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Paix ou guerre ? Par Terrel Des Chênes...

De
12 pages
impr. de Vve Chanoine (Lyon). 1871. In-8° , 11 p..
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PAIX OU GUERRE?
PAR
TERREL DES CHÊNES
Prix : 50 cent.
LYON
IMPRIMERIE ADMINISTRATIVE DE Ve CHANOINE
PLACE DE LA CHARITÉ, 10
1871
PAIX OU GUERRE?
1.
Le langage humain, croyons-nous, n'a pas de mots capa-
bles d'exprimer l'étendue, la violence et l'horreur des sen-
timents tumultueux qui se disputent, au moment terrible où
nous sommes, tous les coeurs vraiment français. La cons-
ternation, l'épouvante, la stupeur, l'indignation, la rage et
le désespoir s'y succèdent et s'y confondent dans un tour-
billon de tortures et d'angoisses indicibles, où les âmes les
mieux trempées sont menacées de s'abîmer. Et cependant,
à cette heure suprême qui va peut-être commencer, si nous
n'y prenons garde, la réelle agonie de la France, nous n'a-
vons pas même le droit de nous livrer a l'immensité de
notre douleur. Non, car il faut que chacun de nous prenne,
et prenne sur le champ, une décision d'où sortira la résur-
rection ou la mort de la patrie. Il faut que, se soulevant sur
sa couche sanglante, la France mutilée envisage d'un re-
gard ferme et sûr, avec cette clairvoyance que le génie sait
avoir dans les périls extrêmes, la situation qui lui est faite
par les malheurs foudroyants qui viennent encore de s'a-
battre sur elle coup sur coup.
Il n'y a que deux issues possibles a cette situation :
La guerre à outrance, avec les plus redoutables éven-
tualités, peut-être l'écrasement, la ruine irréparables;
— 2 —
La paix, en subissant les conditions de nos sauvages
vainqueurs.
Telles sont les questions qui se dressent devant le pa-
triotisme des électeurs. Questions terribles ! parce qu'elles
veulent être résolues sans délai, et que noire décision, une
fois prise, sera sans appel. Une erreur du suffrage universel
serait mortelle pour le pays ; si nous voulons être sûrs de
n'y point tomber, il faut absolument faire taire en nous tout
ce qui est sentiments, et ne laisser parler que la froide lo-
gique et la saine raison.
Chacune de ces questions se divise ainsi :
1° La guerre est-elle encore possible matériellement
parlant?
Quelles seront ses conséquences probables ?
2e La paix peut-elle être, non pas acceptée, mais subie
sans déshonneur?
Quels seront ses résultats probables ?
Il est évident que, de la réponse a ces questions par-
tielles, sortira nécessairement la solution de la question
entière. Examinons-les donc sans faiblesse comme sans
illusion.
II.
La guerre est-elle encore possible matériellement par-
lant?
Oui sans doute, puisqu'il reste encore à la France des
armes, des munitions, et surtout des soldats intrépides.
Elle peut donc se battre et se défendre pendant un temps
plus ou moins long; et, si son honneur l'exigeait, nous
— 3 —
n'hésitons pas à le déclarer, oui, la guerre a outrance sérait
pour elle un impérieux devoir.
L'honneur d'un homme, qui a été attaqué par une bande
de brigands et mis hors de combat en se défendant,
demande-t-il qu'il s'obstine à lutter, alors qu'il est terrassé
et qu'il a le poignard sous la gorge, cet honneur veut-il
qu'il fasse précisément tout ce qu'il faut pour être achevé?
Poser une telle question, c'est la résoudre.
Hé bien ! la France est aujourd'hui, a n'en pas douter,
dans la position de cet homme. Ses défaites successives
l'ont terrassée, après une résistance inattendue qui lui vaut
l'admiration de l'Europe ; la capitulation de Paris, c'est plus
que le couteau sous la gorge de la France c'est son coeur
même où le poignard des brigands commence à s'enfoncer.
Et son honneur est sauf ; mieux que cela : ses malheurs
l'ont grandie et rendue à l'estime et a la sympathie du
monde. On peut même affirmer, en toute vérité, que sa
puissance morale s'est accrue de tout ce qu'elle a perdu
en force matérielle. Où donc alors est pour elle la néces-
sité de se faire égorger tout a fait ?
Et il faut bien le dire, la continuation de la guerre ne
pourrait être que l'égorgement complet de notre infortunée
patrie.
Il y a quelques semaines, la situation militaire était, de
beaucoup, moins mauvaise. L'héroïque armée de Paris et
sa population magnanime tenaient encore les Allemands en
respect. Chanzy, sur la Loire , Faidherbe, dans le Nord,
Bourbaki, dans l'Est, remportaient des succès signalés,
presque des victoires. A quoi ces succès ont-ils servi et
abouti? Hélas ! un long cri de douleur, jaillissant du coeur
de la France, répond seul a cette demande. Paris est oc-
cupé ; nos trois plus grandes armées sont défaites, acculées