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Quelques Mots sur une brochure intitulée "Hambourg et le maréchal Davoust" (par d'Anbignosc)

De
46 pages
les marchands de nouveautés (Paris). 1814. In-8° . Pièce.
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SUR UNE BROCHURE
INTITULÉE
HAMBOURG ET LE MAL. PAVOUST.
SUR UNE BROCHURE
INTITULEE
E T
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS,
1814.
SUR UNE BROCHURE
INTITULEE
HAMBOURG ET LE MAL. DAVOUST.
D EUX individus, désignés comme appartenans
à un parti exclusif, désigné lui-même comnae
n'étant point celui de la France et du trôné, ont
cru pouvoir profiter du quart-d'heure de con-
fusion qui a précédé le retour à l'ordre , pour
s'emparer dé la cause de Hambourg, et l'exploiter
comme un domaine utile. Je dis utile, car l'un
de ces individus y a long-temps et énormément
puisé; l'autre, son compagnon d'intrigues, moins
heureux, n'a eu, par-ci par-là, que quelques par-
celles de cette riche et abondante récolte; mais
(6)
enfin, il a eu assez, pour prendre goût à la chose,
et se déterminer à une nouvelle exploitation.
Cette association avait bien jugé le moment.
Personne ici ne pouvait combattre ses assertions.
Le sort d'une ville, victime du système conti-
nental, plus malheureuse encore par les consé-
quences d'un long siège, ne pouvait être indiffé-
rent. Il était si facile d'émouvoir tous les coeurs,
d'exciter l'indignation! Le premier effet produit,
il était si aisé d'indiquer où devaient porter les
traits !
C'est sur cette base qu'a été bâtie là spéculation
à laquelle on doit tant d'articles de journaux con-
trouvés sur Hambourg, et à travers ce déborde-
ment fugitif, la misérable brochure, intitulée:
Hambourg et le Maréchal Davoust.
Cette rapsodie porte avec elle son contre-poi-
son. L'auteur se trompe, quand il dénigre ; il se
trompe bien plus, quand il loue. Le premier
point sera démontré par la rectification des faits ;
le second, pour l'être, n'a besoin que de cita-
tions textuelles,
( 7 )
Ce sera le plan que je suivrai, puisque l'on
croit nécessaire que je réponde; mais en rem-
plissant celte lâche , j'éviterai de nommer les
masques ; je ne veux point devenir accusateur ;
ce soin doit être laissé au temps et à la voix pu-
blique.
J'avais trouve bien plus convenable de garder
le silence sur tant d'assertions bizarres, et de
laisser aux nombreuses autorités , revenant de
Hambourg, aux habitans de cette ville, témoins
du siège, à répandre le ridicule sur tous ces arti-
cles de Bremen, d'Altona, faits à Paris, ou con-
seillés de Paris. Quel eût été leur étonriement, en
apprenant qu'on m'attribuait le retard de la sou-
mission de la placer lorsque depuis huit mois
j'étais sans fonctions comme sans influence ? que
M. le général comte Gérard avait débuté à Ham-
bourg, par destituer le Préfet et le Directeur gé-
néral de Police, et qu'ilaurait souffert que l'armée,
dont il allait prendre le commandement, se dés-
honorât, en portant une main sacrilège sur sou
prédécesseur, sur un Maréchal de France ? Ces
détails sont pourtant donnés sous les rubriques
(8)
d'Ahona et de Bremen, et sous la date du 12 mai.
J'ai quitté Hambourg le 14, et je puis certifier
qu'on était très-élpigné d'y avoir de si mons-
trueuses idées.
Bien loin de là, on applaudissait à la noblesse
des procédés de M. le général Gérard, envers son
prédécesseur, à son affabilité envers tous les Fran-
çais. Ce Général, de son côté, se félicitait du bon
esprit qu'il voyait régner autour de lui. Il savait
que la soumission du 13.e Corps avait suivi im-
médiatement l'arrivée des premiers Moniteurs,
et que tout autre retard avait été' combiné dans
l'intérêt du Roi et de la France, pour la conser-
Vation d'un précieux matériel.
D'après ces premiers détails, je demanderai
encore si le silence n'eût point été préférable à
une réponse qui peut faire admettre, la nécessité
de la discussion, comme si des allégations abso-
lument idéales en étaient susceptibles ? Mais enfin
on en veut une; je me rends pour ce qui peut
me concerner, et pour ce dont je puis parler à
(9)
cause de l'époque à laquelle se rapportent les ci-
tations.
La brochure est intitulée : Hambourg et le Ma-
réchal Davoust. Que de choses semblait pro-
mettre ce titre ! On devait espérer d'y rencontrer
des considérations sur les funestes conséquences
de l'impolitique réunion de Hambourg à l'Empire
Français. On pouvait s'attendre à y trouver un
examen de ce système continental,, dont la gigan-
tesque conception ne pouvait s'allier qu'avec la
pensée de la réunion de. l'Europe sous une seule
! influence. Il était au moins raisonnable d'y cher-
cher un récit fidèle des jévénemens dont Ham-
bourg avait été le théâtre, depuis que les troupes
françaises en avaient pris possession en 1007.
Un tableau renfermant ces différentes condi-
tions, eût inspiré;de l'intérêt. Les opinions/que
l'esprit de parti eût pu dicter à son auteur, les
invectives même qu'il se fut permises, n'eussent
point affaibli cet intérêt. Le, lecteur éclairé sait
fort bien, ce qu'il doit élaguer de tqut écrit ne
des circonstances, et dans les circonstances; et
( 10 )
l'homme sage, qui se voit attaqué dans les pièces
du jour, doit, si c'est à tort, mépriser la calom-
nie ; si c'est avec raison, éviter une lutte dans
laquelle les preuves ne tarderaient point à venir le
confondre.
La brochure intitulé : Hambourg et le Maré-
chai Davousty ne remplit point ce titre! Le lec-
teur avide de s'instruire, qui cherchera dans cette
production un récit exact de faits intéressans, l'his-
toire du Gouvernement d'alors, ou seulement des
détails qui se lient aux dernières campagnes dans
le nord de l'Europe , sera fort étonné de n'y rien
apercevoir qui tienne à ces deux objets. Mais en
échange il y rencontrera quelques personnalités,
dont l'érnission a été le véritable, comme l'unique
but de l'auteur.
Pourquoi donc la tirer de l'oubli où elle est
déjà" tombée auprès de tous les hommes suscep-
tibles de raisonnement ? Je l'ai déjà dit : parce
qu'on l'a désiré, dans des vues générales; j'ajoute,
et par suite d'une petite découverte qu'il est bon
d exposer ici.
( 11 )
Si un Allemand ruiné par le système continen-
tal et les autres évènemens nés de' l'occupation
de Hambourg, eût fait une sortie contre les ins-
trumens du gouvernement, au lieu de s'en pren-
dre au gouvernement même, je respecterais ses
motifs, sa douleur. On ne peut enlever, à l'homme
froissé, le droit de se plaindre.
Ce n'est point ici le cas. Le-signataire de la
brochure (Van Haupt), n'est point HambouV-
geois , n'est point négociant; il n'avait rien a
perdre à Hambourg; sa réputation même ne ppu-
vait courir de dangers dans les chances les plus
fâcheuses. Je. dirai plus : les circonstances, si fu-
nestes pour Hambourg, lui ont été favorables ; il
appartient à cette classe d'hommes qui gagne tou-
jours .air désordre ,s et si les évènemens lui ont
procuré la qualité honorable d'officier anglais, il
doit les bénir comme lui ayant donné un état,
pour lequel il ne paraissait point fait.
Mais que dira-t-on, si sous le masque de ce
Van Haupt; si au lieu de l'Allemand victime de
( 12 )
l'application des lois françaises et du systême
continental, on fesait découvrir un individu, qui
n'a dû sa seconde fortuné qu'à l'infraction de ces
mêmes lois, de ce même système, qui forment
le fond des accusations et des plaintes que le
commercé du Nord, tout aussi bien que celui
de France, élèvent contre le dernier gouverne-
ment? On ne pourrait plus que balancer sur la
question, s'il y a plus d'ingratitude que d'effron-
terie dans l'idée qu'il a osé concevoir et exécu-
ter , de faire parler un Allemand.
Le fait est cependant constant. L'auteur est
Français, et très-connu. Il est dans Paris et s'y agite
beaucoup. C'est en vain que pour combattre cette
opinion, ceux qui ont fait la découverte dont
je parle, se sont objectés à eux-mêmes l'incorrec-
tion, le défaut de suite, le manque d'idées dans
cette brochure, comme ne pouvant partir d'une
plume que l'ona cru, dans d'autre temps, sus-
ceptible de productions mieux digérées ! J'ai des
preuves que tous les vices de celle-ci, se retrou-
vent dans d'autres écrits de la même main. D'ail-
( 13 )
teurs ne sait-on point que beaucoup de ces vices
peuvent être le fruit du calcul et de la réflexion,
pour éloigner la vraisemblance.
Quoi qu'il en soit, cette découverte, ou seule-
ment ce soupçon, pourroit justifier l'utilité de la
réponse, si, comme je l'ai déjà expliqué, on
n'eût fait parler d'autres considérations pour me
déterminer.
Il est difficile de faire didactiquement l'exa-
men d'un ouvrage dans lequel on n'a suivi aucun
plan. L'auteur n'ayant adopté aucune méthode
dans celui-ci, et s'étant borné à noyer quelques
faits dans des phrases sans liaisons entr'elles, il
ne reste plus qu'à admettre un classement, qui
permette d'exposer, sous un même point de vue ,
ce qui appartient au même objet.
Pour remplir ce but, j'établis trois divisions
dans l'écrit. La première seule se lie à mon admi-
nistration. Elle seule me fournira quelques faits à
rectifier, quelques observations à présenter sur
ces faits.
(4)
La seconde sera citée textuellement. Elle n'est
susceptible ni d'analyse ni de commentaire. La
matière en est sainte et exposée avec candeur ; il
faut éviter d'y porter une main audacieuse.
J'indiquerai simplement la troisième, qui m'est
absolument étrangère, mais elle pourra étresuivie
de quelques réflexions.
( 15)
PREMIÈRE DIVISION.
Depuis la.page 1, jus-
qu'à la page 12, l'auteur
dans un exorde pom-
peux, parle de la révolu-
tion et de ses suites, de
l'Europe continentale et
de Hambourg en particu-
lier ; du commerce et du
système continental; des
émigrés et de la conscrip-
tion, etc. Tout cela n'est
qu'effleuré , et n'a été
réuni, que pour former
une espèce d'introduc-
tion.
C'est page 12, que l'au-
( 16)
teur arrive à la réunion
de Hambourg.
L'auteur étant Français,
comme l'on n'en peut
douter, comment ses en-
trailles n'ont-elles pu s'é-
mouvoir en faveur du
commerce eu général,
qu'à l'aspect des mal-
heurs de celui de Ham-
bourg, en particulier? Il
eût semblé juste cepen-
dant, que les négcïcians
français eussent obtenu
quelque part dans ses re-
grets. Il ne pouvait igno-
rer que le degré de pros-
périté auquel parvinrent
les Hambourgeois, avant
leur réunion à l'Empire,
n'était point naturel, et
que les affairés n'avaient
obtenu chez eux un si
grand développement,
( 17 )
que lorsqu'elles furent
devenues impraticables
en France, et plus tard en
Hollande. Mais enfin ,
comme les malheurs des
uns ne consolent point de
ceux des autres, passons
lui cette compassion ex-
clusive., dictée parunin-
térét plus direct qu'on ne
le pourroit penser.
« A peine Davoust fut-
« il entré dans cette ville
« avec la haute police,
« dont le chef d'Aubi-
« gnose etoit son digne
« aide, qu'on les vit an-
« noncer par leurs ac-
« tions, l'esprit dont ils
« étoient animés. La hau-
« te police, organe des
« projets bienfaisants et
« vraiment paternels du
2
( 18 )
« prince, fut organisée,
« etc.
Ici L'auteur fait ses ef-
forts pour esquisser un
tableau à la fois mons-
trueux et touchant de
l'organisation de la po-
lice; des saisies qu'elle
pratiqua ; des arresta-
tions qui eurent lieu ; de
la terreur qui se répandit
et réprima ou concentra
tous les épanchemens du
coeur.
Il n'y a rien à discuter
dans tout ce que dit l'.âu-
teur. Chacun peut envi-
sager et peindre à son gré,
une matière aussi suscep-
tible de couleurs diverses,
qu'une institutipn.du gen-
re de la police. Partout
elle est odieuse, parce que
( 19 )
partout elle est une arme,
dont l'autorité peut abu-
ser.
À Hambourg plus
qu'ailleurs, elle a dû por-
ter ce caractère odieux;
cette ville était plus que
toute autre, le foyer dès
répressions queledernier
gouvernement avait à
exercer, d'après l'ensem-
ble de son système
Le gouvernement vou-
lait repousser le com-
merce anglais; Hambourg
n'existait plus que par la
fraude.
Le gouvernement vou-
lait rompre toute relation
avec l'Angleterre; Ham-
bourg était le point par
'lequel passait toute la cor-
( 20 )
respondance des trois
royaumes avec le reste de
l'Europe.
Le gouvernement vou-
lait réprimer l'embau-
chage , l'espionnage , la
distribution des pam-
phlets. C'était vers Ham-
bourg, que se dirigeaient
tous les efforts des agens
employés par l'ennemi
dans celte multiplicité
d'intrigues.
Mais dans ces divers
genres de répression, la
police seule agissait-elle?
L'auteur et tous les habi-
tans du nord avec lui, sa-
vent fortbien que la doua-
ne, la gendarmerie, l'ad-
ministration des postes,
les tribunaux, les admi-