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De Fer en Or

De
117 pages
Fin des temps… du mal. Cycle invariable... Comme on le voit, l’âge de fer se termine, boucle ses cinq mille ans réglementaires ; comme on le sait moins, comme on n’ose le croire, c’est l’âge d’or qui est tout près de lui succéder, quatre fois plus long. Après l’enfer le paradis, sans transition ou presque, ainsi joue le Maître d’oeuvre. L’erreur et l’horreur de l’illusion matérielle à son paroxysme avant le retour, d’autant plus contrasté, au réel de l’esprit bienheureux. Ignorance, mensonge, immoralité, haine, guerre s’éclipsent déjà devant le plus que savoir, la sagesse et donc la vérité, la droiture, l’amour, la paix. Le vent de l’évolution change de sens, au bout de la régression animale l’irrésistible remontée humaine, jusqu’à divination, plein épanouissement de notre nature effective, bienheureuse.
Le poète, lui, retrouve d’ores et déjà sa condition première de prophète, en l’occurrence il est fait messager blanc, il précède la révolution, la “prévoit”, annonce en l’illustrant la très bonne nouvelle. Seule incertitude, pour quand très précisément le grand passage ? Les paris sont ouverts. Bien avant la fin de ce siècle en tout cas.
Aussi après avoir constitué de « Vers de Terre » le socle bien lourd, bien sensoriel, bien réaliste de ma pyramide en vers, après y avoir ensuite posé les pierres poétiques qui, montant de l’émotionnel animal au sentimental humain, font du « Corps à Cœur », il me restait à couronner le tout de son apex, lui-même pyramidal, piquant, trouant le ciel, touchant au plus le spirituel, le mystique, le cosmique, bref baignant au plus dans la lumière du réel libérateur des apparences. Monument de la vie enfin complet, symbolique du cheminement obligé de notre fabuleuse destinée à tous. Tout est mal qui finira bien.
Ce qui, au-delà de la tout à fait déraisonnable et inexplicable inspiration poétique, m’a amené à noircir ces quelques pages aspirant la lumière de l’avenir sur la nuit du présent, c’est le changement de nourriture mentale qui suivit cette lecture littéralement déroutante, à mes dix-huit ans, aux portes du suicide : « Le matin des magiciens ». Oui, c’est bien cela qui m’a fait quitter pour longtemps les restaurants du savoir intellectuel qui me laissaient affamés pour l’assouvissante sagesse spirituelle de l’orient, magiquement vraie, notre demain matin et pour longtemps…
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La poésie est le commencement
et la fin de toute connaissance

W. Wordsworth
1 J’ai bien assez servi vos desseins délétères,
Bien assez piétiné mes raisins de colère.
Laissez-moi m’en aller vomir loin votre fiel,
Respirer de nouveau à plein cœur, à plein ciel,
Je saurai bien peupler mes vastes solitudes,
Oublier pour longtemps vos basses latitudes,
Je n’aurai qu’à oser regagner le trop vrai
De l’au-delà des sens, qui ne trompe jamais,
Il me suffira donc de monter les nuages
Que conduisent les vents jusqu’aux délires sages,
Je n’aurai qu’à m’y perdre en toute volupté,
Qu’à m’y reconquérir immense liberté,
Qu’à y abandonner ce que je dus paraître,
Qu’à laisser resplendir la beauté de mon être.
De nouveau je verrai depuis le fond des yeux
De nouveau je saurai les mots m’éveillant Dieu,
De nouveau je ferai ce qui ne jamais lasse :
Sans mon corps parcourir les sans fin de l’espace,
Bondir, bourdon d’éther, fulgurant promeneur,
De soleils en soleils comme de fleurs en fleurs,
Butiner les esprits comme les mirabelles,
De nouveau je serai la fête universelle.
12 Atlantide



Je crois me souvenir, j'ai été, j'ai dû être
Celui-ci, celui-là... Depuis longtemps parti,
Et de si loin venu, j'ai vu tant de pays
De la Terre et d'ailleurs, toujours à disparaître
De par les vastes mers du trompeur apparent,
Naufragé permanent éparpillé en gouttes,
Renaissant de plus belle après chaque déroute,
Toujours un peu plus vieil et plus candide enfant...
La plume tremble en main, mon cœur saigne son encre,
Des mots fous ont jailli qui frappent de gros temps
Mon navire voguant au fil du papier blanc
Et sa coque a craqué que les tourments échancrent,
Elle a heurté leur roc, s'engouffrent les torrents,
Un surcroît de courroux ébranle la mâture,
Larde, crève, arrache, emporte la voilure,
Enorme tourbillon crachant des vers dansants,
La coquille se tord sur l'écume des cimes,
Les eaux touchent le ciel, projettent leurs fureurs
Puis croulent en hurlant jusqu'au fond des terreurs,
Une gueule engloutit dans son immense abîme
Ces pantins disloqués, ces fétus de marins.
Friande des fins mets de leur âme innocente,
La féroce n'est plus qu'ogresse dévorante.
Enfin est consommé le tragique destin.
Le gouffre contenté peut ravaler sa rage,
En ricanant la mort dénombre son butin,
Admire son exploit, digère son festin,
L'océan refermé efface le carnage.
13 Je flotte étrangement, je suis comme porté
Par l'ondulation sans fin, si douce et molle.
Mieux même, un courant bleu, d'une allure frivole,
Vient baiser le sableux d'un atoll affalé
Où je peux écouter la verve frémissante
D'un langage inconnu, en secret murmuré,
Forçant les grands palmiers à très fort se pencher
Afin de bien ouïr les ondes qui enchantent.
Ravi, le rescapé ne peut plus qu'oublier.
L'îlot est enrobé d'une langueur si tendre
Que l'éternel présent peut à l'aise s'épandre,
Rajeunir à jamais cet humain retrouvé.
Un arc-en-ciel sourit de ses plus vives teintes,
Allume dans ces yeux quelques feux bien follets.
Il s'y revoit soudain en gamin guilleret
D’un temps qui fut avant les sombres labyrinthes.
Il court sans se lasser, ses pieds sont si légers !
Rescintille la joie en ces cristaux d'ouate
Du bout ensoleillé de la vague écarlate:
Une telle beauté vous fait vertige ailé!
J'ai dû perdre tous sens dans ce trop vrai naguère
Au milieu des ardeurs d'un toujours printanier,
Par les envoûtements de chants primesautiers
Menant à l'infini, loin de l'école amère!
Sait-elle aussi charmer, cette brise qui bruit,
Qui me souffle en sautant par-dessus cette dune:
"Il fut matin de rose avant la longue brune,
Il fut des jours d'éden avant la morte nuit..."
Dans les cahiers jaunis l'encre a été humide,
Avant de se durcir l'amour y a coulé,
Dans ce ruisseau, plus pur, le même œil s'est miré,
Dans ce miroir vivant je revois l'Atlantide!
14

Biologie


Longtemps je fus d'abord ce qu'on dit non vivant,
Ce caillou bien content de n'être plus poussière,
Rien de rien moins que rien néanmoins existant!
Et lorsque les éons eurent usé ma pierre,
Que je pus accéder au grade végétal
Et finir par verdir, fleurir à la lumière,
Quel progrès ce fut là, bouleversant, total!
Enfin sensible fleur, ah oui que je fus fière,
Au bout de tant d'efforts, de balancer au vent,
De parfumer les airs, au sommet de l'art d'être,
D'inventer les couleurs, de créer le printemps,
D'épouser la beauté, de mourir pour renaître!
Il ne me restait plus qu'à m'aimer animal,
L'affaire tout au plus de quelques millénaires,
Avant que de bouger, d'oublier le banal
De cet acquis sans prix, gentil protozoaire!
Si content de grandir, ver de terre géant,
Qui n'a pas à souffrir de ne point voir encore,
Si las d'être gobé qu'il se conçut serpent,
Cet immense rampant qui au soleil se dore!
Lequel voulut bientôt marcher, courir, voler,
Lequel prit tout loisir de se doter de pattes,
D'en tester mille et plus avant de se dresser,
De jouer à l'humain qui tellement épate!
Que de défis nouveaux à sans fin relever!
Que d'exploits inouïs, que d'épreuves terribles!
Le temps de s'appliquer, quelques éternités,
Et voilà que l'on peut toucher l'inaccessible!
15 Félicité sans nom, aussi, de parvenir
A dès lors imiter qui n'imite personne.
Quel plaisir de parler, pleurer ou s'esbaudir,
D'être le sentiment de l'amour qui frissonne!
La fin n'est toutefois que le commencement
D'initiations de plus en plus habiles.
Ce qu'il faut traverser, interminablement,
De nuits d'illusions de plus en plus subtiles!
Si longtemps ce miroir, tout juste reflétant,
Avant de devenir soi-même la lumière!
Si longtemps ce croyant, ce presqu'intelligent,
Avant d'être l'esprit au bout de la matière!
Cet infime créé à son tour créateur!
Jusqu'à se créer même au-delà de pensée.
Toujours un peu plus dieu, de moins en moins erreur,
Jusqu'à se dévoiler son essence incréée...
Toujours monter pourtant, jusqu'à ne savoir plus,
De sommets de sommets en mirages sublimes,
Jusqu'à n'être enfin plus que non être absolu,
Que le rien qui est tout, passé le verbe ultime!
16 Demain



S'évanouit la peur quand l'ombre ne vit plus,
Quels frétillants appels lors gorgeant l'éther nu!
Les sentiers calfeutrés, tortueux, solitaires,
Aux premiers pas du jour déroulent leurs mystères.
Du Levant rallumé qui s'empourpre et brandit
Ses traits resplendissants, accourt un fol esprit
Qui jette dans les airs des ailes enchantées.
Crevé, le nid blotti au tréfonds des feuillées,
Fendus, les bois surpris, atterrés, les sapins:
L'aiglon qui tituba s'est fait roi de l'alpin!
Œil griffant, rauque cri, bloc de roc, bec crissant,
Sabre noir, surgit l'être en boulet triomphant!
Les terres en brouillard, d'un seul regard cernées,
Les ondes des confins, aussitôt rattrapées,
Les trop hauts orgueilleux, surmontés, asservis,
Les secrets du profond, de ses nuits, tous ravis!
Au vent chaud, d'un vol d'aigle, et bondira mon âme!
A plein ciel son grisant ne sera qu'une flamme.
L’azur en rougira, enfiévré de désirs :
Ils s’y diront si doux, les appels du plaisir.
Battant jusqu'à l'orage un flot de nues lasses,
Au bonheur m’en irai, là où tendresse enlace,
Où, pure comme l'aube, espérance sourit,
Où, toute pudeur close, ardent élan jaillit,
Où des cœurs et des cœurs dans une étreinte vibrent...
Ce plus que firmament, des mains le cueillent, libres!
31
De Père en fils



- Père, geint l’enfantin, qui es-tu? M'entends-tu?
- Tant que tu te crois toi, tu ne peux Me connaître,
Tu es trop peu de moi, tu es trop ton paraître,
Et tes mots sont tes mots, aussi ne M'entends-tu.
- Père, mon cœur T'écrit cet amoureux poème
Qui se voudrait pour Toi le plus doux des baisers.
- Faible écho à Mon vœu, reflet de Ma beauté,
Tu écris Ma dictée, en croyant que tu M'aimes.
Tu dors à cœur fermé au fond de songes creux.
Je te prête parfois, certes, de ces sourires
Qui éclairent ta nuit et d'aventure attirent
Cet autre à tes côtés, dessinant l’un en "deux".
Moi seul te dis t'aimer, Moi seul suis ton complice,
C'est Moi qui me déguise en ce pareil à toi,
L'animant du désir de te vouer sa foi,
Ils sont appels à Moi, tes viscéraux délices.
- Baba, je comprends tout, ah maintenant je sais,
J'assimile vraiment Tes paroles si fortes.
- Seul l'esprit sait en toi puisque point tu ne portes
A tes branches les fruits qui nous réuniraient.
- Mais alors si Tu fais tout ce que je crois faire,
Si Tu fais tout pour moi, que fais-je dans mon corps?
Si Tu es tout de moi, mais que suis-je dès lors
Qui ne soit Ton cadeau à Ton ombre éphémère?
32 - Tu es la liberté de percer Mon décor.
Ton corps est ton moyen de révéler ton être,
La Terre, ton chantier, qui te fait te connaître,
Développer les arts de ton divin essor.
Laisse-Moi te griser de la subtile houle,
Des profonds sentiments que t'insuffle Ma voix.
Laisse-Moi t'emporter au bout de ton vrai toi,
Au fil des clairs accents que Mon verbe déroule.
Quitte l'illusion qui te fait son vassal,
Perce le voile et grimpe aux pics de l'exigence,
Découvre Ma grandeur, épouse Ma puissance,
Joue sur Toi ma joie et deviens Mon égal !


33
Rondeau


Détachement


Détache-toi de l'ombre et sois
Le grand soleil de ton vrai toi,
Ne garde point ce qui semble être,
Ôte ce qui peut disparaître,
Laisse faner tes fols émois.

Oublie bien qui tu te crois
Et vois sans voir ce que tu vois,
Laisse l’ego à son paraître,
Détache-toi.

Va jusqu'au bout de cette foi
Que tu retiens, pénètre en toi !
A ton sans chair fais-toi renaître,
Invite-toi à reconnaître
Au fond du cœur Dieu qui est toi!
Détache-toi.
34




Dieu en beauté


Sans gloire, sans exploits, sans nom, sans croix, sans fard,
Je suis ce héros-là qui pour tout étendard
Aux yeux a une larme et au front une ride.
Celle-ci se fatigue et l'autre voit le vide.
Je suis ce pauvre-là, riche d'une beauté
Qu'il s'épuise à chercher et qu'il vient d'effleurer.
Je cherche celle-là, et misérable, et drôle,
Je la sais tout partout mais toujours je la frôle.
Elle habite par là, où s’amusent les mots
A rimer deux par deux pour jouer à l’écho.
Elle fait doux baisers les grands vents de nos plaines,
Habille le printemps, chante avec les fontaines.
Jamais on ne l'a vue, elle est d'une splendeur,
Dans son brasier sans flamme il règne une douceur!
A notre insu souvent elle lisse la vie,
Un jour elle m'a dit s'appeler "Poésie".

Si loin me sembles-tu, et tout autant si près.
Serais-je seulement si toi-même n’étais ?
Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Où vas-tu, Poésie ?
Et pourquoi donc es-tu si belle, Poésie ?

35 Je suis de nulle part et je suis de partout,
Je suis bien moins que rien et pourtant je suis tout.
Je ne vais ni ne viens, je suis plus que mystère,
Ne serais-je secret je ne pourrais t’attraire.
Je suis le vrai sans fond de l’au-delà des yeux,
Cet infime infini qui déborde des cieux.
J’entre sans cesse en toi par l’air que tu inspires,
Je suis l’essence pure après quoi tu soupires.
Sur ton miroir piqué je me reflète un peu,
Je suis l’or de l’esprit, du cœur le subtil jeu.
Sur ton désespoir creux se gavant de souffrance,
Je lance des éclairs effaçant l’ignorance.
Je te dis : « Tout est moi. » Je te dis « Je suis toi. »
Mais ton ego te cache et point tu ne me crois.
Tu cours tous les désirs, tu cours tous les mirages,
C’est égal, j’attendrai que tu deviennes sage…

Pourrai-je jamais être un peu ce que tu es ?
Parviendrai-je jamais au pied de ton parfait ?
Je voudrais te savoir toujours plus, Poésie.
Oui, dis-moi toujours plus qui tu es, Poésie.

36 Je suis le jour sans nuit, je suis la mort qui vit,
Le silence qui parle et l’arbre qui sourit.
Je suis l’ombre qui luit, je suis l’espace en cage,
Je suis l’être sans corps, je suis le temps sans âge.
Je suis la foi qui sait, je suis le vide plein :
L’impossible avec moi sans grand-peine s’atteint.
Je suis l’oiseau qui nage et la fleur qui palpite,
Le rêve sans sommeil et le bord sans limite.
Je suis toutes les voix du chœur universel
Interprétant sans fin les accords du réel,
Et ses mille couleurs, ses mille fantaisies
Multipliant l’unique absolue harmonie.
Oh toi qui te crois toi, laisse-toi être moi.
A m’être enfin soumis, deviens enfin ton roi.
Ris vraiment quand tu ris, ris encor quand tu pleures,
Qu’au fil de ma beauté disparaissent tes leurres…

Tu es si près de moi que je ne peux te voir,
Je suis ce que tu es, je n’osais le savoir.
L’utopique est trop vrai avec toi, Poésie.
L’avenir se voit grand, l’humain s’y déifie !

37




Nocturne




La nuit cache le jour et ses lourdes besognes,
Et l’ego encombrant, et le temps qui nous rogne.
La nuit ouvre l’espace, offre l’illimité,
La mort s’y laisse vivre et courir liberté.
Le mental ne ment plus, seul le profond silence
Disant tout ce qui est dans sa toute-puissance.
La nuit fond les couleurs, gomme leur vrai si faux,
Le regard au repos peut enfin voir le beau.
La matière n’est plus qui ne fut qu’apparence,
Ni son bonheur en toc, authentique souffrance.
Le jeu de l’animé leurre les seuls mortels,
La nuit il n’est plus rien que l’infini réel.
78 Distiques

Orientations


Ce que tu vois n’est pas,
Vois le vrai par-delà.

Cris et fureurs sont vains,
Seul le calme est divin.

Ecouter le silence,
C’est capter la puissance.

Etre sans avoir,
Etre tout avoir.

L’amour est l’unique loi
Et le cœur l’unique roi.

Le jour inspire,
La nuit expire.

Le mental ment,
Sois sentiment.

Le savant croit savoir,
Quand le sage est savoir.

Ne rien désirer,
C’est tout posséder.

N’être pas pour avoir,
C’est avoir tout pour être.

Où que tu sois,
Tu es chez toi.

79 Si doux! triolet 99
Silence rondeau 100
Soir triolet 101
Souffle 102
Toi Seul 103
Trop rondel 105
Vacances rondel 106
Vérité ghazel 107
Voici 108
Voir triolet 109
Voyance 110
Yoga 111


115

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