//img.uscri.be/pth/7b69cbff3c95c2361b0bbb6afc8e659138770cbe
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Paris ou Versailles capitale de la France ?

9 pages
lib. générale (Paris). 1871. France (1870-1940, 3e République). In-8 °. Pièce.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

PARIS
ou
VERSAILLES
CAPITALE DE LA FRANCE?
Prix : 40 centimes.
PARIS
LIBRAIRIE GÉNÉRALE
Dépôt central des Éditeurs
BOULEVARD HAUSSMANN, 72 , E T RUE DU HAVRE
VERSAILLES :
Chez A. Bernard.,
9, rue de Satory.
BRUXELLES :
Office de Publicité,
46, rue de la Madeleine.
Juillet 1871
Tous droits réservés.
PARIS
ou
VE RSAILLES
CAPITALE DE LA FRANCE?
Quelques députés à l'Assemblée nationale—leurs noms, d'ail-
leurs, fort peu connus, pour la plupart, ne font rien à l'affaire
— viennent de déposer une proposition de loi ainsi conçue :
ARTICLE UNIQUE.
« Une commission de 15 membres sera chargée d'étudier
immédiatement les moyens de pourvoir d'une façon convenable à
L'INSTALLATION DES DIFFÉRENTS MINISTÈRES A VERSAILLES. »
Le nom de Paris n'est pas même prononcé dans cette proposi-
tion. C'est cependant de Paris surtout qu'il s'agit; c'est lui que
l'on veut atteindre. La proposition n'a pas d'autre objet que de
lui retirer le rang, les attributions et les droits de Capitale de la
France, ce qui serait parfaitement réalisé si les Ministres, le
Gouvernement et l'Assemblée nationale étaient définitivement
fixés ailleurs.
Ils sont dix-huit qui ont signé la proposition ; mais, ce qui
est plus grave, c'est qu'elle réunit, assure-t-on, l'adhésion
d'un grand nombre de membres de l'Assemblée : nous ne vou-
lons pas croire, comme ils s'en vantent même, que la majorité
soit avec eux. C'est déjà un fait assez exorbitant qu'un pareil
projet ait pu se produire sans rencontrer aussitôt d'éclatantes
protestations.
Ont-ils réfléchi à ce qu'ils font, ces destructeurs inconscients qui
veulent anéantir Paris? Ont-ils reconnu la portée et les consé-
quences immédiates de l'oeuvre qu'ils entreprennent? Compren-
nent-ils l'étendue et la gravité des questions qu'ils soulèvent,
des ruines qu'ils préparent ? Un fou brûle le temple d'Ephèse :
2
et tout est dit: il n'a détruit qu'une magnifique oeuvre d'art, et
légué son nom à l'exécration de la postérité. On veut frapper
Paris : et l'on ne sait pas que c'est l'oeuvre de dix-huit siècles
que l'on renverse, toute une civilisation que l'on détruit. On
veut punir une ville, hélas! déjà bien horriblement éprouvée; et
l'on ne se doute pas du mal immense que la résolution prise contre
elle ferait à la France entière. On n'a rien étudié. On n'a réflé-
chi à rien. On sort d'une crise terrible, et l'on songe à en préve-
nir le retour ; mais la peur, aveugle et mauvaise conseillère,
croit avoir pourvu à tout en retirant à Paris ses principaux
éléments de force et de vie, et l'on ne sait pas reconnaître la
douloureuse atteinte que l'on porterait, du même coup, à la
force et à la vie de la France.
Remarquons d'abord que l'accusation dirrigée contre la grande
ville, pour motiver une aussi fatale résolution, ne se fonde que,
d'une part, sur des faits accomplis ; d'autre part, sur des prévi-
sions, des craintes pour l'avenir.
Les faits accomplis qu'invoquent les adversaires de Paris ne
sont pas tous, grâce à Dieu, de la même nature aux yeux des
hommes impartiaux et des amis des libertés publiques. La Révo-
lution de 1789 et le triomphant soulèvement de 1830, acclamé par
tous les départements en même temps qu'à Paris, qui y a pris
pourtant la part la plus décisive et la plus glorieuse, ces grandes
révolutions politiques qui ont fait la France nouvelle et l'ont cons-
tituée l'initiatrice active des idées libérales auprès de tous les peu-
ples, qui ont changé, en effet, la face de l'Europe, qui ont eu des
retentissements dans le monde entier, qui restent l'éternel honneur
de Paris et de la France, ne sont pas confondues, nous d'imaginons,
avec les convulsions anarchiques qui ont marqué les journées san-
glantes de 1793, les terribles journées de juin 1848, et les jours
lamentables qui se sont écoulés depuis le 18 mars dernier. Ce
sont ces journées seules qui font peser sur Paris de honteux et
douloureux souvenirs.
Eh bien! nous le disons avec une ferme conviction: ni ces
exécrables attentats, ni leurs causes fatalement exceptionnelles
ne peuvent plus se reproduire. Les traces lugubres et les maux
cruels qu'ils viennent de laisser après eux n'en permettent plus
le retour. Que si de vagues inquiétudes subsistent encore dans
quelques esprits, on peut y opposer des affirmations fondées sur
l'examen attentif de la situation actuelle et sur son caractère in-
contestable. L'Assemblée nationale, M. Thiers, les ministres et
les populations, si épouvantablement éprouvées, sont unanimes