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Plantes des Alpes et des Pyrénées, gravées et enluminées ... Par M. V.***... 1er cahier

De
20 pages
impr. P. Provost (Paris). 1792. 40 p. ; in-fol..
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VAN HAVÉRE 1962
PLANTES
DES ALPES ET DES PYRENEES,
GRAVÉES ET ENLUMINÉES;
Avec l'indication des Claffes, Ordres, Familles & Genres, où elles
font placées dans les Syftêmes & Méthodes de TOURNE FORT,
LINNE, & M. de JUSSIEU.
L'exposé de leurs Caractères Génériques; une Description complette de chaque plante;
leurs synonymes; le temps de leur floraison; leur durée; les lieux où elles croissent
naturellement; leurs Propriétés et Usages; leur Culture: avec quelques ap perçus
sur les effets et contrastes pittoresques de celles qui peuvent servir à l embellisse-
ment des Jardins Anglois, etc.
PAR M. V
La nature n est jamais si belle, ni si admirée, que lorsqu'elle est connue.
FONT NELLE.
Par Cahiers in-folio de 10 Planches, à 12 livres le Cahier,
PREMIER CAHIER.
1. GEUM montanum. 6. RANUNCULUS aconitifolius.
2. GENTIANA lutea. 7. TROLLIUS Europaeus.
3, asclepiadea. 8. PYBOLA rotundifolia.
4. DAPHNE mezereum. 9. SPIRAEA ulmaria,
5. CYCLAMEN Europaeum. 10. DIGITALIS purpurea.
A PARIS,
De l'imprimerie de P. PROVOST, rue Mazarine, N°. 1709.
Et se trouve,
Chez ROYEZ, Libraire, Hôtel de Bullion, rue J. J. Rousseau.
M. DCC. X C I I.
I
GEUM Linné. Icosandrie Polygynie. GEUM ou BENOITE.
GEUM. Jussieu. Généra. Plantarum. Classe XIV. Dicotyledones Polypetales.
Etamines Perigynes. Ordre X. LES ROSACÉES,
CARYOPHYLLATA. Tournefort. Institut. Rei Herbar. Classe VI.
FLEURS ROSACÉES.
CARACTÈRE GÉNÉRIQUE.
CALICE. Périanthe monophylle , a
dix divisions ; les découpures alter-
nes plus petites , et aigues.
COROLLE. Cinq pétales arrondis ;
les onglets étroits, aussi longs que le
calice sur lequel ils sont insérés.
ETAMINES. Indéfinies; les filamens
sont subulés, aussi longs que le ca-
lice sur lequel ils sont insérés : les
anthères sont arrondies.
PISTIL. Les ovaires nombreux ras-
semblés en tête , les styles insérés à
l'un des côtés de chaque ovaire, très-
longs et velus ; les stigmates simples.
PÉRICARPE. Nul ; le réceptacle
commun des semences est long, velu,
et inséré sur le calice.
SEMENCES. Nombreuses , compri-
mées , hispides , oblongues , ter mi-
nées par une arête , genouillée, for-
mée par le style , qui est persistant.
ESPÈCE
GEUM montanum Lin. GEUM ou
BENOITE de montagne. Geum flore
inclinato , solitario , frutu oblongo ;
aristisplumosis, rectis. Lin.Sp. Plant.
717. Murray , p. 480. Caryophyllata
pinnis confectioribus , extrema subro-
tunda, tubis rectis. Haller, Hist. Stirp.
p. 336. Caryophylîata; Alpina, lutea.
Bauh. Pin.422. Caryophyllatamontana.
Camer, Epit. 727.
La figure représente la plante de gran-
deur naturelle.
Description. Cette plante est vi-
vace. Sa racine est un peu fusiforme
et fibreuse, elle pousse un grand nom-
bre de feuilles toutes radicales, un
peu pétiolées , pinnées en Lyre , les
obes sont velus, dentés, l'extérieur
es t beaucoup plus grand, incisé ;
elle ne produit pas de tige, mais seu-
lement des pédoncules uniflores, qui
partent immédiatement de la racine:
garnis dans leur longueur, d'une ou
deux feuilles , simples, incisées et
de ntées , qui sont sessiles , ou bien
elles ont un pétiole très-court, ac-
compagné à sa base de deux stipules,
qui lui sont adhérentes de chaque côté.
Ce pédoncule, qui est long de cinq à
six pouces, se termine par une grande
et belle fleur jaune doré , qui a un
pouce de largeur dans son évasement;
elle offre un calice monophylle à dix
divisions, lancéolées , un peu réflé- |
chies, dont cinq sont alternativement
plus courtes et plus aigues. La corolle
est composée de cinq pétales ovales,
échancrés, insérés sur le calice par
leur onglet (par erreur dans l'une
des fleurs de la figure, qui d'ailleurs
est excellente, ils sont entiers au lieu
d'être échancrés ). Les étamines sont
en grand nombre insérées sur le ca-
lice; leurs filamens sont subulés, et
portent des anthères jaunâtres et
oblongues, qui ont deux loges, les pis-
tils sont en grand nombre attaches à
un réceptacle commun, supérieur, qui
est oblong et velu, chaque ovaire a
un style long et droit inséré à l'un de ses
côtés, le stigmate est simple-, l'ovaire
qui est nud, devient lui-même la se-
mence, qui est oblongue et applattie,
terminée par une arête très-longue,
genouillée et plumeuse, formée par
le style qui est persistant.
Floraison. Elle fleurit au mois de juin .
Lieux où elle croit Aux Pyré-
nées, près de Barèges, sur les mon-
tagnes qui bordent les charmantes val-
lées de Campanet d'Argelès, sur celles
du Dauphiné, de la Suisse et de l'Au-
triche.
Vertus et usages. Sa racine est
odorante, mais un peu moins que la
Benoite vulgaire ( Geum urbanum ) ;
elle est peu d'usage en médecine, les
habitans des Alpes s'en servent comme
astringente , et l'emploient dans la
médecine vétérinaire.
Culture. Sa beauté peut la faire
placer dans les parterres qu'elle or-
nera dans le printemps ; elle se mul-
tiplie facilement de graine ou de plant
enraciné; elle se plaît dans LA terre de
bruyère , et dans un lieu exposé à
l'ombre où au nord.
Cette plante a les plus grands rap-
ports de ressemblance , par sa gran-
deur, son port, et le détail de toutes
ses parties, avec le Dry as Geoides ,
qui est originaire du Kamschatka, et
qu 'on cultive de même dans les jardins,
ces deux espèces forment les chaînons
qui unissent ces deux genres , et dé-
montrent par là , la modification gra-
2
duée, et l'harmonie éternelle (i), des
formes que la nature a imprimées à
chacun des êtres qui composent son
immense tableau.
Cette plante charmante, qu'aiment
à trouver arec tant de plaisir , dans
les lieux de sa naissance , les Bota-
nistes qui ont l'ame sensible, et qui
préfèrent l'étude de la nature vivante,
a une aride nomenclature , et à en-
tasser des squelettes dans un herbier,
que se plaisent à admirer, les Voya-
geurs qui vont visiter les sommets des
Alpes, pour y observer loin des hom-
mes du tumulte du monde et des
passions les sublimes beautésde la
nature : ce n'est que là que l'imagi-
nation, agrandie par l'immensité des
tableaux, donne à la méditation un
caractère de profondeur, qui répand
dans l'ame un calme et une sérénité
qui, comme le dit J. J. , nous fait
éprouver des plaisirs moins dores.
Placée par la nature dans la ré-
gion des glaces et des frimats, elle
lui a refusé la grandeur de la taille;
mais elle l'a bien dédommagée par
l'élégance des formes , la decoupure
et l'abondance de son feuillage, par-
mi- lequel la lumière se plait à faire'
jouer la variété de ses reflets ; sa fleur
émaillée du plus bel or ,ne semble
déployer tant de richesses , que pour
célébrer la fête des nombreux et for-
tunés époux, qu'e lle renferme dans
son sein. Chez eux, comme souvent
chez les humains , le lit préparé
par. l'Hymen, devient le tombeau de
l'amour. Alors l'humble support de
tant d'apprêts qui paroissoit par mo-
destie, se dérober a tantde gloire, fier
de sa fécondité, et d'être le nourri-
cier des fruits nombreux de ses amours,
s'élance dans les airs, pour confier aux
vents, les enfans ailés qui doivent un
jour transmettre la vie à d'autres, et
perpétuer l'espèce.
GENTIANA, Linné. Pentandrie Digynie. GENTIANE.
GENTIANA, Jussieu. Genera Plantarum. Classe VIII. Plantes Dicotyledones
monopétales. Corolles Hypogynes. Ordre XIII. LES GENTIANES.
GENTIANA, Tournefort. Institut. Rei Herb. Classe Fleurs campaniformes.
CENTAURIUM. Classe II. Fleurs infundibulif ormes.
CARACTÈRE GÉNÉRIQUE.
CALICE. Périanthe persistant, mo-
nophylle , à cinq divisions oblongues,
droites et aigues.
COROLLE. Monopétale , campanu-
lée , ou infùndibuliforme quelque-
fois en roue ; le tube imperforé a sa
base ; le limbe , partagé en cinq di
visions écartées et planes.
ETAMINES. Quatre ou cinq; les fila-
mens sont subulés, plus courts que
la corolle; les anthères oblonçues,
ordinairement distinctes;, adheren-
tes entr'elles dans quelques espè-
ces.
PISTIL. L'ovaire est supérieur,
oblong, cylindrique, aussi long que les
étamines ; deux styles très-courts ,
ou presque nuls ; deux stigmates
ovales , et écartés.
PÉRICARPE. Une capsule oblon-
gue, conique, aiguë, bifide au som-
met , uniloculaire , et bivalve.
SEMENCES. Nombreuses, petites,
attachées à deux réceptacles adhé-
rens , longitudînalement aux bords
de chaque valve.
ESPÈCE.
GENTIANA lutea , Lin. GEN-
TIANE jaune , ou grande Gentiane
Lamarck , Dict.Encyc l.
Gentiana corollis subquinquefidis ro-
tatis, verticillatis ; calicibus spathaceis.
Lin. Sp. Plant. 329- Miller Dict. n°. 10
et leon. t. 139 Scopoli. Flor. Carn. 2.
n°. 298.
Gentiana floribus lateralibus confer-
tis, pedunculatis ; corollis rotatis. H ort.
Clin. 80. Flor.Suec. 201, 227. Mater.
Medica, 110. Roy. Lugd. 432. Sauv.
Monsp. 136.
Gentiana Haller. Hist. Stirp. Helv.
n°. 636.
Gentiana major lutea , Bauh. Pin.
187. Tournef. Instit. Rei Herbar. 80.
Rai Hist. 716. Moris. Hist. 3, p. 484,
sect. ri. t. 4, f. 1 , Sabbathi Horf.
Rom. 1 , t. 13.
Gentiana vulgaris major , Hellebori
(1) Malgré notre admiration pour l'illustre
Linné , nons n'adoptons pas son opinion sur les
plantes hybrides qu'il a regardé comme des es-
pèces nouvelles , formées par le contours de deux,
espèces distinctes, le raisonnement sur l'analogie
des plante* , appuyé de l'observation , nous a
convaincu de l' impossibilité de ces fécondations
incestueusés! Nous croyons, à la perpétuité des
espèces, et que nature qui suit des loix cons-
tantes et uniformes dans la reproduction de cha-
cune d'elles, n'auroit pas attendu du hasard, la
création de nouvelles espèces.
3
albifolio , J,Bauh. 3, p. 520. Gentiana
Clus. Hist. i, p.311. Dod. Pemp. 342.
Camer. Epitom. 413. Gentiana major,
Lobel. Icon. 308. Asterias. Renealm.
Specim. 63.
La figure représente la plante , pro-
portionnellement réduite à un quart de
sa grandeur naturelle.
Description. Sa tige est annuelle ,
mais sa racine est vivace; elle est très-
grande, ( quelquefois même de l'épais-
seur du bras), longue et divisée,char-
nue , spongieuse, brune à l'extérieur,
jaunâtreà l' intérieur,d'une odeur aro-
matique, et d'une saveur très-amère -,
la tige s'élève à la hauteur de trois à
quatre pieds ; elle est droite , simple,
cylindrique : Ses feuilles inférieures
sont pétiolées, ovales, nerveuses,
d'un verd jaunâtre, longues d'un pied
à dix-huit pouces, très-ressemblantes
à celles de l'Hellébore blanc. ( Vera-
trum album ). Les Caulinaires sont
ovales, lisses , nerveuses , connées et
sessiles. Les fleurs sont disposées en
faisceaux dans les aisselles supérieu-
res ; elles sont nombreuses , de ma-
nière qu'au premier aspect, elles pa-
roissent verticillées; chacune est por-
tée sur un pédoncule simple , long
de quatre à six lignes, qui supporte un
calice monophylle membraneux , ou-
vert d'un seul côté, jusqu'à sa base,
en manière de spathe. La corolle est
monopétale , en roue, ou eu étoile,
divisée profondément en cinq ou huit
segmens oblongs, pointus , de cou-
leur jaune, parsemés de points bruns
extrêmement petits. Les etamines, au
nombre de cinq , sont distinctes , les
filamens sont subulés , et portent des
anthères oblongues et droites. Le pi-
til a son ovaire supérieur oblong et
cylindrique , le style très-court , et
presque nul , terminé par deux stig-
m ates applatis et écartés. Le péri-
carpe est une capsule oblongue , uni-
loculaire et polysperme -, les semen-
ces sont planes , orbiculaires , et at-
tachées longitudinalement au bord de
charpie valve.
Floraison. Elle fleurit pendant tout
le mois de juin, et au commencement
de juillet.
Lieuxoù elle croît. Cette belle plante
se trouve en abondance sur les Pyré-
aiées , les montagnes de l'Auvergne ,
du Dauphiné, de la Provence, des
A osges,aux Alpes, et sur les monts
Apennins-, en Autriche, et jusqu'au
fond de la Norvège et de la Laponie.
Vue observation intéressante que nous
avons faite sur sur cette plante, c'est
qu' elle ne croît que sur les montagnes
une hauteur moyenne, et que nous
ne l'avons jamais trouvée sur les
hautes Alpes. La région que la na-
ture lui a fixé pour sa station, en-
tre le quarante-quatrième et le qua-
rante-septième degré de latitude ,
c'est l'espace ou la zone qui est entre
huit ou neuf cens toises d'élévation
au-dessus du niveau de la mer (1).
Vertus et usages.Tournefort a vanté
l'usage de l'eau distillée de cette plan-
te entière , contre les fièvres inter-
mittentes ; sa racine entre dans pres-
que toutes les compositions officinales
qu'on emploie comme amères et for-
tiliantes , telles que les élixirs stoma-
chiques , la thériaque, les confec-
tions,etc. Avec l'écorce d'orange amè-
re, elle fait la base du fameux élixir
de Stoughton, dont l'efficacité est re-
connue comme stomachique et fébri-
fuge.
Cette racine est tonique, vermifuge;
stomachique et fébrifuge. On l'a van-
tée comme propre à suppléer le (Quin-
quina :du moins il est certain qu'avant
la découverte de cette précieuse écor-
ce, la Gentiane étoit regardée comme
le spécifique des fièvres intermitten-
tes; on l'emploie avec succès dans l'a-
tonie , et pour empêcher la dissolu-
tion des humeurs. Elle est échauf-
fante aussi on l'emploie comme cm-
ménagogue. A l'extérieur, on s'en
sert comme détersive et antiseptique}
su qualité spongieuse lu rend très-
utile pour dilater les plaies et les ul-
cères sinueux, et préférable à l'éponge;
préparée,en ce qn'elle réunit à sa
propriété dilatante , celle d être anti-
septique. Autrefois elle étoit d'un
grand usage dans les armées ; son
nom lui vient de Gentius roi d'Illy-
rie , qui en faisoit usage, et la mit
en vogue.
Culture. Dans les jardins , on la
multiplie de semenceset de plans en-
racinés , qu'on place dans une bonne
terre, mais à l'ombre, Car elle ne
rut souffrir l'ardeur du soleil :. pour
conserver pendant l'hiver, elle
exige les mêmes soins que la plupart
des autres plantes Alpines ; c'est-à-
dire , les couvrir l'automne , avec des
feuilles sèches, et quelques rameaux
d'arbres , afin de les préserver des
dégels de l'hiver , et dès bises dessé-
chantes du printemps.Si l'on desire de
plus amples détails sur sa culture, on
peut consulter l'excellent dictionnaire
de Miller.
Cette magnifique plante , l'une des
(1) Cette hauteur augmente progressivement
au sud, et diminue de moine du côte du nord, de
manière pouvoir être réduite en tables de pro-
gression. Un pareil tableau indiqueroit -de nou-
veaux phénomènes de la Physiologie végétale ;
mais il manque encore à la botanique et à la
physique.
4
plus grandes des Alpes , est une de
celles que la nature s'est plu à em-
bellir , en lui donnant la grandeur de
la taille , l'élégance des formes , la
variété des proportions : aussi est-elle
bien digne de la description poétique
qu'en a fait le chantre des Alpes ,
l'illustre Haller : « Là la noble Gen-
tiane élève sa tête altièreau-dessus de
la foule rampante des plantes vulgaires
Toute une cohorte fleurie se range
sous ses étendarts : même son hum-
ble soeur(1), parée de ses couleurs de
bleu céleste , semble s'incliner de-
vant elle , et venir lui rendre hom-
mage. L'or de ses fleurs est formé en
rayons : ils embrassent sa tige ; ses
feuilles , rayées d'un verd tendre,
brillent du feu d'un diamant humide;
et par l'accord le plus heureux, la
nature suit en elle la plus juste des
loix ; elle unit la vertu avec la beau-
té : un beau corps renferme une ame
encore plus belle.
SECONDE ESPÈCE.
GENTIANA Asclepiadea Lin.
GENTIANE Asclépi de. Lamarck ,
Fl. Franc. Dict. Encycl.
Gentiana corollis quinquefidis, cam-
panulatis , oppositis sessilibus , foliis
amplexicantibus. L. Sp. Plant. 329.
Murray, p. 267. Miller, Dict. n°. 3.
Jacqum , Flor. Austr. vol. 4, t. 328.
Gentiana asclepiadis folio. Bauh.
Pin. 187. Tournef. Institut. Rei Her-
bar. 80. Moris. Hist. 3, p. 384. Raj.
Hist. 717. Barrel. Icon. 70.
Gentiana folio asclepiadis vulgo
crédite J. Bauh. 3 , p. 523. Dasyste-
phana. Renealm. 67. Gentiana 2. cae-
ruleo flore. Clus, Hist, p, 312. Gentiana
Haller. Hist. Stirp. Hel n. 640,
La Figure offre un Rameau de gran-
deur naturelle.
Observation. Dans l'ordre des rap-
ports , cette espèce diffère,beaucoup
e la précédente , mais elle offre la
plus grande affinité avec la. Gentia-
ne croisète et celle à feuilles de sa-
ponaire ; elle diffère des autres espè-
ces de son genie , par ses anthères,
qui sont adherentes ; les pistils. dont
es styles sont très-longs -, les stig-
mates simples , obtus et adhérens ,
les semences planes et membraneu-
ses : caractères qui la rapprochent
de la famille des Apocynées , et dé-
montrent l'analogie immédiate oui
existe entre cette famille et celle des
Gentianes , dent cette espèce paroit
être le chaînon intermédiaire qui les
unit.
Description. Sa racine est vivace ;
elle forme une souche fibreuse , de
laquelle il s'élèveplusieurs tiges sim-
ples, hautes d'un a deux pieds, cylin-
driques,creusées dans les entre-noeuds
de chaque côté , par un sillon formé
de deux lignes décurrentes, qui sont un
prolongement de la feuille. Les feuil-
les sont sessiles , opposées, amplexi-
caules , ovales , lancéolées , acumi-
nées et nerveuses , assez semblables
par la forme et la disposition , à
celles de l'Asclépiade dompte venin ,
dont elle a emprunté le nom spéci-
fique. Les fleurs sont grandes, et ont
deux pouces de longueur : elles sont
sessiles , et opposées deux à deux
dans les aisselles inférieures des feuil-
les,et fasciculées dans les sommités des
tiges; elles ont un calice monophylle,
persistant, campanulé, long de six à
sept lignes , pentagone , entier ( 1 ),
couronné par cinq dents très-étroi-
tes , subulées et écartées. La corolle
est campanulée d'une belle couleur
bleue, pentagone : l'extrêmité est di-
visée en cinq segmens lancéolés et
fort courts; elle est sillonnée dans sa
longueur , par des nervures qui se
terminent en se ramifiant dans chaque
segment, et parsemée dans toute son
étendue , de points glanduleux , re-
marquables , même lorsqu'elle est
desséchée. Les cinq étamines sont in-
sérées au fond de la corolle , leurs
filamens sont subulés , portent des
anthères droites , longues de cinq à
à six lignes , oblongues, à deux loges,
blanches , et adheréntes entre elles.
Le pistil, aussi long que la corolle, a
son ovaire supérieur oblong, coni-
que ; deux styles longs de six à sept
lignes, filiformes, terminés par deux
stigmates simples , obtus et rappro-
chés.
La capsule est oblongue , unilocu-
laire, bivalve et polysperme ; les se-
mences sont planes , orbiculaires , et
bor dées d'une aile membraneuse ; el-
les sont imbriquées, et attachées aux
bords de c haque valve.
Floraison. Elle fleurit en juillet et
août.
Lieux où elle croît. Sur les monta-
gnes des Pyrénées, du Dauphiné, de
la Provence et de la Suisse, où quel-
que fois elle descend jusques dans
les plus profondes vallées , mais tou-
joursà l'ombre des grands arbres. On
l'indique aussi comme une plante de
la Mauritanie , etc.
Culture. On ne peut qu'être étonné
que cette belle plante ne soit pas enco-
re cultivée chez les amateur s, et placée
( 1 ) Gentianapratensis foliis amplexicaulibus Flo-
ris fauce barbata. Hall Enum. Strp. Helv. p.
(1) M. de la Mark Eneycl., dit que le calic e
est fendu d'un côté jusqu'à moitié, Dans les diffé-
rentes contrées où nous avons observé cette plante
vivante, nous avons toujours vu le calice entier,
et pas tendu ; le* beaux exemplaires desséchés que
nous en possédons, offrent le même caractère.
5
2
dans les grands parterres, dont elle
feroit l'un des plus beaux ornemens :
ses tiges élevées,nombreuses,quoique
simples ;1a multitude , la grandeur de
ses fleurs, d'un beau bleu, forment des
groupes dont l'effet seroit admirable
dans les jardins paysagistes , sur-tout
près des ruines , à l'ombre des cy-
près , et autour des tombeaux. On
peut la multiplier de graines , ou de
plant enraciné : celle-ci est moins
délicate que la précédente ; mais
si on lui donne les mêmes soins , on
eu sera bien dédommagé.
C'est dans le temps que l'astre qui
vivifie la nature , darde avec plus de
force ses rayons sur notre hémisphère,
que cette plante , semblable aux Nym-
phes et aux Dryades de la fable, étale
ses modestes beautés dans l'ombre des
antiques forêts, et semble les sous-
traire aux yeux du vulgaire prophane.
Le majestueux Sapin, dont la cime
audacieuse brave le ciel et les saisons,
dont la longue existence le rend spec-
tateur des nombreuses générations ,
que le temps entraîne avec rapidité
clans la nuit du néant, et même des
révolutions qui changent Les desti-
nées , et la face des empires ! Il con-
temple avec plaisir l'humble beauté
dont la bienfaisante nature , en la
plaçant à ses pieds , le fit son pro-
tecteur.
Il agite ses nombreux rameaux , il
émeut son feuillage , pour faire naî-
tre le zéphyr , qui doit rafraîchir et
caresser le charmant obj et qui, vivant
près de lui, orne sa solitude.
Avec quel plaisir nous nous retra-
çons les idées et les sensations déli-
cieuses que nous éprouvâmes, en ob-
servant cette plante, sur les rians co-
teaux, dont la nature a orné, comme
d'un amphithéâtre, les rives du beau
lac de Genève , et couronné les vo-
luptueux bosquets de Clarens. A sa
beauté , à la modestie de sa parure ,
nous crûmes voir transformée en elle
l'amante de St. Preux ; et que , sous
une autre forme, elle vivoit toujours
en ces lieux ! Nous y interrogeâmes
l'ombre errante et toujours passionée
de l'amant de la tendre Julie, dont la
flamme céleste n'a pu s'éteindre avec
la vie. L'éloquent désespoir de cet
amant malheureux , fit tourner nos
regards à l'opposite , sur les roches
escarpées de la Meillerie , qu'il com-
paroit au rocher de Leucate : nous
vîmes comme lui , que le rocher est
fort haut, et l'eau tres-profonde.
CYCLAMEN, Linné. Pentandrie Monogynie. CYCLAMEN.
CYCLAMEN, Jussieu. Genera Plantarum. Classe VIII. Plantes Dicotyle-
dones Monopétales. Corolles Hypogines. Ordre I. LES LYSIMACHIES.
CYCLAMEN, Tournefort. Institut. Rei Herbar. Classe II. Fleurs infun-
dibuliformes.
CARACTÈRE GÉNÉRIQUE.
CALICE. Périanthe monophylle ,
arrondi, persistant , semi-quinque-
fide : les découpures ovales.
COROLLE. Monopétale -, le tube est
globuleux , du double plus long que
le calice ; le limbe est grand , réflé-
chi , divisé en cinq : les découpures
sont lancéolées.
ÉTAMINES. Cinq-, les filamens sont
petits , insérés dans le tube de la
corolle-, les anthères sont droites ,
aiguës, et rapprochées au haut du
tube.
PISTIL. L'ovaire est arrondi ; le
style est filiforme , droit, plus long
que les étamines ; le stigmate est
aigu.
PÉRICARPE. Une baie ( ou capsule)
sphérique uniloculaire, s'ouvrant en
cinq valves à sommet , recouverte
d'une coque cartilagineuse et capsu-
laire.
SEMENCES. Nombreuses, ovoïdes,
anguleuses) leur réceptacle est ovale
et libre.
ESPÈCE.
CYCLAMEN Europeum. Lin. CY-
CLAMEN d'Europe , ou pain de
pourceau.
Cyclamen corolla retroflexa. Lin.
Sp. Plant, p. 207. Murray, p. 194.
Jacquin, Flora Austr. vol.5. tab. 401.
Cyclamen foliis cordâtis , corolla
reflexa. Hort. Ups. 47. Mat. Medic.
65. Hort. Cliff. 109.
Cyclamen orbiculato folio infernè
purpurascente. Bauh. Pin. 3o8. Cycla-
minus folio rotundiore vulgatior. J.
Bauh. Hist. 3, p.551. Cyclaminus odo-
rato purpureo folio. Clus. Hist. I , p.
254.
La Figure représente la plante en-
tière , de grandeur naturelle.
Description. Cette plante est vivace,