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Premier rapport fait au nom du Comité de salut public, sur les moyens d'extirper la mendicité dans les campagnes, & sur les secours que doit accorder la République aux citoyens indigens : séance du 22 floréal ([Reprod.]) / par M. Barère ; [à la] Convention nationale

De
56 pages
[de l'Impr. nationale] (Paris). 1794. Mendicité -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART
NBS IOIOo
20x
fANSI ond-ISO TEST CHART No 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE.
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford 0X3 OBW, UK
-̃ ̃ J
A.
CONVENTION NATIONALE.
SRJl EMIER
WÉP PORT
F A i T
AU NOM DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC,
Sus. les moyens d'extirper là mendicité dans
les campagnes & fur les Jèeourf q\ié
doit accorder la République aux citoyen
indigens
PAR BAR ÈRE.
Séance du Floréal.
lUPUMÉ PAR ORDRE »E LÀ CONVENTION NATIOMALI.
'CITOYENS,
JE viens exciter de nouveau votre patriotisme, Se
vous rappeler le plus faim de vos devoirs.
Je dois vous parler des indigèos dont le ipectacle
afflige encore la Répnblique.
i
II y peu de jours vous applaudiriez à ces parole
« Les ics puiffance^e t^tçrre; f
ont e droit de parler en maîtres aux goupirnemeis
qui- les négligent.
corrompus; ils déiruiroient
»
Lts" comités de ialut public & de fureté général:
qui ont publié cet axiome tefrible devant les Te-
l'rcfeotans du peuple ne doivent pas attendre que
le peupe teur tnixpiociiô la Renie publication, ou
l'inexécution des devoirs qu'il leur impofe. Audi le
comité v.ent vous parler aujourd l|ui dès indigens
a ce ,nnm Jàcré, mzais qui fera bientôt inconnu à la
Rcf .;oi "^îe il voin^te fur vos ciforts à le faire
oublier. «
Tandis que le canon gronde fur toutes nosfrontièf es,
un eau redoutable, la lèpre des monarchies, ia
mendkicJ, fait ci $ plagies dans l'intérieur
de la République. La propagation/de cette maladie
polii'oue i?; n-.o-alè n?â pas de principe plus ad'fque
la guerre, d'agens plus dangertux que les faftions,
de moyens pins opue le d-éfordre des affaires
publiques & de perpétuité plus aîiurée que l'in-
différence du lég'flùteiir. E!) bien ce fera une
belle époque aboli la
mendicité au milieu des fureurs de la guerre.
la mendc'té c'a une dénonciation vivante contre
le gouvernement c'ett une aceufation ambulante qui
s'cl^ve tous le^ jours au milieu des places publiques,
du fond des campagnes, & du lein de ces tombeaux
,de l'efpèce humaine. décorés par la -nionaichie du
nom d'hôtel-dieu Se d'hôpitaux.
Cependant la mendicité cîï incompatible avec le
gouvernement populaire.. Ce mot i;ck,tciïx de men-
diant ne fut jamais écrit dans le ci;âioni;aire du ré-
£
A
publicain, & le table?ii de !a n'a été juf
qu'à prêtent fur la terre que l'hilaire de la co-lpi-
ration des grands propriétaires contre les hommes uui
n'ont rien.
I.a?flbns à l'info'ent defpotirme la faflueure conf-
truflion des hôpitaux pour engloivir les mi.'heureux
qu';l a faits, & pour /bu.enir momentanément des
éfcares qu'il ri'a pu dévorer. Cette horrible" g-né-
folité du defpotifme â^de encore à tromper les peu-
pies & à Jes tenir fous le joug Quand les mend^ùe
multiplient chez le defpote quand ils lui choq /ent
la vue, qu'ils lui donnent quelqu'^quiétude des
rnaréchauflees des édits, des prifom font fa'rcpu..r-
aux béions de l'humanité malheureufe.
Que les orgueilieufes monarchies fafTent donc'de loin
en loin quelques rcglemens fur la mendicité, plutôt
peur la punu que pour la lbuljger, pour en per-
pétuer la dépendance Que pour en faire difparoîire
les danger cela convient au gouvernement ¡j'Un
eu. Les'mendians, toujours .foies & nature i–e'it
lâches, parce que ce vil métier avilit rame Sc flétrit
h courage les mendians, ifcfies ne fui inrôivent
pas d'effroi; les mendwns dévorés- par le h-fom on
parla crapule jetés ou fondus dans les hô^i ,hy
ne donnent au monarque ni regrets ni remords. Mal
dans une Kjpu'Mique, rien de ce qui regude l'huma-
nue ne peut lui être étranger; tout ce qui p m éta}
blirla dépendance d'homme homi-np v doit^ir-or
ent; le. travail do:t être
gi^y^g^ refpei"ée & i:°urrieJ vh^*
Vi où le coeur du citoyen palpite pour une PatT;e
les vagiiicmens de l'enfaiilabandonf.é appellent cettï
même Patrie à fon f-cours homme il fb!l-ritc
trava. il 3rrd'e bienfaifance naiiora'e"
vieux il a droit au repos, -aux égards aux fe-
cours publics; ils doivent embraflev les générations
qui commencent & celles qui finiflent.
Ce n'e(t pas afiez pour le..peuple d'abattre les fac-
tions, de faigner le commerce riche, de démolir les
grandes fortunes ce n'eft pax aflez de renverfer les
hordes^trangères, de rappeler le règne de la juftice &
c: la vertu il faut encore faire difparoître du fol de la
République lafervilité des premiers befoins, l'cfclavage
de la ir .̃ & cette trop hidsufe inégalité panni les
hommes, cjui fait Que l'un ajoute l'intempérance
de la foriune & 1 autre toutes les ar.goiffes du
befoin.
Le. dcPpotirme aroit Fomentation & le luxe, du
riche qui fait l'aum6ne la République doit avoir
J'abondance. & fobfcuritc de la nature qui répand
chaque jour fes bienfaits.
Le monarque trompoit la mifène en lui donnant
des adminifirateurs & des pa!ais; la Convention ddit
faire difparoître. l'indigence en diflribùant des fe-
couLs dans les domiciles peu fortunés.
C'efl fur l'humbte chaumière que vous devez fur-
tout porter aujourd'hui vos regards cVft "fur les
habitans des campagnes, pauvres & induflrieuv,qui
ne trouvent que le travail âpres le 'travail, le dé-
dain dans l'infirmité & l'oubli dans la viellefle, que
la rofée républicaine doit, fe répandre.
Qu'ont fait jufqu'à ce moment fes tdgiflatenrs pour
la misère des campagnes ? Quelles institutions ont-
Ils faites pour ces laboureurs domefliques, ces ou-
vriers agncoles ces artifans ruftiques, parvenus à la
vieilîcffe Quelle dette la République a-t elle payée
i ces créanciers de la nature & de la fdciété qui
ont feitilifé l'une pour enrichir l'autre? Le filence
morne des campagnes & les larmes dénies de quelques
vieiiiarcL» nous repondent.
f
A3
Citoyens, jamais la fortune publique n'a été éle-
vée au point où elle eft dans ce moment. Riche
de liberté riche de population riche de domai-
nes la République compte pour l'amélioration du
fort des citoyens peu fortunés les milliards que
les riches comptoient pour la contre-révolution.
Oux qui ont voulu aflafiiner la liberté Font enri-
chi:. l.'eft -à la Convention ,à réparer les injuflices
des lois monarchiques à faire difparoître ta grande
inégalité des fortunes à effacer le nom de pauvre
.des annales de la République, à bannir la mendicité
par la !>ienfaifance & à rappeler fortement tous
les citoyens aùx droits de l'humanité, <3c aux devoirs
du travail.
Vous avez déla pote «ne grande bafe pour l'abo-
Gtion de l'indigence dans le décret du 36 Ven-
tôfe, préfenté par le Comité; vous avez. stemandé
à tous les agens nationaux près les communes, le
tableau, des citoyens qui font fans propriété au-
cune, & état des biens nationaux encore inven-
dus dont la divifion en petites parties, en forme de-
ventes nationales, peutrattacher tous les citoyens à la
propriété & à la Patrie & restituer à la terre des
aras oififs & robuftes & des familles perdues ou
amolies dans des ateliers & dans les villes.
Déjà les comités de fûreté-générate & de fatut
public ont reçu en vertu du décret des 8 & Ven-
tôfe, environ quarante mille déctfions des comités
révolutionnaires fur les détenus & ils fe flattent
qu'avant fix femaines ils vous feront connoître 'e
tableau nominatif de la population indigente dans
toute la République, pour lui porter des fecours
en propriété ou en bienfaifance nationale.
Les décrets du mois de Ventôfe ont voulu faire
tourner la révelution au pi«fit de ceux qui la fou-
6
bernent, à larnine de ceux qui la combattent
Je fou'etor.. r ics avec les biens des eu-'
i>emis de la République aufli cette loi porte que
tome-; les cuiiinumes /de' la République dreflèront
un état de! pair ores qu'elles renferment,
«vec leur nom-, k cr %e leur le
nombre & l'àpc de leurs enfans.
Une quamiti ronfiJuable de municipalités font
en tet-rd, & la plupart de cette'; qui ont fatisfait
au .décret. l'ont fait d'une manière imparfaite nous
les -aceufons ici haiiieir.enl au non de l'indigence
& fi cette accufatioii fohmnelie n'étoit pas entendue
<!̃ciiaque niu>iLipal;té\ & ne retentiffjit pas au
n;l;'Hi de chique commune-, la loi forte de la
vcî'x Se t!f\î droits du- malheur, viendrait les punir
de leur iiuMFiren'ce coupable eiivers les iadigens.
Le prrnver travail dont s'occupe le bureau des indi-
f/:se') de les difTérens états, de les
ati-ilUer Se U- pr-i^mer à' la Convention national
ii-ie première maiie des ir.digens de la République.
Ce trava;l feroit peu ne rempliroit pas
le voeu de cette loi aufli bieufaifa.Ue & auflj àgnt
d'une grande nation,, fi .le. co;r>;fé ne venoit fe
f.Jaindre à c.-»tte tribiine des jmperfeâions & des né-
gl^nccs. qu'il préfente:
On ne pept aioqiçr une foi aveugle à tous ces
états plus ou moins il ne. faut pas qu'une
frtie ••<: b'ens des ennemis de la révolution tombe
dans des mains. qai ne feraient point aBez pures
pour recevoir de pareil» bienfaits ou qu'elle foit
diftribuôe à des- citoyens qui ne peuvent en jouit
au préjudice des véritables iftdigeus. Plulîeurs lettres
des agens nationaux de diflrid témoignent quelques
craintes à es fu;et. Les mis dénoncent la mauvaire
volonté des municipaJkés en retard Y lès autres leui
7
A 4
iencrrr.ce & d'autres enfin des bruits répande
par dzs malveillans pour faire croire aux ha'jitans
ir> que le ^"it de ces états eft de faire
connchre les indigens, p«tir les tratlfporter à la
ou poiu les mc!îr: en édt d3 réclufon.
des moyens plus perfides pour dénaturer les in-
entions ^er.faifantes 6c ptfTeNes de te Conven-
tion nat'onale dans ce décret qui Pimrnortalife.
Citoyens indiens, êires
d'un Peuple libre non ce n'efl point vous a parler
de déportation de réclufion & à la craindre; elle ne
convient qu'à c ux qui calomnient la Co.iVention
qu'à ceux qui n'ont jamais en d'ertrailles ni des ni-
cheffes pour le pauvre 5c qui veulent, en périflànt,
exafpérer fa misî re ou fon courage.
Une iiirtmâion adrrflce aux ngep<! nationaux des
diflrifts fera très-efficace pour détruire ces rêves fi-
n'ift-es de l'ariftocraue expirante.
On chargera ces derniers de nommer des com-
mllaiies patriotes & cchircs dans les l'ilT-rens can-
tons de, leurs anordiflemens ceux-ci s'y tranfpor-
teroni. rrefT«*ropt la eonffdion df ton* ces étais
dans un délai fatal, fous la refponfcbilitc des mu-
n'xipali'ôs ils y feront porter, la population des
communes, dort la conn^iffance n'eft point indiffé-
rente dans cette c'rconHance pour comparer le
no-nhre des indiens avec celui »!c la populst-cn ils
raJureiont tes l:ab:tai;.<: des camra^nes fur les ^bruits
perfides répandus par les ennemis de la liberté;
.ils prendront dis renft'gnemens certaine fur l'indi-
grnee des personnes rcrt^rs ffr les éï^ts Nt qui i
auraient été oubliées & enfin ils
ticulièrement à i'aiTurcr ;iu pâiiiv<Lir(..£:> ue ces ci
toyens auprès iies,,fociétôs populaires, far qttle me-*
a
fure de nouveaux états mieux difpofcs feront fotn.
nis, & pourront fervir de bafàs plus juftes l our lé
rapport à faire par le comité de ialut publ;c lur les
moyens d'indemne tous les malheureux avec les
biens des ennemis de !a révolution.
Ces r.ouveaux états int!!queront., fous trois colon-
Des. le les in^igens; ceux infirmes 3°. ceux
chargés de famille.
L'ancien régime faifoit travailler à des états de
population, mais c'étoit pour ks* décimer par 1-s
m:lices & pour les jmpofér à l'humiliante*- capiia-
tion. La Convention nationale aura de meilleurs ta-
bleaux de population pour les couvrir de biénfai.
fance, & pour leur impofer le travail honorable de
l'agriculture.
Le defpotifrne dénombrait les boiitmes comme
de vils troupeaux la liberté compte iës indigens
& les malheureux comme des êtres refpeftables &
facrés.
En jetant les yeux fur l'état de la République ar-
rachée des mains du deîpctifrne voire appercevrez
facilement qu'il y a deux moyens de le faire ou-
blier le premiet eft de déblayer les ruines de la
royauté, en recourant les indigens qu'elle .avait faits;
le fecond, c'eft de préparer les mefures qui doivent
empêcher l'indigence de reparoître fur le fol de la
République.
Quart aux moyens de fecourir lessindigens afluel-
lement exiflans le comité a diflingué les citoyens
au-dcftbus de l'age de 60 ans, & ceux qui font ages de
60 années & au deffus.
Les bienfaits territoriaux ne peuvent être accor-
dés qu'à ceux qui ont des forces pour cultiver la
terre ceux que l'âge éloigne du travail des champs,
eu qui ont Zpuifé leurs forces en travaillant pour
9
l'agriculture doivent obtenir un repos honorable,
et des recours proportionnés à leurs premiers be-
Nous préparons deux autres rapports l'un fur
les moyens de difbibuer les fecours territoriaux
l'autre fur tes moyens prompts & efficaces de de-
blayer la mendicité dans les villes. Ge dernier rapport
fera fait dans peu de jours nous nous bornons au-
jourd'hui aux indgens dans lei villages.
L* mendicité bldfe votre délicatefTe ou affeâe vos
fens dans les cités mais elle reflue toujours dans
les campagnes c'eft à fes habitans qu'elle eft vrai-
ment onéreufe c'eft dans les villages qu'elle porte
fes dangers & fon effroi. Dans les villes, on en
a fait un fpeâacle journalier pour exciter la pitié
ou pour favorifer la pareffe mais avant peu de
jours, nous vous aurons préfenté les moyens de
ne plus laifler fur nos places publiques, fur les
paflages mêmes de la Convention le fpe&acle de
ces plaies hideufes, de ces fpeâres mendians, de
ces aumônes aviliffantes, & de ces citoyens couverts
de haillons qui accufent la révolution & déshono-
rent la République.
Vous devez aujourd'hui pofer une féconde bafe
et c'eft pour l'abolition de l'indigence exifiante dans
les campagnes vous aurez en même temps récom-
penfé le travail honore la vieilleffe & porté le
nom confolateur .de la Répubfique dans la cabane du
pauvre & d_ans la chaum ère de l'ir.di jent. La béné-
diâ'On du Peuplé la profpérité des familles mal-
heureufes & la fertilité de la terre font la feule ré-
compenfe digne de.s travaux & des dangers de la
Convention nationale.
Mais avant que de vous développer les idées du
comité fur la mefure des fecours publics à verfer fur
IO
tes campagnes & fur les. premiers arts c'eft ¡¡..dite.
fut les plus utiles, je vais vous expofçr rapidement
le tableau des opérations de la Cômmtflion queyous
avez formée. '••
Je vous présenterai -enfuite les motifs du décret
que nous vous propofons pour faire bénir la Répubh.
que dans tout le territoire de la France.
Paragraphe premier-
Des travaux de la Commisrion.
La ComminTon depecours publics placée dans
lin faubourg consacre avant le bienfait de l'émigra-
tion, nu luxe & à l'opulence avare va s'orgnnifer
& porter les vues fur l'enfant l'homme & le vieil-
lard c'elt dans ces trois divisons que fe trouvent
rompus tous les objets de fccours nationaux que vous
allez verfer fur la République entière.
Le foin des enfans de fa Patrie, leurs hofpicrs'.
& leur éducation, feront le premier travail de fa
commiffion elle fera chargée de vous préfenter les
fdées & les projets qu'elle croira les plus proprets
àbrifer la chuîne qui les lie à la lente fervitude des
hôpitaux, & à leur donner une éducation uniouern'înt
agricole. La terre eft la première créancière de la Ré-
publique elle nourrit la liberté que la tyrannie a
voulu affamer par tant de crimes.
Les enfant des villes & des campagnes, tous égaux
fous la conftitutioh de Fdgaliti., les enfans infirmes,
orphelins ou maltraités par la nature auront dei
mnifons d'éducation particulières où l'on ne foufFrira'
plus des générations faines 3: ftériles.
Lésantes pour les.femmes enceintes, les fecoufs; aux
femmes qui allaitent leurs enfans, ou qui font Lt-
Il
chargées d'enfans, dérivent des élablilfemens formés
pour recueillir les êtres foibles ou, abandonnés.
L'homme, parvenu à l'age de la force, a befoin de
trarait il peut avoir befoin de fecoyrs momentanés;
il faut l'aider en lui procurant de l'ouvrage ou le
foitner en état de maladie.
Les travaux néceffaires inftantanément dans quel-
ques parties de la République l'organifatjou des fe-
cours à domicile, dans l'état de détrefle ou dé mala-
dit; la répartition de quelques propriétés à titre de
rccompenfe ou d'adjud:cation doivent être un des
objets des travaux conftans de la commuTiOn.
Le Français qui voyage ou qui a porté fon ioduf-
trie dans les pays étrangers, fans cefiçr de correfpon-
dre avec fa Patrie & d'agrandir fon commerce peut
"être fous plufieurs rapports tourmenté dans lespays
étrangers., fur-tout dans les gouvernemens ennemis
dé la liberté & des droits du Peuple il faut-A'aider
pour lui-faciliter le retour dans fa Patrie de-là les
fecours aux familles françaifes pertécutées en terre
étrangère; c'eft un afte de bienfaifance nationale
dont vous avez déja donné plufieurs exemples à
l'Europe par vos décrets.
L'homme infirme a befoin de recours habituels
dans fon dnmicile' ou dans le petit nombre d'hof-
piccs deftinés à cet u!age. La cornmiflîon embraflera
donc dans fon travail, les hofpices de la Répu-
blique fous telle dénomination qu'ils foient
connus.
Tous les établifiemens qui auront pour but de
fnulager l'humanité fondante, les dépenfes nécef-
faires pour la tranfportation les dépôts inévitables
à former pendant quelque temps pour les vagabonds,
les infenfés ou affligés de malades incurables pu
dangereufes tous les éîablifTemens divers où il faut
12
cacher les tireurs de la nature on les maux
inféparables de l'humanité entreront dans le travail
de la Commiffion des fecours publiés dont l'orça-
nifation fimple, ne contient que quatre divifions prin-
Secours politiques, ce qui comprend ceux donnés
aux veuves & 'aux parens des défenfeurs de la
Patrie;
Hofpices civils & militaires ce qui comprend tout
les établiflemens des femmes & enfans
Secours militaires de terre & de mer;
Secours aux penfionnaires de la République.
Tel efl l'apperçu des travaux de bienfajiance natio-
nale que vous ordonnerez à votre commiffioa des fe-
cours publics:
Voici maiptenant une idée fomrmaire des objets que
nous embraubns dans ce rapport. Nous devons com-
mencer ctjinme la nature par les campagnes.
Campagnes.
Secours aux cultivateurs, aux artifans invalides;
Aux femmes & aux veuves furchargées d'enfant;
Aux femmes enceintes;
Tiavail aux valides dans les temps de détreffe
liépartition ou adjudication de propriétés natio-
nales, à titre de récompenfe ou de vente à long terme
dans chaque village
Secours à domicile, donnés à toutes les clafles indi-
quées ci-deflus, dans l'état de maladie.
L'ordre naturel des fecours publics nous conduit
aux grandes communes. -̃
Filles.
Secours aux hofpices fous telle dénomination qu'ils
Ment connus
13
Secours à domicile dans fétat d'indigence
Secours aux enfaas abandonnés aux orphelins Se
aux mutilés
Afyles pour les femmes enceintes
Secours aux femmes furchargées d'enfans;
Secours aux vieillards infirmes
Placement des célibataires indigens Se, des vaga-
bonds dans les hofpices ou dans les maifons de
repieffion.
Secours aux invalides foit à domicile, foit dans
la maifon nationale qui leur eft confacrée;
Secours aux femmes enfans & aux familles des
défenfeurs de la patrie;
Distribution des récompenfes nationales à ceux
qui auront combattu pour la liberté & t'égale,
en raifon de leurs fervices &de leurs bleffures.
Après vous avoir préfenté l'apperçu des travaux
de la commiflion des fecours publics me voilà par-
venu à vous parler des premiers moyens à employer
pour diftnbuer en peu de temps des fecouis fur toute
ifufface de la République.
Des fecours publics à difiribuer les premiers Agriculteurs
invalides.
Sit'agriculture eft la première & la véritable richefle
d'un Etat fi la puiffance réelle & la force intérieure
appartiennent aux peuples' agricoles; f un territoire
bien défriché bien culùvé bien peuplé, annonce le
bonheur des hommes & les lumières de radraimifrâ-
t4
tion publique; ri la Republique françaife doit fonder
fort indépendance fur la charrue & les productions,
nous devons prouver aujourd'hui que l'intérêt du lé-
giflateur eft de favoriler 1er cultivateurs avaut toutes
les clafles oifeufes de la fociété.
Dans l'ordre de la nature la culture & la fertilité
des campagnes doivent obtenir la priorité des regards
du législateur. C'eft la racine qu'il faut arroler l'ar-
bre Tes villes ne font que confommer les fruits que.
le commerce accapare manipule & agiote au gré de
fon avarice.
Dans l'ordre de la bierrfaifance nationale, les cam-
pagnes doivent pafler avant les v lits. Les campagnes
font des nourrices fécondes .de généreufes les villes
font fouvent des filles ingrates & ftériles.
Dans l'ordre de la reconnoiffance civique & révo-
lutionnaire, les campagnes méritent les premiers fe-,
cours. La cor.tre révolution a été combinée dans
les villes, le fédéralifme orgueilleux eft paiti des
cités la guerre civile a été préparée dans les grandes
Communes.
Dans l'ordre des encouragemens à donner, le
premier des arts fart nourric:er & modefle qui pro,
duit les fubfiftances & toutes les marières premières,
doit recevoir les bienfaits de la N tion.
Cependant, dans le partage des bienfaits publics,
Jes campagnes ont été toujours entièrement oubliées.
Il n'exifte dans les villages ni afyle ni fecours pour
le vieillard, ni. pour l'infirme, ni pour l'orphelin, ni
pour l'enfant abandonné par un faux honneur ou par
une pitis barbare.
Anez grand eft l'attrait des arts exercés dans les
villes allez nombreux font les bras qu'y attirent les
richefK's que les' arts procurent à leurs entrepreneurs
ou a leurs ouvriers. Les rendêfc vous de l'indtiftrie
n
font abrités, bruyans, nombreux, femés de pla;firs
& de refl'ources les ateliers de l'agriculture font
chargés -des travaux les plus pénibles, expofés à
toutes les intempéries des fâifcwy & femés de priva-
tions. Les artiftes ont les plaifirs &les commodités
qui naiflènt dans les cités l'agriculteur confumc fes
forces il a toutes tes peines de la nature.
Les artifans des villes ont mille reffources dans les di-
vers emplois ôt dans les communications multipliées de
la fociété, ils' onndes feeours abondans dans les ville1;;
l'Jfèrrtme charnpctre ifolé par les habitudes', folitaire
par fes travaux ,ï;n*auroit plus qu'à maudire la terre
qu'il a Wrofce de fes fueurs, & le gouvernement qui
*#a profité s'il n'avoit une perfpe&ive d'aifance ou
M fecôurs affuré dans fa vieilleffe.
Ce n'eft pas que nous puiffions jamais oublier Par^
tifan des villes", & c'eft de lui que nous vous parierons
daris le fecond rapport. Nous n'i^i^fons pas çne
lés carriers., les maçons, les charpentiers exercent des
arts où ils perdent, auffi leurs forces & s'expofeni à
être bleffis ou à devenir infirmes; nous voyons tous 'es
jours avec quelle indifférence barbare lés riches em-
ploient les manouvriers, & que les pauvres labo-
rieux font confommés, gafpillcs comme une denrée;
lêur jeuneffe et leur fante font la proie doit le luxe
&les travaux des particuliers fe mbient produites. Nous
porterons auffi nos regards confolateurs fur cette claire
intéreffante ôc utile des artifaris de.; vilîcs; r.?Àr 't
préférence pour les cultivateurs les bergers & !es,
artifaus des campagnes eft trop juste trop urgente
pour être contestée.
Le valet de charrue le valet payeur, le bat-
teur en grange, le vignerm, le moiilonneur &
'cette multitude de manouvriers néceffp.'rrs à l'a-
griculture & aux arts qui la fervent, contractent
tous^des maladies habituelles avant l'âge de cinquante
ttf
ans peu prévoyant dans la torce de J'âg« ils la
prodiguent à la terre. Quelles épargnes peut faire
un ouvrier auquel on n'accorde 4u'un modque la.
laire dont le taux fqytrafoe lentement après le rapide
furhauttment des denrées ? Les maladies ks épidé.
mies, les accidens, les intempéries des laifons tout,
jufqu'à la plus grande confoJation des hommes, la
fécondité des meres pcfe fur lui de mille manières.
Non, il n'eft pas d'indigent à là campagne qui n'ait
ufé fa jeunefTe au Service des cultivateurs, 0és pro.
priétaires et de l'agriculture il n'en efl pas un ftul
qui, après 3o ans de fatigues n*«it acquis Quelque
infirmité accidentelle, ou un épuifement total de lu
forces. Vo:là les vrais créanciers de la
bienfaifante; voilà ceux qu'il faut honorer <k non pas
avilir, qu'il faut fecourir & non pas arrêter.
Accablé de mauK dans un âge peu ava ce qu'ol
frira la fociété à l'homme champêtre qui l'a nouirit
par fes labeurs ? Que lui donnera t- elle après am
de travaux faits fous un foleil brûlant ou fous des
pluies mal-faines? Lui dira-t elle comme le riche
avare ou comme l'ancien gouvernemei.t des rois:
Malheureux tu as trop vécu il n'y a pour io> que
la mendicité, la réçluâon, l hôpita', ou la moit ? Non,
citoyens la République ne lauroit tenir ce langage
facnlège elle dira fes enfaus agricoles &malb«u-
reux « Je vous nourrirai vos travaux paffés font
» vos titres à ma reconnoifiai ice vos forces épuifées
» font vos droits aux fecours «ationnîux & votre
» vieillefîè fera tranquille & honorée ».
Aucune loi n'oblige un maître à nourrir le do-
meflique ou plutôt l'ami matheurcux qui s'eft caff:
la jambe à fon fervice; aucune inflitution n'affujétit
un propriétaire. à fecourir la vieilleife de fes valet
de labourage de fes bergers de fes
moiflbnneurs
1-7
HapP. XcnJLité.'
B
moiflbnneurs épuifds, de fes batteurs en grange tirés'
par le travail; aucun réglement ji'oMige le fabri-
cant à conferver dans.leur yieilleffe les ouvriers la-
génieux ou fidèles qui font enrichi. Eh bien que
la République françaife donne la' première le grand
exempte de cette juftice qui n'a pu trouver un
afyls dans le coeur des citoyens. Qu'il foit ouvert
totijes les décadres, dans les temples, un grand re-
giftre où la République fera infcrire les noms de
tous les vieillards indigens qui ont cultiv la terre,
ou'gardi des troupeaux, ou exerce les arts dans les'
campagnes; que 1 agriculture ait auffi les invalides
eomme la guerre que le tréfor public s'ouvre en.
Affine te:rps pour le défeiTeur & pour le nourricier
de la patrK. Les riches ont bien obtenu de la Ré-
publique un grand livre pour y enregiiirer leurs
rjçheffç!. & leurs créances eh bien les citoyens
ifialheureux, les vieillards indigens auront auffi leur
grand livre pour y graver leurs fervices iriduftrieîs,
leurs travaux agricoles & leurs droits à la bienfaifance'
Oui je parle ici de leurs droits. Dans une Répi>
biique bien ordonnée, chaque citoyen a quelque pro.
priétt; l'aumône n'y. flétrit pas le courage; l'arrflo-
eratie, déguif;:e en charité publique, n'y commande
pas la fervitude; le nom de mîndiantjeft ignoré; &
la République feule peut exécuter la grande loi de
la bicnfaifance univerfeHe., par des réglemens fages
& une économie raifonnée.
Oùi je parle ici de Ieur^droits, parce que, dans
une démocratie qui s'organife, tout doit tendre à'
élever chaque citoyen aii-deflus du premier befoin,
par le travail, s'il eft valide; par l'éducation, s'il
eft enfant; & par le fecours, s'il eft invalide ou dans
iS
la vieilleffe. N'oublions jamais que le citoyen d'une
République ne peut pas faire un pas fans marcher fur
Ion territoire j fur fa propriété.
Plein de cette penfée philanthropique & jufte au-
tant qu'elle eft politique & morale, le comaé vous
préfente plufieurs projets de décrets fur l'organifa-
tion prompte des fecours publics les plus légitimes,
l'es plus honorables & les plus généraux que
vous puiffiez verfer dans les mains des citoyens
français.
Sur les fecours publics à distribuer aux 'cultivateurs
Ct artcfans vieillards ou infirmes.
Le projet de fecours que nous vous propofons de
porter dans les campagnes, a pour but de fouïager
principalement les cultivateurs. Cette clalfe utile a
toujours été trop négligée quoique, dans l'ordre de
votre bienfaifance, elle eût toujours du être prête*
rée. Parmi les dons immenfes verfés fur la Kcpu-
blique entière, le, moindre nombre de lots eft échu
dans les campagnes c'eft pour réparer cette iné-
galité de diftribution de fecours, que nous allons vout
foumettre une organifation révolutionnaire qui, em-
braffant toutes les claflês indigente qui habitent la
campagne, apprenne à la nation que, d une main
également hardie, vous favez donner la mort aux
traîtres, & rendre la vie à ceux qui, fous le chaume,
fervent la patrie par leurs moeurs, leurs vertus & leur
travail.
Avant que d'entrer dans les détails que ce rapport
néceffite, nous devons vous faire obferver que les
décrets qui vous font propofés ne contrarient eu
B a
ritn ceux que vous avez rendus les 19 mars & 28
juin derniers (vieux Les viiW, qui ne font
que le quart de la population de IÎ République, avec
leur* hôpitaux, leurs hofoices & leurs éiabliiîemens
déchanté, peuvent attendrie l'organifation générale
des recours à laquelle travaille voire comité; mais
vous devz donner promptement une grande impul-
lion révolutionnaire à la bienfaifance nationale, en
vous réfervant toutcTos s le moyen d'augment?r de
diminuer ou de fufoendre fans lecoufle, fans efîbit,
cette même impulfion.
Tout homme bleffi ou infirme refte à la campagne
fans lecours quoique fouvent fa caducité ne foit
qu'une fuite d- fes efforts: il doit donc obtenir un
fecours; ce fecours doit être honorable & pur comme
le motif qui l'a déterminé.
Pour remplir cet objet, qui fait marcher le cul-
tivateur fur la même 'ligne que le détenteur de fa
panie il fera ouvert dans chaque diftrid un
regiflre, qui aura pour dénomination livre rle la
bienfaifh'icr national?; & pour premier titte Culti-
vateur* vieHlnrds ou infirmes. Pour être infcrit il
faudra être agi de fo:xa»te ans, avoir travaillé à la
terre ou à l'éducation des troupeaux pendant vingt
ans, être inrirme, indigent. ou hors d'ctat de travailler.
Les formec prefjntes pour obtenir ces infcriptions
font indiquées dans les décrets que nous devons vous
propofer.
On a fixé à le nombre d'inscriptions par dé-
paiement, & pour une population de mille
ames; mais chaque département pourra, en jufti-
fiant, par des état* exacts, avoir un? populat;on au-
deflùs de ioo mille âmes, obtenir de nouvelles
23
infcripttons dans la proportion de quatre par mille
Chaque département jouira fur-le-champ du bien.
fait des 400 infcripiions qui feront divifées par diftrift
dans des régimes feparés. Nous devons éviter toute
idée dcpàriïmcnidc. l.e féJéralifme ne doit ni flétrir
ni empoilbnner la bienfaisance.
La jouiffance de l'autre infcription relativement à
une p'us grande population, n'eft ajournée que juf-
qu'au moment ou les autorités conftituees auront
rempli leur devoir, en envoyant les états plus exads
dela population agricole.
Chaque iaferiptiori rapportera annuellement à celui
qui l'aura obtenu, 180 lïv.
Qu'on ne croie pas que cette fomme foit jnftiffi-
fante celui qui à la campagne a bien au-delà de
fon pain journalier, n'eft déja plus dans 1 indigence,
& ne doit pas mendier.
L'habitant des campagnes ne refTemble en rien à
celui des villes le premier n'eft prefque jamais fans
aryle, fans parens, la misère du;
toujours ifolée, hideufe & fans proteftion. Ce
n'eff que dans la Fa*ge des villes que l'homme pauvre
ne trouve ni bois fec à ramaffer, ni pêche à faire,
.ni rets à tendre, ni légumes communs, ni air pur à
refaire:- au refie, fi la nation doit être jufle, elle ne
doit pas être prodigue.
Il exifle encore dans les campagnes une clafle de
citoyens qui ont un droit égal à la bienfàifance na-
tionale; ce font les artilans vieillards ou infirmes.
Le même régime fera auffi ouvert pour eux dans
chaque département; il contiendra pour fecond titre:
Artifans vieillard ou infirme.