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Quelques mots sur les événemens actuels, par M. le comte O'Mahony,...

De
8 pages
impr. de Cosson ((Paris,)). 1821. In-8° , 8 p..
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QUELQUES MOTS
SUR
LES EVENEMENS ACTUELS;
PAR M. LE COMTE O'MAHONY.
Article qui devoit être inséré dans le Défenseur, et quel a
CENSURE A MUTILE.
AVERTISSEMENT.
Encore un article que la censure a supprimé et
que nous rendons au public ! Peut-être en voyant
que ses rigueurs ne nous rebutent pas finira-
t-elle par s'humaniser. En tous cas nous la pré-
venons que ce n'est pas nous qui céderons les
premiers : nous avons une patience de royaliste.
DANS les révolutions qu'on arrête, qu'on suspend,
mais qu'on nefinit pas , les momens de calme et de
silence sont toujours les plus inquiétans. Car l'ins-
tinct du l'évolutionnaire le poussant invincible-
ment à détruire, comme l'instinct de tel autre
animal malfaisant le porte à mordre ou à dévorer ,
tant que-la société a laissé queque force à celui-là
elle doit tout en redouter, de même que l'homme a
tout à craindre de celui-ci tant qu'il' ne l'a pas
muselé. Il y a pourtant entre les deux espèces cette
différence, toute à l'avantage de la seconde, que son
appétit satisfait, le repos de la bête féroce est sin-
cère et ne cache pas de piéges, tandis quele sommeil
du révolutionnaire est hypocrite et perfide. Il ne
feintde dormir que pour que son ennemi s'endorme;
s'il recule, c'est pour attirer sa proie ; s'il se tait,
c'est qu'il apprête le crime; s'il vous tend la main
et sourit, c'est que le crime est prêt.
Ainsi une prétendue tranquillité, un ordre ap-
parent , régnoient à Madrid une heure avant qu'un
vénérable ecclésiastique tombât victime d'un exé-
crable attentat, prélude d'un attentat plus exécrable
encore, si l'on en croit les bruits sinistres qui de-
puis quelques jours circulent sourdement. Les
misérables qui se sont faits les maîtres de cette mal-
heureuse ville ne connoissent plus de bornes à
leur fureur. Pressés par la justice que les étrangers
leur apportent, déjà trop avancés pour que le pardon
les puisse atteindre, on diroit que, dans leur dés-
espoir, ils veulent avancer plus encore, pour que
le repentir même ne puisse les saisir et les désarmer.
Ce peut être cette pensée qui les pousse. On a vu en
France la Convention égorger Louis XVI, afin ,
disoit-elle, de ne pouvoir reculer; et l'un de ses
membres écrivoit le 21 janvier, en rendant compte
de cette mesure vigoureuse : « C'est aujourd'hui
» que nous avons brûlé nos vaisseaux. » L'Espagne
est-elle condamnée à s'enfoncer aussi profondément
dans le crime? Faudra-t-il à ses tyrans d'aussi
grandes sûretés contre les atteintes du remords, et
leur conscience est-elle donc encore si timorée,
qu'elle ne puisse retrouver la paix que dans le
régicide?
En attendant, le sang coule à grands flots. Dans
chaque ville un tribunal de mort est érigé. La vic-
time y comparoît pour la forme, car elle n'y est ni
défendue ni écoutée : ce n'est pour elle qu'une sta-
tion vers l'échafaud ; et le bourreau qui juge ne fait

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