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Papiers et correspondance de la famille impériale. Numéro 9

De
8 pages
Saillant (Paris). 1870. France -- 1852-1870 (Second Empire). 1 vol. (136 p.) ; gr. in-8.
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5 CENTIMES LE NUMÉRO
N° 3
LE NUMÉRO, CENTIMES, 5
PAPIERS
ET
DE LA FAMILLE IMPÉRIALE
PUBLIÉS
D'APRES L'EDITION DE L'IMPRIMERIE NATIONALE
AVEC NOTES EXPLICATIVES
LXII.—RAPPORT DE M. MAGNE A L'EMPEREUR.
A l'occasion de ce senatus-consule j'ai pu
me convaincre, dans le Sénat même, que les
événements actuels ont ouvert les yeux sur les
vices du sénatus-consulte du 14 novembre 1861,
relatif au vote des crédits. Jusqu'ici il ne sem-
blait porter atteinte qu'à l'autorité morale de
l'empereur. On voit aujourd'hui qu'il peut com-
promettre l'intérêt du pays lui-même. Convo-
quer la Chambre c'est faire au grand, jour ce
qui exigerait, au moins provisoirement, le plus
de discrétion et de secret ; ne pas la convoquer,
c'est se condamner à l'immobilité la plus com-
promettante; agir sans elle, c'est violer une loi
constitutionnelle du pays. Existe-t-il un autre
pays au monde où le pouvoir soit réduit à ces
alternatives également graves ?
Pour ma part, j'ai toujours pensé qu'on de-
vrait conserver les dispositions de ce sénatus-
consulte concernant les crédits supplémentaires.
On peut admettre qu'à leur égard il est vérita-
blement utile et praticable. Mais, en ce qui con-
cerne les crédits extraordinaires, nécessités par
des circonstances imprévues, urgentes, de force
majeure, sans donner à la Chambre un contrôle
sérieux, il empêche le Gouvernement de gou-
verner. Je crois qu'il serait facile de remplacer
les garanties qu'il paraît donner par des garan-
ties plus efficaces et plus conformes aux néces-
sités de la politique.
Ce que j'ai pu constater, c'est que, si une dis-
position de cette nature avait été résolûment
proposée dans le projet soumis au Sénat, elle
aurait trouvé, dans les circonstances actuelles,
de très-nombreux adhérents ; il est regrettable
qu'on n'y ait pas songé. Si je me permets d'appe-
ler l'attention de l'empereur sur ce point; c'est
pour le cas où une autre occasion viendrait à se
produire.
Je suis avec le plus profond respect, Sire, de
votre Majesté, le très-humble et très-obéissant
et fidèle serviteur. P. MAGNE.
——Du secret, toujour le secret: voilà ce
qu'il faut aux gouvernements de mauvaise
foi.—
LXIII.—PIERRE BONAPARTE CHASSEUR (1).
Sire,
Votre Majesté ayant quitté Paris sans m'ac-
corder l'audience que j'avais sollicitée, je prends
la respectueuse liberté de lui écrire en toute
confiance,
Votre Majesté a bien voulu m'allouer 2,500 fr.
de plus par mois, pour le temps que je passe-
rais en Corse. Ce supplément, moitié de celui
que Votre Majesté m'avait accordé d'abord, ne
me permettait pas de vivre sur le pied que j'a-
vais adopté.
Je ne viens pas demander encore à Votre Ma-
jesté de me rendre 5,000 fr. par mois. J'ai été
trop éprouvé par les fièvres pernicieuses de
Corse pour songer à y retourner avec la mal' aria,
c'est-à-dire avant la fin d'octobre.
Mais le besoin d'activité, qui est une loi im-
périeuse de mon organisation, me rappellera, le
mois prochain, dans les Ardennes, où j'ai loué
des chasses. J'ai dû m'y caser tant bien que mal,
pour ne pas multiplier les dépenses; mais si
Votre Majesté avait la bonté de me donner, dans
les Ardennes, les 2,500 fr, de plus qu'elle m'ac-
corde en Corse, cela me permettrait une tout
autre installation.
J'en serais bien reconnaissant à Votre Majesté
et je n'hésite pas, Sire, à vous présenter cette
requête, parce que vous devez être persuadé que,
s'il vous plaisait de mettre un terme à mon inac-
tion , je serais heureux de consacrer au service
de vos glorieuses entreprises tout ce qui me
reste d'aptitude et d'énergie.
De Votre Majesté, Sire, le très-dévoué cousin,
PIERRE-NAPOLÉON BONAPARTE.
Paris, 5 juin 1861.
Mon cher monsieur Mocquard,
La lettre bienveillante que l'empereur a dai-
gné m'adresser m'encourage à vous écrire celle-
ci dans l'espoir que vous trouverez un moment
pour entretenir Sa Majesté de son objet.
L'empereur a eu la bonté de m'accorder une
autorisation de chasser dans la forêt de Ram-
(1) Les mots suivants sont en marge de la supplique :
"Mocquard, refuser poliment. Ecrit le 20 juin 1861."
- 66 —
bouillet. Sa Majesté n'avait fait d'autre restric-
tion que de ne pas tirer les cerfs.
Peu à peu, les officiers de la vénerie ont telle-
ment restreint cette autorisation, qu'elle est de-
venue illusoire.
D'abord, ils ont compris dans une réserve,
qu'ils se gardent bien de respecter eux-mêmes,
les parties les plus giboyeuses de la foret, et
celles où j'avais l'habitude de chasser, comme
étant les plus rapprochées de mon pied-à-terre,
au Perray.
L'année dernière, ils m'ont envoyé la permis-
sion la veille de l'ouverture, quand, désespérant
de la recevoir, j'avais déjà pris mes dispositions
pour chasser ailleurs.
Enfin, cette année, j'ai écrit, dans les meilleurs
termes, au prince de la Moskowa.
Il m'a fait répondre par un secrétaire une
lettre peu convenable, qui ne contenait même
pas mes titres et qualités consentis par Sa Ma-
jesté.
Et ce même secrétaire me transmet aujour-
d'hui une permission qui, aux autres restric-
tions, ajoute celle de ne pas tirer les faisans !
Que tirerais-je alors ?... Il y a peu de gibier à
Rambouillet. Il m'est arrivé de courir toute une
journée sans tirer plus de huit ou dix pièces,
même en abattant tout. J'ai donc renvoyé la
permission ainsi formulée à Edgar Ney; mais,
dans l'espoir que l'empereur ne voudra pas que
ses officiers paralysent sa bienveillance à l'égard
des siens, je fais cette tentative auprès de vous,
mon cher monsieur Mocquard, et je vous serais
reconnaissant, si vous trouvez le joint, de pré-
senter ma réclamation à l'empereur.
Du reste, je n'aurais usé de la permission que
jusqu'à la fin d'octobre, époque à laquelle je
compte aller en Corse, ou dans les Ardennes.
Veuillez agréer, je vous prie, mon cher mon-
sieur Mocquard, l'expression de mes sentiments
très-affectueux et très-distingués.
P.-N. BONAPARTE.
Paris, le 18 août 1802.
Mon cher monsieur Mocquard,
Je viens vous prier de ne donner aucune suite
à ma dernière lettre, s'il en est temps encore.
Voici pourquoi :
M. Rollet, secrétaire général de la vénerie,
m'a retourné la permission que je lui avais ren-
voyée à cause des restrictions nouvelles qu'elle
contenait. M. Rollet déclare que c'est par suite
d'un malentendu que la clause de ne pas tirer
le faisan avait été insérée dans cette permission,
et il ajoute que la vénerie entend que je chasse
comme par le passé.
Quoi qu'il en soit, que ce malentendu ait eu
lieu réellement, ou que je doive à votre bonne
intervention d'avoir remis les choses dans le
statu quo, la radiation de la clause me permettra
de profiter encore de la faveur que l'empereur
m'a accordée, et dont je me fusse vu frustré à
regret par des subalternes. J'ai cru, cependant,
ne pouvoir moins faire que de vous informer de
cette explication, que M. Rollet, il faut en con-
venir, a donnée de la meilleure grâce du monde.
Veuillez agréer, je vous prie, mon cher mon-
sieur Mocquard, la nouvelle expression de mes
sentiments affectueux et distingués.
P.-N. BONAPARTE.
Paris, le 20 août 1002.
P. S. Vous Feriez bien aimable si vous pouviez
m'écrire un mot pour me rassurer sur les bruits
qui courent, sans fondement, j'espère, de tenta-
tives criminelles contre la personne de l'empe-
reur. On prétend qu'on l'aurait attaqué au bois
de Boulogne, et que Fleury aurait dû arrêter
lui-même les coupables, armés jusqu'aux dents,
au nombre de quatre, dans une voiture, etc., etc.
Si ce sont des contes, tant mieux ! mais cela
inquiète ceux qu'on ne tient au courant de rien.
Si c'était vrai, malheureusement, vous devriez
bien dire à l'empereur qu'il n'oublie pas certain
cousin dont le bras est solide et le coeur dévoué
à sa personne.
—Quel importun, que ce cousin, qui vaut
autant que les autres, pourtant! —
LXIV.
Quelque temps après la fusillade de la Rica-
marie, l'impératrice, sollicitée de secourir la
famille d'une jeune fille gravement blessée dans
la collision, demanda conseil à M. le général de
Palikao, qui formula son opinion dans les termes
suivants :
QUATRIÈME CORPS D'ARMÉE.
Cabinet du général commandant.
Quartier général à Lyon, le 28 sep-
tembre 1869,
Madame la comtesse,
J'ai l'honneur de vous accuser réception de la
lettre par laquelle, au nom de Sa Majesté l'im-
pératrice, vous me demandez des renseigne-
ments sur une jeune fille qui fait l'objet de la
note ci-jointe, que je vous renvoie.
J'ajoute également à cette lettre les renseigne-
ments donnés par le maire de la commune ha-
bitée par cette jeune fille. Quelque (sic) soit l'o-
pinion de ce fonctionnaire et celle des journa-
listes, je pense, madame la comtesse, que venir
en aide à des familles qui n'ont pas craint d'em-
ployer l'outrage et la calomnie contre de braves
soldats qui ont fait leur devoir serait du plus
fâcheux exemple aux yeux de cette mauvaise
population de Saint Etienne; ce serait un blâme
jeté sur l'année et ce serait dangereux pour
l'avenir. Cette opinion est celle du général qui
commande à Saint-Etienne, et je la partage en-
tièrement.
Déjà l'amnistie a fait relâcher 51 ouvriers mi-
neurs qui ont tiré sur la troupe et l'ont insul-
tée, et tous les jours des lettres anonymes, dans
le genre de celle que je joins ici, pourront
prouver à Sa Majesté les bons sentiments des
amnistiés.
Veuillez, je vous prie, madame la comtesse,
déposer aux pieds de Sa Majesté l'hommage de
mon profond respect et agréer pour vous celui
de mes sentiments tout dévoués,
Général CH. DE MONTAUBAN, comte De PALIKAO,