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Oraison funèbre prononcée, le 2 décembre 1871, en l'église... Saint-Bénigne à Dijon : au service anniversaire célébré pour le repos de l'âme du colonel de Grancey et de ses compagnons d'armes, tombés sur les champs de bataille de Chevilly, Bagneux et Champigny / par M. l'abbé Gautrelet,...

De
13 pages
impr. de Rabutot (Dijon). 1872. 14 p. ; in-8.
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ORAISON FUNEBRE
PRONONCÉE
2 DÉCEM&BÈ\I87I, EN L'ÉGLISE CATHÉDRALE SAINT-BÉNIGNE,
A.l yiç) A DIJON
^nl^/ AU SERVICE ANNIVERSAIRE CÉLÉBRÉ
POUR LE REPOS DE L'AME DU COLONEL DE GRANCEY
ET DE SES COMPAGNONS D'ARMES
Tombés sur les champs de bataille de Chevilly, Bagneux et Champigny
PAR
M. L'ABBÉ GAUTBELET
iwnonler des Mobiles de la Cote -d'Or, Chevalier de la Légion-d'Honneur.
£>IJON
IMPRIMERIE RÀBUTOT, VICTOR DARÀNTIERE, S 1'
PLAOli SAINT-JEAN, 1 ET 3 •
1872
MONSEIGNEUR,
MESSIEURS,
Grâces soient rendues au ciel!... Enfin l'étranger
n'occupe plus nos murs... Partout des visages amis,des
regards sympathiques ! Ce jour est un jour de douleur,
mais nos coeurs peuvent s'ouvrir et s'épancher ; les
larmes peuvent tomber de nos yeux. Grâces soient
rendues au ciel !
Pour nos chers défunts, vous-même, Monseigneur,
avez voulu implorer à l'autel le Dieu toujours riche en
miséricorde... Nous ne nous en étonnons pas. Ils
étaient vos enfants; ils avaient versé leur sang pour
l'honneur et le salut de la France. Nous savons depuis
longtemps quelle tendresse vous portez à tous ceux
qui vous sont confiés, quelle part vous prenez à
toutes les tristesses, comme à toutes les joies de la
patrie.
Merci de vos sympathies et de vos voeux, Messieurs,
vous qui avez tant fait pour conjurer nos malheurs et
_ 4 -
qui en avez supporté une si lourde part ! Vous ne pou-
viez sans doute mieux répondre à la confiance et à l'es-
time de vos concitoyens qu'en apportant au pied de
cet autel, pour ceux que nous pleurons, le tribut légi-
time de là reconnaissance publique... Ils étaient Vrai-
ment dignes de votre admiration. Ils sont vraiment
dignes de vos regrets.
Courage! vous tous, mères, parents, amis chrétiens !
courage ! ceux que vous avez perdus sont dans un
monde meilleur. Ils ont quitté la patrie du temps pour
entrer dans la patrie de l'éternité. C'est là qu'ils vous
attendent, c'est là qu'il faut les chercher. Aujourd'hui,
comme les enfants d'une même famille aiment à s'en-
tretenir de ceux qui ne sont plus, aujourd'hui, un mo-
ment, au pied de cet autel nous nous entretien-
drons des mérites et des vertus dont vous ne pouvez
plus jouir. Je n'ai que des larmes et des souvenirs,mais
peut-être, puisque vos coeurs ne demandent pas autre
chose, un instant pourrais-je adoucir vos douleurs.
Mes larmes répondront à vos larmes ; mes souvenirs
répondront à vos regrets.
. Au milieu d'une prospérité que rien ne semblait de-
voir troubler, tout à coup la patrie fut menacée. La
patrie ! c'est-à-dire tout ce qu'on admire, tout ce qu'on
aime, tout ce qui remplit le coeur et émeut l'âme...
La patrie, c'était la France, cette terre des intelligences
plus ouvertes, des coeurs plus généreux; ce noble pays,
qui avait un secours pour toutes les misères, une
arme pour toutes les faiblesses. Celui qui la menaçait,
Messieurs, c'était l'Allemand! cette race d'un autre
sang ; ce peuple encore plus séparé de nous par son
caractère, par son génie que par sa langue même;
- S -
c'était l'Allemand, depuis Tolbiac toujours notre en-
nemi, presque toujours notre vaincu.
Au premier bruit de nos malheurs, la Bourgognefré-
mit. Il fallait des soldats... Plus prompte, plus décidée
qu'aucune autre province, elle se leva tout entière.
Les villes et les campagnes,le château et la chaumière
donnèrent le plus généreux de leur sang. Rien ne
peut arrêter l'élan du patriotisme ému : ni l'âge, ni les
droits acquis, ni les affections les plus chères. Ceux-ci
déjà ont payé leur dette à la patrie, acheté le repos dans
des luttes anciennes ; ceux-là, de longues années,ont en-
duré les fatigues incessantes de nos combats d'Afrique,
ou cent fois défié la mort sur les plages lointaines du
nouveau monde ; celui-ci, trop jeune encore pour por-
ter les armes, est mûr cependant pour le dévouement
et le sacrifice ; cet autre, que tous alors regardaient
avec orgueil et que nous pleurons aujourd'hui, sur
toutes les mers de l'Asie, en des temps plus heureux,
a promené le pavillon respecté de la France.
Mais déjà nos vieilles armées sont détruites. Partout
les hordes ennemies se répandent dans nos provinces
commeles flots d'une mer quia franchi ses rivages. C'est
contreles murs de la grande cité, l'orgueil de la France,
qu'ils vont déchaîner toute leur fureur; c'est au coeur
même de la patrie, disent-ils, qu'ils veulent frapper le
dernier coup. Le cri d'alarme est entendu. Les batail-
lons de la Bourgogne accourent les premiers. Partout
les acclamations s'élèvent sur leur passage. On admire
leur belle tenue, leur haute taille, leur fière démarche.
A leur vue on se réjouit et on espèreencore.
Mais ce n'est pas pour se reposer que ces robustes
soldats ont quitté leurs riches coteaux et leurs fertiles