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Oraison funèbre de Napoléon II, duc de Reichstadt, prononcée par l'abbé Auzou, curé de Clichy-la-Garenne, par élection du peuple, au service qui a été célébré en cette commune le 23 août 1832, à la demande des habitans...

De
14 pages
Librairie catholique et apostolique française (Clichy-la-Garenne). 1832. Reichstadt, François Charles Joseph Napoléon Bonaparte (1811-1832). In-8° . Pièce.
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DE
NAPOLÉON II,
Duc de Reichstadt,
PRONONCÉE PAR L'ABBÉ AUZOU ,
CURÉ DR CLICHY-LA-GARENNE, PAR ÉLECTION DU PEUPLE,
AU SERVICE QUI A ÉTÉ CÉLÉBRÉ EN CETTE COMMUNE
LE 25 AOÛT 1852,
A LA DEMANDE DES HABITANS.
PRIX : 50 CENTIMES,
CLICHY-LA-GARENNE,
LIBRAIRIE CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE FRANÇAISE;
PARIS,
A L'ÉGLISE SUCCURSALE DE CLICHY,
RUE BASSE-PORTE-SAINT-DENIS, N° 30.
1832.
IMPRIMERIE DE DAVID,
boulevart Poissonnière, n. 4 bis.
Les Rois seront vos nourriciers et les Reines vos
nourrices : ils vous adoreront en baissant le
visage contre terre, et ils baiseront la poussière
de vos pieds.
ISAÏE. 49 , 23.
Aussitôt que j'ai commencé à paraître, mes maux se
sont élevés à côté de moi ; ils ont renversé mes
pieds, et me surprenant, ils m'ont accablé comme
sous leurs flots.
JOB, 30, 12.
ÉCOUTEZ. ... le canon des Invalides se fait
entendre... . C'est le 20 Mars 1811 !.... Depuis
quelques jours, Paris attend avec anxiété ce
signal, qui doit porter dans la France guerrière
le désappointement ou la joie. Écoutez bien
A chacun des premiers coups qui retentissent
4
succède un morne silence... . Le nombre tant
desiré est enfin dépassé Ce n'est plus le bruit
du canon qu'on entend, c'est celui d'un éclatant
vivat, qui, du sol de la grande Cité, s'élève
comme un seul cri vers la voûte céleste.
Bientôt la foule palpitante d'allégresse dé-
borde de toutes parts Que de monde ! que
de visages rayonnant de plaisir ! quelle ivresse !
quel délire !...
Oh ! que c'est donc beau le spectacle d'un
Peuple heureux!
Mais au seul Paris n'est pas réservé ce bon-
heur ! Telle l'étincelle électrique propage dans
un cercle immense sa commotion spontanée,
telle, la salve glorieuse des Invalides en trouvant
un écho dans chaque ville, va faire au loin vibrer
tous les coeurs français ; et, pour cela , il faut
qu'elle s'étende , car la France a, comme au-
tant de glorieuses colonies, des armées dans
toute l'Europe.
Oui, la France est enivrée de bonheur et de
gloire. Oublieuse de sa liberté naguères con-
quise au prix de tant de sang, la France s'est
donnée au plus grand homme des temps mo-
dernes. Après avoir déshérité une race gothique
de ses vingt siècles d'absolutisme, la France est
redevenue l'apanage d'une dynastie de la veille ,
d'une dynastie qui ne compte encore que le seul
Napoléon, mais pour la quelle les Français ont révê
un immense avenir ; et ces transports d'amour, cet
5
élan populaire, dont il est impossible de bien tra-
cer le tableau, cette fièvre d'exaltation enfin, sont
causés par la venue d'un enfant, parce que cet
enfant est le fils de Napoléon. .
Mais que viens-je, hélas! de rappeler? Ce riant
tableau est déjà loin de nous, et la nouvelle race
pour qui les vingt siècles de la vieille monarchie
eusseut été trop courts au gré des Français de ce
temps -là, la nouvelle race s'est éteinte au bout
de vingt années.
O vous qui l'avez vu cet heureux temps l'hom-
mes de l'époque où notre belle patrie fut si puis-
sante au milieu de toutes Venez....venez, par
votre expérience, suppléer au récit des souvenirs
confus de ma jeunesse ; venez, mieux que moi,
raconter les impressions que vous ressentîtes
alors....Vieillards, dont les cheveux avaient déjà
blanchi au sein des angoisses politiques, dites
qu'alors tous vos ressentimens s'étaient effacés ;
dites que vos vieilles affections avaient été sacri-
fiées à l'idole du jour. Et vous, constans défen-
seurs de nos libertés , vous dont l'indépendance
est la plus belle vertu, dites, oh ! dites surtout
que ce joug de fer qui pesait sur vos têtes, vous
était alors léger; dites, enfin, que le destin de la
France s'était étroitement liée à celui de son Em-
pereur, et que l'heureuse fortune de l'un suffi-
sait au bonheur de l'autre.
Dieu juste et grand qui, du souffle de votre
puissance divine, faites et défaites les empires.