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Paris capitale / par Victor Stadt

De
13 pages
Féret et Fouraignan (Bordeaux). 1871. 14 p. ; in-8.
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PARIS-CAPITALE
VICTOR STADT
Ex-rédacteur du Journal de Bordeaux, du Bordelais, du Figaro Gascon,
du Figaro Bordelais de l'Echo Girondin,
BORDEAUX
Chez MM. FERET, cours de l'Intendance, 15, cl FOURAIGNAN, place de la Comédie, 3,
LIBRAIRES
1 8 7 1
PARIS-CAPITALE
Un débat sérieux s'est engagé — non à la Chambre,
non officiellement, — mais dans certains journaux, dans
certaines conversations.
La question posée, et qui est cause de ce débat, est
celle-ci : « Paris doit-il ou ne doit-il pas être la Capitale
de la France ?»
Les uns disent à ce propos : « Paris est indigne de con-
server un titre qui a fait longtemps sa gloire, sa gran-
deur et son prestige. Il a vu, sans s'émouvoir, sans se
révolter courageusement contre les hommes puissants de
la Commune, se commettre mille excès funestes; il a
laissé tuer des vieillards, des femmes, des enfants ; des
généraux, dignes du respect public, ont été assassinés ;
des vols nombreux ont été commis, des crimes, depuis
longtemps projetés, ont, hélas! été mis à exécution; et,
pour couronnement de l'oeuvre abominable, à l'aide.du
pétrole dont l'action destructive est si prompte, si dif-
ficile à arrêter, des bandits payés par la Commune, ex-
cités par ses chefs, ont mis le feu à ses plus beaux
monuments, laissant où ils passaient la désolation, les
ruines et la mort!... Paris a vu ces choses épouvan-
tables, et il n'a pas eu la résolution ferme, à l'abri de
toute indécision, de toute faiblesse, de s'opposer énergi-
quement et soudainement à ces excès, à ces crimes, à cet
incendie immense dont la lueur a, pour ainsi- dire, éclairé
la France tout entière.
« Paris a assisté, calme et impassible, au spectacle
hideux donné par la Commune, il n'a donc plus, il ne
peut plus avoir le droit de s'appeler Capitale. Trop d'hor-
reurs ont été commises dans son sein. Et quels souvenirs
terribles s'éveillent dans l'esprit ! Paris a, depuis long-
temps, mérité le châtiment de ses infamies et de ses crimes.
Qu'il cesse donc d'être la Capitale de la France, et que
cette décapitalisation nécessaire soit en même temps la
justice, la vengeance du pays, et l'espoir de la paix publi-
que, de l'avenir sans guerre civile ensanglantant le sol
sacré de la patrie !... »
Que disent les autres? Ils disent — sinon dans la
forme, du moins dans le fond: — « La décapitalisation
peut être le rêve favori de certaines personnes, d'un
certain parti même, mais la majorité des citoyens fran-
çais repoussent et repousseront toujours cette idée. Paris
a pria une certaine part à,un mouvement insurrectionnel
heureusement écrasé et anéanti à l'heure qu'il est. C'est
vrai. Mais, puisqu'un triste état de choses n'existe plus,
il ne faut point passer son temps à discuter un titre —
Paris doit être comme par le passé Capitale de la France,
— mais à rendre prompts l'expédition des affaires et le
rétablissement des services publics. Les intérêts finan-
ciers, à défaut des intérêts politiques, exigent que le
siége du gouvernement soit transféré dans ce centre
immense et fécond de production et de travail. L'As-
semblée, dit-on, veut infliger une leçon à la capitale
naturelle de la France. Singulier moyen, n'est-ce pas?
de faire les affaires du pays.
« A l'heure critique que nous traversons, il faut que
Paris soit puissamment aidé à se relever, à guérir ses
plaies, à renaître, pour ainsi dire, à sa véritable vie. Et
pour qu'il puisse se relever, se guérir, revivre, il faut
qu'il redevienne un centre politique, industriel, finan-
cier, artistique, etc., etc.
» Paris a commis des fautes et des crimes. Et cepen-
dant, pour la condition sine quâ non de sa résurrection
complète et à courte échéance, il faut qu'il reste Capi-
tale. »
Tels sont le pour et le, contre de la question posée dans
les journaux et les conversations.
Que conclure ?
La question peut paraître facile à résoudre à certains
esprits, et pourtant elle présente, à mon sens, quelque
difficulté.
Sans aucun doute, ceux, qui disent que Paris est in-
digne d'être désormais la Capitale de la France, ont de
bonnes raisons à alléguer, des preuves convaincantes à
fournir ; mais, toute médaille à son revers, toute règle a
ses exceptions, et l'on peut fort bien, comme j'ai essayé
de le faire ci-dessus, soutenir le pour et le contre de toute
question, et en particulier de celle qui m'occupe en ce
moment.