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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford OX3 OBW, UK
À
PROJET DE RAPPORT
SUR
LES HOPITAUX MILITAIRES,
DE NOA.ILLES.
T;N Y R Q/D U C T I O N.
UN fentiment inné nous attache au fort de tout être
qui fouire l'infortune & la maladie rapprochent toutes
les diflances, & l'homme le moins fenfib!e devient
l'appui & l: confobteur de celui dont les befoins folli-
citent fa pitre.
Mais fi une profeffion néceffaire au foutien de l'em-
pire ifole en quelque manière le citoyen qui i'embrafle,;
fi elle l'éloigné de fes parons, de fes amis, de fa cité,
le gouvernement doit lui tenir lieu de tout ce qu'il
abandonne pour fon fervice; il doit le dédommages
de toutes 'fes privations auxquelles il l'expofe.
Telle eft la pofition du foldat, tels font fes droits
la follicitude & aux foins de fa patrie. En fanté, elle
lui doit le logement, le vêtement la nourriture, le
degré de considération qui appartient à l'homme libre
lorfqu'i) renonce à une partie de fa liberté pour afluret
celle de fes concitoyens. En maladie, plus iiolé encore,
le foldat a un droit incontettable a tous les fecours
phyfiques néceflâires à fa guérifon. L'état lui doit l'équi-
yalent ou la compenfation des fouis dont iL efl privé;
il lui doit, de plue, la confolation morale qu'il retireroit
de fes proches.
De toutes -les dettes d'une nation, celle-ci eft la plu»
(2)
facrée comment ne pourvoiroit-elle pas avec empref-
• fement à tous lesjnoyens de rétablir des forces deftinùes
au fervice de l'état ? Commuent négligeroic-elle d'affurer
l'exiftence celui dont les facrifices, fans ueffe renaif-
fans, femblent n'être qu'une habitude de dévouement
& une préparation au facrifice mcme de la vie, fi l'intérêt
de la patrie le commande?
Mais fi les foins & les fecours ne procurent pas tou-
jours la guérifuri qui en eft l'objet, ils atteignent un but
non moins important ils adoucirent les peines du
malade; ils charment en quelque forte les inquiétudes
inféparables de fon état; ils, lui font retrouver des amis
& des frères dans les établiffemens que la grande famille
a préparés pour fes enfans.
L'orgueil &- la vanné chercheront peut-être encore
de nouveaux alimens dans quelques-unes de nos infti-
tutions foetales mais ici la douleur & la maladie pro-
noncent, au nom de la nature, la plus parfaite égalité
dans. les fecours donnés aux malades.
Sans doute il ne convient d'employer ces fecours
tm'avec une fage économie, c'eft le principe confiant
d une bonne adminïffration dans l'objet qui nous
occupe le plus grand prix de l'économie cil fur-
tout de devenir la fource de la libéralité c'efl en dé-
truifant cet appareil d'édifices fosnptueux qui renferment
des malades, que vous trouverez les moyens de multi-
plier les foins & mêmes les douceurs qui leur font vrai-
ment néceffaires.
Presque tous les préambules des nombreufes ordon-
nances fur le fervice de fanté des troupes ont exprimé
cette vérité, & quelques articles de leur difpofitif fern-
blent l'avoir confacrée iljj'en eft cependant pas qui
aient été moins refpeftés.
C'eft ainfi que l'infatiabls cupidité des fous-ordres &
la coupable infouciance des premiers agens de l'auto-
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A 2
rite, en oppofition manifefte avec des intentions bien-
faifantes, ont concouru à rendre ce fervice p'us oni-
feux a l'état qu'avantageux aux malades.
La mobilité des ager.s d un pouvoir abfolu, une
verfatilité d'opinions ou de fyftème, un defpotifme moins
connu. mais plus terrible que le defpotifme miniftériel,
,'celui dès fous -ordres, ont couramment oppofé des
obftacles à la fageffe des ordonnances fur le lervice des
hôpitaux militaires; c'efl ainfi que des hommes inté-
reffés, fous le prétexte d'économihr r les revenus de l'état,
ont fondé leur furtune fur fa ruine; c'eft ainfi que ces
hommes pervers ont fait fubftituerl entreprife à la régie,
la régie à l'entreprife, ou les ont fait concourir
c'efi ainfi que les arrangemens généraux ont fuccédé i
des marchés particuliers, dui les ont remplacés à leur
tour c'efl ainfi que les contrats les plus autlien-
tiques étoient rrfiliés d'autorité & qu'au moment où
On régime déteftable fuccé loit à un moins mauvais, les
anciens agens obtenoient des indemnités & les nouveaux
des avances.
En vain la loi avoit été portée, une décmon inter-
prétative, une lettre miniflérielle, un ordre arbitraire
prononçoient au befoin l'exception néceffaire à la cir-
conftance.
Au milieu de tous ces abus communs, l'œil vigilant
de radminiftration atteindroit-il efficacement les incon:
véniens qui environnent le malheureux foldat ,dont la
vie peut être menacée tout à-la fois par l'impéritie
de celui qui prefcrit, l'infidélité de celui qui exécute,
l'avarice de celui qui fournit, la négligence de celui
qui doit des foins, la dureté & l'infouciance de celui
qui les furveille ?
Le comité ne s'en: pas dilTimulé les difficultés que
préfente un problême aufli important; mais il peut'
les attaquer avec confiance, parce que la corps coniU-
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tuant lui a déja fourni les fondemens de l'édifice que la
patrie doit confacrer la confervation de fes défenfeurs.
Pour que les hôpitaux militaires rempliffent l'objet
de leur inftitutioni il faut que leur nombre & leur orga-
nifation puiffent s'adapter aux viciffitudes de la paix &
aux opérations de la guerre; il faut que FaSivité du
Service & l'exaftitude de la comptabilisé y foient fondées
par-tout fut une adminiftration fimple, mais qui puiffe
être facilement furveillée & qui réponde fans confufion
un centre d'unité; il faut fur-tout que l'art de guérir
y foit exercé par des perfonnes expérimentées, qu'il y
foit encouragé & perfeftionné par des inftru&ions régu-
lières, ainfi que par des leçons de pratique; enfin il
eft néceffaire qu'il exifte, dans les hôpitaux militaires,
une correfpondance de lumières qui ne peut naître &
fe développer que dans les lieux où tout eft difpofé
pour exciter l'émulation.
Ainfi, quoique l'ctabliflcrrient des hôpitaux régimen-
taires préfente, à plufieurs égards, de bonnes vues &
des idées utiles dont nous avons fait ufage, nous pen-
fons que fous le triple rapport de l'économie, de la
fureté du fervice & du progrès de l'art de guérir, le
fyfiême des hôpitaux militaires colle&ifs en, en général,
celui qu'il faut adopter, en y joignant des modifications
propres à corriger les abus qui y ont régné jufqu'à ce jour.
D'après ces confidérations, nous vous propofons; i°. de
conferver trente grands hôpitaux militaires dont cinq de
la première clafleéc vingt-cinq de la féconde; 2°. d'établir
dans les hôpitaux civils & dans des hofpices particuliers,
des afyles également convenables dans les lieux où il n'y
aura pas de grands hôpitaux militaires; 5°' de fouftraire
un grand nombre de foldats aux dangers inévitables des
hôpitaux, en établiffant dans les quartiers des infir-
ineries où l'on puiffe traiter les maladies légères.
Los cinq hôpitaux de la première ckffe placée dans
-(̃*̃)̃̃
A3
les villes où fe trouvent des garnifons nombreufes, feront
en tout temps des dépôts de fecours & de lumières par
le grand nombre de fujets qui s'y formeront dans toutes
les parties du fervice des hôpitaux militaires, & parti-
culièrement par les écoles qui y feront établies pour
inftruire un grand nombre d'élèves dans la théorie &
dans la pratique des maladies des foldats. D'un autre
côté, leur pd1ition fur les frontières les met dans le cas
d'être de la plus grande utilité en temps de guerrè,
foit pour y établir ces inhalais, foit pour y fervir de
centre où les hôpitaux de piemicrc ii;vi!e viennent s'é-
vacuer.
Les hôpitaux de la féconde claffe au nombre de
vingt-cinq, concourront au même objet que les pre-
miers, avec les différences qui doivent dériver de leur
polîtion & de leur étendue. Il n'y fera pas établi d'écoles,
mais les médecins &»les chirurgiens Uipi'rieurs ferunt
chargés de veiller à l'inftruction & aux progrès de tous
les orriciers de fanté qui leur font fubordonnés.
Dans ces vinf;t-cinq hôpitaux font compris ceux de
Banèges & de Bourbonne, qu'il a paru indifpenfable
de conf:'rver à caufe des fecours précieux qu'ils offrent
aux defenfeurs de la patrie; mais en confervant ces hôpi-
taux, il fera néceffaire, pour prévenir les abus multi-
pliés qui s'y font introduits, de fixer par des règlement
pofitifs les tirconitances dans lefquelies les malades doi-
vent y ttre envoyés.
Après les hôpitaux de la féconde claffe, nons avons
placé les hôpitaux de charité fous le titre d'hôpitaux
auxiliaires; mais il fe préfente ici une objection impor-
tante. Outre les difconvenances qui exiiloient fous plu-
fieurs rapports entre le genre de vie du pauvre & celui
du foldats, par conféquent, entre les caufes & la nature
de leurs maladies, ainfi qu'entre les moyens de les traiter
& de les guérir, on peut demander fi l'admiffion des
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foldats de ligne dans les hôpitaux civils, n\& pas une
violation du droit de propriété. Tout le- monde con-
viendra -que dis militaires îfolés femeftriers ou voya-
geurs peuvent, fans inconvénient, réclamer un afyle
dans les hôpitaux de charité, mais des foldats calmes
dans une ville nu peuvent être admis dans l'hôpital
civil, fans qu'il en recuite de grands inconvéniens dont
les plus fâcheux, fans contredit tombent fur le ci-
toyen malade qui voit fon lit occupé par un étranger.
Faut-il être obligé de retracer ici cette injuftice atroce,
en vertu de laquelle, abufant indignement du nom du
toi & fous le prétexte toujours ioipofanr & toujours
abfolu du fervice du roi, les administrateurs chaiïbieht
des hôpitaux civils ou entaflbient dans des falles les plus
infatubres les pauvres pour lefquels ces maifon<= avoient
été fondées, pour mettre à leur p!ace des foldacs fatigués?
Combien de fois n'a-t-on pas vu les chefs des hôpitaux
civils attirer les foldats dans ces maifons de charité, en
calculant, au mépris des loix de la bienfaifance & de
l'humanité, le double bénéfice qui pouvoit réfulter de
la journée utile du foldat fubftkuée à la journée onéieufe
du pauvre ?
On ne peut donc propofer d'admettre des foldats
malades que dans ceux des hôpitaux civils qui, par
leur étendue & leur djftnbution pourront y recevoir
des militaires, fans porter aucun préjudice aux pauvres.
C'eft fous ce rapport qu'ils doivent être appelés hôpitaux
auxiliaires l'admiffion des foldats, en pareille circonf-
tance, ne pourra qu'être utile aux hôpitaux civils par
les bénéfices qu'ils y apporteront:
Comme il eft important, dans cette réunion des mi-
litaires avec les autres citoyens' d'affurer également
le traitement du foldat, & de mettre l'afyle du pauvre
à fabri du defpotifme, qui a trop fouvent dominé dans
les hôpitaux civils; nous avons cru qu'il falloit, d'un
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oiè .apurer aux chirurgiens-majors des régimens, des
fonctions qu'ils n'ont prefque point encore exercées dans
ies h«pf?Hux civils; & d'un autre, qu'il étoit néceffaire
de donner à l'adminiftration de ces hôpitaux une forme
pour ce qui efV relatif au militaire.
Pan* les villes où les hôpitaux civils ne font pas
"dil'pofcs de manière à y recevoir les foldats fans nuire
aux droits des citoyens, la juftice & le bien du fervice
exigent qu'on y ctablifie d'une manière fimple mais
convenable, des maifons de fanté, ou hofpkes parti-
culiers dans lefquels les malades recevront tous les
fecours dont ils ont befoin. En bornant ainfi l'établifte-
ment des hôpitaux particuliers aux circonfiances qui
les néceflîtent, on réduira à leur jufte valeur les avan-
tages que l'on avoit cru trouver en 1738 dans l'éta-
bliffement des hôpitaux régimentaires.
Enfin, pour prévenir les abus multipliés & les dan-
gers qui réfultent fouvent d'envoyer dans les hôpitaux
des foldats qui n'ont que des maladies légères ou fi-
mulées, nons avons cru qu'il étoit néceltaire d'établir,
dans les quartiers des inflrmerits ccrppofées au moins
de deux falles ou chambres.
Dans ces différens afyles les foldats malades trouve-
ront toutes les thbfes difpofées pour la propreté & la
falubrité chacun d'eux fera couché feul dans un lit
& il aura auprès de lui l'abondance des foins qui peu-
vent adoucir fes maux & calmer fes inquiétudes.
Fn travaillant à ramener ainfi le fervice des hôpitaux
militaires à des bafes fimples & à les faire marcher
toutes dans le même efprit & fous le même régime
nous avons été frappés de l'avantage qui réfulteroit de
la réunion des hôpitaux de la marine avec les hôpi-
taux militaires, & voici les motifs fur lefquels cette
idée nous a paru fondée.
La pofition phyfique & politique de la France étant
C.*>:
telle que noas avons rarement à faire ou à Soutenir
une guerre de terre cui ne fuit accompagnée d'une guerre
de mer le fuldat eft deiliné à être embarqué & alors
ce. n'elt pas comme (impie: partager. "11 eit prefque tou-
jours employé à bord à la partie des manœuvres qu'il eft
en état d'exécuter.
L'attention avec laquelle on a cherché jufqu'ici à
èloigncr le fol Jat du matelot, & à oppofer, comme on le
difoit naguère, les intérêts du roi de mer aux intérêts du
roi de terre c'eit à dire les intérêts du miniitre de la
guerre à ceux du minière de la marine, doit difparoître
devant l'intérêt national ci^nt les divers moyens n'a-
giront plus que par une mêmes impultion pour con-
courir au même but.
Lor, de la derrière guerres d'Amérique époque mar-
quante d'une rétinion qui n'avoit pas encore eu d'exem-
pb entre une flotte fiançoife & une armée de terré les
hôpitaux de l'armée eurent toujours un nombre p!us
coniîdû-able de matelots que de foldats, & les officiers
4' .de la mar*iie furent traités dans les mè.nes iulla 6c par
les mêmes médecins & chirurgiens que les ofliciers de
l'armée.
Ceux qui recherchent lès caufes au-delà de celles qui
frappe nt le vulgaire crurent dans le tems que cette
communication n'avoir pis peu contribué à la récipro-
cité de fentimens qui firent le bonheur & la gloire
des deux armées, & qui, fans doute, ne'furent pas fans
influence fur leurs fuccès..
L'économie que produifit cette réunion momentan-
née aura des effets plus fenfibles & plus durables, fi l'on.
fait ôifparoître cetee fépara;.ion inutile, dangereufe &
coisteufe entre les enfans de la même famille, les
ferviteurs de 'la même patrie.
Un des inconvéniens le plus frappant du régime
tontraire c'ell l'efpèce de prelfe volontaire qui s'exerce

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