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Parallèle de Philippe de Macédoine, de Denys de Syracuse et de Napoléon de Corse, ou Napoléon rapproché de ces deux tyrans

16 pages
impr. Eymery (Paris). 1814. France (1814-1815). 16 p. ; in-8.
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PARALLÈLE
DE PHILIPPE DE MACÉDOINE,
DE DENYS DE SYRACUSE.
'
ET DE NAPOLÉON DE CORSE;
OU
NAPOLÉON
RAPPROCHÉ DE CES DEUX TYRANS.
PARIS.
EYMERY, Libraire, rue Mazarine, n°. 30.
DE L'IMPRIMERIE DE J.-B. IMBERT.
PARALLÈLE
DE PHILIPPE DE MACÉDOINE,
DE DENYS DE SYRACUSE,
ET DE NAPOLÉON DE CORSE;
OU
NAPOLÉON
RAPPROCHÉ DE CES DEUX TYRANS.
P HILIPPJE , fils d'Amintas , et frère de Perdiccas, roi de
Macédoine, à l'âge d'environ dix-huit ans, était, ainsi que
trente jeunes seigneurs macédoniens, en otage à Thèbes,
du temps d'Epaminondas (1). Il était assidu auprès de ce
général, et étudiait sous ce grand homme l'art militaire : il
recueillait avec empressement ses discours ainsi que ses
exemples.
Perdiccas venait de périr avec la plus grande partie de son
armée, dans un combat qu'il avait livré aux Illyriens. A
(1) Ce que je rapporte est tiré des Voyages du jeune Anacharsis
en Grèce, par Barthélemi, dont on connaît l'exactitude, et que,
d'ailleurs, j'ai comparé avec Plutarque.
(4)
cette nouvelle, Philippe trompa la vigilance de ses gardés,
s'enfuit de Thèbes, se rendit en Macédoine, et fut nommé
tuteur du fils de Perdiccas , son neveu.
L'empire était alors menacé d'une ruine prochaine. Dés
divisions intestines, des défaites multipliées, l'avaient
chargé du mépris des nations voisines , qui semblaient s'être
concertées pour accélérer sa perte. Les Péoniens infestaient
les frontières ; les Illyriens rassemblaient leurs forces, et
méditaient une invasion. Deux concurrens, également re-
doutables , tous deux de la maison royale, aspiraient à la
couronne; les Thraces soutenaient les droits de Pausanias ;
les Athéniens envoyaient une armée avec une flotte pour
défendre ceux d'Argée. Le peuple consterné voyait les
finances épuisées, un petit nombre de soldats abattus et
indisciplinés, et le sceptre entre les mains d'un enfant, et
à côté du trône un régent à peine âgé de vingt-deux ans.
( On reconnaît déjà là à peu près l'état de la
France du temps du Directoire exécutif, la fuite de
Bonaparte de l'Egypte, et son arrivée à Paris. )
Philippe, consultant encore plus ses forces que celles du
royaume, entreprend de faire de sa nation ce qu'Epami-
nondas, son modèle, avait fait de la sienne. De légers avan-
tages apprennent aux troupes à s'estimer assez pour oser se
défendre, aux Macédoniens à ne plus désespérer du salut
de l'Etat. Bientôt on le voit introduire la règle dans les di-
verses parties de l'administration, donner à la phalange
macédonienne une formé nouvelle, engager par des présens
et par des promesses les Péoniens à se retirer, le roi de
Thrace à lui sacrifier Pausanias. Il marche ensuite contre
Argée, le défait, et renvoie sans rançon les prisonniers
athéniens.
(5)
( On se rappelle de quelle adresse Bonaparte usa
pour écarter la Prusse de la coalition, et ses succès
lorsqu'il n'eut plus a combattre que l'Autriche, fai-
blement aidée alors par la Russie.On se rappelle
aussi qu'à la paix, il renvoya les prisonniers russes,
non-seulement sans rançon, mais même après les
avoir fait habiller. )
Athènes avait de légitimes prétentions sur la ville d'Am-
phipolis en Macédoine, et le plus grand intérêt à la ramener
sous son obéissance. C'était une de ses colonies , une place
importante pour son commerce ; c'était par-là qu'elle tirait
de la haute Thracé des bois de construction, des laines et
d'autres marchandises. Après bien des révolutions, Am-
phipolis était tombée entre les mains de Perdiccas, frère de
Philippe. On ne pouvait la restituer à ses anciens maîtres
sans les établir en Macédoine, la garder sans y attirer
leurs armes. Philippe la,déclare indépendante, et signe
avec les Athéniens un traité de paix, où il n'est fait aucune
mention de cette ville. Ce silence conservait dans leur inté-
grité les droits des parties contractantes.
(Bonaparte fit à l'égard de Francfort ce que Phi-
lippe fit à l'égard d'Amphipolis.—Avant son règne,
la France avait déjà réuni à son empire Avignon et
autres villes enclavées, dans son territoire. )
Au milieu de ses succès, des oracles semés parmi le
peuple annonçaient que la Macédoine reprendrait sa splen-
deur sous un fils d'Amintas. Le Ciel promettait un grand
homme à la Macédoine : le génie de Philippele montrait.
La nation, persuadée que, de l'aveu même des Dieux,
celui - là seul devait la gouverner qui pouvait la défen-
(6)
dre, lui remit l'autorité souveraine, dont elle dépouilla
le fils de Perdiccas.
( On voit ici Bonaparte nommé consul à vie, après
la précaution prise de répandre aussi les prestiges
parmi le peuple, tels que, sur la Révolution française,
ôtez veto, un Corse la finira, etc.)
Encouragé par ce choix, il réunit une partie de la Péonie
à la Macédoine , battit les Illyriens, et les renferma dans
leurs anciennes limites. Quelque temps après, il s'empara
d'Amphipolis, que les Athéniens avaient dans l'intervalle
tâché vainement de reprendre, et de quelques villes voi-
sines, où ils avaient des garnisons. Athènes, occupée d'une
autre guerre, ne pouvait ni prévenir, ni venger des hosti-
lités, que Philippe savait colorier de prétextes spécieux,
( Bonaparte pouvait-il donner un prétexte plus
spécieux de sa guerre contre la Russie , que de dire
que c'était une guerre politique?—Si je me ressouviens
assez bien des événemens, il a mis sous sa domination
Francfort, qu'il avait d'abord déclaré libre, comme
Philippe a mis sous la sienne Amphipolis. — On
sait ce qu'il avait ôté aux Puissances belligérantes,
et réuni à la France. )
Mais rien n'augmenta plus sa puissance que la décou-
verte de quelques mines d'or qu'il fit exploiter, et dont il
retira par an plus de mille talens ( plus de cinq millions
quatre cent mille francs) ; il s'en servit dans la suite pour
corrompre ceux qui étaient à la tête des républiques.
(Rien n'augmenta plus la puissance de Bonaparte
que ses prodigalités de pensions et de sommes d'ar-

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