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Poésies diverses, par G.-I.-E. Christophe,...

De
43 pages
impr. de A. Bobée (Paris). 1816. In-8° , 40 p..
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DIVERSES,
PAR G. J. E. CHRISTOPHE,
TYPOGRAPHE.
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE DE A. BOBÉE.
1816.
A MON FRERE,
Capitaine d'Infanterie , Membre de l'Ordre royal de la Légion-
d'Honneur,
en lui envoyant un exemplaire de mes Poésies.
landis que, seul avec Folard,
Tu prétends résoudre un problême ,
Et fonder un nouveau système
Utile, applicable à ton art-
Moi, je tâche de mettre en rime
Et la folie et la raison ;
Mais pour parvenir à la cîrne
Du roc escarpé d'Hélicon ,
Il faut posséder le génie,
L'enjoûment, la douce harmonie
Et de Panard et de Piron;
Ou , prenant un vol téméraire,
Se frayer des sentiers nouveaux ,
Ou suivre les pas de Voltaire,
De Corneille et de Despréaux.
Ne crois pourtant pas que j'aspire
Asurpasser ces beaux esprits ;
Ami du beau je les admire,
Ami du bon je les chéris.
Souvent, quand leurs doctes ouvrages
Ont frappé mes sens étonnés,
Je crois jouir des avantages
Dont Apollon les a dotés :
Alors un mot, une pensée,
Viennent-ils par fois m'assaillir,
Ma plume, toujours empressée.,
Se hâte de les recueillir.
Ainsi cette légère esquisse
D'un rebelle et faible talent,
Ne doit le jour qu'à mon caprice,
Peut-être, hélas ! trop imprudent.
Tu me pardonneras sans peine
Si mes vers n'ont pu te charmer;
Mon espérance n'est pas vaine
Lorsqu'un frère va me juger.
Tout en recevant la couronne
Et du courage et de l'honneur,
Tu sais aussi bien que personne
Goûter l'ouvrage d'un auteur.
Ton art, moins en butte à l'envie,
Que celui de faire des vers,
Est plus utile à ta patrie,
Ainsi qu'au grand Roi que tu sers.
FRAGMENT
D'UN POEME
ANNÉE l8l5.
A.SSEZ et trop longtems le fougueux dieu des armes
A ravagé le monde et fait couler des larmes;
Son glaive , teint du sang du mortel égaré ,
A perdu cet éclat jadis si révéré.
O Mars , qu'avaient donc fait les peuples de la terre,
Pour répandre sur eux le feu de ta colère l
Avaient-ils par leurs voeux provoqué ton courroux l
Et, cessant devant toi de fléchir les genoux ,
Dédaigné ta grandeur d'immortelle durée ,
Ou bravé ton pouvoir sur la voûte éthérée ?
Craignais-tu qu'entassant Ossa surPélion,
De modernes Titans, quittant leur région,
Voulussent sans respect franchir l'espace immense
Qui sépare ces lieux des lieux de ta puissance ?
Vois le cruel effet de tes emportemens :
(3 )
Là des champs ravagés , là des corps expirans ;
Des remparts abattus , des campagnes désertes;
De tes vaines fureurs les cités sont couvertes.
La Parque qui partout fait respecter ses lois ,
Doit s'étonner du coup que tu porte à ses droits.
L'Océan en courroux , la peste , la famine,
N'ont jamais aux humains causé plus de ruine;
Semblable à ces volcans, qui du sein des enfers
S'élevant par degrés font trembler l'univers ,
Et, roulant à grands flots une lave brûlante,
Poussent sur l'horizon la mort et l'épouvante !....
La piété, l'honneur, la douce charité ,
L'amour de la vertu , l'auguste vérité ,
Cèdent le pas au vice, à la fraude, au mensonge ;
Pour l'honnête mortel la paix n'est plus qu'un songe.
Les temples sont détruits; les sciences, les arts,
Ne trouvent point d'asile ; enfin de toutes parts
Ce n'est plus qu'un chaos , tout cède à la tempête ;
Le crime est triomphant, le remords seul l'arrête!....
Quand le monde sortit des ombres du néant,
"Les peuples ignoraient l'art funeste et bruyant
De diriger le glaive , effroi de la nature ;
Tout goûtait le bonheur et la paix la plus pure!
Les rois étaient pasteurs, les hommes des brebis
Dont la docilité les rendait tous amis :
Exempts d'ambition , ils fuyaient la richesse;
Chérissant les vertus , ils briguaient la sagesse ;
Et, pour tout dire enfin , la douceur de leurs moeurs
Et leur aménité conciliaient les coeurs.
(3)
Mais bientôt la Discorde, en crimes trop féconde ,
Vint troubler les états et diviser le monde :
C'est alors , cruel Mars , que ton bras infernal
Du plus grand des fléaux commanda le signal :
Ton armure brillante et ta noble attitude
Séduisirent bientôt la folle multitude ;
Et, sous tes étendards , les peuples et les rois
N'eurent plus d'autre frein que tes rigides lois.
De combien de malheurs ta faute fut suivie !
Que de sang répandu ! que d'horreur ! d'infamie!
Nos yeux versent des pleurs au souvenir affreux
Des guerriers mutilés en ces jours malheureux.
Il est douteux qu'un fils soit rejoint par son père,
L'ami par son ami, le frère par son frère.
Que de regrets cuisans ! dans les champs de l'honneur
Le glaive meurtrier a trompé leur valeur !....
Le prestige est détruit ; et les cris de victoire ,
Et tous ces noms pompeux de triomphe et de gloire,
Tout s'est évanoui devant la douce Paix.
Ah ! puisse ma patrie en jouir à jamais !
Mais puisque désormais les enfans de la terre
Ne peuvent éviter le démon de la guerre ,
Du moins qu'elle soit sage et selon l'équité;
Chassons le vice impur , la sombre iniquité ;
Garantissons nos lois ; et sans nuire à personne,
Conservons le présent que l'Eternel nous donne.
Ah ! ne froissons jamais les droits de nos voisins ;
Le pouvoir de détruire appartient aux destins.
Si le sort des combats protège nos cohortes j
( 4 )
Si l'ennemi vaincu fuit en ouvrant ses portes,
Imitons de Bayard le pardon généreux;
Ménageons , respectons l'habitant malheureux.
Le guerriernoble et grand doit joindre au vrai courage
L'amour de son pays et les vertus du sage.
SUR LE RETOUR EN FRANCE
D'UN POUVOIR STABLE ET FONDÉ SUR LA JUSTICE.
.PENDANT plus de vingt ans, de vils adulateurs
Ont offert leur encens au vice détestable,
Et prôné les vertus d'un ramas méprisable
D'hommes cruels , durs et trompeurs ;
Mais les tems sont changés ; l'horizon se colore ;
Chacun peut distinguer les bons et les médians
A la lueur de la nouvelle aurore
Que Dieu fait resplendir aux yeux de ses enfans.
Le crime fuit, la vertu reste ;
Tout nous promet un brillant avenir ;
Sur les débris d'un pouvoir trop funeste
La Justice vient s'établir.
(5)
ODE.
CJHARITÉ, source peu commune
Et de bonheur et de plaisirs ,
Tu chasses les tristes soupirs ,
Cruels enfans de l'Infortune :
Si les mortels, dans leur courroux,.
Connaissaient tes dons ineffables,
Devenant bientôt plus traitables
Ils tomberaient à tes genoux.
L'insensé dont le caractère
Est de trahir la vérité ,
Oppose l'incrédulité
Au bien que tu te plais à faire ;
Son plaisir est de tout blâmer ,
Sa plume ou sa langue déchire ;
Et comme il n'aime qu'à médire,
' Il s'abstient toujours de louer.
( : « )
Mais méprisons la perfidie
De ce discoureur pointilleux ,
Qui ne montre de merveilleux
Que sa morale abâtardie :
Cherchons au fond de notre coeur
De quoi repousser ses atteintes,
Et que ses fureurs soient éteintes
A l'aspect de notre bonheur.
Ah ! ce bonheur n'est autre chose
Que le sentiment généreux
Qui nous porte à nous rendre heureux
Par le peu dont chacun dispose.
S'entr'aider est notre devoir ;
Quand la CHARITÉ nous entraîne,
Nous n'éprouvons pas plus de peine
A dispenser qu'à recevoir.
O vous qui n'avez plus de mère,
Enfans au sort abandonnés ,
Vous n'êtes pas infortunés ,
Dieu créa pour vous un bon père :
Saint Vincent protège vos jours ;
Ses statuts que le monde admire,
Ont sur les coeurs un tel empire,
Que rien n'en peut borner le cours.
Quelle est juste cette maxime
Qui dit : « Donnez , vous recevrez;
Dans quelqu'état que vous soyez ,
Que l'amour du bien vous anime, »
(.7 )
En effet, peut-on refuser
Des secours à l'humble indigence ,
Quand , malgré notre prévoyance ,
Nous courons le même danger.
Aux regards de l'homme sans tache,
Le trépas est moins effrayant
Que le spectacle déchirant
Des pleurs que l'infortune arrache;
Mais si, tombant dans le malheur,
Il trouve un ami charitable,
Il bénit la main secourable
Qui met un terme à sa douleur.
Heureux, quand la terre étonnée
Possède un Roi plein de vertus,
Qui peut dire comme Titus:
« Je suis content de ma journée. »
Du fond d'un somptueux palais,
Loin de l'ingrat qui toujours fronde 4
Le Monarque chéri du Monde
Dispense de nombreux bienfaits.
Dans ces lieux où la maladie
Retient les pauvres désolés,
Où tant de guerriers mutilés
Recouvrent la force et la vie,
Voyez ces filles du Seigneur ,
Portant partout leur vigilance,
Donner, par pure bienveillance t
Jusques au fruit de leur labeur :
(8.)
Telle qu'un baume salutaire,
Leur voix sait bientôt ranimer
Le faible tout près d'expirer
Sous le mal cruel qui l'atterre :
Ces Soeurs, digne présent des cieux,
Ne font consister leur délice
Qu'à sauver du triste cilice
L'être souffrant et malheureux.
Voyez ces pasteurs que leur zèle
Attire en de lointains climats;
Ils ne parcourent les états
Que pour convaincre l'infidèle;
Vrais amis de l'humanité,
Attachés à leur ministère,
Ils prêchent par toute la terre :
« 11 faut aimer la Charité. »
Vous dédaignez cet avis sage,
Vous dont le luxe corrupteur,
La cupidité, la faveur,
Sont le méprisable partage :
Vous emplissez vos coffres forts;
C'est en vain; la mort téméraire
D'un coup de sa faux meurtrière
Va vous priver de vos trésors.
L'opulent, sans afféterie,
Cache sans cesse ses bienfaits,
Et fuit avec soin les attraits
De l'importune flatterie;
(9)
On croit qu'il voit le genre humain
Avec l'oeil de l'indifférence;
Tandis qu'à l'ombre du silence
Il donne l'or à pleine main. \
Quand Dieu créa la terre et l'onde
D'un amas informe et confus ,
A l'homme il donna des vertus
Faites pour honorer le monde;
Le vice et la cupidité
i Méprisèrent cette doctrine.;
De-là la funeste origine
Du mal et de l'iniquité.
Malgré les clameurs de l'impie
Et les outrages du pervers,
Il est encor dans l'univers
Un reste de philantropie :
Entre le bon et le méchant
On voit la terre partagée;
L'un chérit la vertu sacrée ,
L'autre le vice indépendant.
Un sentiment noble et modeste
Guide l'ami du genre humain;
Il partage avec son prochain
L'or qu'il a, le bien qui lui reste;
Mais tel est le don des méchans
Qu'ils ne gardent que pour eux-mêmes
Le bonheur, les plaisirs suprêmes
Que Dieu réserve à ses enfans.
( io )
-Ah! revenez, troupe égarée,
Durcie au creuset de l'erreur;
Venez, sous le lois de l'honneur
Votre retraite est assurée :
Abjurez vos voeux criminels,
Vous que l'humanité réclame;
Que le remords vous rende une ame
Digne d'honorer les mortels.
Que votre constance surmonte
Les attraits de l'impureté ;
Par l'aumône et la piété,
Sachez expier votre honte;
Le Dieu, protecteur des vertus,
Dont les décrets sont immuables ,
Saura distinguer les coupables
Au milieu d'un peuple d'élus.
Mais vous, dont le coeur est sensible
Aux cris aigus de la douleur,
Vous ne craindrez point la terreur
Qu'inspire un jugement terrible;
Vous descendrez dans le cercueil,
Accompagnés de la prière,
Et la fin de votre carrière
Sera pour tous un jour de deuil.
Dans ce téms funeste et d'alarmes
Où le crime dictait des lois,
La probité, perdant ses droits,
Fuyait, périssait dans les larmes;
'(■»)
Plus de moeurs; l'aveugle fureur
Renversait notre culte antique;
Près de la morale'publique
S'élevait la funeste erreur.
Au milieu de cette querelle
Enfantée au gré des méchans,
La CHARITÉ, pour ses enfans,
Se montrait plus forte et plus belle:
Semblable à ces monts sourcilleux
Dont les flancs, durcis par les âges,
Bravent les flots et les outrages
De l'Océan impétueux.
Jamais sur l'ame noble et pure
Le méchant n'exerce ses droits ;
Elle ne connaît que les lois,
Les sentimens de la nature :
Envain le crime veut partout
Elever son front téméraire;
Il périt voilà son salaire;
Et la vertu reste debout.
(")
MORALITÉS.
Sur les Jeux et la Paresse.
COUVENT aux jours délicieux
Succède un tems affreux qui désole la terre;
Ainsi la paresse , les jeux,
Font au parfait bonheur succéder la misère.
Sur le Mensonge;
L'HOMME qui de mentir contracte l'habitude,
Qui de déguiser tout fait son unique étude,
Est regardé partout comme un impertinent ;
Dit-il vrai quelquefois , on croit toujours qu'il ment.
Sur VIvrognerie.
O'iL est un vice détesté,
C'est l'implacable ivrognerie :
■ On perd souvent l'honneur et la santé
Pour satisfaire son envie.
( i3 )
EPITRE A M. GARET.
«\_jHAQUE âge a ses plaisirs, sonesprit et ses moeurs»,
Nous dit le grand Boileau , modèle des rimeurs ;
Mais de tous les plaisirs quel est le plus aimable,
Le plus doux , le plus pur et le plus agréable?
C'est celui que l'on goûte avant que la raison
N'ait mis en nous l'idée et la réflexion.
Pour tracer avec soin une parfaite image
Des doux amusemens de notre premier âge ,
Il me faudrait ici le fidèle pinceau,
La verve et le talent de notre grand Rousseau :
Ainsi donc sur ce point je n'en veux beaucoup dire,
Pour n'être pas atteint des traits de la satire.
Mais que dis-je l avec toi dois-je ainsi m'exprimer?
D'un sage , d'un ami, que doit-on redouter!
Quand tu liras ces vers, pense que la tendresse
Me guida beaucoup plus que les soeurs du Permesse:
Car il n'est pas besoin de fard ni d'ornement
Pour dire à son ami son libre sentiment.
Il me souvient toujours qu'aux rives de la Meuse,
Nous passâmes ensemble une enfance joyeuse.