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Paris sauvé, ou Récit détaillé des événemens qui ont eu lieu à Paris, depuis le dimanche 12 juillet 1789, une heure après-midi jusqu'au vendredi suivant au soir ([Reprod.])

37 pages
[s.n.]. 1789. France -- 1789-1799 (Révolution) -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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ni
ll*o- îcoy
ou
qui eu li u h
Paris, depuis le Dimanche iz
Juillet une hetcre après-
midi
au foir.
( 3 )
A i.
C I T
depuis le Dimanche u Juillet ij2§ u4e
heure après-midi juf qu'au Vendredi fuivakt
eu foi/:
AVANT -PROPOS NÉCESSAIRE
AUX PARISIENS.
Il fera réfervé à peu de perfonnes de
peindre avec les véritables traits ThiUoire
fidcle des evénemens à jamais fameux
qui ont eu lieu à Paris depuis fix jour On
ofe en préfenter rcfquiffe.
Il eft impoflible de donner fur le champ
un récit exact & détaillé ce feroit n un
jour vouloir écrire fhifloire d'un fiecle.
Ceft à vous courageux Panificns, brave3
concitoyens libérateurs de la France et>
tiere, qu'un Parifi¿n offre cette efquifle
acceptez en l'hommage? puifle-t- il dé-
mentir à jamais cette renommée de lége-
r,eté squi pouvoit attaquer votre goik èc
vos modes, mais .qui n'a jamais flétri votije
coeur fidèle à votre Nation & à vos Roisi
Apres ces jours d'inquiétude de
foins qui avoient occupé Paris & la France
entiere après le rétabliflement inefp ré
fubit de M. Necker après la réunion de
de tous les Ordres qui ctimpofent l'Aflem-
blée Nationale le Royaume fembloi t'ref-
pirer mais les troupes qui depuis quel-
ques jours s'approchoient de Paris, dont
une partie vint camper dans, le 'champ
de Mars, & le jardin de la Muette
avoient renouvellé les inquiétudes les
alarmes. En vain l'Affembléé Nationale
&voit-elle dans des Arrêtés pleins d'éyergié
fupplié le Roi de vouloir les éloigner Sa
Majoré qui les croyoit utiles pour la' u an-
Aj|
»<juillité publique troublée depuis long.
tems, ne eroyoit pas devoir déférer' à leur
Dans la journée du Samedi r JvCilI|et
les la Fayette, les Clermont Ton ier|e
tous les héros de la liberté avoie fait
entendre leur voix, & l'Aflèmblée Natio-
nale cherchoit à pofer la pierre fondamén-
tale delà conflitution françoife, Jamais un
plus beau jour n'avoit précédé une journée
plus funepe.
La bande ariflocratiquc qui avoit ji fque&
là renfermé dans la nuit la
temetit l'étendard. leur tête
des Princes, que
meux par leurs excès & (ë^rs défordres j le
lâche Breteuil avoit fu cacher plus habile-
ment fes perfides devins; il étoit fuïvi
de l'horreur des Provinces, du traitant le
plus affamé de l'odieux Foullon. Le Ma-
réchal de Broglie i^enoit à la tête d plus
de mille hommes, mettre la Nation aux
(6 )
fers; la plus grande partie de ces troupes
venoit inonder la Capitale^ & Ver failles.
Tout étoit prêt les poignards & les gibets
attendoient les malheureufes victimes des
tyrans les plus cruels dont l'Hifto re du
monde entier ait jamais retracé les lu-
rcurs.
Le Dimanche vers une heure après-
midi, Paris apprend la nouvelle du départ
de M. Nè'cker. Ce Minillre avoit eu dans
la journée du Samedi fous le fecau du
fecret l'ordre d'attendre l'heure à laquelle
on fixeroit l'on départ. Vers les dix meures
du foir il fe rend à Saint Oucn avec
Madame Nccker qu'il initruit alor de la
caufe de (on départ il y trouve une voi-
ture qui fcmmcnc à Bruxelles Paris étonné
ne peut croire à cette nouvelle des
courriers induits de plus de détails con-
firmant, l'alarme fc répand dans la Ville.
Dans l'après dïnée les promenades des
champs Elifécs & des Tuileries etoient
aflez nombreuses fur les fept à huit heures
du foir on. voit accourir le Prince de
( 7 )lt
A4
Lambefc à la' tête d'un corps du Rédiment
Royal-Allemand .& de quelques dragons,
Il répand l'alarme dans la place de Louis
XV furieux égaré, le fabre à la maitij
il pane à la tête de fa troupe le pont-leVis
des Tuileries tout fuit en détordre yn
feul homme aflez âgé eft frappé du fabte
par le Prince, on crie de baiffer le pont,
& la troupe effrayée qui s'étoit avancée
jufqu'au pont-levis retourne, & repafle le
pont à l'infant. Les foldats fe répandent
bientôt dails la place de Louis XV on les
accable de pierres, ils font une décharge
qui ne blcffe perfonne. Bientôt Paris en
alarme apprend avec effroi l'arrivée des
troupes Allemandes qui la menaçoient de
toutes parts le pcuple s'ameute fe porte
en foule vers les fpeclacles qu'il fait
à l'infant fermer force les boutiques s des
armuriers & s'arme à la hâte. T ut le
Fauxbourg & la rue Saint-Honoré f rem-
pliflent d'hommes armés la nuit vient
& c'efl avec beaucoup de peine que les
Citoyens peuvent fe retirer chez, eux. La
(3)
aûgmentoit à chaque moment} o fônne
le tocfin toute la nuit, il règne un bri-
gandage affreux on brûle plufieurs car-
rières & on pille les Peres de Saint-
Lazare dans !e fauxbôurg Saint*Deni4. Le
jour fait voir bientôt la populace qui
cômmettoit les plus grands détord es. j Au-
cune boutique n'eft ouverte excep é celles
des Boulangers qui, vers les dix îeures
avoient 'difiribué tout le pain qu'ils avoient
cuit; cette diftribution eil faite f ns piW
lage..
Les EleOeurs & le Corps de Ville s'aft
femblent; oh compofe un Comité perma^
rient, à la tête duquel on nonme le
Prévôt des Marchands deux Ec revins,
quelques Membres du Bureau de li Ville
& quatorze Electeurs. Chaque qui
clan' Paris, avoit nommé les Electeurs pour
parvenir à la nomination des Députés aux
Etats Généraux aflemble au/li tôt les
Habitans de chaque quartier. On y forme
des Cbrrntês & chacun fe fait enrcgmrer
(9)
pour la garde bourgeoife. On y envoie lé'
plus d'armes que l'on peut avoir dans les
maifons bourgeoifes; £c vers les fept heures
du Soir chaque diftricl pouvoit compte au
moins deux cens hommes, la plupart armés:
& ayant une cocarde verte que tout icj
monde s'empreffe de porter à l'inflant.
Dans le même tems les Gardes-Frin-
çoifes, que la caufe publique intérelïbit
depuis long-tems & qui avoient reçv de
la part du peuple des preuves certa nes
d'attachement, fe réuniffent à chaque dif-
tria; tous fortoiént de leurs cafernes &
s'empreffoient ^Ic fe mêler dans les pa-
trouilles. On remarque auflï un grand
nombre de Suites des foldats du Régi-
ment de Provence & de Vintimille qui
venoient fe ranger fous les drapeaux Pa-
rifiens..
On avoit arrêté à la Ville, dans Ta près-
dîriée des articles pour la formation de
la Milice Parifienne, & on avoit décidé
que chaque membre qui la compoferok
auroit pour marque diftincltve les couleur
( io )
de la Ville & que chacun portero en
conféquence la cocarde bleue & rouge.
Cette couleur fut adoptée, & tout le monde
quitta la cocarde verte, de funefie couleu
Vers lefoir la populace s'étoit retirée fat
guée de pillage, & la nuit fe paffa aflez tran-
quillemént, au moyen des gardes boureeojU
fes qui difhibuées dans les dilTérens uat-
tiers, rataient des patrouilles exactes
Mais le jour qui devoit éclairer le cou-
rage & la lâcheté la vertu patriotique
& les meurtres & les
(inats eommençoit h paroître dès fix
heures du matin chaque Diftri£t sétoit
affcrnblç & s'empreflfoit à mettre plus
de conduite dans fes gardes faourgeôifes;
on enregiftroit les noms de tous ccu qui
s'y poitoient en foule. On voyo t les
Citoyens de toutes les claires, nobles &
roturiers, mêles confufément, demander
avec ardeur des armes de toute cipece.
Chacun s'enipreffoit d'obéir à ceux qui
s'offroient pour commander, & les rues
de Paris iie' pr'éfentoient que des Citoyens
( Il )
armés,, marchant dans le meilleur ordre
cinquante mille. Cependant le Comité er
manent cherchoit en mêmeiems à aiTurei1
la tranquillité dans la Ville & à prévenir
l'arrivée des troupes qui mçnaçoient Paris
On arrêtoit à chaque moment les Cou ier£
qui y arrivoient de toutes parts, & Ici
herfonnes fufpecles qui cherchoient en
fortir. Ou formoit des Comités particuliers
oîi l'on agitoit des queftions que les fôup-
çons & les inquiétudes faifoient naître.
On commençait enfui à épier la conc uite
du Prévôt des Marchands on y 'toit
autorifé par les promettes clu'il faifeit à
chaque moment de fournir des arm à
chacun des Dirtricls qui cnvoyoi en
foule a la Ville pour en demander &
que l'on amufoit toujours. Les jeunes i^ens
de la Bazoche du Palais & du Chat let,
qui s'étoicnt réunis, furent envoyés hez
les Chartreux qui devoient, dit-on, leur
fournir des armes; mais ce fut inutilement;
on vifita par.tout, & l'on n'en trouva point.
Aufli-tôt on cherche tous hs moyens de
( n )
s"en procurer, & l'on force bientôt 1 Hôtel
des Invalides on y trouva plus de trente
millc armes, en fufîls épées & fibres
plus de cinquante mille hommes s'y etoient
portes J & tous fe difputoient & s'arra-
choient les armes. Les vainqueurs rega-
gnoient leurs quartiers & ceux qui |ne
purent fe procurer des armes aux Inva-
lides, allerent piller le Garde Meuble j
ces armes, précieufes par leur ancienneté
ou leurs richcJîcs, que l'on y con crvoit
avec tant dé foin, furent bientôt enlevées.
On amenoit auflî lès canons des Invalides
que l'on plaça fur les ponts & aux bar-
rieres.
Il étoit important de prévenir les tell*-
gences fecrettes que les chefs du complot
abominable pouvoicnt entretenir dans
Paris on murmuroit déja les no s dc
Bcrthier dcSâuvigny (i), deFlelTellcs & du
Gouverneur de la Baftille. Ces agciis fe-
(i) Les foupçons fondés fur de Sauvîgny viennent de
fe confirmer d'une manière éclatante il a été artlté à
Compiegne & eft amené fous Cure garde ï Puii» où
ocr l'attend aujourd'hui mardi se.
( li,)
condaires recevoient d'heure en heure des
avis importans de l'arrivée d'un plus £rand
nombre de troupes,' dont les campernens
n'étoient pas encore décidés.
Déjà l'on avoit furpris des armes d s
munirons de toute efpèce qui arrivoient
de toutes parts; deux bateaux charg de
poudre & de Salpêtre avoient été pr au
Port Saint-Nicolas. Des Couriers arrêtés,
des convois d'armes furpris à Montreuil,
& dans les environs de Montmartre, tout
annonçoit que Paris avoit befoin pour
étre fauvé, des plus gtands coups d'éclat.
Cependant le quartier du fauxbourg
Saint Antoine agitoit de s'emparer de la
Bastille on tournoit autour de ce fort
pour voir les moyens que l'on prendroit
pour l'affiéger. Le peuple, qui s'y p rtoit
en foule, augmentant à chaque moment
on commençoit à prendre des mefures
tfui certaines. On amena trois canons,
l'on fit entrer dans la première cour
'qui fett de paiïage de la rue Saint Antoine
à l'Arfenal. On vouloit l'èntremne de
pleurs Notables pour demander' que