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Paris justifié, contre M. Mounier ([Reprod.]) / par M. Louvet de Couvrai

De
55 pages
& chez les marchands de nouveautés (Paris). 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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CONTRE M; MOUNIER,
Par M. LOUVET d? Gouvrai.
x<Uk*1> A R I S,
Chez M. Bailly, Libraire, rue Saint- Hcniré, vis-à-
vis la Barricte des Sergens j i & chez les Marchands
de Nouveautés.
I789.
S'il y a des partis, des cabales dfs fartons,
je les ignore. Je ne connois que l'amour de la
Patrie; je rie cède qu'à la haine que fe entte-
mis m'infpiren.
Je m'etois cependant promis de ne me mêler
de ces grandes querelle* qu'au jour où des
études plus approfondies pourroient m'avoir mé-
rité l'honrieur de paroïtre auflî dans lice;
mais un affreux manirefte efl publié le moyen de
fe taire encore ? le moyen de ne pas répondre ?
Piiil!? du moins cec efïài prématuré n'être
pas tout- à-fait inutile a mon pays Il ne fut
point je le protefte écrit dans une autre in-
A ij
PAlllS JUSTIFIE,
CONTRE M. MOUNIER.
JL/ep ui s long-temps Opprefleurs-nés d'un Peu-
pic accoutumé à les voie puiffàns de fa foiblcfîe
extrême riches de fa misère, & grands de
fa baiïe(ïè, ils ne croyent qu';V peine au réveil
de ]a Nation. Ils eirayeront encore tous fes moyens
polïibles de ramener fur nous les jours du mal-
heur & de t'opprobre; mais ce n'eft plus fur nojsre.
aveuglement qu'ils comptent, c'eft en nos divi-
fions qu'ils efperent; ils répandront de tous côtés
les foupçons craintifs & les alarmes cruelles j
ils nbufeicnt -de-la crédulité de l'homme foible
qu'ils n'auront pas befoin de feduire j i ils s'effor-
ceront de féduire l'ambitieux génie, qu'ils ne
pourront tromper. L'immodéré défir d'une renom-
méc plus grande ou des premières places, errera
quelques-uns de ceux qui dévoient être nos dé-
fendeurs la défection commencera les livre! fé-
d.iriçux paroîrronr. Hé bien qu'un nouveau ou-
rage nous anime la vue d'un péril nouveau
nous avons éclairé leurs Soldats; combattons leurs
Ecrivains. Ils ne tentent .maintenant un guerre
de plume qu'afm de .nous. fufciter une guerr^; de
En effet à qnf perfuâdera-r-on que et Ecrit
de M. Mounicr ait été fait feulement pouc fa
juftification perfonnelle ? Qui n'y verra tout au
contraire l'odieux projet d'enlever le respect des
Peuples à cette augufte Affemblée qui ï'eft dé-
vouée pour eux } & le defïèin non moins hor-
rible de foulevec les Provinces contre a Capi-
tale qui les a Sauvées ?
Afin de démafqùer plus fîtrement 1 Ecrivain
perfide nous allons le fuivre pas pa dans fai
marche infidieufe. Pour lui oppofer ur [émoi.'
gnage qu'il ne puifle jamais récurer ous ne
le jugerons que d'après fes propres aveux &:
lorfque chacun reconnoiflant M. Mounier peint
par lui-même verra quelle confiance il mérite,
nous nous impoferons une tâche airurcmen| très peu
pénible, celle de juftifier nos compatriotes qu'il
calomnie ces généreux Parifiens a qui la France
doit une rcconnoidance éternelle qui l'Eu-»
rope accorde déjà, fon admiration. ]
Lecteur attentif prenez l'Ecrit de Mou-
nier, & faivez votre guide.
Page première. Je iais donc être obligé de parler
de moi. L'obligation n'étoic pas grande; nous
croyons pourtant que pour vous obliger la rem*
Ai.j
plir on n'a pas eu befoin de vous faire beau-
coup de violence..
'• Beaucoup de bons Citoyens penferont peut tre
que j'aurols du facrifier à la Patrie l'intérêt de ma
réputation. 'Tous les bons.Citoyens le penferont fins
doute mais ceux qui étoient nos tyrans il y a. fix
mois &r quelques Egoïftes pleins d'un ridicale
amour-propre ou d'une ambition cruelle, feront
apparemment de votre avis. L'intérêt de la Patrie
eft pour ces gens-là fi peu de chofe auprès
de l'intérêt perfonnel Au refte je ne vous dirai
pas fi rous vos efforts pourront faire mainten nt
que votre réputation devienne plus mauvai e
tout ce que jÊ crois pouvoir' vous affûter, c'eft
qu'un ouvrage incendiaire ne la rendra pas meil-
leure,
Page 2. Je n'écris pas pour exciter la diùfion
des Provinces. Non pas leur diyifion mais l<:ur
réunion contre. la Capitale que vous dételiez
parce qu'elle a deux fois fauve l'Empire.
il n'écris point pour contribuer au retour des
anciens abus. Non mais pour tâcher d'ouvr r
fût-ce même par la guerre civile une immenfe
carrière à des abus nouveaux. Apurement on ne
peut tendre a des réfultats plus louables, ar
des moyens plus doux.
Et ce n'ejl pas celui qui dans le temps même
de la fervitude, a donné tant de preuves de Jbn
amour pour la liberté, que l'en pourrait foupçonfycr
de vçuloir je rendre l'gpôtre du defpotifme } £/c.
Quoi feriez vous donc le premier homme qu;i
avec des talens du courage Se de l'ambition fe
feroit élevé contre le defpotifme dans cet K-
poir, qu'avant de recourir aux moyens vioiens
(
pour le forcer au filence, les tyrans eflàyèrcient
de l'y déterminer par des considérations de fur-
tune & de grandeur ? Seriez'-vous le premier ? Et
fans avoir befoin de fouiller dans les annales de
l'Hiftoire n'avons-nous pas vu de nos jours tel
homme qui S'étoit un infant rendu l'idolo de
la France, mériter prefque auflî-tôc d'en deve-
nir l'horreur? M. Meunier, quiconque corinoît
les hommes» ne fe hâte pas de les juger fut d:-s
faits ifolcs, fur quelques a&es éclatans de ,leur
vie avant de départir fon eftime ou fa haine,
il veut voir le tableau complet de leur conduite
<ÊjKuTÙner la rna(Te entière de leurs actions. M.
Mounier vous rappelez à vos Citoyen ce que
vous fûtes fouffrez qu'on leur apprenn ce que
vous êtes c'eft alurs qu'ils prononceront fur
vous.
Je n'écris pas non plus pour cenfurer les ré-
folutlcns de l'AJfemblée Nationale. Non pa toutes,
mais les plus importantes mais celle qu'une
rtès-gtande majorité a eu l'impertinence de con-
facrer malgré ce que vous appelez vos opinions
pArticulieres, qui ne font probablement ri m moins
que vos opinions, mais' celles qui nous donneur
les premieres bafes d'une Conftitution fupétieme
ta Conftitution de tous les peuples.
Pa^e 1. J'écris pour la vérité &, pour a liberté*
Vous écrivez pour le menfonge &r pour l'arif-
Oh comme il doit être content de lui-même
l'EcrivAin, débonnaire qui prêt à commencer
un Ouvrage d'avance prôné par certaines gens
eft, de peur qu'on ne s'y méprenne, réduit faire
des déclarations paceitles à celles que nous ve-
A iv
nous de rectrefl^r: des déclarations qui vous avt c-
tifTent d'abord devons tenir fnr vos gardes des
déclarations à la vérité defq uelles on ne peut pi as s
croire, dès qu'on 1 lu feulement vingt pages
de fon dangereux Ecrit, dangereux fur-tout p
fa fau(Te modération
Page 5 nous voyons que M, Mounier voj-
loit honorer l'Aflemblce Nationale de ce titre
très-impofant, très-noble La majoritédes Députt s.
Page 6, il convient avec la modeftie d'un Auteu
que la rédaction de M. l'Abbé Sieycs faire fuc
la motion de M. le Grand, pouvoit être fais
doute préférable la fienne; &c quelques lignes
auparavant, il vient d'être forcé d'avouer qu'il fit
une répgnfe négative. Ainfi dès lors & da s
une circonfiance infiniment importante M. Mo i-
nier facrifia l'intérêt de fes Commettans à f n
exceflif amour propre. M. Monnier fans doute
a des talens mais n'y avoit il que
dlns l'Affemblce Nationale ? Se depuis qu'il s'on
efi: hor.teufemeht retiré, n'y voyons-nous pas en-
cote des hommes de génie ? Au refte, nous .ai-
rons plus d'une fois lieu d'examiner fi NI. Mou-
nier ne niettoit que de amour-propre a repouf-
fer les opinions d'autrui.
Page io remarqu-îz que dans le rapport quj'il
avoit été chargé de faire par le Comité pour dé-
terminer l'ordre du travail, M. Mounier fe hâjra
de parvr l'Affembléc de la néceffué de Lnffcr m
Roi toute la puiffarxe néceffaire pour te, bonheur
de la Nnàori. Mais qu'enrendoit M. par
cotte parafe banale équivoque utile à toutes
les pallions applicable fans doute aux opinions
des plus ardens défenfears du Peuple; mais auiïl
(V)
très-favorable aux entreprifes des pattifans de
l'ancien régime ? Qu'emendoit-il ? préparer Il'
(emblée aux defpotiquss difpofitions du beau pro-
jet de Conftitution qu'il avoir de loin médite.
Et quel plan 'de travail propofoit i c;k;i
qu'il regrette encore celui que les ennemis du
^Peuple n'ont cefle de regretter la difcujfwn des
différentes parties de la Conjl'uuûon dens ^ous
les Bureaux à la fois &̃ par chaque femaine trois
Séances générales feulement.- Voyez page il.
Page i Un des Membres propofa d former
un Comité^ de huit préparer un
plan de Cor.fntution èc je m'y oppofai de ious
mes efforts, Ce- Le faic ci, vrai^ 1 'NI. Monnier s'y
cppoi'a mais qu'il nous permette de di e pour-
quoi. Déjà fûr de qu'il exer-
çoit dans fon Burean il tiêmbloit Jié{ .nmoins
que fes partifaris ne fc tiouvaflTent trop foibles
pour le porter au Comité propofé. M.Mounier
'hifle voir ici quelle crainfe l'agita, quand il
de chaiger 'l'ordre du travail; il
fc garde bien d'avouer quelle fur fa joie, quand
il fe vit l'un des élus.' Au refte nous fommes
avec" .lui de l'avis des Commifjaires qui avaient
cru qu'il fercit dangereux de confiera un Comité
le foin de rédiger un plan de ConftituYion, Voyez
Nous penfons qu'on fit alors une faute capi-
tale fur laquelle M. Mounier garde un pm-
de,nt iîîence ce fuç dé compofer de huii| Mem-
bres feulement un Ccmité de cette importance.
Nous convenons que la défection de huit Dépu-
tés n'eft pas même préfurnable mais fi' 1a cor-
ruption d'un fcul eft phyfiquement poffible n'eft-
(9)
il pas trop peu prudent de ne lui oppofer q
fept coopccateuis ? D'ailleurs ne devoit-on p s
craindre que huit Membres, ainfi détachés du
grand Corps, ne portaflènt par des motifs diffÉ-
rens, dans leurs conférences particulieres des
principes contraires au vœu général qu'infen-
fiblement ils ne fubftituaflent peut-êtie mètre e
avant de s'en erre apperçus l'efpric de
à l'efpfit public qu'enfuite ils défendilïcnt leur
ouvrage avec cette chaleur paternelle malad e
très-ordinaire aux ^ens d'efprit avec cette ira
cible opiniâtreté qui diftingue les
Publiciftes? Sans doute, ce fut un grand mal qt e
l'élection de huit Membres préparateurs privilé-
giés du grand oeuvre de Conftitiuion. Ce flic
un tnal plus grand que l'admilïïoii de M. Moi-
nier dans ce Comité il y porta t'amour immo-
déré de fes Ecrits & fon admiration prétendue
exclure pour le Gouvernement Anglois. Cepeiv
dant la révolution s'avançoit M. Mouniec r
volté contre elle s'obitinoit à reflet en arrière.
Il avoir, depuis quelque temps, irrévoc.ibleme îc
marqué le terme de nos conquêtes, & contre
lesévéneméns il avoit dit à la Liberté Vo
viendrez expirer là.
Aufiî les ennemis de la Conftitution, dès qu'ils
craignirentdene pouvoir plus l'empêcher, accou-
rurent fe rallier en foule autour de celui qui vo(4-
loit du moins nous donner la forme de Goh-
vernement la plus propre à fàvorifer le procha in
rétabli-TeiTient de leurs prétentions iniques. Que
d'efforts ils tentèrent enfemble pour que nobs
enflions deux Chambres deux Chambres Quand
l'Hydre de l'Autocratie, feulement étourdie d'Un'
(10)
premier coup menaçoit d'écrafer la Patrie ttiif-
fante; quand la divihon des Ordres n'étoit pas
effacée jufque dans fes moindres traces qiu nd
de gothiques préjugés fubfiftoient dans to te taur
force; quand la Philofophie n'avoit pas encore
intimement convaincu tous les hommes q.i'il n'y
a de véritable Noblefle, que celle du mSritej &
de la vertu deux Chambres
Lifez page & fuivante, depuis ces mots:
dans la Séance du foir j jufqu'à ceux-ci la, motion
que javois faite. Le dernier des deux para graphes
n'eft pas le plus' mal-adroit de l'Ouvrage. Avec
un peu d'attention pourtant l'on découvre que
l'Auteur le médita dans le double defein de
préparer des calomnies contre le Peupl de la
Capitale, Se de fe dérober aux reproch din-
conféquence & de contradiction qu'il a bien
fenti qu'on ne manqueroit pas de lui fai e. Que
fi, malgré tant de fages précautions quelqu'un
s'obftine à demander comment il fe peut que le
même perfonnage qui maudit maintenant avec
tant de fureur la féconde révolution, ait pour
ainfi dire fandifié la première je réponis que,
s'il eût impolitiquement gémi des premiers fuc-
ces de l'intrépidité parifienne, M. Mouni;r de-
venant tout coup trcs-fufptft eût d'avance
averti chacun de fe tenir en garde con re fon
chef-d'œuvre tfonftituttonnel provisoirement dé-
creté dans plus d'un Conciliabule je jeponds
que quiconque veut aller à tout recherche les
places honorables pour arriver aux portes! utiles;
& qu'un ambitieux, quand il a dans l'A (fembléa
Nationale des partifans bien venus ia .Cour,
doit naturellement calculer qu'il lui feia très-
( il )
polTible de s'élever au. fancenïl de la Préfidenoe,,
pour atteindre enfuite au porte-feuille tninillénel.
Ce ne fut donc pas en fe faifant une extrême
violence que le t 5 Juillet d la vue de la af
tille détruite M. Mounier ne réfifta pas un'
fentiment de joie. Mais le moyen de fe contr.in-
dre Itx femaines -.près ? le moyen de pardo:ner
a cttre imprévoyante A (Temblée, qui avoir rejeté
fes plans; à ces factieux trop clair-voyans ,a]iÛ
croient ponr contrarier fa marche la découvrir
a la journée du 6 O&obre fur-tout à cette fa-
talc journée qui ne fattva la France qu'en re;i-
vèrfant à jamais toutes les efpérances d'un futur
Cliaixelier ?
Obfervez encore avec quelle adre/î'e ,dans le Pa-
ragraphe fiuvanr ces mots La défection des tiou-
pes le trouvent ac'colés aux mots pillage s cjfcffl-
tnus j renverfement de l'ordre public. Quand ou
y avance que des fcélerats eurent befoin d'employer
fuader à des Soldats François qu'avant d'acte
Soldats ils font Citoyens on devroit, cerne 4,m-
ble, donner au moins quelques preuves. Qui ne
fait pris au contraire que très heùreufernont
pour l'honneur & le falat de la Natiou, le ra-
triotifme des troupes fut la caufe premierei de
ce qn'il convient à M. Mounier d'appeler leur
défc£ion?_
Eilo étoit inquiétante cette défection Audi
M. de Lalty-Tollendal ce \élé Citoyen qui pof
fede la véritable éloquence de la vertu ( c'eft M.
Mounier, qui l'anure, page M. de Lally-»
Tollendal fe hâta t il de propofer une Pro-
clamation, dont l'heureux effet eût été d'empè-
(
cher les troupes de fe déclarer dans «ftte c/f-
confiance in6niment critique où pour fa uver
l'Empire, il falloir abfolument qu'elle fe dé-
claraient dont l!hèureux effet eût encore' été
de remettre aufli-tôc tcutes les forces du Pou-
voir exécutif entre les mains des confeils |per-
rides dont le Monarque étoit tonjours eiivircjnné.
Que nous devons de reconnoiflance à M. Mou-
nier qui s'emprefla d'appuyer le projet de ette
Déclaration que nous devons de haine a M. de
Mirabeau, qui vit le piège, le fit voir ifc lé d=-
truicit Au réfle nous ne, doutons pa qite le
vertueux M. de Tollendal cercle Citoyen ni
de (on côté va folliciter la guerre civ te dans
un vercueux Livre déjà prôné par Ces vertueux
amis qui l'attendent impatiemment, ne rende avec
ufitre, à fon vertueux Panégyrilte les éloges de
vertu que celui-ci lui prête.
Page x;. Ze Comité m'irvpita à joindre à ce pro-
jet l'expofé des prérogatives royales. Il faudroit
encore prouver que cette invitation vous ut faite
par tout le Comité; jufque-à nous croirons
qu'elle yous vint de M. l'Archevêque de Bor.
deaux qui, quelques jours après fut a pelé au
Miniftere ou plutôt 6c fans aucune comparai-
fon, de ce vertueux M. de Lally qui < ft main-
tenant Neufchâtel, rêvant aux moyens e mettre
fa Patrie à feu & à fang.
Et puifque nous fommes forcés d'égayer de fi
noirs tableaux, lifons, à la page de plai-
fantes définitions des mots flagrant dilit & cla-
meur publique. Suivant M. Mounier pour que
Villenox eût quelque raifon d'artéter M. de
Béfenval il faîloit que tout Paris courut, à
(M )
toutes jambés, après la chaife de poile de ce
brave Officier en criant A l'aflaflin Nous ne
hommes pas étonnés que M. Meunier ait té
dans l'Aflemblée Nationale, interrompu par des
huées le jour qu'il s'y permit des s fi
neuves mais ce que nous admirerons toujours
c'eft l'inconcevable courage d'uahomme d'esprit,!
qui peut férieufeftyenc le jouer ainfi de l'atien-j
tion publique &,du fens commun. Nous nérousj
laiïerons pas de le dire il fàlloit que M. Mou-
nier fût d'ailleurs déterminé par de bien puif-;
fantes conûdératio"s. Quoi qu'il en foit, puif-
qu'il eft ici question de M. de ficfenval nous re-
marquerons que fi cet Officier Général fort des
priions du Châtelet presque absous, comme r ous
le croyons, il ne manquera pas du moins d re-
partir incontinent pour la Suifïe; car c'eft lé en-
dez-vous de tous ces Meilleurs. Quel plaifir il aura
d'y rencontrer M. de Ifcilly Nous ne dou ons
pas que le vertueux Officier ne fournifle un irès-
beau chapitre au Livre édifiant que le vert eux
Député prépare.
Quelquefois, par la bonté de fes Confeils M.
Mounier s'élevort à la hauteur de fes raifonne-
menp. Cherchez-en, dans la page x j un éclatant
exemple. Il avoit conjiamment demandé plujteurs
fois qu'on fit un tour général d'opinions 3 avant
de voter. Admirez combien il étoit fidèle ce
principe dont il a comme par hafard jeté l'c-
nonciation, a la page qu'il 'ne falloït pas ntfttre
le fort d'une grande Nation au hafard des délibéra-
tions précipitées. Nous devons avouer que M. Mou-
nier s'y prenoit bien. Comment donc nous' au-
rions eu ,,par chaque femaine un décret, pour
le mions; & partant la Conftïmtioiî dans une
cinquantaine d'années Beaucoup de gens au-
roient pu trouver le temps un peu !on ais
aulll pluiîeurs l'auroienc encore jugé trop coirt
& M. Mounier dira qu'on ne peut pas conten-
ter tout le Monde.
Pape 16. Les bureaux offroient Jur-:out. une
grande r.ejfource oui, fans dôme une i^nde
reilôurce aux Aristocrates. M. Mounier, 1 onsfai-
ions profclîîon de le croire îi'étoit pas du nombre
de ceux qui vouloient totit-à-fait détruire la falie
de l'AfTc-mblce mais il avoir imaginé de ferinetà
peu près Tes portes. Il ne tint pas à lui que lions
n'euîîions par femaine uois Séance; pubîi-
Ques au lieu de douze & qu'aux Alfemblées
générales on ne les Bureaux dbnc l'in-
vention lui p·aroîc fub'ime.
Dans le temps il lui fut objecté, corrmeil le
Ivîembre,
trcs-foiivetit redoutable'par fa véracité cacique,
ne devoi't-il pas alors Uf.1nt de mqjps d mc'na-
gement, repréfenter fans derour, que la pré Pence ce
tous les citoyens aux délibérations ne paroîrjoit plus
fi défirable aux uns, quand elle deviendront moins
importune aux autres que.ceux-là du nioins ne
dévoient pas être les plus fnlpe&s au Peuple, qui
n'appréhendoient jamais les regards; quel© Public,
il les Bureaux ctoient maintenus ne pourroic
y exercer fa furveill.uice linon toujours ne-
cdTaire, du moiiii qudquefois utile j qu'il ne
Maintenant neuf.
( s*
pourroit dans les occafions majeurs, enc u-
rager les bons Soutenir les foibles étonner
les médians; que dans les Comités privés cer-
taines gens auroient befoin de moins de cent-
rage pour foutenir certaines opinions; qu'enfin, j
s'il étoit polïîble qu'il arrivât quelquefois crez
nour ce qu'on voit trop communément cl ez
un Peuple voilîn que des loix onéreufes aux
Dcpurans fufîent entre les Dépmcs & le Qou- j
vernement pour ainfi dire paffées l'amiable
femblce générale J'établifîèment des Bureaux
étoit fans doute merveilleufement propre à a-
vorifer ces a&es de ténèbres & d'iniquité.
Il eft vrai qu'auflî tôt un autre Membre pre-
nant, contre la raifon du préopinant & pour l'in-
térêt de M. Meunier la parole eût pu.dire Je
conviens de tour ce que vous alléguez; mais conne-
nez auffi que fi dans le demi er cas, tout-à-1'hei re
fuppo:é le Peuple étoit quelquefois léfé par c es
adies d'avance convenus aux Bureaux & bient t,
fans aucune oppofition métamorphoi'és en Loix
dans la Séance publique, il feroir. bien dédom-
magé, par le plailîr de remarquer dans les -A<Tem-
blées générales moins de tumulte & par confé-
quent plus de dignité j qu'il n'auroit plus la do'u-
leur d'y voir ces débats orageux fur lefquels des
efptits chagrins & défians prétendent que la li-
berté de l'Empire repofe ces combats indécens
d'un prétendu patriotifme contre des paüïons vrai-
ment nobles; ces victoires fi long-temps disputées,
fi difficilement obtenues tout au plus bonnesj à
prouver l'incorruptibilité du plus grand nombre
des athlètes.
(̃?*)
Convenez fur-tout ( ici l'Avocat de Mou-
nier eût finguliérement renforcé fa voix ), ccnve-
nez qu'un ambitieux de quelque adreffe ik de
quelque éloquence qu'on le fuppofe doué;, ne
pou tuais gouverner l'Afiembléo eniiereauflî
facilement qu'un Comité de trente personne;
que tout au contraire l'Orateur de chaque Bureaux
deviendra pronipteroent fon defpote que| des
lors ce fera le fujet véritablement précieux dont
la Cour devra fe hâter d'acheter les latent, à
quelque prix que ce foit.
Voilà tout ce qu'auroit pu répondre le défen-
fer.r des Bureaux & delvl. Mounicr t ais nous
'ne fortunes point du tout furpris qu'il ne t'ait
pas ofé.
Page 27. Je crois qu'il n'eût pas été moins cou~
rageux&qu'il eût été plus utile que M. Tnouret eût
refijiéùjis ennemis CI les eût bravés. A cepafiage,
admirez encore l'adrelfe de 1 Ecrivain. S'il n'a-
voir ici blâmé M. Thouret d'avôir fur a técla-
mation de quelques Membres refufé a préfi-
dence comment fe feroii-il juftiiïé lui même
de l'avoir ftoïquement gardée malgré l'efpece de
furprife faite à prefque tous ?
Page 30. Dans la Séance du 9 Août 3 onpro'
pofoit de nommer un Comité pour furveiller l'emploi
de l'Emprunt & d'établir une Caijfe Nation4le. Sans
doute l'ctabliflement de ce Comité n'étoif p« ri-
goureufément néceflaire, pulfque nous avions à
la tête des Finances un Miniftre qui, par la ce.
putation de fon intégrité s'étoit concilié; la con-
fiance générale mais ne reftoit-il plus auprès du
Trône .d'avides Courtifans? Ne pouvoit-il pas aï«
river' qu'en cette rencontré comme en beaucoup
d'autres,
( I?)
B
d'autres, M. Necker du encore 'la douleur e
fe voir forcer la main ? Ceux donc qui parloie t
de prendre des précautions confeillées par u
févere prudence, ne dévoient pas être accufés de
prétendre à la réunion de tous les pouvoirs dans
l'Affemblée. On nanroit pu leur adrefler ce re-
proche, que s'ils euffent propofé, de faire e
ce décret très provifoire un aaiçle conflit Pt-
lionnel.
Au refte M. Mounier, ce qui fit qu'alors n
eut encore lieu deremarquer que votre doc7rine étoit
royalifie ( voyez page e i ) c'eft que d'avance vcus
combattîtes avec infiniment de chaleur l'établ if*
fement d'une Caiffe Nationale c'eft que v us
prîtes une peine exceflive pour exagérer les triis-
foibles inconvéniens de la féparation des deux
Tréfprs & pour atténuer les dangers'de leur
confullôn. Quoi qu'il en foie vous commettez 'ci
une grande erreur cette étrange doctrine ne ut
pas dans le temps, qualifiée royalifte mais rni-
niftérielle on vit bien que dçji par précau-
tion vous défendiez l'une de vos plus, uti es
prérogatives.
Le lendemain vos paternelles intentions fe ma-
nifefterent- plus fenfiblemënt encore il étoit que
tion de faire un dicret pour protéger la tranquillité
publiqut ( page t ). Mais ce jour où les infti-
gareurs d'une abominable confpiration contre! la
ibertc de vingr-dx millions d'hommes vinrent,
les armes à la main menacer de fa destruction
prochaine une des premierts villes du monde
cet affreux jour n'étoit point afTez éloigné pour
que toutes les âmes ne fuffent pas encore tour-
meniées de l'horreur de fon fouvenir.; Il falloit
fur-tout que des hommes de fangqoi pour rap-
per la Patrie avoient blasphème le non de fon
Chef fupreme ne purent déformais, fpus aucun
prétexte renouveler leurs entrcpiifes doiible-
ment facriléges. Il falloit que les troup s, oefti-
nées punir des brigands incendiaires ne 'puf-,
ïent pi", être commandées contre des Citoyens
patriotes. La fureté de chaque individu & le fa-
lut de tout l'Empire impofoient donc i l'Affem-
blée Nationale l'indifpenfable devoir d'ordonner,
que les armées ne marchatlci»t qa'à fa réquisi-
[Ion. Mais afin d'échapper à touce cenfnre, afin
xqne les panions de M. Mounier, qui avoient
juré de ne plus jamais prendre confeil descir-^
Vonftances ne puffent pa« accufer l'AfTemblée/
Nationale de vouloir commander Us troupes elle
fe contenta de décréter les formules de ferment pro-
pofées par M. Mounier lui-même. Il eft vrai que
pour prévenir toute furprife, elle crut evoir y
joindre un amendement pour exiger là prefence des
Officiers municipaux amendement que M. Mou-
nier rappelle ici très-légèrement;'amendement
dont il fe montra fouverainement mécontent,
lui Se quelques autres perfonnes inçonfolabîes de
voir la puiflance militaire » déformais eichaînéc
pour le mal, libre feulement pour te bien.
A la page $ 3 il daigne convenir qujs lorf-
qn'ori discuta le premier article -de la rameufe
déclaration tous les hommes nailfent égaux en
droits ce fut lui qui s'oppofa l'ad-
dition du mot demeurent. Enfuite par une phrafe
',qu'il s'eft efforcé de rendre naïve, il ajoute
• faut croire qu'on a voulu parler des droits na-
< I?)
Bij
turtts. Reconnoiffez la bonne foi de M. Mo*
nier, qui voudioit avoir l'air d'en douter délie-
rez l'injuftioe de beaucoup de peffonnes qui jugèrent
fon obfervation contraire J la liberté*.
Mais c'eA fur-tout â la le&ure du paragraphe
fuivant que M. Meunier va vous caùfer de
grandes furprifes c'eft-là que vous vous péné-
trerez pour lui de cette profonde eftiine, qu'où j
doit quiconque offre dans fa perfonne l'accord
très rare d'un talent fupérieur & d'une excrète
bonhomie. Qui de nous aurait jamais cru
qu'avec un mot un feul mot il étoit pof-
fible de détruire, fans le vouloir les deux plus
beaux articles de 'l'arrêté du 4 Août ? Voili
pourtant ce qui faillit arriver a M. Meunier.
Comrne on fe difpofoit, dans la Séance du
déclarer tous les Citoyens admidîbles î ux
emplois civils & militaires M. Mounier, f;»ns
malice aucune propofa d'ajouter ces mots
filon teur capacité. On les adoptoit de confiance,
quand quelqu'un mal-à-propos vinc réfléchir
que cette éxpreflion, capacité, paroitfbit va^;ué.
Se fufceptible de plusieurs interprét^ions. M.
Mounier ne s'en croIt furement pas apperça
car il n'en avoit encore rien dit cependant
il foutint alors ouvertement que ce mot ca a-
cité étoit feut convenable de quelque marnière
qu'on l'entendît. Il foucint qu'il n'y avoir de
talens efttmables que ceux des gens qui rai-
foient fortune & de vertu folide que la
vertu des riches; qu'en bonne moràle & en
bonne politique par conféquem on ne devait
chercher des Adnuniftrateurs & des Magiftràts
que dans la clafle, des Pfopriétairfs & des
̃(.*<>̃)
vertueux que qu.ind on pollede plus ou polfede,
plus on eft vertueux.
Or maintenant Lecteur attentif la ifiStz
dans toute leur étendue les admirables effets de
ce petit mot capacité. Par lui, tous les Citoyens
admiflibles fe trouvoienc réduits à la millième
parcie des habitans du royaume; par 1 i potre'
véoale Mjgiftrature étoit à peu près rétablie il y
avoit pour l'avenir cette feule différence qu'au
lieu de vendre leurs charges aux riches nous
aurions eu l'indicible plaitir de les leu donner.
Eh bien concevez-vous l'entêtement de toute
une Afî'emblée qui, pour décréter ces mots
inlihnificatifs & drcourageaus fans utre dif-
iinèïoh que celle des vertus & des talens repouti.1-1
la capacité de M. Meunier, &, poui comble
d'iniquité, l'accufa de vodloir établir
des oc pour
lui cria: Hier on a décidé que nous étions tous
égaux & aujourd'hui il voudroit rétablir l',négalué\
ce que c'eft pourtant que d'être tout à 1. fois bon
homme & homme tl'efprit à combie de dé*
£agrément cela nous expofe!
Pige j4 & fuivante. Les efprits commencoient
à s'agiter fur la fameufe qué/iion-. de lu fonction,
royale. Nous ne Suivrons pas l'Ecrivain prolixe
dans fa fatigante apologie du veto nous
remarquerons feulement qu'après dijx grands
jours de .difeuflion l'Ajremblée décréta par
appel nominal ik à une fort grande plura-
lité, que très- piobabiement les Cc»feils;du Roi,
préfens & futurs n'auroient pas à eux feals plus
de lumières plus de J^gefle plus de patriotisme

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