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Poèmes & sonnets : couronnés en 1867 / par Delphis de La Cour,...

De
18 pages
chez tous les libraires (Tours). 1868. 16 p. ; in-8.
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POÈMES. & SONNETS
(COURONNÉS ENI867)
Par DELPHIS DE LA COUR
J .ATIRKAT DE l/ACADÉMIE FRANÇAIS 14
PARIS : CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS
TOURS ET LOCHES : CHEZ TOUS LES LIBRAIRES
à 1868
POÈMES & SONNETS
(COURONNÉS EN 1867)
P-l\ D E L P II l S DE LA COUR
LAURÉAT IJE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
————<—!S2)—X———
LES CHEVEUX BLANCS, élégie (Médaille d'or).
LES MINES DE HOUILLE EN ANGLETERRE, ode, - TROIS SONNETS
(Médaille d'argent grand module).
LES DEUX RICHESSES (Rameau de Chêne d'argent).
PARIS : CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS
TOURS ET LOCHES : CHEZ TOUS LES LIBRAIRES
1868
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LES CHEVEUX BLANCS
ÉLÉGIE
( Médaille d'or).
Enfant, tes jours sont gais, les miens sont monotones.
En deux saisons pour nous se partage le temps ;
L'année a beau changer, je n'ai que des automnes,
Toi seule as des printemps.
Tout de mon cœur se ferme et du tien tout s'épanche.
S'il te faut des bonheurs que Dieu prenne les miens;
Je ne me plaindrai pas de ceux qu'il me retranche
S'il les ajoute aux tiens.
Il m'enlève un sourire , il t'apporte une grâce.
L'air qui te rafraîchit me donne des frissons ;
Tu vas avoir neuf ans; oh ! comme le temps passe ,
Et comme nous passons !
Ton âge te rend itère et le mien me fait honte.
Les ans pour moi sont lourds , ils ne te pèsent rien ,
De peur d'en perdre un seul à ton âge on les compte ;
On les oublie au mien.
-4-
L'astre de l'enfant dort au milieu de l'espace ,
L'astre de l'homme vole ainsi qu'un tourbillon ;
Heureux si dans l'azur il laisse, quand il passe,
Un lumineux sillon !
On naît jeune, par tous cette mode est suivie ;
Avec ses doux printemps on fait des envieux ;
Il semble qu'à rebours j'ai commencé la vie
Et que je suis né vieux.
Je suis tout gris, hélas! mais sans que mon front penche.
J'étais, presque à trente ans, le vieillard que tu vois,
Et je n'avais de jeune, avec ma tête blanche,
Que l'esprit, que la voix.
Lorsqu'on ne trouve en soi rien de sec, rien d'aride,
On se croit jeune encor, de front comme de cœur,
Jusqu'au jour où le temps vient, au fond d'une ride,
Poser son doigt moqueur.
Ton sourire est charmant de candeur et de grâce.
Je fais, pour l'imiter, des efforts supernus ;
N'est-ce pas que le mien est comme une grimace,
Une ride de plus ?
Quand pour toi chaque instant fait fleurir toutes choses,
De mes jours sans parfums que ton âme ait pitié,
Mais ne me jette pas ainsi toutes tes roses ;
C'est trop de la moitié.
Garde-moi, — c'est assez pour une vie amère, —
La dîme des bonheurs qu'on goûte auprès de toi :
Quand tu voudras donner dix baisers à ta mère ,
Que l'un d'eux soit pour moi !
-5-
LES MINES DE HOUILLE
EN ANGLETERRE
ODE
(Médaille d'argent grand module)..
Des dépôts sont cachés dans le sein de la terre,
Mines où l'homme un jour descendra sans effroi ;
En France c'est Anzin , New-Castle en Angleterre;
En Belgique c'est Charleroy.
Sortis du fond de la fournaise ,
Du déluge de la Genèse ,
Suivant que l'on admet des systèmes divers,
Ces dépôts enfouis sont les immenses soutes
Où l'homme puisera, sous la nuit de leurs voûtes,
Le charbon de tout l'univers.
Un puits s'ouvre béant auprès 4'une cabane :
C'est comme un soupirail de l'infernal manoir;
Des hommes vont descendre, accroupis dans la banne,
Jusqu'au fond de l'abîme noir.
Ainsi qu'une abrupte colline
Parfois l'ouverture s'incline,
Des degrés sont taillés dans le chemin glissant;
Et, par l'étroite voie au mineur familière,
Passe et repasse encor l'humaine fourmilière
Qui remonte toujours et toujours redescend.
Parfois c'est une échelle où monte ainsi la. foule
Pliant sous le charbon qu'attendent les fourneaux ;
Plus souvent c'est un treuil dont le câble déroule
Ainsi qu'un serpent ses anneaux.