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Pétition pour l'abolition de la traite des noirs, adressée à la Chambre des députés par un grand nombre des principaux négociants et citoyens de la ville de Caen. (10 avril 1824)

8 pages
Impr. de Crapelet (Paris). 1824. France -- Colonies -- Histoire. In-8 °. Pièce.
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PETITION
POUR L'ABOLITION
DE LA TRAITE DES NOIRS,
ADRESSÉE A LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS
PAR UN GRAND NOMBRE DES PRINCIPAUX NÉGOCIANS
ET CITOYENS DE LA VILLE DE CAEN.
MESSIEURS,
LES Soussignés avaient vu dans les lois du 30 mars
1815 et de 1818, l'abolition absolue de la Traite des
Nègres. Il leur avait semblé que la moindre disposition
législative, qui même n'aurait pas dû être nécessaire,
aurait suffi pour empêcher un crime, que réprouvent
également l'humanité, la morale, la religion, et dont
les coupables sont généralement flétris par l'opinion
publique.
Aussi, lorsqu'à la dernière session la pétition de plu-
sieurs des citoyens les plus recommandables de Paris
leur a démontré que la Traite se poursuivait et prenait
même de l'accroissement, les Soussignés ont été étonnés,
humiliés et désolés de voir que les accusations portées
par les puissances étrangères contre le pavillon français
étaient réellement bien fondées.
Voyant que la conscience publique était pénétrée
d'une juste indignation contre les auteurs de ce crime,
dont le châtiment retombe sur tous les Français par le
mépris universel qu'il accumule sur leur tête, les Péti-
tionnaires crurent qu'il leur serait superflu d'adresser
( 2 )
aux Représentans de la nation l'expression formelle de
leurs voeux individuels.
Cependant, comme l'immense et respectable majo-
rité des Français n'a eu dans la Chambre, qui doit être
son organe, qu'un petit nombre de mandataires pour
combattre la Traite, et qu'au contraire cette caravane
de marchands de chair humaine appelés négriers, s'y
est trouvée pourvue de nombreux protecteurs, qui in-
dubitablement ignoraient la fréquence de ce crime, les
horreurs dont il est la source et la volonté de l'a nation
pour qu'il fût réprimé, les Soussignés croient qu'il est
de leur devoir d'hommes, de citoyens, de chrétiens,
de faire connaître authentiquement à la Chambre quels
sont leurs voeux à ce sujet et sur quoi ils sont fondés.
Pour en venir à demander des lois efficaces sur la
Traite à la place du fantôme de législation qui la con-
cerne , les Pétitionnaires n'ont pas besoin de démontrer
que ce trafic est un crime contre l'humanité ; tout le
monde sait qu'il commence par la guerre civile, le bri-
gandage, l'incendie, le rapt, et qu'il a pour conséquences
la torture morale et physique, l'esclavage, le désespoir
et la mort des Africains innocens. Ils ne rappelleront
pas non plus que ce crime est contraire même à l'in-
térêt public mercantile : les économistes les plus re-
commandables l'ont démontré, et l'heureuse expérience
des colonies anglaises vérifie déjà cette honorable et
salutaire démonstration.
Enfin les Pétitionnaires se dispenseront encore de
rappeler que ce trafic de chair humaine est un outrage
monstrueux à la Religion chrétienne, qui dit : Ne faites
pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'ils vous
fissent. Eh! qui de nous en effet voudrait que les Africains
vinssent chez nous exciter et fomenter la guerre civile,
ravager et incendier nos villes, massacrer nos pères
et nos enfans, nous charger de fers, nous transporter
dans leurs propriétés lointaines pour nous y réduire à la

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