//img.uscri.be/pth/02d47c2a01290b7369d04297b5c17f407e9cb6bd
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Oraison funèbre de Louis XVI

De
8 pages
impr. de Frantin, et se vend chez Tussa (Dijon). 1814. 8 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

ORAISON FUNÈBRE
DE
LOUIS XVI.
4
edit nobis, ut unus moriatur homo
S 1 ,- o populo. JOAN. II.
* a Uoh qu'un homme mourût jpour
peuple.
— J* - _————————————«~—r
De tous les crimes politiques qui pèsent sur les
nations, il n'en est point de plus grand sans doute
que celui dont j'ai à vous entretenir aujourd'hui 9
soit qu'on le considère en lui-même et sous le rap-
port de l'horreur seule qu'il inspire , soit sous l'as-
pect des suites terribles qu'il a entraînées après lui.
Il étoit réservé à la France , cette terre natale de
toutes les vertus, à cette France, l'orgueil des na-
tions , de mettre dans un seul crime le comble à
tous les forfaits , et d'obscurcir dans le régicide du
meilleur de ses rois , de l'infortuné LOUIS XVI9
réclat éblouissant qu'elle jetoit sur l'univers entier.
Seroit-il dans les décrets de la Providence qu'un
peuple dût en venir à ce point de culpabilité qu'il,
ne pût plus lui être agréable et se racheter de ses cri-
mes , qu'en lui offrant une victime tirée des rangs
supérieurs et déjà signalée par la réunion de toutes
les vertus; qu'une victime qui seroit déjà l'oint du
Seigneur et l'objet de ses complaisances , et dont le
sacrifice qu'il lui feroit de sa vie , seroit l'objet des
dernières faveurs qu'il solliciteroit de sa bonté? 0
Français , ô mes chers compatriotes ! s'il en étoit
( 2 )
iinsf, si nous étions assez coupables pour ne trouver
grace aux yeux de la miséricorde divine qu'au prix
d'une victime si sainte, combien la cérémonie lu-
gubre qui nous rassemble redoubleroit d'intérêt pour
vous ! combien plus grands et plus déchirans se-
raient vos regrets , en pensant que le sang que vous
avez versé dans votre aveuglement étoit celui-là
même qui devoit vous laver ; que celui que vous
maudissiez devoit vous mériter un jour les béné-
dictions du ciel ; et que la mort honteuse à laquelle
vous l'avez condamné, deviendroit peur lui-un titre
de gloire , et devoit vous réconcilier avec le ciel
offensé.
En effet, Chrétiens , si ravois à vous esquisser 1*
tableau moral et politique de la France au moment où
l'infortuné LOUIS XVI monta sur le trône de ses
pères, il me seroit facile de vous prouver que la cor-
ruption dans les mœurs et -le désordre dans les idées
étaient venus à ce point, que le juste et l'injuste
avoient comme changé d'objet et de direction; que la
moralepubliquene se rattachoit plus à l'existence d'un
,Être Suprême ; que la puissance des rois n'étoit qu'une
simple délégation ou une odieuse usurpation; que
la religion de Jésus-Christ, cette fille du Ciel, n'é-
toit que l'imposture des prêtres , et un piège tendu
à la crédulité des peuples : il me seroit facile , en
déroulant les pages du philosophisme infect qui
circuloit dans toutes les classes de la société , d'y
lnontrer Fassassinat des rois prêché comme un de-
voir sacré , l'immoralité qualifiée de penchans na-
turels et innocens, et l'athéisme réduit en système.
A ce désordre dans les idées morales de la nation,
si vous joignez celui qui regnoit dans les finances,
effet presque inévitable des minorités et des règnes
foibles , désordre qui'ne pouvoit se réparer que par
de grands sacrifices et une marche'mieux entendue
dans l'administration ; d'après tous ces rapproche-
siens, vous aurez une opinion assez juste, quoique
très imparfaite de l'état de décadence oii se trouvoit