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^OPJLQUES MOTS
SUR LES
BIBLIOTHEQUES MARSEILLAISES
PAR
LAURENT DE CROZET
Membre de la Société de Statistique de Marseille
MARSEILLE
TYPOGRAPHIE ET LITHOGRAPHIE CAYER ET G",
rue Saint-Feriéol, 57
1872
QUELQUES MOTS
SUR LES
BIBLIOTHÈQUES MARSEILLAISES
Il semblerait à première vue qu'un sujet tel que celui-ci
devrait être une grande joie pour les bibliophiles. Quel-
que peu qu'ils sachent de notre histoire, ils n'ignorent
pas que Marseille, la rivale de Carthage, n'en était pas
moins l'Athènes des Gaules et que les études y florissaient
à l'égal du commerce. Mais il ne nous reste aucun monu-
ment des âges antiques, et la tradition n'a pas conservé
le souvenir des anciennes bibliothèques.
Même silence au moyen âge. On guerroyait, on dispu-
tait beaucoup à cette époque, mais on étudiait peu ; et,
sans la patiente industrie des moine.s, bien peu nous serait
resté des histoires, poèmes et philosophies antiques.
Ce sont aussi des moines qui colligèrent et réunirent à
Marseille les premiers éléments d'une grande bibliothèque.
Cette gloire appartient aux religieux de l'abbaye de Saint-
Victor. Un fragment d'inventaire, à la date de il98, ne
laisse aucun doute sur l'importance de cettecollection. Bien
que les sciences théologiques y maintiennent une large
prépondérance, on y trouve bon nombre d'auteurs profa-
nes , tels que Cicéron, Virgile, Ovide, Horace, Salluste,
César, Josèphe, Orose, etc., etc. (1). Nul doute qu'à partir de
(l) Voir l'Ancienne bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor, par
J.-A.-B. Mortreuil, page 5i et suiv. (Marseille, 1854) in-S°.
— 4 —
de cette époque reculée, ce dépôt n'ait été longtemps
conservé et successivement accru. Puis tout-à-coup il dis-
paraît et il disparaît si complètement qu'aucune épave de
ce grand naufrage n'a pu être recueillie. Ce fâcheux évé-
nement s'est accompli d'ailleurs avec de telles circons-
tances de mystère et d'obscurité , qu'il serait même
impossible d'en déterminer la date sans un parchemin de
nos archives.
Vers 1591,1a célèbre abbaye ne conservait presque aucun
caractère religieux. Melchior-Paul-Jean Rebolly, Jean
d'Altovitis et Louis Delorme, religieux de Saint-Victor,
portèrent une plainte énergique contre leur abbé et ils
l'accusèrent, entre autres méfaits, d'avoir dilapidé la Livre-
rie du pris et estimation de deux mil escus (1).
. Quelque temps après cette époque, paraît s'être formée
à Marseille une vaste bibliothèque ; ses débris se retrouvent
un peu partout et ils sont reconnaissables à la beauté des
exemplaires et des reliures, en général, en maroquin
rouge. On les reconnaît surtout à leurs armes, trois massa-
cres de cerf posés deux et un. — Le blason permettrait de
reconnaître l'amateur; mais ici se présente une difficulté,
une invraisemblance et presque une-impossibilité. Les
armes de ces volumes sont bien celles de l'illustre famille
desSoderinide Florence (2); mais après de longues et minu-
' tieuses recherches, on n'a pu constater à Marseille ou en
Provence, la présence d'un Soderini, de 1620 à 1660; car
aucun des volumes que j'ai pu voir n'est postérieur à cette
date. Il paraîtrait ensuite singulier qu'une bibliothèque
italienne eût été presque exclusivement formée de livres
latins et français. Quelques-uns ont cru voir ici les armes
(I) André. Histoire de l'Abbaye des Religieuses de Saint-Sauveur
de Marseille, page 140 (Marseille, 1863) lin-8°.
(ï) Menestrier, Méthode de Blason, page 143 (Lyon, 1770) 1 in-8°

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