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POÈME
SUR
LES DERNIERS MOMENS
DU CAPTIF DE ST-HÉLÈNE.
PAR F. COUDAMY,
PROFESSEUR AUTORISÉ PAR L'ACADÉMIE DE LIMOGES.
Gemment un si grand homme a-t-il pu succomber?
LIMOGES,
F. CHAFOULAUD, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
PLACE DES BANCS, NQ 9.
l8a4*
A LORD BYRON.
Qui vient interroger l'univers en silence?
L'homme seul de son Dieu douter de l'existence !,..
C'est toi, Byron? qui peut t'inspirer tant d'orgueil?
Loin du jour cherches-tu des cendres au cercueil?
Les ames des héros vivent loin des ténèbres :
Le temps brisa leurs fers à leurs pompes funèbres.
Ton luth harmonieux, par ses nouveaux accords,
Ne saurait réveiller la dépouille des morts.
Messager des mortels, fièrement il s'avance.
Que vient-il annoncer? l'heureuse indépendance ?
Ce domaine d'un Dieu fut-il jamais à lui?
Eh! qui peut se flatter de l'avoir aujourd'hui?
Toute action servile à son cœur est amère :
Le bandeau sur les yeux, il aime sa chimère.
C'est elle qui le guide et le mène à l'erreur :
Ille sait, il le veut; quelle étrange fureur!.
Rappelant ses désirs à son ame éperdue,
Il croit de l'univers mesurer l'étendue.
( 4 )
Roulant avec orgueil ses flots amoncelés,
L'Eridan veut les voir à l'Océan mêlés.
Le superbe Océan, franchissant ses limites,
Veut aussi s'élever contre des lois prescrites.
Qui nourrit vos projets, infortunés humains?
L'indépendance P un Dieu la tient seul en ses mains ( i).
(1) Comment l'homme, dont l'existence est essentiellement limitée, peut-il
aspirer à l'indépendance ? Il n'est qu'un être indépendant dans la nature, et cet
être c'est son auteur.
APERÇU.
U N peuple dont le temps semble respecter les
monumens; une nation grave et sérieuse, im-
bue de la vraie fin de la politique, qui est de
rendre les peuples heureux, se défiant des coups
de la fortune, faisait consister ses plus nobles
travaux à former des hommes ; quand, d'un
pied qui brave la puissance, la déesse qui n'est
constante que dans ses caprices renverse ces
palais, ces superbes colonnes , fragiles rorne-
mens des empires. Témoins de ces désastres,
les mortels restent muets dans leur étonne-
ment, fiers encore de ne pas être ensevelis sous
leurs ruines. Ainsi, ces chefs-d'œuvre d'archi-
tecture que l'Égypte élevait, ces édifices réser-
vés à transmettre aux siècles futurs la mémoire
de ses rois; ces inscriptions qui se jouent de
l'outrage des ans , pyramides , tombeaux, les
( 6 )
rois qui les ont érigés ont- ils eu seulement le
pouvoir d'y déposer leurs cendres?
C'est du haut de ces mêmes pyramides que
naguères l'homme du siècle, entouré de géné-
reux soldats, promenant au loin ses regards
ambitieux, découvrit tant de couronnes, bien-
tôt le fruit de ses glorieuses et funestes conquê-
tes. Et lui-même, qui remplit l'univers de son
nom, qui semblait tenir en main le sceptre du
monde, seul maintenant, séparé des objets les
plus chers, exilé aux extrémités de la terre,
descend dans la tombe. Qu'a-t-il laissé après lui?
C'est la vérité que nous interrogeons, c'est à la
vérité seule à nous répondre.
POEME
SUR LES DERNIERS MOMENS
DU CAPTIF DE Ste-HÉLÈNE.
QUAND, abaissant son char rayonnant de lumière,
Le dieu du jour aura terminé sa carrière,
C'est alors que les maux causés par ses ardeurs,
Les orages fréquens, s'effaçant de nos cœurs,
Réhausseront l'éclat de sa marche imposante
Pour nous faire admirer sa force bienfaisante.
Quand l'époux malheureux a perdu sans retour
Sa moitié, digne objet d'un pur et tendre amour,
Couvrant d'un voile épais les défauts qu'il oublie,
Il cède à la douleur de son ame attendrie.
Alors il rend hommage aux sublimes vertus,
Aux qualités du cœur de celle qui n'est plus ;
Mais trop tard les regrets d'une perte cruelle
Rappellent son bonheur, une épouse fidelle.
Il fut l'homme fameux , le superbe héros,
Qui fit trembler le monde au bruit de ses travaux :