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Que la nation ne peut pas plus être séparée du roi, que le roi de la légitimité

De
14 pages
chez les marchands de nouveautés (Paris). 1816. 14 p. ; in-8.
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QUE
LA NATION
SE PEUT PAS PLUS ÈTKE SÉi'AUÉE
DU ROI,
QUK
LE ROI DE LA LEGITIMITE.
A PARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
i8iG.
DE L'IMPRIMERIE DE PILLEÏ.
QUE
LA NATION
NE PEUT PAS PLUS ÈTUE SÉPABÉE
DU ROI,
QUE
LE ROI DE LA LÉGITIMITÉ.
1 OUR quels motifs le l\oi a-t-il dissous la der-
nière Chambre des députés ? Le préambule
de l'ordonnance du 5 septembre en donne
quelques-uns. En existc-t-il d'autres ? On le
dit beaucoup ; on fait même grand bruit de
ce que ce préambule n'offre qu'une apparence
et cache par derrière des causes non avouées.
Cherchons-les ; voyons quelles sont les plus
probables.
Si le parti qui a obtenu la majorité dans
cette Chambre se fut borné à vouloir imposer
un ministère au Roi, la seule question à exa-
miner eut été s'il convenait d'avoir plus de
complaisance pour cette majorité que pour la
majorité de la Chambre des pairs, cpii était en
sens inverse ; en d'autres termes, si créer, sans
autres motifs que tics intérêts d'ambition per-
sonnelle, trente ou quarante nouveaux pairs ,
et user ainsi le lustre d'une institution nais-
sante et la valeur de la plus grande récom-
pense nationale , était un parti préférable à la
dissolution d'une Chambre de députés.
Mais celte majorité pouvait-elle donner au
Roi un ministère qui lui garantît une force
suffisante de gouvernement ? Etait-elle assez
liée de principes , de tendance , de position ?
Etait-elle assez rangée sous les opinions pro-
noncées par ses chefs, pour qu'ils fussent as-
surés de la conserver à leur dévotion ? Des
hommes dont les intérêts sont divers , dont
les circonstances sont dissemblables, dont les
antécédens sont opposés, peuvent se trouver
sans se concerter unis entre eux par le be-
soin commun de se défendre. L'homme d'é-
tat qui croit la tranquillité publique essen-
tiellement intéressée au maintien de ce qui
est, a pour auxiliaires nécessaires tous ceux
qui veulent se défendre ou se conserver. Der-
rière ce bouclier , tout est nécessairement
(5)
d'accord , tout tend au même but ; mais telle
n'était point la composition de ce parti. Vai-
nement on lui eut demandé ce qu'il souhai-
tait. 11 eut d'abord, on le sait, répondu en
choeur : « ISous voulons la religion et la
morale ; >» comme vingt ans avant on ré-
pondait ainsi : « Nous voulons la liberté et
l'égalité. » Ces vagues proclamations de mots
abstraits,cpic chacun entend à sa manière,sont
toujours inscrits sur les bannières de ceux
qui aspirent à changer l'ordre établi. En di-
sant liberté, on peut faire le 2 septembre ; en
disant religion , on peut faire la Saint-Rarthc-
lcmy. Les plus nobles cris de ralliement ne
sont pas une garantie de la modération des
soldats. Parlons franchement, ne nous payons
point du langage convenu d'orateurs qui ,
avant d'être descendus au bas de l'escalier de
la tribune, avouaient familièrement leurs dé-
sirs , leurs espérances, leurs regrets et leurs
efforts. Confrontons les salons avec l'assem-
blée , et les conversations avec les discours
d'apparat. Après cela jugeons si dans cette
majorité il n'y avait pas de quoi alarmer sur le
maintien de l'ordre actuel, sur le maintien
de cette Charte, rempart placé entre deux
armées ennemies.