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DE
M.LABBÉ MURAT
ANCIEN CURÉ DE PA.UILLAC
PAR M. EDOUARD ABIET.
LESPARRE
IMPRIMERIE BARBOUTEAU, LIBRAIRE.
28, rue J.-.J.-Rousseau, 28.
PANÉGYRIQUE DE M. MURAT
Ancien Curé de Pauillac
Par II. Edouard ABIET.
Ce n'est pas assez d'entendre prononcer sur la tombe
de nos semblables des éloges plus ou moins mérités,
consacrés par l'usage, et qui ne laissent parmi les audi-
teurs qu'une impression passagère; il faut que la vérité
se fasse jour et apprenne à la postérité qu'il est des hom-
mes qui ont droit à une distinction particulière, et dont
— 4 —
la vie, laissant de côté la vanité des choses humaines, a été
entièrement remplie par des oeuvres évangéliques , dignes
d'une immortalité plus assurée que celle que promet
l'Histoire aux héros de l'époque.
M. Bertrand Murât, ancien Curé de Pauillac. peut à
juste litre être placé au rang de ces hommes illustres.
Cet homme de bien naquit à Libourne (Gironde), en
l'année 1759. Ses parents, originaires du département du
Cantal, exerçaient la modeste profession de marchands;
sans être fortunés, ils jouissaient d'une honnête aisance ,
qui leur permit de faire donner.une éducation convenable
à leurs enfants. M. Murât était l'aîné de deux soeurs; sa
vocation l'appela à l'état ecclésiastique, et il entra très
jeune au Séminaire de Bordeaux. Il ne tarda pas à s'y faire
remarquer dès le début de sa carrière littéraire; il fut aisé
d'entrevoir qu'il la parcourrait de la manière la plus bril-
lante.
Lorsqu'il eut terminé ses études et atteint l'âge prescrit
par les Canons de l'Eglise, il fût consacré prêtre et en-
voyé , en qualité de Vicaire , dans la paroisse d'Ambarès ;
il occupait cette position lorsque survint la Révolution de
1793. Comme plusieurs autres ecclésiastiques , il émigra
alors en Espagne où il resta jusqu'après le Concordat.
Le mérite de M. Murât ne pouvait pas plus rester inaperçu
sur une terre étrangère qu'au sein de sa patrie, aussi,
pendant les huit années qu'il a passées dans l'exil, il a pu se
convaincre que la Providence protège toujours les hommes
chrétiens qui ont le courage de ne pas transiger avec leur
conscience.
En effet, des personnages hautement placés ont été heu-
reux d'utiliser ses talents et de le mettre à l'abri du besoin.
M. Murât occupait en dernier lieu, en Espagne, une
position honorable et avantageuse, juste récompense due
à son érudition et à sa probité évangélique.
Rentré en France, il fut nommé en 1805 curé de
Pauillac ; il arriva dans cette paroisse au mois de juillet de
cette même année, quelque temps après les désordres ré-
volutionnaires qui avaient laissé encore dans les esprits
des préjugés fâcheux.