Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Prusse et France. Tyrannie et liberté, ou Les souverains sanguinaires du XIXe siècle. Appréciation de la guerre franco-prussienne et de la politique de l'Europe pendant cette guerre , par C. de Lamarquerouge,...

61 pages
chez tous les libraires (Bruxelles). 1871. France (1870-1940, 3e République). In-32.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

PRUSSE & FRANCE
TYRANNIE ET LIBERTE
OU
LES souverains sanguinaires
DU XIXe SIÈCLE
APPRECIATION DE LA GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE
ET DE LA POLITIQUE DE L'EUROPE
PENDANT CETTE GUERRE
Militarisme — Politique de Bonaparte et de Guillaume depuis;
Sadowa.— Derniers crimes de l'Empire.— Intrigués de Bismark.
— Origine de la guerre. Unité allemande. — Politique coupable
del'Angleterre. — Incident russe. — Paris devant l'invasion. —
Les monarques au ban de la civilisation.— Devoirs des repu-
ulicains français. — Espérance et avenir.
BRUXELLES
EN VENTE CHEZ TOUS LES LIBRAIRES.
1871
ou
DU XIXe SIECLE
APPRECTATION DE LA GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE
ET DE LA POLITIQUE DE L' EUROPE
PENDANT CETTE GUERRE.
Militarisme. — Politique de Bonaparte et de Guillaume depuis
Sadowa. — Derniers crimes de l'Empire. —Intrigués de Bismark.
— Origine de la guerre. — Unité allemande. — Politique coupable
de l'Angleterre. — Incident russe. - Paris devant l'invasion, —
Les monarques au ban de la civilisation. — Devoirs des répu-
blicains français. — Espérance et avenir.
BRUXELLES
EN VENTE CHEZ TOUS LES LIBRAIRES.
1871
Bruxelles. — Imprimerie VICEROY, 47, nie Pachéco.
PRUSSE ET FRANCE
OU
—Les souverains sanguinaires
DU XIXe SIECLE
Je m'étais promis de laisser à la conscience
publique seule le soin de juger et de flétrir
comme ils le méritent, les deux monstres cou-
ronnés qui ont si effrontément jeté deux peuples
voisins dans une guerre sanglante et fratricide.
- 6 —
J'avais personnellement jure de laisser s'accu-
muler en moi le plus de haine et de mépris pos-
sible pour ces têtes royales, maculées de boue
et de sang.
J'étais devenu avare de mes ressentiments...
Je laissais mon âme seule à ses malédictions,
et si je n'avais été frappé de l'indifférence cri-
minelle dans laquelle on semble se renfermer,
j'aurais tenu pour moi seul toute mon indigna-
tion...
Aujourd'hui, mon coeur déborde, et je viens
unir ma voir aux cris des consciences honnêtes
que l'effusion du sang révolte...
D'où viennent ces égorgements en masse?...
Pourquoi tant de veuves, tant d'orphelins !
Pour qui ce deuil?... Pourquoi enfin ce sombre
cortège de sanglots, de misères et de larmes?...
D'où vient la guerre actuelle en un mot?...
Ces peuples qui s'entretuent à la face de la
civilisation, qu'étaient-ils, l'an passé?...
— 7 —
Des voisins!...
Rien que cela ?
■ Plus que cela, des amis!..
Quelle fureur les anime donc?...
D'où leur vient cette rage sanglante?...
Elle vient de ce que deux puissants couronnés
étaient las de voir leurs peuples heureux ; elle
vient de ce que deux grands rois avaient soif de
sang et de carnage. Cette guerre impie, elle
vient de ce que les nations se mettent au ser-
vice de gens sans conscience et sans coeur, sans
parole et sans âme.
Ces hommes s'entretuent parce qu'ils ont été
conduits par des satellites du démon; parce
que Bonaparte et Guillaume, au prix de mille
intrigues et de mille mensonges, ont surpris
leur bonne foi.
On leur a dit :
Notre gouvernement veut la paix ; le moyeu
— 8 -
de l'obtenir c'est d'armer la nation jusqu'aux
dents. Nos foyers seront tranquilles, mais pour
cela, il nous faut perfectionner nos moyens de
destruction...
C'est ainsi qu'on transforme les citoyens en
soldats ; c'est ainsi qu'on transforme des idées
paisibles en idées de militarisme... C'est ainsi
qu'en accoutumant les hommes à manier dés-
armes meurtrières, on en fait des soudards,
susceptibles d'être transformés en brigands...
C'est ainsi, enfin, qu'on apprend aux peuples à
se considérer réciproquement comme des en-
nemis et à prendre leurs voisins pour des en-
vahisseurs...
Ce sont les rois inculquant leurs principes
subversifs aux nations qu'ils gouvernent...
Partout où il y. a un roi, il y a une nation
armée...
Qui dit " militarisme » dit ambition ; de l'am-
- 9 -
bition au désir de conquête il n'y a qu'un pas.
La conquête, c'est l'invasion; l'invasion, c'est
le crime, le vol et le meurtre.
Examinons les faits :
Bonaparte disait : « La nation allemande est
personnifiée dans la Prusse. La Prusse s'est
impudemment agrandie au détriment des fai-
bles. Elle médite maintenant une invasion en
France.
« Je ne provoquerai pas la guerre : « L'Em-
pire, c'est la paix! « Mais songez-y. peuple
français, vous avez un ennemi à vos portes.
La Prusse médite votre perte... Elle voudrait
ternir à,jamais la gloire que vous et vos aïeux
avez si dignement conquise, au prix de votre
sang, aux champs d'honneur. »
Conclusion : Armons-nous!...
- 10 —
Guillaume, le digne complice de Bonaparte,
ne pouvant réaliser l'unité allemande sans ef-
fusion de sang, disait à son peuple :
« Allemands du Nord et du Sud, vous êtes
frères... Resserrez les liens qui vous unissent.
Vous avez montré à l'Europe ce que peut un
peuple uni menacé par des voisins jaloux. La
gloire que vous vous êtes acquise à Sadowa fait
l'admiration de l'univers entier...
" La France- cependant est jalouse de vos
succès ; elle voudrait vous diviser pour mieux
vous abattre... Elle menace votre Rhin. Elle
voudrait renouveler ses invasions en Alle-
magne et vous dicter la loi... »
Conclusion : Armons-nous!...
C'est ainsi que le terrain de la lutte fut pré-
paré des deux côtés du Rhin...
Restait à jeter dans l'arène la pomme de
discorde.
Tout le inonde sait comment leurs Majestés
surent combler cette lacune. Nous en causerons
plus loin.
11
Telle a été, eu deux mots, depuis Sadowa, la
politique indigne et mensongère des deux au-
gustes scélérats qui ont présidé, en 1870, à la
mise en scène du drame sanglant qui dure
depuis sept mois.
Mais quoi, Bonapai'te et Guillaume! vous
avez osé feindre d'ignorer qu'en tenant ce lan-
gage à vos peuples, vous fomentiez les haines
pernicieuses qui engendrent la guerre !...
Vous prêtiez l'un et l'autre à vos malheureux
sujets des sentiments dont vos coeurs féroces
seuls nourrissaient le germe.
12 -
0 héros de Sedan ! quand vous persuadiez à
votre peuple confiant et généreux que la Prusse
insolente menaçait vos frontière, vous attri-
buiez à la nation allemande des intentions cri-
minelles que votre frère, Guillaume IV, était
seul àméditer!...
Et vous, vieux soudard qui vous êtes enivré
de sang à Versailles, aurez-vous le cynisme de
dire encore que les desseins criminels que vous
attribuiez aux Français avaient été conçus par
un autre que votre frère de Willemshoe?...
Non, Majestés sanglantes! Les Français et
les Allemands n'étaient pas des ennemis natu-
rels. Non, ces deux grands peuples n'atten-
daient pas l'occasion de s'entregorger.
Les peuples n'ont pas soif du sang de leurs
- 18 -
semblables. C'est vous, vous seuls, ô rois, qui
avez soif du sang des nations.
Vous êtes des bourreaux : les nations sont
vos victimes.
Vous, Bonaparte, et vous, Guillaume, vous
avez cherché à exalter chez vos sujets le senti-
ment d'amour national qu'on chercherait vai-
nement en vous, et dont vous avez été les in-
dignes exploiteurs.
Amour de la patrie, courage, abnégation,
dévouement, telles sont les vertus civiques que
vous avez escomptées pour arriver à réaliser
vos sinistres projets!...
Que vous importe à vous que la terre soit
rougie. de sang humain. Les hommes ne sont
pas vos frères... Le peuple sacrifie sa vie ; vous
recueillez une vaine gloire de son sacrifice,
vous vous faites couronner de lauriers et vous
prenez le titre pompeux de triomphateur,..
- 14 —
Que vous importe, dis-je, que les hommes
s'entregorgont par votre faute! pendant ce
temps-là vous vous noyez dans les orgies à
Versailles, ou vous fumez délicieusement votre
cigarette à Wilhelmshoehe !...
Mais songez-y, arrogants potentats, cette
gloire qui patauge dans le sang, cette renommée
qui naît des hécatombes crie vengeance...
L'heure de l'expiation arrivera bientôt.
Que n'a-t-on pas fait pour donner à cette
malheureuse guerre une apparence de popula-
rité?...
L'esprit de militarisme, c'est-à-dire l'esprit
des royautés a envahi la presse... Oui, une
presse corrompue a dit aussi qu'elle était popu-
- 13 -
ïaire,' cette guerre qui fait aujourd'hui la honte
de l'Europe...
La vérité, c'est que dans Paccptation pure du
mot, cette lutte sanglante n'a jamais été popu-
laire...
Une guerre populaire!... Quelle amère déri-
sion!... Quel renversement des idées et des
choses : attribuer aux nations des sentiments
qui ne peuvent germer que dans le coeur des
tyrans...
Le peuple a eu trop longtemps l'idolâtrie de
la royauté... voilà son crime... Et vous, rois
tout-puissants, vous avez soif d'une gloire qui
ne s'achète qu'au prix du sang des peuples...
voilà votre crime...
A chacun son fardeau, ô rois impies!... Ayez
le courage de vos actions... Vous seuls voulez
la guerre, parce que vous êtes seuls à partager
le butin... Mais dites-le à l'humanité...
- 16 -
Le peuple n'esquive pas comme vous sa res-
ponsabilité, et quand, en 93, il infligea à l'un
de vos pareils la juste punition de son crime, le
peuple lui a dit : « Tu es condamné à mort,
" Capet!... Tu meurs, parce que tu es un par- ■
« jure; tu-meurs, parce que tu as voulu attirer
« sur nous des armées étrangères et te repaître;
" avec elles de notre sang! «
L'histoire a dit que le peuple avait fait
justice...
Eh bien ! ce que l'on reprochait à Louis XVI
ne l'avez-vous pas fait; vous autres qui avez
enfanté la guerre de 1870?...
Ne méritez-vous pas son supplice?...
Et pourtant, ô tout-puissants criminels,
pourriez-vous dire ce que vous a fait l'huma-
nité?...
— 17 —
Vous, Bonaparte, au lieu d'escalader le trône
de France, vous auriez dû subir la juste puni-
tion de vos assassinats et non pas accumuler
sur le peuple français des ressentiments, que
vous avez été seul à n'oser-combattre..., .
Et vous, Guillaume, au lieu de déchaîner la
furie de vos canons sur cette malheureuse
France, vous auriez dû vous rappeler que le
peuple allemand n'est pas fait pour assouvir
vos instincts sanguinaires...
Vous êtes seuls, tyrans, à chercher la gloire
dans le sang... Vous ignorez sans doute que
votre gloire s'achète au prix des larmes de
toute une nation
Mais hatez-vous de satisfaire vos appétits
sauvage en vous gougeant de sang humain.
— 18 —
Un ennemi plus puissant que vous veille au
salut de l'humanité et s'acharne à votre des-
truction...
On sait aujourd'hui ce que valent vos dis-
cours mensongers, vos promesses hypocrites ;
on sait le prix que vous attachez à la parole
donnée, au serment...
Mais les peuples sont las de vos comédies
sanglantes... La conscience humaine se révolte
au récit des massacres auxquels vous présidez
chaque jour...
Bientôt, tyrans, la justice sociale passera
par chez vous pour vous dire : « Arrêtez! votre
règne est fini ; le mien commence ! »
Craignez les représailles ; elles seront aussi
terribles que vos crimes...
Traîtres, parjures, voleurs, assassins que
vous êtes ! puisse la terre être bientôt lavée de
vos infamies...
En voyant vos mains rougies du sang du
peuple, on éprouve instinctivement le désir de
vous maudire...
— 19 -
Quant à moi, rois criminels, je vous dirai ce
que Camille disait aux Romains :
Puissé-je voir le dernier de vous à son. dernier soupir,
Moi seul en- être cause et mourir de plaisir.
Que le lecteur, qui aurait crû trouver ici un
exposé des faits d'armes qui se sont produits à
l'occasion de la guerre actuelle, se détrompe...
D'autres ont pris le soin de juger cette cam-
pagne aussi honteuse pour Bonaparte et son
vainqueur qu'honorable pour la jeune répu-
blique française...
D'autres ont cloué les agresseurs, .les traîtres
et les lâches au pilori de l'histoire et ont
— 20 —
transmis à la postérité la valeur des héros
sanglants...
Ce n'est pas là la tâche que nous nous
sommes imposée.
Nous allons remonter à l'origine de cette
gnerre ; nous essaierons de démontrer com-
ment Guillaume et'ïBonaparte ont été amenés
à la susciter ; nous nous servirons de ce crime
abominable par les juger tous les deux.
La préméditation aggravant la nature des
crimes, nous remonterons à quelques pas dans
l'histoire pour montrer comment cette lutte
sanglante a été froidement combinée par ces
deux potentats...
Nous ne demandons pas toute la vie de
Guillaume ni de Bonaparte pour obtenir leur
condamnation. Nous ferons grâce à Guillaume
de la guerre contre le Danemark et contré
l'Autriche... et à Bonaparte du souvenir du
2 Décembre...
- 21 -
Pour rendre compte de la vie de ces deuz
monarques et des rois en général, il faudrait
formuler des actes d'accusations tropétendus...
Nous ne voulons que jeter un coup d'oeil
rapide- sur la conduite respective de ces deux
tyrans et de quelques autres pour arriver à la
conclusion d'un principe qui pourrait s'énoncer
ainsi :
Le bonheur des rois s'achète au prix du
malheur des nations qu'ils gouvernent;
Ou :
Les royautés sont des oppressions sanglantes
contre lesquelles il importe de réagir à tout
prix, si ce n'est par l'effusion du sang.
— 22 -
Examinons donc d'abord ce qui s'est passé
pendant les quatre dernières années du régime
impérial en France.
Quelles étaient les idées de la nation fran-
çaise en 1867?... Et quelles étaient celles de
Napoléon III à la même époque?...
D'un côté, des idées pacifiques...
De l'autre, des desseins criminels...
Que le lecteur nous permette d'établir ce
parallèle.- C'est le moyen de dégager la vérité
et de fixer les responsabilités.
Rendons à César ce qui appartient à César...
En 1867, toutes les nations de la terre
furent conviées à une fête solennelle qui, na-
turellement, devait avoir lieu à Paris, la capi-
tale du monde civilisé...
La nation française provoqua cette lutte des
intelligences, lutte qui devait être si féconde
et qui pourtant fut si stérile...
— 23 —
S'est-on demandé pourquoi ? — Ce n'est pas
que les nations aient pris ombrage de leurs
rivales. Non. — C'est parce qu'il à plu aux
rois de susciter des haines pernicieuses chez
des peuples amis...
Que fit Bonaparte de son côté?...
Ce « vaillant Nemrod » invita à sa table
tous les potentats que l'Europe s'est donnés
pour son malheur.
Le czar de Eussie, ce grand homme qui
charme ses loisirs à exiler les gens de coeur en
Sibérie; Guillaume de Prusse, le tueur que tout
le monde a voué à l'exécration ; le rachitique
empereur d'Autriche vinrent tour à tour em-
brasser leur puissant frère... Napoléon III.
Tous les petits monarques coururent aussi
faire le pied-plat près de Sa Majesté Corse...
On eût dit des mouches s'abattant sur une
charogne...
Il n'y eut pas jusqu'au roitelet Léopold II
qui ne prit à coeur d'aller déposer ses hom-
mages aux pieds de son illustre voisin...
24
Il ne manqua vraiment à cet étrange assor-
timent de comédiens parasites que Sa Sainteté
. Pie IX, le vieillard infaillible récemment
exproprié « pour cause d'utilité publique... »
Dam ! l'infaillibilité n'était pas proclamée à
cette époque, et il aurait pu, sans contrevenir
à ses principes dogmatiques, prendre, en 1867,
Bonaparte pour un honnête homme et venir
lui toucher la main...
Mais que fut ce festin des despotes à côté du
banquet des nations?...
Une antithèse... j'allais dire une conspira-
tion !... Le mot est-il trop fort? ■— Pour Bona-
parte, non ! — Et pour ses invités ? — Non !
Les monarques avaient feint de fraterniser
à Paris ; mais croyez-vous qu'à l'instar des
nations ils emportèrent chez eux des idées de
paix et de confraternité?... Ne leur faites pas
l'injure de le croire. Ils vinrent à Paris pour
se mesurer du regard avec le monstre qui, à
— 25 —
cette époque, faisait trembler l'Europe d'un
geste !...
Néanmoins tous les peuples, y compris le
peuple allemand, avaient sympathisé avec la
nation française.
Plus de distinction de nationalité ! telle était
la devise de chacun.
Il semblait que Paris fût l'autel sacré où les
nations avaient fraternisé pour jamais !
Et les festins des Tuileries qu'engendrèrent-
ils?...
L'àme spongieuse de Bonaparte ayant une
affinité insatiable pour les vices, il s'appropria
les vices de ses grands collègues, les platitudes
des petits, ce qui, avec ses péchés originels,
devait compléter ce curieux spécimen' de va-
gabond couronné qu'on conserve à Wilhelm-
shoehe!...

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin