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Pot-pourri sur la médecine prétendue curative du chirurgien Leroy, dédié à M. Boula de Coulombiers, maître des requêtes, Préfet du Département des Vosges. Par un Vosgien valétudinaire

62 pages
chez les Mds de nouveautés. de l'Imp. de Gaultier-Laguionie (A Paris). 1823. Vol. in-8°. (64 pag.).
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POT-POURRI
SUR
LA MEDECINE PRETENDUE CURATIVE
DU CHIRURGIEN LEROY,
DE» IÉ
A M. BOULA DE COULOMBIERS,
MAÎTRE DES REQUÊTES,
PRÉFET DU DÉPARTEMENT DES VOSGES.
PAR UN VOSGIEN VALETUDINAIRE.
Il y a deux choses à considérer
dans les maladies ; soulager et ne
pas nuire. HYPPOCRATE .
A PARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
i8a3.
MoiTSIEUR LE PRÉFET,
Parmi les choses nuisibles à la société, il en est
qui échapperont toujours à la puissance des lois. Tel
est l'empirisme, fléau redoutable, qui, à 1 abri du di-
plôme de docteur, est, de temps immémorial, en pos-
session de décimer l'espèce humaine. C est pour
tâcher de mettre vos administrés en garde contre
ses efforts sans cesse renaissans, que j'ai hasardé
cette brochure , dont vous n'avez, sans doute,
daigné agréer l'hommage, que dans l'intention de
leur donner une nouvelle preuve de cette Bien-
veillante sollicitude qui vous a mérité, à si juste
titre, leur estime et leur reconnaissance.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec un pro-
fond respect,
Votre très-humble et très-obéissanl
serviteur,
UN VOSGIEN VALÉTUDINAIRE.
LA QUINTESSENCE D'UN GROS LIVRE.
Kaincrela maladie, ou succomber en lacombaltant (1 ),
c'est-à-dire , sans figure , purger jusqu'à ce que l'on
meure ou que l'on guérisse; telle est, en résumé, la
doctrine de M. Leroy.
N'en déplaise à l'auteur, tout le monde n'est pas de
cet avis. Pour moi, qui suis valétudinaire depuis long-
temps , et qui me surprends assez souvent désirant la
mort, je crois que si elle se présentait, je ferais volontiers
comme le Bûcheron de la fable, eût-elle échangé sa
faux contre la curative.
Le trépas vient tout .guérir;
Mais ne bougeons d'où nous sommes.
Plutôt souffrir que mourir,
C'est la devise des hommes (a).
Le docte disciple d'Esculape ne prétend à rien moins
qu'à nous débarrasser de la médecine, à son spécifique
près; des médecins et des apothicaires sans exception , si
ce n'est pour son bien-aimé gendre Cottin.
(i) Dans la note sur l'épilepsie ( page 193 de la 9e. édition ),
M. Leroy, en parlant de deux malades qu'il prétend avoir guéris
de cette maladie, dit de l'un deux : a II fut assez promptemeat
« guéri, ou au moins , il ne fut pas désespéré de nous même, ainsi
« que nous désespérâmes du premier, et n'eut pas besoin, comme
« celui-ci, de foire un appel à l'héroïque courage , ce courage que
« déploie un vaillant belliqueux qui a adopté la devise des braves ;
« vaincre la maladie, ou succomber en la combattant. »
(2) Fable de la Mort el du Bûcheron.
6
Idées delà plussublimephilanthropie, que ne sommes-
nous assez mûrs pour vous accueillir comme vous le mé-
ritez! Pourquoi le bandeau des préjugés ne tombe-t-il
pas devant vous aussi soudainement que firent les murs
de Jéricho t au son de la trompette sacrée ?
BUT DU VALETUDINAIRE,
Il était une fois un médecin qui prétendait guérir
de tous les maux... Cela commence comme un conte...,
c'est pourtant une histoire... On le nommait messire Jean
Ailhaud. Il était conseiller, secrétaire du Roi, seigneur
du Castellet, Vilrolles , Mont-Justin, et, de plus,
docteur ( écoutez bien , je ne dis pas docte ). Il vivait
vers le milieu du dix-huitième siècle. Les devoirs que
toutes ses dignités lui imposaient lui laissant peu de
temps pour l'élude de la médecine, qu'il ne voulait
pourtant pas abandonner , il adopta la doctrine humo-
rale, au moyen de laquelle toutes ses ordonnances étaient
réduites à l'un de ces deux mots: purgare, repurgare,
et il s'attacha à présenter, de ce système, le côté spé-
cieux/qui avait aidé souvent à le reproduire.
/Quoique son talent rie répondît pas à son enthousiasme,
et qu'il ne pût s'appuyer que sur des paradoxes, ses
poudres purgatives eurent, dans le siècle des lumières,
un instant de vogue.
Cependant la terre ne couvrit pas si bien les victimes
de son ignorance, que la vérité ne perçât. D'ailleurs il
était déjà vieux alors qu'il exploitait la mine si riche de
7
la crédulité, et il mourut, maigre le remède à tous les
maux.
Mais il ne mourut pas tout entier Maître Pel-
gas était là qui observait en silence C'était à lui
qu'il était réservé d'allumer le bûcher sur lequel Jean
Ailhaud devait renaître de ses cendres.
Ce fut donc, comme on s'en convaincra, Ailhaud qui
enfanta Pelgds, qui Leroy, qui Cottin, qui
Le gendre du bon Pelgas , en étendant cette théorie
d'abord si simple , annonce qu'il n'écrit que pour le
peuple ; bien différent, en cela, du fameux Cagliostro
qui ne v oulait imposer qu'aux grands, et qui ne dressait
ses tréteaux que dans les anti-chambres des cours.
C'est donc à cette classe sur laquelle M. Leroy compte
le plus, jo nr ce qu'elle connaît moins les mots, qu'elle juge
bien les faits, que nous adressons quelques rapproche-
mens propres à l'aider dans le jugement qu'elle a tant
d'intérêt à bien porter sur certains faits. Heureux si, en
signalant la ridicule prétention d'imiter- la nature par
des moyens extrêmes, nous parvenons à mettre en garde,
contre de pernicieuses doctrines, cette partie de la po-
pulation à laquelle des travaux utiles ne permettent pas.
de les examiner avec attention !
QUELQUES TRAITS
DE RESSEMBLANCE.
Ainsi qu'Ailhaud, MM. Pelgas et Leroy s'annoncent (le
premier disait par là grâce de Dieu , les autres disent
par là force -de leur 'génie observateur ) comme les in-
venteurs de cette doctrine renouvelée des Grecs.
Ainsi que lui, ils ont découvert l'origine, la cause
unique de nos maux physiques, et,, partant, le remède
universel.
Si ces hommes se fussent occupés de mathématiques,
il est indubitable qu'ils auraient trouvé le mouvement
perpétuel et la quadrature du cercle.
Ainsi que lui, ils attribuent ces maux aux humeurs
corrompues; seulement ils cherchent à-encbérir sur lui
en développant le système de la corruptibilité innée,
qu'ils assurent'que Dieu a.placée dans tous les êtres vi-
vans qu'il a'-créésj en voulant expliquer comment la
corruption occasionnelle développe ce germe de cor-rup-
tibilité innée, et ce n'est pas-là la moindre bévue qu'ils
aient faite.
Ainsi que lui, ils pensent pu feignent de .penser que
hors la purgation réitérée usque ad mortem, il n'est
point de salut pour le genre humain.
Ainsi que lui, Ils offrent, comme le remède le plus
doux, un composé des cathartiques les plus violens, qu'ils
combinent avec des substances plus que stimulantes (1).
Ainsi que lui, sans doute par amour du bien publie,
(l) La scamonée et la suie formaient, dit-on , la base des poudres
d'Ailhaud.
(9)
ils vendent leurs drogues au moins quatre fois ce qu'elles
leur coûtent, avec cette différence qu'Ailhaud, plu»
fin qu'eux, avait l'air de donner son livre gratis _, per-
suadé que les dupes ne le sont jamais à-demi, et que
qui demanderait le livre ne s'en tiendrait pas là.
Ainsi que lui, à défaut de râisonnemens convaincans,
ils emploient des lettres et des certificats qu'ils ne mon-
trent qu'à regret, mais dont le nombre augmente cepen-
dant à chaque édition nouvelle.
Ainsi que lui, ils passent sous silence les accidens oc-
casionnés par leur méthode; ou, s'ils en parlent, ils en
citent un , pour avoir le plaisir de l'attribuer à ce que Je
■malade n'a pas purgé-assez constamment, ou n'a pas
pris les doses à des distances de temps assez rapprochées.
Dans les lettres qu'il dit avoir reçues, comme dans
celles qu'ils rapportent, on crie au miracle, et, dans les
unes,comme dans les autres, l'observateur attentif dé-
couvre le-cachet de l'empirisme plutôt que le style d'un
-valétudinaire guéri qui exprime sa reconnaissance.
Ainsi que lui, ils n'ont jamais employé d'autre remède
ni pour'eux ni pour les leurs,, et ainsi que lui, ce n'est que
comme cela, quoique nés faibles, avec une constitution
viciée, c'est-à-dire, avec un très-gros germe de corrup-
tibilité innée, qu'ils sont parvenus à un âge avancé.
Ainsi que lui, au mépris de ce vieil adage, v passe-moi
la rhubarbe si tu veux que je te passe le sénéf, ils
-font-une guerre ouverte aux médecins par lesquels ils se
prétendent persécutés.
Ainsi que lui enfin, ils ont à lutter contre l'envie, la
calomnie. On contrefait leur remède ; on les traîne par-
devant les tribunaux; on est allé une fois jusqu'à prendre
le cheval de ce bon Pelgas Heureusement qu'il ne
valait que cinquante écus!
( '0 )
ENCORE UN COUP DE PINCEAU
ES FAVEUR DES INCRÉDULES.
DES HUMEURS.
Selon Jean Ailhaud.
Les humeurs sont beaucoup
plus corruptibles, plus crasses et
moins uniformes dans leurs par-
ties que le sang.
C'est dans les humeurs et non
dans le sang qu'il faut chercher
l'origine des maladies ; dans ces
humeurs qui ont manqué de se
filtrer; dans ces humeurs gros-
sières, altérantes, enflammantes,
■venimeuses, pestiférées, aui se
sont mêlées avec le sang , Vont
troublé, déréglé ; qui y ont ré-
pandu l'injection jusqu'à ses ex-
trémités ; qui y ont engendré des
obstructions , des dépôts, des
■virus , el qui ont fait que des
ordures se soiit mêlées, collées
en quelqu'endroit, et peut-être
partout.
Selon le chirurgien Leroy.
Les humeurs sont les parties
du tout les plus corruptibles.
Elles prennent en se corrom*
pant, ou après qu'elles sont cor-
rompues, un caractère d'âcreté,
de chaleur brûlante et même
corrosive; souvent elles sont pou-
rissantes, d'autres fois elles ne le
sont pas, et rarement elles sont
sans chaleur ou acrimonie sen-
sible dans le sujet qu'elles affec-
tent; mais , dans aucun de ces
cas , elles ne sont ni moins dé-
pravées ni moins susceptibles
d'acquérir dans la suite le plus
haut c'cgré de malignité. C'est
dans cet état de dégénération, et
par cette même action mor-
dicante qu'elles causent toutes les
maladies , quels que soient leur
espèce et leur caractère.
Cette âcreté, cette chaleur brû-
lante ou corrosive, cet instrument
qui se forme de soi-même dans la
corruption, pour produire toutes
les souffrances en général, et
même la mort, se compose d'une
partie de la masse des humeurs,
partie exprimée du tout.
( »« )
DU SANG.
Le sang est parfaitement dis-
tingué des humeurs. 11 est plus
léger s plus subtil , plus agile ,
plus transcendant, plus épanché
dans tout le corps. Au moyen de
cela on doit comprendre quelle
est son incorruptibilité ; c'est-à-
dire , que si le sang commence à
se corrompre, à tomber en dis-
solution, en coagulation, c'est fait
du malade ; que s'il est corrompu,
il n'est plus sang.
Le sang donne la santé;il pro-
duit le véritable embonpoint; il
rend joyeux ; il est la force
même.
Le sang est la partie la .plus
saine, la moins altérée et la moins
corruptible. Il peut être chargé
de matières gâtées qui peuvent le
gâter aussi ; mais alors les ressour-
ces de l'art sont inutiles et sans
efficacité quand le moteur de la
vie est corrompu, puisqu'au mo-
ment où le sang est arrivé en cet
état, il n'y a plus d'existence à
espérer.
DE LA SAIGNEE.
La guérison de la plupart des
maux a été jusqu'ici, selon la pra-
tique commune , glorieusement
dévolue à la saignée. Erreur in-
tolérable ! Que ne puis-je te chas-
ser de ma patrie et te bannir
absolument de la pensée des
hommes! Qui t'a enfantée, erreur
funeste ? C'est sans doute une au-
tre erreur plus ancienne qu'on
n'a pas aperçue, et sur laquelle
on s'est aveuglé, savoir : que les
maladies sont dans le sang ou
prennent leur origine du sang.
Que faites-vous, quand vous vou-
lez vous faire tirer du sang? Que
diriez - vous d'un homme qui ,
L'évacuation du sang est indu-
bitablement un fléau introduit
par la médecine ancienne et mo-
derne, etrien n'annonce la fin de
son règne sur la malheureuse es-
pèce humaine.
Combien de victimes de l'ef-
fusion du sang ne se sont pas of-
fertes à nos regards, et, en nous
contristant, n'ont-elles pas excité
notre pitié ? Les vaisseaux "vides
de sang et remplis de la corrup-
tion infiltrée au fur et à mesure
que les veines ouvertes ont ver-
sé le principe de la vie.
L'enveloppe du corps impré-
gnée de bile corrompue et autres
pourrendre à son vin sa première
bonté , commencerait à le tirer
et à le jeter par terre ?
Combien n'agit pas plus sage-
ment celui qui lâche d'ôter la lie
de son tonneau !
fluides non moins débilitans , et
ne présentant plus qu'une cou-
leur livide; les lèvres pâles, les
yeux mourans, l'affaiblissement
total, une fin prochaine.
Comment, à l'aspect d'un tel
désastre, celui qui en connaît
bien la cause et qui l'indique si
charitablement , pourrait - il se
contenir et ne pas traiter de bar-
bares jusqu'à ceux-là mêmes qui,
par leur insouciance , s'en ren-
dent tous les jours à peu de chose
près les complices ?
Il ne faut jamais évacuer le
sang. Il faut expulser les hu-
meurs tant qu'elles sont gâtées.
Il faut garder son vin et jeter
sa lie.
Ceux qui, après avoir lu cet article et celui qui le pré-
cède, douteraient encore que la curative soit lelivre de Jean
Ailhaud expliqué et grossi par un commentateur digne
de lui, peuvent, au moyen de l'extrait que je donne de
celui-ci, sous le titre d'Imitation d'un appel à la crédu-
lité, achever les comparaisons que je n'ai qu'ébauchées;
s'ils se donnent la peine de lire attentivement, je leur ré-
ponds de la conviction , quel que soit leur engouement.
De quoi M. Leroy est-il l'inventeur en effet? Serait-
ce de la doctrine humorale ? On sent toute l'inconsé-
quence, tout le ridicule de cette prétention , quand on lit
l'article de son livre dans lequel il parle de la grande
défaveur jetée sur les humoristes et sur la purgation.
Il ne prétend pas non plus avoir inventé la scamonée,
la racine de turbith, le séné, le jalap, le tartrite anti-
C »5 )
monié de potasse , ou émétique, encore moins le vin
blanc et l'eau-de-vie. Il pourrait donc, tout au plus,
s'attribuer la manière de combiner ces substances. Mais
je vois que son vomi-purgatif est encore tiré d'Ailhaud,
car celui-ci dit ( 1 ) que si sa poudre ne produit pas,
contre l'apoplexie, une évacuation aussi copieuse que
celle à laquelle on aurait lieu de s'attendre, il est alors
à propos de l'exciter par quatre, six, huit ou dix grains
de tartre émétique qui augmentent son action, et lui
font vaincre tous les embarras qui empêchaient l'éva-
cuation.
Voilà la scamonée, au lieu du séné^ alliée à l'é-
métique, et remarquons, en passant, qu'assez souvent
c'est aussi lorsque le purgatif de M. Leroy n'agit pas,
lorsque le malade le vomit, qu'il conseille son vomi-
purgatif. J'espère qu'ici l'identité est assez grande.
Si j'ouvre le précis de matière médicale de M. Lieu-
taud, médecin des Enfans de France, qui écrivait avant
qu'il fût question du bon Pelgas ( son livre fut traduit
du latin en 1768 ), j'y vois la scamonée, le jalap ^'.com-
binés avec l'eau-de-vie.
L'eau-de-vie allemande, qui eut sa vogue comme tous
les remèdes secrets, n'était, selon le Dictionnaire des
matières médicales, qu'une infusion de huit onces de
jalap, deux onces de scamonée et une once de racine
de turbith, dans trois pintes d'eau-de-vie ; c'est-à-dire,
tout bonnement, le purgatif tant vanté.
MM. Pelgas et Leroy savaient ou ne savaient pas ces
.choses. S'ils ne les savaient pas, quelle confiance pour-
(0 f°y- l'imitation d'un appel à la créduhté.
( '4)
raient-ils inspirer comme médecins ? S'ils les savaient,
en se prétendant les inventeurs de la doctrine et du re-
mède , ils exercent sur leurs concitoyens un système de
déception : genre d'industrie que le Dictionnaire de
l'Académie exprime d'un seul mot, à la lettre C ( i ).
PLÉONASME.
La médecine est l'art de guérir les maladies. Curative,
dans l'acception que lui donne M. Leroy, qui l'emploie
par opposition à palliative, signifie aussi qui guérit.
Ainsi, la première partie du titre de l'ouvrage équi-
vaut à ceci : l'art de guérir qui guérit. On sent qu'il était
nécessaire de s'exprimer ainsi pour apprendre qu'il est
un art de guérir qui ne guérit pas toujours.
HERESIE,
Le principe de l'animation est, sans contredit, l'un
des plus impénétrables secrets du Créateur. Mais dans
son ineffable bonté, il a, ce semble, permis à l'homme
de connaître le principe moteur de la vie
( Pag. i". )
L'animation est l'union de l'ame au corps. D'après
M. Leroy, cette union n'est pas le principe de la vie,
d'où il suit qu'un corps sans ame ne serait pas un corps
mort, proposition assurément mal sonnante et digne
de la géhenne du feu.
(i) On lit dans ce dictionnaire que charlatan se dit aussi d'un
médecin qui est hâbleur; qui se vante de guérir toutes sortes de
maladies; et, plus bas, qu'il signifie, figurément, celui qui cherche
à en imposer*
( i5 )
TRAIT NAÏF DE MODESTIE.
II continue. . . Et l'a conduit comme par la main,
pour lui indiquer la voie par où il peut parvenir à la
connaissance de la cause de ses infirmités Or,
comme M. Leroy-a consacré un chapitre, voire môme
deux, à assurer qu'on est encore^ dans l'erreur sur la
cause des maladies , il est clair que tous ceux qui
ont vécu avant lui, aussi bien que ses contemporains,
n'ont pu découvrir cette cause, quoique Dieu les ait con-
duits commepar la main, et que, par l'homme, il a en-
tendu lui, Leroy. Heureux prédestiné ! ! !
GALIMATHIAS TIRÉ EN ENTIER
DE LA SECOMDE PAGE DE LA CURATIVE, KEUVlÈME ÉDITION.
L'enfant reçoit et transmet, bien entendu quand il
est parvenu a l'âge viril, le principe de sa vie avec le
principe de sa fin, qui est un germe de corruption ou
de corruptibilité que dieu a répandu dans la composi-
tion du premier homme sorti de ses mains. Mais comme
rien n'existe avec deux caractères opposés , ce n'est pas
le principe de la vie qui renferme en soi la cause de sa
propre destruction , c'est le principe de la fin. Ces deux
principes sont concentrés dans le même corps; mais ils
sont séparés, c'est-à-dire, qu'ils se touchent, car il faut
bien entre eux, au moins un point de contact pour
que le principe de la fin brise les ressorts du principe
de la vie, au moyen de quoi tout individu finit par ces-
ser de vivre : autrement il résulterait de la faculté que
l'auteur de la nature a donnée aux êtres vivans qu'il a
créés , de se reproduire, un excès de population qui fe-
rait que le volume du contenu, c'est-à-dire, les êtres
( »6)
créés, ne serait pas en proportion avec celui du conte-
nant, qui est le globe terrestre (1).
PETITE EXCEPTION
A UNE RÈGLE GÉNÉRALE.'
La corruption termine l'existence de tous les êtres
ou de tout ce qui a reçu ta vie. C'est une vérité fon-
damentale inattaquable. ( Note 3° de la page a. )
Par exemple, il est bien clair que le soldat qui, plein
de santé , est rencontré par un boulet, ne meurt que
parce que ce boulet est la cause corruptrice occasion-
nelle destinée à développer le germe de la corruptibi-
lité innée.
La promptitude de cet effet, naguère assez fréquent
de la double corruption, pourrait étonner, si M. Leroy
ne nous apprenait, pag. 4 et 5 , qu'elle agit si promp-
tement que souvent même, envers plusieurs, elle a
terminé son action avant qu'ils n'aient vu le jour,
tandis que dans d'autres elle emploie cent ans et plus
pour produire son effet ; ce qui, selon lui, n'empêche
pas qu'elle soit sûrement toujours la même, c'est-à-
dire, telle que le Créateur a voulu qu'elle fût.
LÉGÈRES CONTRADICTIONS.
Le sang est le fluide épuré par la nature. Mais quoi-
qu'épuré par la nature, il tend toujours à son épura-
if) On dirait, d'après M. Leroy, que l'Etre-suprême se trompa
soit en créant le globe, soit en créant les animaux, et qu'au Heu
de refaire le globe , il répandit dans la composition des animaux
un germe de corruption propre à les empêcher d'être éternels. Il
me semble qu'ici M, Leroy fait dieu à sou image.
( ir)
tioiii par cela seul qu'il est le moteur de la vie.
I Page 34. - - . - -.
Le sang est le fluide épuré par la nature, et pour-
tant ta fluxion qui plue, se filtre comme le chyle dans
les v atsseaux, y existe comme te sang, y circule comme
lui et avec lui. ( Page 10. )
C'est d'après une grave méprise qu'on dit que le
sang est gâté (page 3i ). Ce principe circulant n'est
et ne peut être la cause d'aucune maladie, encore
moins de la mort prématurée (Page 10.), et, ailleurs,
il peut être chargé de matières gâtées qui peuvent
le-gâter aussi; mais alors les ressources de l'art sont
inutiles et sans efficacité.
Il est dit dans la note delà page îcji, qu'on à disserté
longuement et long-temps sur l'épilepsie ; que toujours
les causes occasionnelles ou les affections morales ont
été mises enavant; et, dans la page suivante, pour prou-
ver qu'on a tort d'oublier la cause humorale, on raconte
qu'un jeune homme fut attaqué d'épilepsie pour avoir
appris, d'une manière à le surprendre comme à l'af-
fecter beaucoup, qu'une jeune demoiselle, qui avait
été sa contemporaine, était morte de cette maladie ; il
est vrai qu'on ajoute que le titre déjeune homme suffi-
sait peut-être pour justifier cette grande sensibilité.
Contemporaine signifie probablement ici, qu'ils s'é-
taient connus, et peut-être même quelque chose dé plus.
M. Leroy ne veut sans doute pas laisser soupçonner
que ce jeune homme ait pu être affecté pour une con-
temporaine qu'il n'aurait jamais vue, car ce serait donner
de l'influence du moraL^ur~ie~-physique, un exemple
bien désespérant pou^ejpramorïstesxexclusifs.
( ,8 )
PRÉTENTION ASSEZ BIEN FONDÉE.
M-. Leroy, demande pour son beau-père et fait de-
mander pour lui l'inscription dans le dictionnaire des
hommes célèbres. Je n'y vois pas Ailhaud. On ne pour-
rait donc les y placer sans injustice envers leur patron.
Cependant on leur doit une récompense. Si j'en crois
. l'auteur du Charlatanisme démasqué,, la France , glo-
rieuse et reconnaissante, dira un jour, en parlant de
M. Leroy, J'ai un grand homme de plus à citer. Mais
M. Leroy ne serait peut-être pas fâché de jouir un peu
de sa gloire pendant qu'il vit.... Je voudrais qu'on lui
accordât des titres de noblesse et la permission\ de se
faire appeler Leroy des Purgons ! Y aurait-il, parmi les
êtres créés, qui sont le contenu, sur le globe terrestre, qui
est le contenant (1), quelqu'ètre assez mal avis.é pour
contester l'équité de cette dénomination ? Nous ne le
pensons pas.
EXRPESSION CHOISIES,
Je vois , page 229, un article intitulé : lait soi-disant
épanché. Page 349 »un homme mort soi-disant subitement.
Page 356, de soi-disant poisons.
Je pensais bien qu'on pouvait dire, M. Leroy soi-disant
inventeur ; mais personnifier le lait, les poisons, et sur-
tout faire dire à un homme mort qu'il est mort subite-
ment , cela me paraît plus que plaisant.
M. Leroy, dit (page 7) que, méconnaître les vérités
qu'il annonce, c'est faire trêve avec le bon sens. La
trêve est une cessation momentanée des hostilités de la
(») Expression employée dans la curative.
• ( '9 )
guerre. Accuserait-il ses lecteurs d'être ordinairement en
guerre avec le sens commun ? Cela serait d'autant moins
honnête qu'il prétend écrire pour la classe qui connaît
moins les mots qu'elle juge bien les faits et qu'il aurait
l'air de profiter de son ignorance pour l'injurier.
QUESTIONS
ADRESSÉES A L'AME DU BON PELGAS (i),
Pourquoi M. Leroy, assure-t-il que la mort est une.
suite inévitable des infirmités de l'homme , après avoir
dit qu'une fois ta cause de ces infirmités reconnue, il
peut être facile de l'anéantir ? Que devient son axiome
favori, Plus de cause, plus d'effet ?
Pourquoi admet-il que les humeurs sont saines tant
que l'individu qui tes renferme dans ses entrailles-est
dans l'état de santé, après avoir assuré que tout homme
vient au monde avec un germe de corruption ou de
corruptibilité, dont sa vie peut être plus ou moins
notablement abrégée?
- Pourquoi, puisqu'il n'y a, selon lui, qu'une seule et
unique cause des maladies, appelle-t-il à son secours la
fluxion comme complément de cette cause ? Si la séro-
sité et \a.fluxion sont la même chose, comme il l'assure,
(1) Un jour que M. Leroy était malade jusqu'à délirer ( ce n'est
pas quand il écrivait la curative) , le bon Pelgas, son beau-père ,
lui dit : je ne -vous laisserai pas mourir; Vante tient au corps, et
■vous et moi ne faisons qu'un. Cependant le bon Pelgas est mort';
et M. Leroy vit.
On ne devinerait pas comment le premier a pu laisser son ame
ici bas , si le second n'avait expliqué comme quoi l'union de l'ama
au corps n'est pas le principe de la vie.
3.
(20)
pourquoi les distingue-t-il? et, surtout, pourquoi les
compare-t-il à une rosée?
Pourquoi subordonne-t-il, d'une manière absolue ,
les parties charnues , tendineuses, cartilagineuses,
nerveuses et osseuses à l'autre partie appelée tes fluides?
je serais curieux de savoir ce que les unes deviendraient
sans les autres.
A quoi bon dire qu'il n'est pas essentiel de savoir
comment ou parquette voie les humeurs d'un malade
sont corrompues, après s'être efforcé de démontrer que
toutes les maladies sont dues à une cause unique ?
Pourquoi appelle-t-il l'âcretê, la chaleur brûlante,
mordicante, pourrissante des humeurs, un instru-
ment qui se forme de soir-même'dans la corruption pour
produire toutes tes souffrances, ou les maladies -en
général, et même ta mort? Si cet instrument se forme
de lui-même, voilà la corruption réduite à une nullité
bien désolante pour les idées de l'auteur ?
Pourquoi prétend - il que la purgation est en grande
défaveur, tandis qu'elle est recommandée en tant de
cas- dans le Dictionnaire des matières médicales ? Vou-
drait- il faire retomber sur la science le défaut de juge-
ment de quelques médecins qui-ne savent purger ni à
propos ni convenablement ? Nous lui conseillons dé lire
attentivement l'article purgatif dans ce dictionnaire. Il
y trouvera beaucoup, de choses qu'il paraît avoir besoin
de méditer ?
Pourquoi veut-il à toute force que prématuré et contre
nature, soient synonymes.
Pourquoi la mort est-elle contre nature , puisque,
selon lui, l'auteur de la nature a piaçê, dans lesétres
(21 )
vivans qu'il a créés, un germe de corruptibilité qui
doit trancher leurs jours, en mettant fin plus ou moins
promplement à leur existence?
Pourquoi a-t-il placé son nom dans la nomenclature
des maladies ? Serait-ce parce que les effets de la super-
purgation étant une maladie , le superpurgateur (i)
peut en être considéré comme la cause ?
Pourquoi y a-t-il ajouté son adresse ? pour des raisons
à lui connues, dit-il dans une note. Il serait bien fâché,
je crois,' qu'elles ne le fussent que de lui.
Pourquoi, puisqu'il assure que son remède doit gué-
rir indistinctement toutes les maladies, n'a-t-îl pas volé
au secours de nos voisins, qu'une épidémie moissonnait
par milliers ? Il en aurait infailliblement arrêté de suite
les progrès, et nous eût, peut-être, évité la peine de cher-
cher à nous garantir de la contagion. Alors, la France
aurait pu être , si non glorieuse et reconnaissante ,
«omme il est dit dans le Charlatanisme démasqué, au
moins reconnaissante.
PHILANTROPIE MISE AU GRAND JOUR.
A entendre M. Leroy, il n'est mu que par le désir
d'être utile à l'humanité. Le soin de sa fortune n'a pas
l'air de l'occuper.
Examinons d'un peu près à quel point il a -porté
le désintéressement, et ouvrons , s'il est possible, les
yeux à la multitude.
(i) Ce (agt ^g^ffc/fflis le dictionnaire ; mais il me parait ex
primer mon^idè^^XC/
( « )
Je tiens de quelqu'un qui est expert en cette partie,
et qui mérite à tous égards ma confiance , que la
petite phiole de vomi-purgatif et la bouteille de purga-
tif, a" degré, doivent coûter ensemble, à Paris, y com-
pris le verre et la manipulation , calculée au 25 pour
cent, 2 fr.
Mais dans la crainte que quelque^nalin ne s'avise de
demander d'où je sors pour avoir estimé d'une manière
si exiguë le gain des apothicaires, et que M. Leroy ne
me parle de certain M 1, qui doit lui coûter cher, si j'en
juge par la chaleur avec laquelle il défend la- cura-
tive et vante soii auteur » je veux bien que le tout
aille à 2 fi\ 75 cent.
Son livre, tiré à 6000 exemplaires , ne doit pas lui
coûter plus de 2 fr. chaque.
Il vend le tout n francs ?5 cent., savoir : le remède
7 fr. 7.0 cent., et le livre 4 fr. Il a donc, en bénéfice
net, 7 fr.
Il assure que sept mois ont vu s'écouler trois éditions
de 6000 exemplaires : cela fait 18000.
En supposant un-instant qu'il n'ait pas débité" une
plus grande quantité de ses bouteilles, cela ferait sept
fois dix-huit mille francs , ou 126,000 fr. de profit clair.
Mais il est probable que pour jun exemplaire de son
livre, il a vendu six fois la quantité en question de son
remède : car on se prête le livre; mais, pour guérir ou
mourir, il faut acheter le remède. Les maladies chro-
niques qui sont si fréquentes, en exigent, de son
aveu, plus d'une bouteille de l'un et de l'autre. Nous
avons donc fait un faux calcul : rectifions ; et, pour
qu'on ne puisse-, sans injustice, nous accuser d'exa-
(23)
. gération, supposons que le remède ne-Vest vendu que
quatre fois plus souvent que le livre.
Nous avons vu qu'il y a 7 fr.' de bénéfice net sur le
tout, savoiF, 5 fr. sur les deux' phiôles petite et grande,
et 2 fr. sur le livre.
18000 exemplaires à 2 fr., font 36,000
Quatre fois 18,000 pour les phioles, font
72,000, qui, à 5 fr., produisent 36o,ooo
TOTAL du bénéfice en 7 mois 396,000 f.
Si l'on remarque en outre que le livre est à.sa 1 o" édi-
tion, laquelle comprend deux volumes; qu'en consé-
quence j'abandonne, par esprit de modération, sept
éditions et la quantité de purgatif et de vomi-purgatif
qu'elles ont fait débiter ^ on pensera, sans doute , que
je n'ai pas tort-de croire qu'il est beaucoup de gens qui
deviendraient ultra-philantropes à ce prix.
JUGEMENT SUR LA CÙRATIVE
ET
. SUE LE CHARLATANISME D'ÉTVIASQUÉ:
U s'|éleva naguères entre lès pàrens d'une femme qui
venait de mourir , malgré d'itératives purgations , une
discussion au sujet de lamédecine cûrative du chirurgien
Leroy. Les esprits s'échauffaient lorsque lyûn des pà-
rens qui avait entendu parler du Charlatanisme dé-
masqué et vanter ^impartialité de son auteur, proposa
de consulter l'ouvrage afiu de pouvoir porter un juge-
ment plus équitable.
Les bonnes choses sont si rares, qu'ils eurent de la
( 24 )
peine à s'en procurer un exemplaire ! Cependant un
adepte, soit mécontentement, soit ingratitude , soit •
enfin qu'il désirât prouver à ces bons parens que la ma-
lade était morte pour n'avoir pas assez expulsé, par la
purgation, te germe de corruptibititê qui était en
elle, leur prêta celui qu'il prétendait n'avoir obtenu
que par grâce , quoiqu'il l'eût bien payé.
Us y virent d'abord que ce livre avait été composé à '
la hâte^ quoiqu'il fut à-sa seconde édition.
Qu'il est un maître plus savant qu'Hippocrate; que
ce maître est la théorie appuyée sur l'expérience, c'est-
à-dire la curafive. D'après ce qui était arrivé à leur
parente, cela leur parut un peu suspect ; ils froncèrent le
sourcil.
Us apprirent, dans le second chapitre , qu'il y a un
homme qui a pris la nature sur te fait, lequel a dit ■-
gravement auxmédecins : Tant que vous n'expulserez
pas le germe des humeurs gâtées et pourrissantes, vous
ne guérirez jamais personne. Us ne purent se décider
à le croire d'après l'assurance donnée par M. Leroy, que
c'est l'auteur de la nature qui a placé dans l'homme
ce germe de corruption.
Us passèrent au troisième chapitre, dans lequel l'au-
teur veut.prouver que les médecins ont essayé de substi-
tuer de vaincs terreurs au sentiment de ta santé; ont
élevé entre eux et la vérité, une haute muraille de sé-
paration, et dans lequel, il les apostrophe en leur
disant : Vous êtes bien tes maîtres de la haïr, mais
non de la. persécuter, non.de la détruire, non de
l'anéantir.
Ces bons parens, qui, un .instant auparavant, re-
grettaient qu'aucun médecin n'eût combattu la doc-
( *5y
trine de M. Leroy, qui se sentaient même quelque velléité
de les accuser de ne l'avoir pas fait dans l'espoir de voir
bientôt augmenter le nombre des malades, se regardèrent
tout ébahis.
Le chapitre quatre, malgré le Jangage plaisant qu'on .
y prête aux médecins, malgré les plaintes comiques
qu'on y fait de ce que, au sujet de la mort d'un nommé
Jolivet, on ait prodigué les épithefes d'empirique et de
charlatan, saupoudrées d'une dose d'expansion phi-
lantropique; malgré l'offre, qu'à l'instar d'Ailhaud-,
fait M. Leroy, de guérir, à tout venant, les malades
■ des hôpitaux, ne pouvait les faire revenir de leur
étonnement. La fin du chapitre où l'on fait- parler
des malades, prétendus guéris, comme des énergu-
' mènes; où on assure qu'à l'ouverture du corps de
Jolivet on n'a pu voir qu'un cadavre, les dérida tant
soit peu, et leur bonne humeur se prolongea pen-
dant la lecture du "chapitre suivant, où l'on-affirme
qu'il est rare de voir des hommes qui 'ont le bon
droit de leur côté , se laisser aller à ces mouve-
mens impétueux, à ces injures grossières qui décèlent^
l^ motif- secret d'une passion haineuse ; qu'un livre
écrit avec une plume passablement taillée, ne peut
sentir te. charlatanisme si on en fait hommage aux
représentons d'une grande nation.
, Quand ils en furent, à l'endroit où il est dit qu'on
voit quelque chose qui approche du, charlatan dans
ces hommes qui possèdent au suprême-degré le talent
dé se faire'.prôner ; qui parlent pompeusement d'eux-
mêmes et de, leurs prétendus succès , ils se regardèrent
en souriant, et convinrent unanimement que M. Leroy"
ne pouvait l'être, parce qu'il ne se faisait pas prôner
■ ( >6 )
du tout, et que jamais il n'avait parlé de lui ni de ses
succès.
Le chapitre six ne leur parut pas si plaisant; ils allè-
rent même jusqu'à soupçonner l'auteur de manquer de
charité. Que les médecins n'offrent aucune garantie,
soit. Que ceux qui exercent ta médecine clinique ne
vaillent pas les autres, consultons et écrivons, cela
seconçoit, disaient-ils, si.tous ceux qui écrivent, écri-
vent comme M. Leroy. Mais les accuser de n'avoir point
de-religion mais attaquer toute la jeunesse qui se
dévoue au soulagement, de l'humanité, cela n'est pas,
bien. Heureusement que ce chapitre finit par cette
conclusion facétieuse , que si on ne suit pas la
méthode de M. Leroy, on mérite que tes morts fassent
retentir, nuit et jour aux oreilles, ces paroles terribles :
Vous n'avez pas guéri, vo.us avez tué.
Arrivés au chapitre sept, ils ne furent pas médiocre-
ment surpris de voir que parce que les médecins se tour-
mentent pour empêcher la vérité d'entrer dans tes
maisons dites à portes cochères, l'auteur apostrophât
à ce sujet les gens riches, comme s'ils n'étaient pas assez
à plaindre, de ne pouvoir connaître les vérités qu'il pro-
clame. Du reste, ils crurent entrevoir pourquoi M. Leroy
s'est décidé à n'écrire que pour le peuple.
Le huitième chapitre leur parut insignifiant : il traite
de l'indifférence de là plupart des hommes, sur les
moyens de conserver leur santé, ou de la recouvrer après
l'avoir perdue, et deux pages y sont consacrées à répéter
l'épigraphe de la curative en d'autres • termes, chose
qui aurait pu leur paraître hors de propos, si cette épi-
graphe, ainsi conçue : avec sa curative, on peut avoir
son médecin chez soi, n'eût présenté à leur esprit un
sens tant soit peu équivoque.