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Panégyriques de Saint-Hilaire, évêque de Poitiers et docteur de l'Eglise, prononcé le dimanche 13 janvier 1867, et de Saint-Martin, évêque de Tours, prononcé le dimanche 11 novembre 1866

41 pages
Oudin (Poitiers). 1868. Hilaire (saint ; 0315?-0367?). 45 p. ; 21 cm.
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PANÉGYRIQUES
DE,
SAINT HILAIRE
ÉVÊQUE DE POITIERS ET DOCTEUR DE L'ÉGLISE
PRONONCÉ LE DIMANCHE 13 JANVIER 1867
ET DE
SAINT MARTIN
-- ÉVÊQUE DE- TOURS
PKONONCÉ LE DIMANCHE 1 1 NOVEMBRE 1866.
POITIERS
HENRI OUDIN, LIBRAIRE-ÉDITEUR
RUE DE L'ÉPERON, 4.
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PANÉGYRIQUES
DE
SAINT HILAIRE
ÉVÊQUE DE POITIERS ET DOCTEUR DE L'ÉGLISE
l'RONOSCÉ LE DIMANCHE 13 .JANVIER 1867
ET DE
gjAgNT MARTIN.
t-
ÉVÊQUE DE TOURS
PRONONCÉ LE DIMANCHE 11 NOVEMBRE 1866.
POITIERS-
HENRI OUDIN, LIBRAIRE-ÉDITEUR
RUE DE L'ÉPERON, I.
1868
1
PRÉFACE.
Saint Hilaire, évéque de Poitiers , et saint
Martin, évêque de Tours, ont eu des rapports
si intimes pendant leur vie, qu'on ne peut les
séparer après leur mort, ni faire l'éloge de l'un
sans faire l'éloge de l'autre. C'est aussi ce qui
engage l'auteur de ces Panégyriques à les pu-
blier en même temps. Il souhaite que tous ceux
qui les liront sentent se ranimer leur foi et s'en-
flammer leur zèle pour leur propre sanctification
et pour la sanctification des âmes confiées à leurs
soins.
PANÉGYRIQUE
DE
S A l N T H 1L A 1 R E
ÉVÈQLE DE POITIERS
'El DOCTEUR DE L'ÉGLISE.
2
PANÉGYRIQUE
DE
SAINT HILAIRE
ÉVÊQUE DE POITIERS ET DOCTEUR DE L'ÉGLISE.
Justum deduxil Doniinus per vias reetas, et ostendit
illi regnum Dei; et deditilli scientiam sanctorum; hones-
tavit ilium in laboribus, et complcvit labores illillS; cus-
todivit ilium ab inimicis, et a seductoribus tutavit ilium;
et certamen forte dedit illi, ut vinceret, el sciret quoniam
omnium potentior est sapicntia.
Le Seigneur a conduit ce juste dans des voies droites , et
il lui a montré son royaume ; il lui a donne la science des
Saints; il l'a enrichi par ses travaux, et lui en a fait re-
cueillir des fruits abondants ; il l'a protégé contre ses enne-
mis, et l'a défendu des séducteurs; et il l'a engagé dans
un rude combat, afin qu'il vainquît, et qu'il sût que la
sagesse de Dieu est plus puissante que toutes cnoses.
(Au Livre de la SAGESSE, X, 10.)
C'est le bel éloge, Mes Frères, que fait l'Esprit-Saint du
patriarche Jacob, obligé de fuir dans une terre inconnue
pour éviter la vengeance d'un frère irrité. Mais cet éloge
convient admirablement au grand Saint dont nous célé-
brons aujourd'hui l'auguste mémoire ; et, dans ces courtes
et sublimes paroles, se trouve résumée sa vie tout entière.
io -
Parce qu'il cherchait la vérité dans la simplicité et la
droiture de son cœur, Dieu la lui a fait connaître, et il
s'est manifesté à lui : justum deduxit Dominus per vias rectas,
et ostendit illi regnum Dei; de plus, il l'a rempli de sa
divine sagesse, et lui a donné la science des saints : et
dédit illi scientiam sanctorum : il l'a rendu célèbre dans le
monde entier par les travaux qu'il lui a fait soutenir pour
l'honneur de son nom, et lui en a fait recueillir pour fruit
une gloire immortelle : honestavit illum in laboribus, et
comjplevit labores illius; il l'a protégé contre les ennemis de
sa foi, et l'a défendu de ceux qui voulaient le séduire :
custodivit illum ab inimicis, et a seductoribus tutavit ilium', en-
fin, le Seigneur l'a engagé dans un rude combat, pour
qu'il en sortît victorieux, et qu'il sùt par lui-même que
rien ici-bas ne peut triompher de l'homme plein de la
divine sagesse : et certamen forte dedit ûli, ut vinceret, et
sciret quoniam omnium potentior est sapientia.
A ces traits, Mes frères, vous reconnaissez sans peine
le grand Hilaire, évêque de Poitiers et docteur de l'Église ;
et cette simple exposition du texte sacré suffirait pour
faire son éloge. -Mais je sais que votre piété attend quel-
que chose de plus de mon ministère ; et, pour répondre,
selon mes forces, à votre pieuse attente, voici le dessein
que je me propose dans ce discours: je considère notre
illustre Pontife sous ses deux principaux titres , de doc-
teur de l'Église et de pasteur des âmes. Docteur de
l'Église, nous verrons comment il a défendu la foi par
ses immenses travaux et ses immortels écrits ; pasteur
des âmes, nous verrons comment il a travaillé sans relâ-
«
il
che à la sanctification du troupeau confié à ses soins. Dans
la première partie, nous louerons la foi de saint Hilaire ;
dans la seconde, nous louerons son zèle. Mais implorons
d'abord les lumières du divin Esprit, seul capable de louer
dignement les saints, et demandons-les par l'entremise
de Marie, leur auguste Reine. Ave Maria.
PREMIÈRE PARTIE.
Parmi les caractères qui distinguent la foi des saints, il
en est trois surtout qui sont dignes de notre admiration et
de nos louanges : c'est la promptitude de leur foi, qui les_
rend soumis et dociles à la vérité, dès qu'elle se manifeste
à eux ; c'est la fermeté de leur foi, qui les rend inébran-
lables et intrépides parmi les obstacles que rencontre
la vérité qu'ils ont connue et embrassée ; c'est la généro-
sité de leur foi, qui leur fait tout sacrifier, plutôt que
de renoncer à cette même vérité. Tels sont les caractères
qui ont distingué la foi de tous les saints, depuis l'origine
du monde ; et c'est ce que nous admirions nous-mêmes,
Mes Frères, il y a peu de jours encore, dans la foi de ces
pieux mages, qu'elle a conduits aux pieds de -Jésus nais-
sant, sans que ni les incommodités d'un long voyage, ni
l'inconstance apparente de l'astre miraculeux qui les diri-
geait, ni les inquiétudes de l'ambitieux Hérode et le trou-
ble de l'infidèle Jérusalem, pussent un seul instant
ralentir leur zèle et affaiblir leur foi.
Et voilà, Mes Frères, ce que je veux vous faire admirer
12 -
aujourd'hui dans notre grand Hilaire, savoir : la prompti-
tude de sa foi, la fermeté de sa foi, la générosité de sa foi ;
mais ce que je veux en même temps proposer à votre
imitation, pour ne pas exciter en vous une admiration
stérile et sans nul profit pour vos mœurs, honorez-moi de
votre attention, je vous prie.
Je dis promptitude de sa foi. Il est vrai, Mes Frères,
vous le savez, Hilaire ne connut pas d'abord la vérité ; le
divin flambeau de la foi ne l'éclaira pas à son entrée
dans le monde ; et, bien qu'il fût issu d'une des plus illus-
tres familles des Gaules, il eut le malheur de naître au
sein de l'idolâtrie et d'être élevé dans les superstitions
païennes. Mais il semble que Dieu ne l'ait permis que
pour faire mieux connaître la justesse de son esprit et la
droiture de son cœur, et par là même la promptitude
de sa foi : car à peine Hilaire eut-il attêint cet âge où
l'homme commence à raisonner , qu'il entrevit les
grossières erreurs dans lesquelles le malheur de sa
naissance l'avait engagé, convaincu par de sérieuses ré-
flexions, ainsi qu'il le raconte lui-même, qu'il ne pouvait
exister qu'un seul Dieu, créateur de toutes choses, à qui
l'homme, doué d'intelligence et de liberté, devait rendre
un culte raisonnable. Il s'appliqua tout entier à découvrir
quel était ce culte que ce grand Dieu demandait de l'hom-
me ; et, parce qu'il cherchait sincèrement la vérité, prêt
à s'y soumettre d'esprit et de cœur, dès qu'elle se mani-
festerait à lui, quoi qu'il pût lui en coûter, Dieu, la vraie
lumière qui éclaire tout homme venant dans ce monde, ne
l'abandonna pas ; et, aidé de sa grâce toute-puissante,
13 -
Hilaire parvint à la connaissance de la vérité, après laquelle
il soupirait ardemment. Le christianisme apparut à ses
yeux, et, de sa divine clarté, il dissipa toutes ses ténè-
bres. Ah ! Mes Frères, quel joie ce fut pour Hilaire de
connaître la vérité ! quel repos ponr son esprit! quelle
paix pour son cœur 1 quelle gratitude ne témoigna-t-il
pas à Dieu pour s'être révélé à lui, et pour l'avoir appelé
des ténèbres de l'erreur à l'admirable lumière de son
Évangile! Oui, Seigneur, s'écria-t-il, avec le grand Paul,
dans les transports de son amour reconnaissant, grâces
immortelles vous soient rendues pour votre ineffable don :
gratias Deo super inmarrabili dono ejus (II COR. IX, 19) 1 mais
aussi ne fut-il pas moins prompt à se rendre à la vérité,
qu'il avait été désireux de la connaître et ardent à la
poursuivre ; il ne considéra point ce que l'Évangile, avec #
ses dogmes impénétrables et ses lois austères, lui deman-
dait de soumission et lui imposait de sacrifices. Non, Mes
Frères, rien ne put l'arrêter, ni retarder un instant la
promptitude de sa foi. Du moment que Hilaire connut la vé-
rité, il l'embrassa d'esprit et de cœur, et il s'y attacha si for-
tement, que rien ne put jamais dans la suite l'en séparer.
Voilà ce que nous devons admirer d'abord dans notre
saint Pontife, sa prompte et parfaite soumission à la foi ;
et c'est en cela même que nous devrions tous commencer
à l'imiter. Mais il n'en est pas ainsi, Mes Frères : car com-
bien est-il parmi nous d'esprits indociles et rebelles à la
vérité ! combien à qui l'on pourrait adresser le reproche
que faisait à ses disciples le Sauveur ressuscité : 0 esprits
opiniâtres et lents àcroire ! ô tardi corde ad credendum (Luc.,
14 -
XXLV, 25) ! Combien d'hommes, au sein même du christia-
nisme, qui, malgré ses caractères frappants de divinité, n'y
croient pas et affectent même de n'y pas croire. Ah ! si,
comme saint Hilaire, ils cherchaient sincèrement la vérité,
comme lui, ils la trouveraient bientôt; comme lui, ils l'em-
brasseraient avec joie, et, comme lui, peut-être ils de-
viendraient un de ses plus fermes appuis et un de ses plus
intrépides défenseurs.
Car, Mes Frères, la foi de nôtre illustre docteur ne fut
pas faible et chancelante, mais ferme et inébranlable ; et.
c'est le second caractère que j'y remarque. Non, il n'est
pas de confesseur, il n'est pas même de martyr qui se soit
montré plus ferme dans la foi, et il en est peu qui aient
soutenu plus de glorieux combats pour sa défense; et
nous pouvons bien dire de lui avec vérité, que, s'il n'a pas
été martyr, c'est que le martyre lui a manqué, et non pas
qu'il ait manqué au martyre. Jugez-en, Mes Frères, par
le rapide tableau que je vais vous tracer. , ,
Le siége de Poitiers est vacant par la mort de son évê-
que. Hilaire, déjà célèbre par ses vertus comme par son
éloquence, est élu par le clergé et le peuple pour lui suc-
céder ; et, malgré la vive résistance qu'oppose son humi-
lité , il est élevé sur la chaire épiscopale. Alors l'Église de
Jésus-Christ était troublée par une des hérésies les plus
dangereuses qui aient jamais paru. Un prêtre impie avait
osé nier l'éternelle génération du Verbe fait chair, et con-
tester au Sauveur du monde la gloire de sa divinité. Une
assemblée générale d'évêques, réunis à Nicée, en Bithy-
nie, par l'autorité du Pape saint Sylvestre et les soins du
15 -
grand- Constantin, foudroie de ses anathèmes Arius et son
impiété. Cependant, quoiqu'abattueparuncoup si terrible,
l'hérésie se relève bientôt plus fière et plus audacieuse, et
faiten peu de temps de rapides progrès et d'effroyables ra-
vages ; d'autant plus séduisante, qu'elle cachait son poison
mortel sous l'apparence de la vérité. Mais Jésus-Christ,
qui ne manque jamais à son Église qu'il a promis diassistor
jusqu'à la fin des siècles, avait préparé deux hommes
pour sa défense : le premier était l'immortel Athanase,
patriarche d'Alexandrie, en Orient; et le second, notre
-grand Hilaire, si justement appelé l'Athanase de l'Occi-
dent. L'arianisme pénètre dans les Gaules, et l'épiscopat
lui-même en est infecté. Incapable de faiblesse comme
de séduction, Hilaire aussitôt élève la voix, se fait enten-
dre des evêques que la contagion n'a pas atteints ; et, de
concert avec eux, il se sépare des évêques prévaricateurs.
Saturnin, évêque d'Arles, chef de la faction impie, pour
tirer d'Hilaire une vengeance éclatante, obtient de l'em-
pereur Constance, fauteur de l'hérésie , qu'il soit chassé
de son siège et exilé dans une région lointaine. Mais si
Hilaire est captif, la parole de Dieu ne sera pas enchainée
et captive avec lui. Du fond de la Phrygie, il défendra la
foi, non plus seulement par ses discours, mais encore par
ses écrits. Il composera ces immortels ouvrages qui per-
pétueront la vérité dans toutes les générations, et qui lui
mériteront une place distinguée parmi les Pères et les
Docteurs de l'Église. Il développera, avec une éloquence
divine, le profond mystère de l'auguste Trinité, et établira
sur. des preuves invincibles la consubstantialité-du Verbe
-16 -
fait chair et la divinité de Jésus-Christ. Il exaltera l'Église,
en montrant l'invariable perpétuité de sa doctrine, et il
confondra l'hérésie en exposant ses éternelles variations-
Courage, Hilaire, vous triompherez, et avec vous triom--
phera la vérité. En effet, après trois dus-d'exil, à la de-
mande même de ses ennemis, confondus et honteux de
leur défaite, il est rendu à la liberté et renvoyé à son
siège. Partez, Hilaire, parcourez en vainqueur le monde
entier; reparaissez dans ces Gaules impatientes de vous
revoir au sortir du combat, et remontez sur cette chaire
antique que votre foi a rendue célèbre dans tout l'uni-
vers.
Je. m'arrête ici, Mes Frères, laissant à l'histoire le soin
de raconter au long tous les travaux que soutint Hilaire
pour la défense et le maintien de la vérité. Je ne dis rien
du fameux voyage qu'il fit en Italie et en Illyrie, où, de
concert avec un autre illustre défenseur de la foi, Eusèbe
de Verceil, il travailla sans relâche au rétablissement et
à la paix des églises troublées par l'hérésie. Je ne dis rien
de cette célèbre dispute qu'il eut. à Milan, avec Auxence,
évêque arien de cette ville, qu'il confondit et força ae
confesser publiquement la divinité de Jésus-Christ. Je ne"
dis rien, enfin, de ces nombreux conciles qu'il fit tenir
dans les Gaules, pour les purger entièrement du venin de
l'arianisme : conciles dont il fut l'âme, et où il présida
bien moins par l'éminence de son siège que de ses-lu-
mières et de ses vertus. Église gallicane, si tu es alors
restée vierge dans ta foi, à qui reconnais-tu le devoir,
après Dieu, sinon à Hilaire, qui, comme un mur d'airain
17
et une colonne de fer, s'opposant à tous les efforts de l'héré-
sie, l'empêcha de s'établir dans ton sein, et de corrompre
l'intégrité de ta foi ?
En vérité, Mes Frères, vit-on jamais foi plus ferme et
plus inébranlable que celle de notre saint pontife ? Mais
qu'il trouve peu d'imitateurs parmi nous, et qu'il est peu
de chrétiens fermes et inébranlables dans leur foi ! Vous
me direz qu'on n'a plus les mêmes occasions de -montrer
la fermeté de sa foi, et que, d'ailleurs, tous ne sont pas
appelés de Dieu, comme saint Hilaire, à défendre la foi
contre ses ennemis. J'en conviens, Mes Frères ; mais tout
chrétien est du moins obligé de ne pas renier sa foi. Et
n'est-ce pas la renier en quelque sorte, que de n'oser la
montrer, que d'en rougir, et de paraitre même se ranger
parmi ceux qui l'attaquent et la combattent ? Et est-il rien
de plus ordinaire parmi nous? Ah ! que deviendrait notre
foi, s'il nous fallait, comme le grand Hilaire, la conserver
et la défendre au prix de tout ce que nous avons de plus
cher ici-bas, de nos biens, de notre liberté, au péril
même de notre vie?
En effet, Mes Frères, ce qui a mis la perfection à la foi
de notre saint docteur et le comble à sa gloire, c'est qu'il
a tout sacrifié pour la conserver et la défendre. Oui, voilà
le vrai triomphe d'Hilaire, c'est que sa foi l'a fait triompher
d onde entier : hœc est victoria quœ vincit mundum, fides
ANN. v, 4). S'il eût défendu la foi dans des temps
; j^is^o' â ux, sans qu'il lui en coûtât aucun sacrifice,
^^ï^tÉre 11 péril sa fortune, sa liberté, sans exposer sa
ViOF lb te, Mes Frères Hilaire serait encore digne de
2 '-~ .:~ <'
3
18 -
nos louanges et d'une éternelle mémoire ; mais ce que
nous ne louerons jamais assez dans ce grand évêque, et
ce qui lui donne rang parmi les plus illustres confesseurs,
c'est d'avoir défendu la foi parmi la plus horrible tempête
dont ait été agité le vaisseau de l'Église, et lorsque tout
semblait avoir conjuré sa perte : et, pour cela, sacrifiant
tout, biens, patrie, liberté, repos et vie ; heureux, c'est
• lui qui nous l'assure, s'il eût pu répandre tout son sang
pour sa défense ; regrettant même ces temps de l'Église,
où les empereurs encore païens faisaient presque autant
de martyrs qu'ils rencontraient de généreux confesseurs :
utinam hoc confessionis mece ministerium neronianis deciamsve
temporibus explessem! Non, Mes Frères, ce n'était pas assez
pour Hilaire que la persécution, l'exil, la faim, la soif,
l'indigence ; il eût souhaité de mourir pour Jésus-Christ ; -
et, dans l'ardeur divine qui le transportait, il eût voulu
affronter, les roues, les chevalets, les feux, les croix,
l'abîme des mers : nec ego, c'est lui-même qui parle , et
que ces paroles sont belles ! nec ego, calens Spiritu sancto,
equuleum metuissem, nec ignes timuissem, nec cruæm et
fragmenta crurum meorum vitassem, nec profundum maris
trepidassem.
Telle était la générosité de sa foi. Voilà ce que nous
admirons dans saint Hilaire, Mes Frères ; mais est-ce bien
là ce que nous imitons? Vous me direz sans doute.que
Dieu ne demande pas aujourd'hui des sacrifices si hé-
roïques, pour conserver sa foi. J'en conviens encore ; mais
tous les jours il vous demande de légers sacrifices, et
c'est à vous de voir avec quelle générosité vous les faites.
19
Non, Mes Frères, Dieu n'exige pas que vous vous expo-
siez, comme saint Hilaire, pour la défense de la foi, à la
persécution, à l'exil, à la mort ; mais il exige qu'en con-
sidération de cette même foi, vous supportiez avec pa-
tience la haine inj uste des hommes, et que vous leur
pardonniez sincèrement leurs railleries et leurs injures.
Dieu n'exige pas que vous renonciez, comme saint Hilaire,
à tout ce que vous possédez ; mais il exige que vous usiez
saintement de vos richesses, si vous êtes riches ; que vous
enduriez, sans vous plaindre, la pauvreté, si vous êtes
pauvres ; les privations, si vous ne pouvez avoir toutes
vos commodités et toutes vos aises. Enfin, Dieu n'exige
pas que vous souffriez un long et pénible exil, comme
saint Hilaire; mais il exige que vous receviez avec une
soumission chrétienne les diverses afflictions dont il lui
plaît d'éprouver votre foi dans ce lieu d'exil et de misère.
C'est ainsi que vous imiterez, selon votre pouvoir, la foi
du grand Hilaire, dont il me reste à vous faire admirer le
zèle, comme pasteur des âmes, dans la seconde partie de
son éloge.
SECONDE PARTIE.
C'est le propre d'un cœur noble et généreux de désirer
faille part aux autres du bien précieux qu'il possède, et
les enrichir du trésor qu'il a découvert. Aussi, Mes Frères,
à peine saint Hilaire eut-il connu la vérité, à peine cette
divine lumière eut-elle brillé à ses yeux, qu'il aurait
souhaité de pouvoir la répandre dans le monde entier.