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Poème sur la guerre d'Espagne, destiné originairement à concourir au prix proposé par la Société des bonnes-lettres, par M. le Cher de Fonvielle,...

De
27 pages
A. Boucher (Paris). 1823. In-8° , 28 p..
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I
POEME s
SUR ' „
LA GUERRE D'ESPAGNE, |
DESTINÉ , ORIGINAIREMENT , C
A CONCOURIR AD PRIX PROPOSÉ \
s
PAR LA SOCIÉTÉ DES BONNES-LETTRES; |
I
De Toulouse. <*
L'Espagne est veuve <îu Mexique.
(Dernière strophe de ce Poëme.) A
PRIX : 1 FR. a5 c.
A PARIS,
CHEZ ANTHe.BOUCHhR, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
HUE DES BONS-EWFAMS, H°. 34 y
ET CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
Décembre i'8'23.
POÈME
SUR
LA.GUERRE D'ESPAGNE.
PAU M. LE CE", DE FONVIELLE,
DE TOULOUSEj
SECRETAIRE PERPETUEL DE L'ACADEMIE DES IGNORANS.
L'Espagne est veuve du Mexique.
(Dernière strophe de ce Poëmc.J
PARIS,
CHEZ ANTHe. BOUCHER, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
RUE DES BONS-ENFANS , N°. 34 j
ET CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
Décembre 1823.
Ç»
AVANT-PROPOS
LE Chevalier DE EONVIELLE avait publié, sans
nom d'auteur , au mois d'août dernier, un Poëme
intitule: LA GUERRE D'ESPAGNE, ouvrage
resté à-peu-près inconnu liors du cercle des rela-
tions de son Auteur, les Journaux ayant laissé
ignorer au public son existence.
Postérieurement,laSociété des Bonnes-Lettres a
proposé un prix de i,5oofr. pour un Poëme, de
100 à 200 vers, sur ce même sujet.
Le'Chevalier de Fonvielle ne songea d'abord
nullement à entrer dans la lice, soit qu'il crût avoir
épuisé sa matière dans sa première composition,
soit qu'il eût de la peine à concevoir la possibilité
de se renfermer dans la limite de 200 vers.
Cependant, à peine la nouvelle de la délivrance
du Roi d'Espagne fut-elle parvenue à Paris, que,
dans son admiration pour le Prince libérateur,
qui, par ce succès éclatant, avait étouffé le démon
des révolutions dans son dernier repaire, il ne put
résister à la tentation de disputer la palme offerte
par la Société des Bonnes-Lettres aux chantres d'un
si beau triomphe ; et, dès le i/|. octobre, le Poëme
qu'il se proposait d'envoyer au concours se trouva
terminé.
Le retour dans Paris de S. A. R. le Prince géné-
ralissime l'a rendu impatient de mettre son ou-
vrage au jour-
II a considéré, qu'en lui laissant sa destination,
sa publication ne pourrait avoir lieu que vers le
mois de juillet 1824, époque à laquelle un Poëme
sur la Guerre d'Espagne offrira infiniment moins
d'intérêt qu'au moment où la Ville de Paris s'ap-
prête à célébrer, par de brillantes fêtes, la gloire
de notre brave Armée et de son illustre Chef.
Il a donc renoncé à la chance que lui offrait une
publication si tardive ,• et trouvant dans son Poëme
un moyen de mêler sa voix aux acclamations qui
ont accueilli le Héros vainqueur et pacificateur, il
s'est fait un bonheur de devancer le moment de sa
mise au jour.
POËME
SUR
LA GUERRE D'ESPAGNE.
TROIS fois le Temps, ministre du Destin ,
A revu du Bélier le centième solstice,
Depuis que, dévoués à l'ingrat Charles-Quint (i),
Quelques aventuriers, flattant son avarice,
Ont asservi la terre où dort Guatimosin.
Que d'horreurs enfanta'leur sanglante victoire !
Quelles fureurs ont suivi leur fureur!
L'Europe cependant n'y vit que de la gloire !
Mais qu'elle a payé cher cette brillante erreur (2)!
Montézuma, les dieux restèrent sourds,
Alors que, dans les fers invoquant leur puissance ;
Sur toi tes voeux tardifs appelaient leur secours.
Les temps sont accomplis : l'heure de ta vengeance
A sonné : rien ne peut en détourner le cours.
Dans le fond de ta tombe, une voix prophétique
N'a-t-elle pas pénétré jusqu'à loi (3)?
Ombre auguste, jouis, a l'aspect du Mexique ,
De tes usurpateurs répudiant la loi.
a
(8)
Sur ses desseins, que nul ne peut prévoir,
Que l'impie interroge ici la Providence.
Je sais que sa sagesse égale son pouvoir :
Que me faut-il de plus pour m'imposer silence ?
Ma raison doit se taire où parle mon devoir.
D'un si grand changement une secte exécrable
S'ose vanter d'avoir fixé l'instant (4) :
Mais qu'importe à qui sait, dans cet orgueil coupable,
Ne voir d'un Dieu vengeur que l'aveugle instrument?
Ainsi, jadis, non moins présomptueux,
Mais plongé dans la fange et dans la barbarie,
L'homme déchu sans honte encensait les faux dieux
Qu'avait su se forger sa folle idolâtrie,
Fier de ses vils penchans qu'il retrouvait en eux.
Le Christ parut : soudain l'Enfer lâcha sa proie;
Les fils d'Adam, rachetés par le sang,
Du Ciel natal enfin retrouvèrent la voie.
Egaux aux yeux de Dieu, tous reprirent leur rang.
Au nom sacré de ce Dieu juste et bon,
Bientôt ces noms si durs et d'esclave et de maître
Furent désavoués par la Religion.
Dans toute sa grandeur l'homme sembla renaître,
Libre et pur, comme au jour de la création.
Mais d'un navigateur l'avide inquiétude
Vint tout-à-coup réveiller notre orgueil ;
Sur le globe agrandi l'horrible servitude
Reparut plus hideuse et mit la terre en deuil.
(9)
Qui nous dira combien la soif de l'or
Enfanta de forfaits, entassa de victimes ?
Le commerce, enrichi par un nouvel essor,
Ne pouvait-il chercher des succès légitimes
Dans ces climats lointains, sans y porter la mort?
L'Américain semblait, par une mer immense,
Contre l'Europe à jamais défendu !....
Il se réveille enfin ! de son indépendance
11 est venu le jour si long-temps attendu.
Le doigt de Dieu se montre a découvert
Dans cet ordre nouveau qui venge la nature.
« L'Amérique, a-t-on dit, ne sera qu'un désert,
» Si, des bras africains, à son agriculture,
» Sans cesse entretenu le secours n'est offert. »
L'Anglais doit sa richesse à ce cruel système;
Et cependant c'est lui qui le détruit!
C'est lui qui, de ses mains, déchire ainsi lui-même
Un code meurtrier dont il cueillit le fruit !
A ton destin, Espagne, soumets-toi:
Il te semble imposé par un motif profane;
N'importe! subis-en l'irrévocable loi (5).
L'Anglais, sans le savoir, du Ciel même est l'organe.
Que ta docilité soit égale à ta foi.
Que servent, dans Cadix, ces apprêts formidables,
Ces cris de guerre et ces nombreux vaisseaux
Déjà n'attendant plus que des vents favorables ?..
Tant d'efforts vont céderai! plus noir des complots.
( IO)
Il est écrit que, des bords mexicains,
L'Espagne vainement voudra garder l'empire :
Le Ciel a prononcé sur leurs nouveaux destins.
Adorons ses décrets, mais que chacun admire
Par quels bras et comment s'achèvent ses desseins.
Le crime est le ciment du nouvel édifice
Au Nouveau-Monde élevé par l'orgueil ;
Et la révolte seule.en sera la complice ;
Et ses propres succès creuseront son cercueil (6).
J'entends déjà les cris de sa fureur.
Des plus lâches guerriers la noire perfidie-
Trompe de Ferdinand l'effort conservateur.
L'Amérique respire, et l'horrible Anarchie
Promène sur l'Espagne un bras dévastateur.
La Terreur la précède, et la ville héroïque
Reste elle-même et sans force et sans voix;
Tandis qu'à son aspect, le trône catholique,
N'osant les disputer, perd ses antiques droits.
En s'éveillant, tel le tigre affamé
Epouvante les airs de sa féroce joie,
Alors que, tout-à-coup au carnage animé,
Il s'élance et poursuit une nouvelle proie
Qu'il dévore déjà de son oeil enflammé;
Tels d'un siècle pervers les infâmes sectaires ,"
Non moins cruels et de sang altérés,
Vont, par des chants abjects et des cris sanguinaires,
Trahir l'horrible espoir dont ils sont enivrés.
(»)
C'est peu, pour eux, que l'Espagne aux abois
De leur joug accablant endure l'infamie,
Si, frappés en tous lieux, les prêtres et les rois
Ne sont point immolés à leur rage ennemie :
De leur sanglant niveau tout doit subir les lois.
Au signal que Cadix vient de donner au monde,
Naples i Turin ont déjà répondu:
Qu'à ce premier succès l'Enfer qui les seconde
Joigne un succès encore, et le monde est perdu.
Rassurons-nous : Dieu saura des méchans
Arrêter les complots, confondre l'arrogance.
Déjà, dans l'Italie, à leurs cris menaçans,
François, d'un seul effort, vient d'imposer silence :
Noble Espagne, fais trêve à tes gémîssemens.
Louis t'affranchira de ce parti farouche,
Du Juif, du Maure , en son impiété,
Le poignard à la main, le blasphème à la bouche,
Surpassant l'insolence et l'infidélité.
Des mécréans le dessein criminel
Est avorté : j'en ai pour garant infaillible
Dieu lui-même cachant dans un fléau cruel (7)
Le germe du secours qu'un héros invincible
T'apporte, à ton salut préparé par le Ciel.
Son bras de Ferdinaud embrasse la défense ?
Lui résister passe votre pouvoir :
Traîtres, dispersez-vous. D'ANGOULÊME s'avance:
De l'Espagne fidèle il comblera l'espoir.