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Papiers et correspondance de la famille impériale. Numéro 7

De
8 pages
Saillant (Paris). 1870. France -- 1852-1870 (Second Empire). 1 vol. (136 p.) ; gr. in-8.
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5 CENTIMES LE NUMÉRO
N° 7 LE NUMÉRO, CENTIMES, 5
ET
DE LA FAMILLE IMPÉRIALE
PUBLIÉS
D'APRES L'EDITION DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
AVEC NOTES EXPLICATIVES
Ce service peut recevoir des impulsions bien
différentes ; il peut être dirigé dans des vues
d'utilité, de sûreté générale, on avec l'intention
de satisfaire une curiosité indiscrète, de mau-
vaises passions ou des intérêts personnels.
L'extension abusive, la mauvaise direction
qu'aurait reçue ce service, dont M. Giraud fait
un chef d'acusation contre M. Collet-Meygret,
est au contraire attribuée par M. Saintomer à
M. Giraud.
La correspondance de M. Hyrvoix a été saisie.
M. Saintomer, M. Hyrvoix et M. Coilet-Meygret
avouent le fait; ils l'expliquent de la manière
suivante.
Pendant le séjour de la cour à Compiègne,
quelques journaux avaient publié des articles
inconvenants. On crut utile de connaître les per-
sonnes qui leur donnaient des renseignements.
Les lettres timbrées de Compiègne furent l'objet
de recherches. Dans le nombre se trouvèrent
elles de M. Hyrvoix, adressées à Mme Bounald.
Il est certain que M. Saintomer ne doit sur-
veiller, sauf quelques rares exceptions, que les
correspondances qui lui sont indiquées. Si donc
il a fait surveiller la correspondance de Mme Botti,
c'est parce que la direction générale l'en avait
chargé. Or, M., le directeur, en lui donnant cette
mission, savait, il le dit lui-même, les relations
de cette dame avec M. Fould; il n'a pas, par
conséquent, pu être surpris, comme il prétend
l'avoir été. On ne peut pas croire non plus que
ce soit la petite phrase italienne cara Pepita del
mio cor, qui ait déterminé M. Saintomer à trans-
mettre la lettre/ Il a nécessairement compris,
intelligent comme il l'est, que ces mots ne ca-
chaient pas un complot.
Lettres anonymes. — M. Fould.
Des lettres anonymes ont été adressées à
Mme Fould, dans lesquelles les prétendues rela-
tions de son mari avec Mme Botti lui étaient ré-
vélées.
Ces lettres ont été montrées par M. Fould à
M. Gollet-Meygret, qu'il a consulté sur la ques-
tion de savoir par qui elles auraient été écrites.
M. Collet-Meygret, après avoir, comparé l'é-
criture, evidemment contrefaite, avec celle de
M. Giraud et celle d'une, dame Trablaine, qui a
été autrefois agent de l'administration, aurait
pensé que c'était l'un ou l'autre qui aurait écrit
les lettres, ou plutôt il prétend que c'est M. Fould
lui-même qui a eu cette pensée en comparant les
écritures.
M. Giraud repousse ces soupçons en faisant
remarquer que, depuis qu'il a quitté le minis-
tère, il n'avait aucun moyen de se procurer les
renseignements très-précis que contiennent les
lettres ; il rejette l'accusation sur M. Gollet-Mey-
gret.
M. Fould. — Madame Botti.
C'est par le même motif et également sans in-
tention que le billet, écrit par M. Fould à
Mme Botti aurait été saisi.
M. Saintomer déclare que peut-être la dési-
nence italienne du nom de Mme Botti a attiré l'at-
tention des agents.
Il affirme qu'il ignorait complétement les re-
lations qui pouvaient exister entre cette dame
et M. Fould; qu'il ne connaissait point l'écriture
de celui-ci, et que, s'il a cru devoir transmettre
la lettre à la direction de la sûreté publique,
c'est parce qu'elle se terminait par quelques
mots italiens qu'il ne comprenait pas.
Quant à M. Collet-Meygret, il a dit qu'aussi-
tôt qu'il avait reconnu que la lettre était écrite
par M. Fould , il avait ordonné de cesser toute
surveillance.
M. Giraud a combattu cette explication en
disant que M. Collet-Meygret n'avait pu re-
connaître l'écriture de M. Fould, puisque
M. Saintomer ne transmet point les originaux,
qu'il copie les lettres et les laisse arriver à leur
destination.
M. Fould.
MM. Saintomer et Collet-Meygret ont re-
connu que c'est ainsi que les choses se passent.
Mais M. Collet-Meygret a prétendu qu'il ne
m'avait point dit, comme je l'avais compris,
qu'il avait reconnu l'écriture de M. Fould.
Je lui ai demandé alors comment il avait de-
viné que cette lettre, non signée, était de
M. Fould. Il m'a dit qu'il savait que Mme Botti
était, sa maîtresse, et qu'à la vue du nom il avait
compris.
- 50 —
Cette dernière réponse ne m'a pas paru satis-,
faisante.
D'abord, je ne crois pas m'etre trompé sur le
sens de la première explication qui m'a été
donnée; j'ai bien entendu que c'était la vue de
l'écriture de la lettre qui en avait fait recon-
naître l'auteur. En second lieu, le hasard ne
doit pas avoir une aussi grande influence que
le prétend M. Saintomer sur la direction qui est
imprimée aux recherches et sur leurs résultats.
Tous les deux disent qu'ils n'avaient aucun
intérêt à jeter le trouble dans l'intérieur de
M. Fould; tous les deux soutiennent qu'on ne
peut supposer qu'ils ont écrit ou fait écrire les
lettres anonymes, avec l'odieuse pensée de les
attribuer l'un à l'autre.
Aucune lumière ne m'a été fournie sur ce
point, qui reste enveloppé de doute.
M. de la Guéronnière.
La surveillance pratiquée sur la correspon-
dance de M. de la Guéronnière est expliquée par
M. Collet-Meygret d'une manière assez plausible.
« Une Madame de la ***, dit-il, était parvenue
à se faire recevoir aux Tuileries ; son existence
ayant paru équivoque, M. le duc de Bassano ou
M. le comte Tascher de la Pagerie a demandé
des renseignements à la direction de la sûreté
publique sur les antécédents et la situation de
Mme de la ***. En faisant des recherches, on a
trouvé des lettres de M. de la Guéronnière. »
On comprend que ce soit ici le hasard qui ait
fait découvrir une correspondance qu'on ne
cherchait pas.
Madame la comtesse de Castiglione.
Dans leurs premières déclarations, M. Sain-
tomer et M. Collet-Meygret ont affirmé qu'au-
cune surveillance n'avait été exercée sur la
correspondance de Mme la comtesse de Casti-
glione. Ils persistent encore aujourd'hui dans ce
système, mais ils auraient dû, quand je les ai
interrogés sur ce point, aller au-devant d'une
question que je ne leur adressais pas, et me dire
qu'on avait jugé à propos de faire exercer dans
la maison de Mme de Castiglione une certaine
surveillance ; ils ne l'ont pas fait.
Plus tard, j'ai entendu M. Laurot, commis
d'ordre dans les bureaux de la sûreté publique.
M. Laurot m'a déclaré que toutes les pièces
qui étaient recueillies étaient soigneusement
classées par lui et même reliées avec des cou-
vertures vertes ; qu'elles recevaient une pagina-
tion ; que plusieurs de ces pièces ont disparu ; que
c'est à M. Giraud et à son frère plus qu'à toute
autre personne qu'on doit attribuer les causes
de cette disparition ; que notamment le dossier
très-volumineux de la femme Trablaine, par lui
remis à M. Emile Giraud (le frère de M. Amédée
Giraud), n'avait jamais reparu.
Il a ajouté qu'au nombre des pièces recueillies
et placées dans les dossiers se trouvaient deux
notes relatives à Mme la comtesse de Castiglione,
l'une annonçant son arrivée et l'autre son dé-
part, et enfin une lettre adressée à cette dame.
J'ai demandé à M. Laurot de qui était cette
lettre et ce qu'elle contenait. Il m'a répondu
qu'il ne se le rappelait pas.
Le ton de M. Laurot, l'impartialité avec la-
quelle il dit ce qui est favorable ou défavorable
à M. Collet-Meygret et à M. Giraud, me fait
croire à la sincérité de ses déclarations.
M. Saintomer et M. Collet-Meygret, entendus
séparément, n'ont pas pu nier l'existence des
deux notes de police. M. Saintomer m'a même
dit que c'est le nommé Richard, son garçon de
bureau, qui s'est introduit chez Mme la comtesse
de Castiglione sous prétexte d'offrir des vins
qu'il est chargé de vendre.
Quant à la lettre, ils persistent à déclarer,
comme je l'ai déjà dit, qu'ils ne l'ont jamais vue,
qu'ils n'en ont du moins aucun souvenir, et
M. Saintomer ajoute qu'il ne pouvait lui-même
s'expliquer un oubli ; qu'il aurait oublié dix
lettres plutôt qu'une, parce qu'une seule aurait
plus vivement frappé son attention; dans un
dernier interrogatoire, il a encore tenu le même
langage.
M. Collet-Meygret ayant eu connaissance de
la déclaration de M. Laurot est allé le trouver
dans son bureau ; en le quittant, il s'est empressé
de venir me dire que M. Laurot ne se rappelait
pas l'existence de la lettre.
Il ne pouvait rester, il ne restait aucun doute
dans mon esprit sur ce que m'avait dit M. Lau-
rot; j'avais écrit sa déposition à l'instant même;
je lui avais demandé de qui était la lettre, ce
qu'elle contenait; donc, il m'en avait parlé.
Je l'ai fait appeler, je lui ai montré sa pre-
mière déclaration; il m'a répondu qu'elle con-
tenait la vérité ; qu'à la vue de M. Collet-Mey-
gret, à qui il devait sa place, il n'avait pas eu
le courage de lui dire en face une chose qu'il
supposait pouvoir lui être nuisible.
Ce moment de faiblesse de M. Laurot, qui, je
le répète, me paraît un honnète homme, a pour
résultat d'établir encore plus clairement qu'une
lettre adressée à Mme de Castiglione a été saisie.
Il est certain que M. Saintomer l'a su, car la
lettre, doit avoir passé par ses mains. M. Collet-
Meygret n'a pu l'ignorer, car personne ne pou-
vait songer à dissimuler l'existence d'une pièce
qui était, comme toutes les autres, classée dans
les dossiers de M. Laurot. Ce sont, du moins, de
bien graves vraisemblances.
Aujourd'hui la vérification matérielle est im-
possible, puisque, au moment où M. Collet-Mey-
gret a quitté la direction générale, tous les dos-
siers ont été anéantis.
Je dois faire remarquer que M. Saintomer af-
firme que l'ordre, à la suite duquel ont été re-
mises les deux notes relatives à Mme de Casti-
glione, a été donné par M. Giraud ; M. Giraud le
nie.
Correspondance de S. M. l'Empereur.
L'assertion de M. Giraud que la correspon-
dance de l'empereur lui-même n'a pas été res-
pectée n'est point prouvée. M. Saintomer, M. Ju-
gla, chef du bureau, M. Laurot, M. Collet-Mey-
gret sont d'accord pour dire que jamais une lettre
n'a été vue à la direction générale. M. Giraud
suppose que les tentatives ont été sans résul-