupes
& de l'artillerie à la marine.
Avant de propofer la réunion de l'artillerie de mer
au département de lagu erre, M. de Kerfaint fans
doute, s'eft replié furie temps peu éloigné encore
où il dirigeoit avec gloire cette partie de la force
Cette idée Meflîeurs m'infpire de la défiance
& fi je n'étois pas suffit convaincu que je le fuis de la
vérité de mon fyftême aflurément je n'oferois entrer
dans 1 arène en préfence d'un adverfaire aufli redou-
table; mais il s'agit ici de faits que tout le monde peut
vérifier,: Se dont tout .le monde peut apprécier les
tonféquences.
̃(*̃>
A3
Quelle différence entre le fervice de l'artillerie de
marine & celui de l'artillerIe de terre Malgré leur
reffemblance les armes ne font pas du tout les mê-
mes & fi les,fonderies des groffes pièces peuvent,
fans aucun inconvénient être livrées à l'infpe&ion
dé tout officier irïftruit., parce qu'il a des modèles*
dont il ne peut s'écarter, il n'en eft pas de même de
tout le refte du travail des ateliers. Les petites piè-
ces, les affûts l'attirail de toute espèce, font telle,
ment différens dans les deux fervices, que l?offieier &
encore moins le foldat travailleur habitué à l'un d'eux,
eft certainement très-inhabile à l'autre. Je dirai plus
hors la fabrication des groflès pièces, l'art de l'artillerie
de! marine, quant à la main-d'oeuvre, eft encore dans
l'enfance & l'on he peut attendre fa perfe&ibn que des
recherches d'officiers habiles, qui réuniront aux lumiè-
res de la théorie, fi communes aujourd'hui, Tefprit d'ob-
fervation fi rare, & ces véritables conndiffânces locales
qu'on ne'peut acquérir que par une pratique longue &
confiante. -C'eft un fait notoire & qu'on ne petit con-
tefter, que la fabrication & la difpofition des armes
de mer a totalement changé pendant la guerre der-
nière qu'elle a fubi depuis d'énormes variations
qu'elle commence à peine à être affujétie à des mé-
thodes conftantes & uniformes, fans-lefquelles la dé-
p.enfe eft doublée & les reffources réduites à rien. Il
n'eft pas poffible de choifir une pareille époque pour
donner la direâion des ateliers a des officiers, qui
feront obligés fur tous les points de leur art de re-
courir à l'expérience dfcs autres.
Ce que j'ai dit (des ateliers le peut appliquer au
fervice ordinaire. Ce mouvement, Ïle tfanfpoït êzs
canons même dans les ports, ne fë fait ni avec les mêmes
engins, ni par les mêmes procédés que dans les pla-
ces de guerre; monter une bâltetîe de vaifleâu n'a