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Projets d'assainissement et d'embellissement de la ville d'Alençon : réponse à la brochure de M. Berthe / par J. Berr

De
21 pages
Ch. Thomas (Alençon). 1865. 20 p. : plan ; 21 cm.
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PROJETS
D'ASSAINISSEMENT ET D'EMBELLISSEMENT
DE LA
VILLE D'ALENCON
REPONSE A LA BROCHURE DE M. BERTRE
Par J. HERR
Prix : 50 c, avec plan
BMLlOTHÈip D'ALENCON
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N" de classement ..Lji\.......
IT d'inventaire
ALENÇON
THOMAS, IMPRIMEUR ET LITHOGRAPHE
Rue du Collège, n° 8
1865.
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PROJETS
D'ASSAINISSEMENT ET D'EMBELLISSEMENT
DE LA
VILLE D'ALENCON
Dans une récente brochure nyant pour lilrn : Assainissements
et embellissements de la ville d'Alençun, M. Berlre examine
divers projets mis à l'élude depuis quelques temps par notre
Municipalité. Son intention, dit-il, est principalement d'appeler
l'attention sur ces projets, plus sérieux qu'ils ne le paraissent à
première vue, et d'amener par là une discussion approfondie
des questions engagées. C'est également le but qui sera poursuivi
dans l'élude des idées émises par M. Bcrtre.
I.
Alençon doit-il forcément se déplacer vers Sl-Blaise.
Si on cherche tout d'abord à se rendre compte de l'idée mère
qui a dirigé l'auteur, on trouve celle-ci clairement exprimée dans
son opuscule. « Les villes obéissent à une force, tantôt connue
« et tantôt inconnue, mais toujours irrésistible, qui les retire d'un
« côté pour les porter et les agrandir de l'autre. » Pour 41ençon,
M. Bertre semble ignorer la force qui pousse la ville plutôt d'un
2
côté que d'un autre; faute de pouvoir indiquer la cause principale,
il se borne aux causes secondaires, selon lui, « la disparition des
« fortifications du côté de St-Blaise, l'établissement de la prome-
« nade , du Cours, l'église Notre-Dame, l'hôtel de Guise, les au-
« berges du carrefour St-Blaise, l'espace, l'air, attiraient la popu-
« lation et tendaient à la déplacer des Etaux où elle était trop à
« l'étroit. » A notre avis, il ne paraît pas assez tenir compte de
l'importance majeure que l'ouverture de nouvelles voies de com-
munication peut apporter dans le déplacement du commerce
d'une ville. La position des halles, des marchés, ne lui semble pas
non plus devoir influer sur ce déplacement, tant il est absorbé par
celte idée de force irrésistible qui pousse Alençon vers St-Blaise.
Nous aurions pensé, après l'historique qu'il a fait des différentes
phases commerciales d'Alençon, que le fait si visible qui a changé
son centre l'aurait frappé davantage.
Avant d'examiner plus en détail la brochure en question,
voyons d'abord si nous ne pourrions rendre la cause de ce
déplacement aussi sensible pour tout le monde qu'elle l'est pour
nous. En remontant avec M. Berlre jusque vers l'an 1770, on
voit qu'Alençon ne possédait qu'un seui pont (le vieux pont de
Sarlhe) ; que les rues du Pont-Neuf, de Bretagne et Julien n'exis-
taient pas ; que toutes les communications des provinces de Nor-
mandie, du Maine et de Bretagne , entre elles avaient lieu par
la Grande-Bue, la rue de Sarlhe et celle de la Barre. Toute la
circulation devait donc passer par le carrefour des Elaux. Or,
comme le' commerce ne s'élabiit en général que dans les rues fré-
quentées, il se trouvait forcément concentré sur ces trois voies,
aux abords de ce carrefour. Pourquoi le centre du commerce
n'est-il plus en cet endroit? Quelle est la force dile inconnue et
irrésistible qui le porte vers St-Blâise? Le percement des rues de
Bretagne et du Pont-Neuf nous paraît la première et la principale
des causes qui ont amené ce résultat. Ces nouvelles voies ont en
effet établi entre les trois provinces citées plus haut un chemin
plus direct et surtout plus commode; le roulage , les voyageurs
ont donc passé par le carrefour de la rue aux Cieux et entraîné, en
3
partie du moins, les commerçants qui cherchent toujours à se
trouver sur le passage de leurs clients.
Plus tard l'ouverture de la rue Julien, en établissant un trajet
plus direct, par la rue du Cours, entre la Normandie et la Bretagne
a de nouveau appelé le commerce sur ce nouveau parcours; il est
donc certain que le percement de nouvelles rues a été la cause
principale du déplacement du centre d'Alençon.
Les halles, les marchés n'attirent-ils point le commerce comme
le prétend M. Berlre ? Les faits à Alençon démontrent le contraire.
Il n'y a réellement qu'un marché, celui de la Madeleine. N'y a-t-il
donc aucun commerce dans la rue qui lui fait face? Le marché
a-t-il empêché qu'on y établisse des boutiques convenables?
N'est-ce pas lui qui attire et entretient les nombreux magasins de
merceries, les pharmacies, les épiceries, qui prospèrent à ses
abords, sans compter les auberges qui sont établies dans les
endroits les moins accessibles.
Passons maintenant aux halles.
La halle aublé, jusqu'au commencement de cette année, n'a guère
été accessible, vu le mauvais état du pavage, que du côté de la
rue des Filles-Notre-Dame. Eh bien ! malgré cela , les maisons de
M. Mercier ont toujours été louées, et les commerçants viennent
constamment repousser les propriétaires de ses abords. Hier
s'installait l'hôtel de la Victoire, puis le café de l'Industrie; il y
a quelques années c'étaient le café de l'Univers, le magasin de fer,
le débit de labac , etc.
Il me semble complètement inutile maintenant de dire que c'est
la halle aux toiles qui attire chaque jour autour d'elle les mar-
chands de toiles et de fils et les industries qui en dépendent.
Personne n'ignore que les plus petits marchands de toutes les
communes voisines d'Alençon paient des prix incroyables la moin-
dre cave aux abords de celte halle. Cette attraction, tout le monde
la voit.
Nous avons établi les causes qui ont amené la' répartition, entre
le carrefour des Etaux et celui de St-Blaise, du commerce concen-
tré jusqu'alors aux Etaux ; nous pensons que ces causes ont ac-
tuellement produit leur plus grand effet et que, dorénavant, Alen-
çon ne se développera pas plus du côté de Saint-Biaise que de
tout autre côté de la ville ; nous ferons même remarquer que depuis
45 à 20 ans il ne s'est pas fait de constructions à l'entrée d'Alen-
çon, sur les routes de Seès et de Paris et sur le chemin de Cour-
teille. C'est, suivant nous, dans ces quartiers que la ville a pris le
moins d'extension ; il y a, il est vrai, les constructions de la rue
de la Gare qui sont venues ajouter un peu à son importance, mais
nous n'hésitons pas à dire que les quartiers de l'Ecusson eldel'En-
crel, les rues de Bretagne, de Fresnay , du Mans, de Mamers et
des Tisons ont vu s'élever au moins autant de constructions nou-
velles et même davantage.
Comment donc vous accorderez-vous avec vous-même, dira-
t-on? D'un côté vous prétendez que ce sont surtout les voies de
transit traversant Alençon, qui avec les halles et le marché ont
fixé le commerce et par suite la population dans sa position
actuelle, et de l'autre, vous ne paraissez pas croire qu'une grande
partie de la population doive s'accumuler aulour de la gare , lieu
de transit bien plus important assurément que n'importe quelle
route ?
Il est facile de répondre à celte objection. Les rouliers, les
voyageurs de toute espèce, qui avant l'élablisscment du chemin de
fer, allaient du Maine en Normandie, faisaient séjour à Alençon
pour laisser reposer leurs attelages ou leurs montures, réparer les
avaries du voyage et se mettre dans de bonnes conditions pour
le continuer. De là; l'établissement sur leur passage d'hôtels,
d'auberges, de selliers, de carrossiers, de charrons, de maréchaux
et par suite d'une foule de petits commerçants. Le chemin de
fer n'attire rien de tout cela ; c'est facile à comprendre. La gare
d'Alençon n'étant pas tête de ligne, les trains ne font que traverser
notre ville ; aussi les marchandises comme les voyageurs qui vont
du Maine dans l'intérieur de la Normandie, et réciproquement,
ne s'arrêtent plus à Alençon. De plus, la réparation du matériel du
chemin de fer qui, dans cerlaines localités , occupe un si grand
nombre de bras, n'a pas lieu dans notre ville, voilà les raisons pour
lesquelles le chemin de fer ne peut amener à sa suite le petit com-
merce que faisait développer l'établissement d'une route. C'est
aussi pour cela qu'il existe dans la rue de la Gare beaucoup'plus
de maisons bourgeoises que de maisons de négoce.
Si la gare n'attire pas à elle le petit commerce , n'exercera-t-elle
pas plus d'attraction sur le haut commerce et sur l'industrie ? Nous
ne le croyons pas. Les marchands de toile et de fil n'ont pas l'air
de vouloir abandonner les abords de leur halle, l'usine d'Ozé
n'est pas non plus facile à déplacer ; les fabricants ne s'éloigne-
ront pas de leurs fabriques, autour desquelles leurs ouvriers sont
du reste établis. Les blanchisseries de fil, qui prennent tant d'ex-
tension, onl besoin d'eau et n'ironl pas faire l'ascension de Saint-
Biaise. Il en est de même des tanneries, des teintureries et de plu-
sieurs industries analogues. La gare est donc loin d'exercer au-
tant d'attraction qu'on le suppose.
Alençon ne doit donc pas forcément quillcr sa position actuelle
pour se porter vers Sl-Blaise et nous pouvons étudier la question
de l'emplacement du marché sans nous préoccuper de la force
irrésistible dont parle M. Bertre.
II.
L'emplacement de la Madeleine et du Plénîlrc convient-il
pour faire un marché?
Dans quelles conditions doit-être établi un marché?
Il doit être central ou à peu près, spacieux, facile à parcourir
dans tous les sens et présenter des abords très-accessibles. Eu
est-il ainsi du marché de la Madeleine et du Plénîlre, préconisé
dans la brochure qui nous occupe.
Nous trouvons que le jardin de la maison d'Ozé, centre ap-
proximatif de ce marché, est loin du haut de l'Ecusson, del'Encrel,
des rues de Brelagne et de la Barre et nous ne pensons pas que
cetemplacementsatisfasse à la première condition qu'il doit remplir,
condition assez importante cependant, quand ou réunit tous les
marchés en un seul.
— 6 —
En démolissant d'une part, un côté de la maison Chaussée, la
maison d'Ozé et celles qui lui font suite sur les rues Etoupée
et de la Grande-Sarthe jusqu'au Plénître, d'autre pari, le pâté
de maisons de l'ancien grenier à sel, on aurait un espace assez
spacieux tout en n'obtenant peut-être pas les alignements définitifs
de M. Bertre, mais comment niveler tous ces terrains pour en faire
une belle place ayant une penle douce? M. Bertre n'est pas em-
barrassé ; pas assez peut-être, il fait un escalier de 5 ou 6 marches
tout le long de la Grande-Sarthe pour pouvoir faire un rem-
blai dans le bas de la place et lui donner une penle convenable.
D'abord 6 marches à 0m 16 ne font que 0,n 96 de remblai ce qui
serait bien insuffisant. Si on ne fait pas de déblai dans le haut
de la place, un remblai de 2m à 2m 50 est certainement néces-
saire près de la rue de la Grande-Sarthe, soit de 12 à 15 marches
à l'escalier. Or, comme l'emplacement de ce marché est traversé
par 3 rues qu'on ne peut remblayer il faudra donc pour communi-
quer près de la rue de la Grande-Sarthe, d'une partie du marché
à un autre, établir des escaliers parallèles à ces rues, descendre
l'un et remonter l'autre si l'on a affaire dans deux parties du
marché. Si on déblaie le haut de cette place pour en remblayer le
bas, alors il faudra, en suivant, la rue du Plénître, par exemple, avoir
près de M. Des Provostières un escalier pour descendre au
marché, tandis que, dans le bas, il en faudra un pour y monter.
Est-ce là un marché commode, est-ce là un embellissement pour
Alençon? Les partisans les plus décidés de ce marché seraient bien
désappointés de voir-l'effet de cette place après son nivellement.
Mais la laideur de ces rues, véritables tranchées, serait le moin-
dre inconvénient. L'abreuvoir du Plénître est sans contredit de
beaucoup le plus important d'Alençon, jamais il n'est plus fré-
quenté que le jeudi et les jours de foire : est-ce que le passage
continuel des chevaux et des bestiaux, traversant le marché pour
gagner la rivière, ne serait pas une cause incessante de troubles et
de dangers ?
Maintenant ce marché serait-il d'un facile accès?
Pour le rapprocher du faubourg Monsort, M. Bertre établit
deux rues : l'une partant du chevet de l'église de Monsort et
aboutissant à la gare (ce projet a toutes nos sympathies) ; la se
coude, perpendiculaire ou à peu près à la première et allant
rejoindre le marché par la ruelle Piquet. Ces deux nouvelles voies
rapprocheraient-elles Monsort du marché? Non , car la rue de
l'église à la gare, au lieu de couper la rue de la Grande-Sarthe
près de la Cour-Sainte, ainsi que paraît le supposer M. Bertre, la
couperait au bout de la ruelle Piquet ou même plus loin. Ces voies
ne rapprocheraient guère du marché que le quartier de la Sénalo-
rerie et n'auraient pas d'autre utilité. De plus, M. Bertre pourrait-
il nous dire dans combien de temps ses deux projets seraient
exécutés ?
Monsort, S'-Léonard et une grande partie de Notre-Dame n'au-
raient donc pour accéder au marché que la rue de la Poleme et
la façade du marché donnant sur la Grande-Rue. Il a réellement
fallu que M. Bertre fut bien pris au dépourui pour compter
parmi les accès de son marché celui de la Poterne. En effet
celle rue est si étroite que les chevaux qui vont à l'abreuvoir et
surlout les voitures qui la traversent en rendent le parcours fort
incommode, quelquefois même dangereux. De plus le marché ne
serait accessible de ce côté que par un escalier où vendeurs et
acheteurs, embarassés de leurs provisions et de leurs marchan-
dises, ne pourraient circuler que très-difficilement.
Il ne restera donc aux habitants des quartiers désignés plus
haut, comme accès au marché, que sa façade sur la Grande-Rue ;
Dieu sait de quel encombrement et de quelle confusion nous
serons témoins, si nous voyons plus lard les trois-quarls de la ville
se presser du carrefour de la rue aux Cieux à l'église Notre-Dame,
pour se rendre sur cette place de la Madclaine où tous les marchés
seront réunis !
Celle circulation énorme sur un étroit espace aurait encore l'in-
convénient de fermer le passage aux personnes qui se dirigeraient
soit vers la gare, soil vers la halle aux toiles.
Mais arrivons à l'entrée du marché.
Par où la plus grande partie de la population dcvra-l-elle péné-

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