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Quelques réflexions sur le démêlé survenu entre la cour de Rome et le gouvernement français, à l'occasion de la lettre de L.-Napoléon / par Félix-Adrien Couderc de Latour-Lisside,...

De
177 pages
impr. de J.-M. Pinel (Toulouse). 1849. 1 vol. (176 p.) ; in-16.
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QUELQUES RÉFLEXIONS
SUR LE DÉMÊLE SURVENU ENTRE
LA COUR DE ROME
ET LE
GOUVERNEMENT FRANÇAIS ,
A l'occasion de la Lettre de L. Napoléon ;
PAR
FELIX-ADRIEN COUDERC DE LATOUR-LISSIDE ,
Chanoine-Archiprêtre de la Cathédrale do Nîmes.
Toulouse ,
IMPRIMERIE DE J.-M. PINEL,
Place Lafayette, 5.
1849.
A Monseigneur
AVEQUE DE NISMES
Ce prélat si tendrement attaché à la chaire de saint
Pierre.
Si distingué par son zèle d'apôtre, par l'onction péné-
trante de sa parole ,
Cet homme de Dieu, que son éminente sainteté fait
vénérer ,
Que sa paternelle bonté fait chérir de tous ,
Hommage d'affectueux respect.
COUDERC DE LATOUR-LISSIDE,
Chanoine-Archiprêtre,
Au Château de la Mouche , près de Toulouse , le 3 octobre 1849.
ARCHEVÊQUE DE TOULOUSE,
A ce prélat aussi grand par ses vertus, qu'admirable
par la simplicité de son âme ,
Modèle de piété, d'abnégation persoanelle, de courage
apostolique ,
Lumière de l'Eglise,
Gloire du clergé de France.
COUDERC DE LATOUR-LISSIDE,
Chanoine-Archiprêtre de Nismes.
Au Château de la Houche, près de Toulouse, le 3 octobre 1849.
QUELQUES RÉFLEXIONS
SUE LE DÉMÊLÉ
SURVENU ENTRE LA COUR DE ROME
ET LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS.
QUELQUES RÉFLEXIONS
SUR LE DÉMÊLE SURVENU ENTRE
LA COUR DE ROME
ET LE
GOUVERNEMENT FRANÇAIS ,
A l'occasion de la Lettre de L. Napoléon ;
PAR
FÉLIX-ADRIEN COUDERC DE LATOUR-LISSIDE
Chanoine-Archiprêtre de la Cathédrale de Nîmes.
Toulouse,
IMPRIMERIE DE J.-M. PINEL,
Place Lafayette, 5.
1849.
On est poussé à des séparations et peut-être à
des violences... Nous lisions ces paroles sinis-
tres dans le journal l'Estafette , n° du 15 sep-
tembre, traitant, au point de vue du gouver-
nement français, la question romaine soule-
vée par la lettre du président de la Républi-
que au lieutenant-colonel Ney. Connaissant,
par l'expérience de chaque jour , combien l'es-
- 6 —
prit de parti irrite, et combien l'irritation
aveugle les hommes et les rend injustes , nous
avons espéré être utile à nos catholiques,
les consoler peut-être , au milieu d'attaques
passionnées contre le pontife qu'ils aiment,
et qu'ils sont habitués à vénérer, en mettant
sous leurs yeux , tout simplement et avec
une vérité parfaite , ce que nous savons
nous-même de cette grave question. C'est le
motif qui nous a fait prendre la plume. Heu-
reux si nous pouvons remplacer ainsi le peu
de bien qu'il nous est donné de leur faire,
quand nous sommes au milieu d'eux, et ne pas
laisser tout-à-fait inutile, pour la gloire de
Dieu et pour le bien de l'Eglise, un repos de
quelques jours qu'un état de santé un peu souf-
frante et fatiguée nous a forcé de prendre.
Nous sommes témoins de bien déplorables
choses, et ceux qui écriront plus tard l'his-
toire de nos jours seront appelés à enregistrer
de bien tristes inconséquences. Après une se-
cousse violente, comme l'histoire des temps
passés n'en offre pas d'exemple, l'esprit de
— 8 —
parti, les passions aveugles et irritantes qu'il
engendre avaient fait place chez un grand
nombre, à de sages pensées, à des inspirations
patriotiques qui, en prouvant enfin que toutes
les leçons de la Providence ne sont pas per-
dues, présageaient à la France un avenir
meilleur.
De cet heureux changement, opéré dans les
intelligences et dans les coeurs, était né ce
qu'on appelle une fusion, à laquelle tous' les
bons Français applaudissaient. Ils y voyaient
le commencement de la paix intérieure et de
la concorde entre frères, qui sont les premiers
garants du bonheur d'un Etat et de la solidité
des institutions. A l'aide de cet accord, la dé-
magogie furieuse se ruant contre l'édifice so-
cial tout entier avait été impuissante, la fer-
— 9 -
reur qu'elle avait fait naître disparaissait; le
crédit ébranlé partout commençait à renaître.
Chacun, clans le silence de la passion politi-
que et dans le religieux recueillement d'un
vrai patriotisme, étudiait, en présence des
objets sacrés de son affection et de son culte,
les caractères lugubres, mais si énergiquement
instructifs, que le sang de ses concitoyens ,
ruisselant à grands flots a laissés empreints
sur les murs et sur les pavés d'une immense
capitale. Les conséquences arrivaient en
foule et se pressaient dans les esprits, de
nombreuses réparations se faisaient ; il s'en
préparait de plus nombreuses encore, et la
famille , la société , les pouvoirs publics , la
religion semblaient être sur le point de re-
prendre parmi nous l'empire qu'elles n'au-
raient jamais dû perdre.
— 10 -
Tout ce bien si longtemps désiré et si diffi-
cilement opéré , une démarche imprudente,
irréfléchie vient de le compromettre. Nous
voulons parler de la lettre adressée au lieute-
nant-colonel Ney, rendue publique dans le
Moniteur, et qui a eu un si grand retentissement
en Italie, en France et dans l'Europe entière.
Nous rendons justice aux intentions de
Louis Napoléon et de ses ministres, particuliè-
rement dans les affaires de Rome ; mais nous
n'hésitons pas à dire que, dans cette dernière
circonstance, ils ont été trop effrayés de quel-
ques clameurs démagogiques, trop préoc-
cupés du désir de conquérir, chez un parti
contraire, quelques signes d'une approbation
plus ou moins loyalement donnée, qui se retire
presque aussitôt d'elle-même, et qu'on paie
toujours trop cher.
— 11 —
Si, en écrivant ces lignes, il s'échappe de
notre plume une parole sévère pour un seul de
nos frères, quelque coupable, quelque égaré
qu'il soit, et à quel parti qu'il appartienne, elle
aura été nécessaire pour la vérité des faits et
l'exactitude du récit ; mais elle nous aura été
pénible à nous, avant de l'être à qui que ce
soit. Loin de vouloir affliger personne, nous
prions Dieu qu'il éclaire ceux qui se trompent,
qu'il éloigne les préventions, qu'il détruise le
danger des entraînements mauvais, que le
souffle réparateur de son esprit remplace le
vent des doctrines subversives qui s'élève de
toutes parts, et que tous soient enfin heureux,
en devenant véritablement Français, vérita-
blement chrétiens Agir ainsi, c'est notre
devoir de prêtre, mais c'est aussi notre bon-
heur de citoyen et de Français.
— 12 —
Au milieu de la lutte qui a commencé dans
les journaux, qui s'est continuée dans les cer-
cles , dans les salons de la cité, dans les réu-
nions publiques et privées, sur la route du
voyageur, sur la place publique du village, et
qui va bientôt retentir, du haut de la tribune
nationale jusque dans le coin le plus retiré
de la France, notre unique intention a été
de prémunir le peuple, et tous les enfants
de Dieu qui le composent, contre les critiques
aveugles et passionnées , les appréciations in-
justes , les déclamations violentes et impies
que des esprits mauvais, malheureusement
trop nombreux, ne manqueront pas de faire
contre le Père commun des fidèles , et peut-
être contre l'église de Dieu ; les uns par le
besoin d'une prétendue, justification qu'ils
— 15 —
croiront ainsi donner à leurs actes et à leurs
paroles précédentes, les autres, cédant au
désir d'établir la vérité de certaines théories
politiques et religieuses, quelques-uns dans
le seul but de satisfaire de haineuses passions.
Sans cloute la religion de Jésus-Christ, sa
morale, ses enseignements divins, sont
indépendants des actes de ses ministres, sur-
tout de leurs actes politiques, quelque éminente
que soit leur dignité. Dieu a placé ces grandes
choses dans des hauteurs sublimes, inaccessi-
bles à toutes les misères de l'humanité , à
toutes les révoltes de son orgueil ; mais de
funestes expériences ne nous apprennent que
trop combien la plupart des hommes de nos
jours, esprits légers, peu justes, nullement
instruits dans les choses religieuses et con-
— 14 —
fondant tout dans leur appréciation, religion,
politique , science , caractère particulier de
l'homme , font dépendre la vérité dogmatique
de l'habileté du docteur qui l'enseigne, la
morale de leur sympathie pour celui qui en
prescrit la pratique, la religion tout entière ,
de l'idée qu'ils se sont faite, à tort ou à raison,
de ses prêtres , de ses évêques et de son pon-
tife. C'est donc une question non-seulement
politique, mais surtout religieuse, que nous al-
lons traiter , une question de moralité publi-
que , d'intérêt social par conséquent, et
non une question de personne ; quoique cette
question, sous ce dernier point de vue, se rap-
portant à un pontife si grand par la piété
de son âme, la douceur de son caractère , la
haute portée de son esprit, l'élévation de ses
— 15 —
pensées , la sensibilité exquise de son coeur
et la grandeur de son courage, fut digne de
tout notre zêle et de l'attention religieuse de
tous ceux qui liront ou entendront notre lan-
gage.
De plus , comme nous sommes dans un
temps, où tant d'esprits plus ou moins habiles,
plus ou moins réfléchis s'élèvent contre le
pouvoir temporel des papes , il est à craindre
qu'il ne se trouve des hommes prompts à tirer
mille conséquences contraires à ce pouvoir ,
de ce qu'ils appelleront une faute ou des fautes
politiques du Pape ; et comme le pouvoir tem-
porel est, à nos yeux, plus utile aux peuples,
dans l'ordre politique, qu'à l'église elle-même
qui a conquis le monde avec une croix de
bois , nous aimerons à considérer aussi sous
— 16 —
ce point de vue, quoique bien succinctement,
la grande affaire de Rome qui occupe en
ce moment la France et l'Europe , convaincu
que ceux qui nous liront, s'associeront à
notre respect, à notre filial amour pour l'im-
mortel Pie IX , et partageront nos espérances
pour la réussite de ses paternelles vues, le
succès de ses conquêtes pacifiques et morales.
Quelques mois se sont à peine écoulés de-
puis que le gouvernement français et tous les
éléments qui le composent: chambre, pouvoir
exécutif, président de la République et minis-
tres rendaient un solennel hommage aux ver-
tus de Pie IX comme pontife, à sa profonde
sagesse, à l'élévation de ses pensées et de son
caractère comme souverain. La tribune natio-
nale retentissait des plus nobles et des plus
- 17 —
religieux accents , les mille voix de la presse
les portaient chaque jour, jusques dans le plus
humble des hameaux. Nulle voix ne s'élevait
pour les contredire; chez les plus impies la re-
connaissance pour l'homme politique imposait
silence à la haine ou à l'antipathie pour
l'homme religieux. En France comme en
Italie, les plus pervers avaient inventé, en son
honneur, selon le mot si heureux et si vrai de
M. de Falloux , la conspiration des triomphes
et des ovations.
Il résultait de là une influence bienfaisante
qui se communiquant de province en province,
de ville en ville, de campagne en campagne,
portait partout l'esprit religieux, faisait adorer
à plusieurs ce qu'ils avaient brûlé , brûlé ce
qu'ils avaient adoré, et préparait ainsi les peu-
— 18 —
pies à une véritable amélioration sociale, car
il est écrit que la piété seule élève les nations
et que l'impiété rend les peuples malheureux.
Le bienfait de cette rénovation religieuse se
faisait sentir sur tous, sur ceux même dont il
n'avait qu'à consoler la foi déjà existante et
pure ; mais il se faisait sentir principalement
sur les partisans du gouvernement, et sur
ceux qui étaient associés à son action. Il ne
pouvait en être autrement, car il est dans la
nature de l'homme de partager les sentiments
de ceux qu'il aime, et qu'il a choisis pour maî-
tres ; sans compter les efforts que commande
contre une tendance opposée, l'intérêt d'une
conservation ou d'un avancement, ou même
seulement d'un regard sympathique et bien-
veillant de la part de son chef.
— 19 —
Des causes contraires produisent nécessai-
rement des effets contraires : la lettre du pré-
sident de la République à son aide-de-camp,
que nous reproduisons ici tout entière, et que
nous devons plus tard examiner, au moins dans
ses points principaux , commence la guerre
contre le souverain Poutife ; nos lecteurs vont
eux-mêmes en juger :
Paris, 18 août.
« MON CHER NEY ,
» La République française n'a pas envoyé
une armée à Rome pour y étouffer la liberté
italienne, mais, au contraire , pour la régler
en la préservant de ses propres excès , et pour
lui donner une base solide , en remettant sur
— 20 -
le trône pentifical le prince qui, le premier ,
s'était placé hardiment à la tête de toutes les
réformes utiles. J'apprends avec peine que
l'intention bienveillante du Saint Père, comme
notre propre action, restent stériles en présence
de passions et d'influences hostiles qui vou-
draient donner pour base à la rentrée du Pape
la proscription et la tyrannie. Dites bien de
ma part au général que , dans aucun cas , il ne
doit permettre, qu'à l'ombre du drapeau trico-
lore, se commette aucun acte qui puisse déna-
turer la caractère de notre intervention.
» Je résume ainsi le pouvoir temporel du
Pape : amnistie générale, sécularisation de
l'administration , Code Napoléon et gouver-
nement libéral.
» J'ai été personnellement blessé en lisant
— 21 —
la proclamation de trois cardinaux, où il n'était
pas fait mention du nom de la France et des
souffrances de nos braves soldats. Toute in-
sulte à notre drapeau ou à notre uniforme me
va droit au coeur. Recommandez au général
de bien faire son devoir ; que si la France ne
vend pas ses services, elle exige au moins
qu'on lui sache gré de ses sacrifices et de son
abnégation.
» Lorsque nos armées firent le tour de l'Eu-
rope , elles laissèrent partout comme trace de
leur passage , la destruction des abus de la
féodalité et de la liberté , il ne sera pas dit
qu'en 1849, une armée française ait pu agir
dans un autre sens et amener d'autres ré-
sultats.
» Priez le général de remercier en mon nom
— 22 —
l'armée de sa noble conduite. J'ai appris avec
peine que physiquement même , elle n'était
pas traitée comme elle méritait de l'être , et
j'espère qu'il fera sur-le-champ cesser cet état
de choses ; rien ne doit être ménagé pour éta-
blir convenablement nos troupes.
» Recevez, etc.
" Signé Louis-Napoléon BONAPARTE. »
Il est impossible de s'y méprendre , celle
lettre renferme le blâme , le reproche , et
presque la menace, sous des formes que toutes
les précautions diplomatiques sont impuissant
tes à voiler ; elle va plus loin encore , elle or-
donne , elle commande en face du monde , et
à qui ? à l'autorité la plus juste et la plus vé-
nérable de l'univers , aux pieds de laquelle les.
— 23 —
potentats les plus puissants déposent, avec
humilité , l'hommage de leur soumission et de
leur respect filial... ,
Le signal de la lutte est ainsi donné, quel-
que contraire que soit l'intention de Louis
Napoléon et de son gouvernement. Cette
multitude d'adorateurs de tous les pouvoirs qui
les exaltent, même dans leurs fautes, vont
donc exalter le Président de la République, et
son attaque téméraire , ils deviendront aveu-
gles et imprudents, jusqu'à exalter même le
héros de Forli, et méconnaissant les belles
paroles prononcées naguères, en présence du
fort du Ham, ils glorifieront l'insurrection
du bouillant jeune homme, et l'oubli qu'il s'est
reproché lui-même des bienfaits de Gré-
goire XVI, envers sa famille exilée. Ce n'est
- 24 —
pas tout, conséquents. cette fois avec eux-
mêmes, ils jetteront à leur tour l'insulte,
le mépris , la menace à la cour de Rome et au
Pape, et au lieu de voiler leurs injures, par un
reste de convenance et de pudeur , ils les re-
vêtiront des formes les plus grossières et les
plus anti-françaises : ministres à robe courte,
alguazil, inquisition, cette tête de méduse de
l'ignorance et de la mauvaise foi, entêtement
clérical, camarilla abâtardie, fantaisies séniles,
système oppressif et rétrograde : clergé sau-
vage , comme les moines du moyen âge , pape
qu'on ne peut empêcher de se déshonorer (Journal
intitulé le Dix Décembre) ; telles sont les
qualifications généreuses et de bon goût
dont des flatteurs, qui s'oublient eux-mêmes ,
remplissent des journaux soi-disant amis de
— 25 —
Napoléon et de son gouvernement : telle est
l'ignoble boue qu'ils osent jeter , en plein dix-
neuviéme siècle, à un pape qui s'appelle
Pie IX, et à la couronne d'hommes vénérables
qui l'entourent.
Et non contents de l'injure du jour présent,
ils vont exhumer les temps passés , pour leur
emprunter leurs plus criminelles hontes, et di-
sons-le, leurs plus sacriléges forfaits : ils me-
nacent le Pape du nom significatif de Napoléon
qu'ils ont à placer, disent-ils, entre la généro-
sité de leur mansuétude et le déshonneur d'une
lâcheté. ( Journal intitulé le Dix Décembre.)
Jeunesse malheureuse et égarée ! elle ne
s'aperçoit pas qu'en insultant le Pape, elle in-
sulte le grand empereur , qu'elle l'insulte dans
ce qu'il y a de plus grand dans sa vie , son
— 26 —
repentir, l'acte de foi catholique qui soutint
son agonie, consola ses derniers moments et
donna à sa vie tout entière le seul éclat qui
lui manquait : celui d'enfant soumis et respect
tueux de l'église et de son chef !
Qui peut comprendre tout le mal que de
pareilles choses exploitées par les passions
impies et anarchiques, répétées, mille fois le
jour, à l'homme du peuple et à l'ignorant, peu-
vent faire aux idées religieuses; par conséquent
aux idées d'ordre de régénération sociale, qui
semblent aujourd'hui renaître parmi nous , et
dont nous avons tant besoin , pour les opposer
à d'autres idées subversives et dissolvantes, con-
tre lesquelles peut-être on combattra demain,
au milieu de nouvelles ruines et de nouveaux
torrents de sang humain. Insensés, il ne fallait
— 27 —
pas aujourd'hui leur donner des armes et
exciter leur fureur !
Cependant plus Louis Napoléon et son gou-
vernement comptent de partisans, et on dit
qu'ils en comptent un grand nombre, ce que
nous n'admettons ni ne contestons, plus serait
nombreux le parti insurgé contre le Pape , et
qui contribuerait à diminuer son autorité mo-
rale , confondant dans le même blâme , dans
la même réprobation et peut-être dans la
même insulte, le prêtre et l'homme d'état,
le pontife et le souverain temporel. C'est
là une immense calamité pour notre infortuné
pays, qui ne peut voir guérir ses plaies et renaî-
tre ses forces antiques, qu'en revenant sincè-
rement et pour toujours à la foi et à la religion.
Sans doute, et nous sommes pressés de le
- 28 -
dire , pour l'honneur de la presse française,
sans doute tous ceux qui écrivent des paro-
les si violentes et si injustes n'obéissent pas
à des convictions, et aux inspirations d'un
coeur perverti : la politique a la plus grande
part dans le rôle qu'ils s'imposent ; mais c'est
une politique mal habile, outre qu'elle est cou-
pable , que celle qui consiste à être injuste et
dénigrant envers un adversaire, surtout lors-
que cet adversaire est placé à des hauteurs qui
ne devraient le rendre accesible qu'à nos reli-
gieux respects !
Cette politique est mal habile aussi dans une
lutte ordinaire, disons-le en passant; l'adver-
saire qu'on a grandi tout en le combattant,
honore davantage celui qui l'a vaincu : on
comprend au contraire qu'il n'y a pas grande
— 29 —
gloire à triompher d'un homme, ou d'un parti,
qui n'ont, pour eux aucun mérite, aucune sa-
gesse, aucune valeur morale.
D'ailleurs, dans un temps où les événements
se pressent avec une rapidité si brûlante, qui
sait si demain les besoins de cette politique ne
vous feront pas une nécessité d'élever , de
grandir l'homme ou le parti que vous avez
combattu aujourd'hui , et dont demain vous
aurez besoin? les exemples de ces fuites en ar-
rière, de ces revirements subits sont-ils si rares
de nos jours? combien, de ceux même qui sié-
gent aux conseils de l'état, se seraient épargné
des reproches, quelques fois honorables, nous
en convenons, mais toujours embarassants dans
l'arène parlementaire, s'ils s'étaient tenus en-
vers leurs adversaires, dans les termes d'une
— 30 —
juste modération qui honore tout lé monde, et
facilite la victoire.
Ainsi donc politique mal habite ; nous
ajoutons politique désastreuse, car d'autres
profiteront de la brêche que vous avez vous
même ouverte; ils s'empareront de vos inju-
res , de vos injustices, pour en user au profit
d'une autre eause que vous abhorrez , et vous
serez mal venus de vous plaindre ; puisqu'ils
seront en droit de vous répondre qu'à leur
tour , ils font de la politique et que chacun la
fait à sa manière. Le lecteur nous pardon-
nera cette courte digression que nous avons
crue utile : nous reprenons la suite de nos
réflexions.
Sans doute il se trouvera à la tribune , dans
la presse, dans toutes les positions de la société,
— 31 —
à la ville, au village et au hameau, des hommes
libres et dignes de l'être, français et catholi-
ques avant tout, qui prendront fermement en
main la cause du Pontife. Et ici nous aimons
à nous reposer un instant en présence du glo-
rieux langage adressé au gouvernement par le
conseil général de la Loire-Inférieure, noble
pays, où la foi et la piété sont héréditaires ,
autant que la bravoure et la loyauté.
Dévoués sincèrement à l'autorité et à la li-
berté du Saint-Siége, disent les conseillers géné-
raux de ce département, nous avons vu avec une
grande satisfaction le triomphe de nos armées
dans la ville éternelle, et persuadés que l'auguste
Pie IX qui n'a jamais usé de cette autorité et de
cette liberté, que pour le bonheur de son peuple
et la gloire de la chrétienté, demeurera entière-
— 32 —
ment libre de continuer son oeuvre sans entrave
et sans condition, profondément affligés en pen-
sant qu'il pourrait en être autrement interprtète
des sentiments religieux de ce département,
Nous exprimons le voeu que le gouverne-
ment fasse cesser toute inquiétude à cet égard.
Il se trouvera donc, et en grand nombre, des
partisans zélés de Pie IX qui élèveront hau-
tement la voix : mais si le gouvernement et
ses innombrables agents persévèrent dans leurs
pensées et dans leur opposition, cette voix
généreuse sera étouffée en bien des endroits,
et la France s'arrêtera dans l'essor heureux
qu'elle avait pris.
Et d'ailleurs n'est-ce pas dans notre mar-
che sociale un accident profondément déplo-
rable que cette division des esprits sur un
— 33 —
point aussi important? car, si rien n'est bru-
tal et acharné comme la passion qui s'est ar-
mée contre l'Église, et tout ce qui tient à elle ;
rien aussi n'est énergique et persévérant
comme la passion , la passion sainte et géné-
reuse, qui fait prendre en main la cause du
prêtre injustement attaqué, et qui n'a lui-
même pour se défendre que la bénédiction
et la prière.
Puisse celui qui tient dans ses mains les
coeurs des peuples et de ceux qui les comman-
dent, inspirer à tous la justice, la sagesse, la
modération ! puisse-t-il éloigner de nous les
divisions intérieures elles guerres étrangères !
mais, si quelque fléau nouveau devait porter
sur notre pays et sur l'Italie, une preuve déplus
des colères divines, il ne faudrait pas qu'au
3
— 34 —
milieu des luttes et des angoisses publiques, les
catholiques de France connussent seulement
ce que les journaux leur diront, ce que les en-
nemis du Pape, ou les partisans trop pas-
sionnés d'une cause qui ne serait pas pourtant
celle de la France, la fille aînée de l'Église fe-
ront arriver à leurs oreilles. Pour faire appré-
cier avec justice la question romaine, il a paru
utile, avant d'examiner la lettre du pré-
sident, démettre sous les yeux du lecteur les
faits principaux du règne de Pie IX : le passé
fera voir le présent tel qu'il est, et indiquera
l'avenir tel qu'il doit être.
— 35 -
II.
Tout le monde sait quelle était la situation
des Etats romains au moment de la mort de
Grégoire XVI. Depuis la catastrophe de 1850
et le mouvement révolutionnaire qu'elle im-
prima à l'Europe, surtout aux peuples de la
Péninsule italienne, Rome était devenue le
principal point de mire de la démagogie. Les
agents des sociétés secrètes, venus de toutes
les parties de l'Europe, et particulièrement de
la France et de l'Allemagne, y tenaient de conti-
nuelles séances, y semaient l'esprit d'impiété
qui, à Rome surtout, est synonime d'esprit
— 36 —
d'anarchie et de révolte, y calomniaient indi-
gnement le caractère du Pontife, de ses minis-
tres et du haut clergé, y attaquaient tous les
actes politiques du Souverain, jetaient partout
la défiance , perpétuaient l'agitation , ébran-
laient le pays jusque dans ses fondements.
Par leurs machinations audacienses eu leurs
manoeuvres souteraines, ils faisaient enten-
dre en tous lieux quelque chose de sinistre ,
semblable à ce bruit sourd et lugubre qui ,
partant de l'abîme et arrivant à la surface
de la terre, à peu près comme une voix de
tombeau, fait naître le frisson et prophétise
la tempête.
Grégoire XVI que quelques-uns méconnais-
sent aujourd'hui, mais dont le plus bel éloge
est renfermé dans les paroles suivantes de Pie
— 37 —
EX : voilà que sans le penser , ni' me l'imagi-
ner , par la mort de notre illustre prédéces-
seur dont la mémoire et les faits illustres et
glorieux seront certainement admirés de la
postérité , et gravés en lettres d'or dans les fas-
tes de l'Eglise, Grégoire XVI avait sans doute
compris ce qu'on appelle la nécessité des
temps présents, et son coeur véritablement li-
béral se serait généreusement prêté à de pru-
dentes améliorations , à des concessions, sa-
gement combinées avec les moeurs de ses peu-
ples, les exemples et les entraînements pacifi-
ques du dehors. L'Europe marchant à la suite
du nouveau monde et embrassant des systè-
mes de liberté, la France, l'Espagne , la
Grande-Bretagne , la Belgique , le Portugal,
la Suède, la Suisse, plusieurs états de la Con-
— 38 —
fédération Germanique ayant renouvelé , dans
des vues plus libérales, où largement modifié
leurs anciennes institutions, les états Romains
ne lui paraissaient pas pouvoir demeurer en
dehors de ce mouvement général. Mais des
exigences manifestées les armes à la main, des
conseils , de gouvernement à gouvernement,
imprudemment rendus publics, l'occupation
violente d'Ancône, la menace de révolution-
ner l'Italie avec les dépaveurs de 1850 ,
l'insurrection de Bologne et de plusieurs
autres villes des états Romains : tout cela im-
posait au Pontife un rigoureux statu quo , lui
prescrivait même des moyens sévères de com-
pression dans l'intérêt de son trône sans doute,
mais plus encore dans celui des institutions
nouvelles qu'il s'agissait d'établir. Ces institu-
— 39 —
tions, qui ne pouvaient avoir de chances de
durée, et surtout, faire renaître une désirable
harmonie entre le gouvernement et les sujets,
si elles étaient violemment arrachées, si même
elles paraissaient accordées sous l'influence de
la crainte.
Pie IX porté presque miraculeusement au
trône pontifical, et à l'âge de cinquante-deux
ans, vit dans les circonstances si particulieres
de son élection, et dans la force de son âge
quelque chose de providentiel ; il lui parut
avoir été chosi de Dieu, pour une oeuvre dif-
ficile laborieuse, et peut-être pour le sacrifice.
La grandeur de sa mission, se montre aussitôt
à lui : ce n'est pas un royaume renfermé dans
des limites plus ou moins circonscrites qu'il
s'agit de diriger , c'est le monde, et le monde
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agité qu'il faut conduire ; c'est l'esprit des
peuples qu'il faut régénérer, la véritable vie
sociale qu'il faut faire naître.
OEuvre immense ! mais les obstacles qui
s'y opposent sont plus immenses encore. On a
préconisé sous toutes les formes et dans toutes
les langues, l'amour de la liberté. Nous le
préconisons à notre tour, car l'homme libre,
c'est l'homme tel que Dieu l'a fait, l'homme
dégagé des sens qui le corrompent, vivant de
l'esprit qui élève et perfectionne, l'homme bé-
nissant Dieu pour que Dieu le bénisse, hono-
rant la religion pour que la religion le console
et le guide, aimant son frère, fils comme lui
du père qui est aux cieux, pourque son frère
l'aime , respectant les droits de chacun pour
que chacun respecte les siens, honorant le
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pouvoir pour que le pouvoir le protège,
commandant à ses passions pour que ses pas-
sions ne lui commandent pas.
Mais cet amour de la liberté, lorsqu'il est
excessif et désordonné , comme celui qui trou-
ble aujourd'hui la terre, ce n'est autre chose
qu'un déplorable accident dans la vie des
peuples, un dépérissement moral de l'huma-
nité, soit qu'il vienne de ce que les hommes
n'ont plus confiance dans ceux qui les gouver-
nent , soit qu'il vienne d'une soif ardente et
sans règle d'indépendance ou de pouvoir.
Or, c'est au milieu de ce dépérissement mo-
ral que la main de Pie IX a reçu le gouvernail,
et en présence des mouvements qui ébranlent
le monde, soit que la droite de Dieu les imprime
pour éprouver l'homme et confondre sa sa-
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gesse, soit que l'homme, par une permission
divine les imprime lui-même, Pie IX a compris
que ce torrent débordé qui s'en allait à tra-
vers la terre , il ne fallait pas penser à l'arrê-
ter , mais seulement à le diriger, pour qu'il
ne multipliât pas les ravages et n'entassât pas
en tous lieux, d'innombrables ruines. Et alors
afin que la liberté réclamée par les hommes
ne fût pas pour eux une cause de mort; Pie IX
l'a prise dans ses mains, a soufflé sur elle son
souffle de vie, lui a donné pour compagne la li-
berté des enfants de Dieu, en la pénétrant de
l'esprit chrétien qui éclaire , de la piété qui
adoucit et de la foi catholique qui rend fort.
Et il s'est présenté à son peuple et lui
a dit : la liberté que vous avez réclamée, je
vous la donne régénérée , ennoblie , dirigée
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par la foi chrétienne. Conservez ce dépôt tel
que je vous le confie , et votre vie s'écoulera
dans le bonheur et dans la paix, vos enfants
grandiront heureux comme leur père, et vous
serez un peuple grand, grand par la noble al-
liance de la foi et de la liberté. Mais la liberté
toute seule, c'est la fille des passions humaines,
et celte fille sauvage corrompt les peuples sous
prétexte de les émanciper, et prépare leur
ruine en promettant leur bonheur.
C'est dans ces grandes pensées dignes de sa
belle âme et de la thiare qui orne son front,
que Pie IX proclame les premiers actes de son
règne, qui ont eu dans le monde , un si prodi-
gieux retentissement, et excité tant de pas-
sions diverses, l'amnistie générale, l'établisse-
ment de la garde civique, du Sénat, de Rome,
de la Consulta de stato et la loi sur la presse.
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Les révolutionnaires de tous les pays, les
partisans les plus exaltés de la liberté n'avaient
jamais espéré des concessions si larges et si
hardies.... Leur étonnement fut grand , celui
du parti opposé, qu'on appelait à Rome les
hommes de la résistance, ne le fut pas moins..
D'une part un enthousiasme indicible éclatait
à chaque instant, l'hymne de Pie IX était dans
toutes les bouches et les échos des sept colli-
nes redisaient sans cesse des milliers de vivats;
de l'autre part, c'était d'abord la crainte res-
pectueusement exprimée, bientôt des plain-
tes, des critiques plus ou moins hautement
prononcées , et que n'empêchaient pas le res-
pect le plus profond pour le caractère et les
hautes vertus de Pie IX. En même temps on
vit s'agiter les divers états d'Italie, la Tos-
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cane, Lucques ; le Piémont , l'Autriche vient
s'emparer de Ferrare. Ces impressions si con-
traires, ces manières de voir si différentes, qui
partageaient ainsi le peuple Romain et l'Italie,
étaient d'un sinistre présage ; le pape le com-
prenait et néanmoins il persévérait dans sa
voie... il marchait avec une noble confiance,
une douce sérénité , plein de la pensée que la
Providence se servait de lui pour ouvrir une
ère nouvelle, tenter une conciliation désirable
pour l'humanité, et au moins, si cette conci-
liation devenait impossible, si les hommes de-
vait prouver une fois de plus qu'ils n'étaient
pas dignes de la liberté, enlever à jamais tout
prétexte aux révolutionnaires de blasphèmer
Dieu et son église, de renverser encore ses
autels, et d'éteindre, si c'était possible, son
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feu sacré dans le sang de ses prêtres et de ses
pontifes.
Un homme célèbre a écrit, qu'à Rome et
dans les Etats Romains, on ignorait l'état pré-
sent de la société , en Europe et hors de l'Eu-
rope , les changements survenus dans les opi-
nions et les esprits, les causes réelles des événe-
ments et la tendance intime des choses...
Les paroles suivantes de l'Encyclique adres-
sée par Pie IX, le 9 novembre 1846, cinq mois
après son élection, à tous les évoques de la
chrétienté prouvent que le Pontife était loin
de mériter ce reproché de M. de Lamenais, à
l'endroit au moins des révolutionnaires : Au-
cun de nos vénérables frères n'ignore qu'on
forge , de nos tristes jours, la guerre la plus
cruelle et la plus sanguinaire contre tout ce
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qui appartient au catholicisme, au moyen de
ces homme qui, liés entre eux par une société
abominable, ne pouvant souffrir la saine doc-
trine et séparant leurs oreilles de la vérité,
s'efforcent de tirer des ténèbres toute espèce
d'opinions absurdes , et en les exagérant avec
ardeur, tâchent de les répandre et de les dis-
tribuer parmi le peuple. Nous nous remplis-
sons d'horreur et de la plus vive amertume
lorsque nous considérons tant et de si mons-
trueuses erreurs ; tant et de si divers artifices
pour nuire , tant de piéges, tant de conspira-
tions avec lesquelles les ennemis de la vérité
et de la lumière, maîtres accomplis dans l'art
de tromper, prétendant éteindre dans toutes tes
âmes l'action de la piété , de la justice et de
l'honnêteté , corrompre les moeurs, troubler tous
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les droits divins et humains, combattre et
bouleverser la religion catholique et la société
civile, et même les déraciner s'ils le pou-
vaient.
Telle était la juste idée que le pape s'était
faite du désordre social, et de la perversité de
certains hommes. Ces hommes, un pouvoir
d'une autre nature que celui du Pape, peut les
combattre par le canon, l'âme généreuse de
Pie IX les attaque par le bienfait, le bienfait
qui dompte le lion de la forêt, apprivoise le
serpent du désert.
Ainsi, comme souverain et dans l'ordre po-
litique, Pie IX peut dire aux révolutionnaires
de ses états et de tous les pays : Comme votre
âme était souffrante et travaillée, vous avez
été les premiers objets de ma sollicitude et de
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mon zèle, je vous ai consacré les premiers de
mes actes ; pour vous j'ai supporté le murmure
dans mon palais, la contradiction dans mes
conseils , la critique parmi les peuples ; pour
vous les hommes de ma droite ont été comme
s'ils ne me connaissaient plus, pour vous les
rois de la terre et les princes du monde ont
subi mes oppositions et connu mes résistan-
ces ; pour vous, pour vous régénérer, vous
éclairer et vous sauver, j'ai bu plusieurs fois
l'amertume et je l'ai bue jusqu'à la lie... qu'ai-
je donc pu faire pour vous que je n'aie fait :
Quid enim potui facere vineoe meoe, et non
fedi ?
A ces bienfaits , à ces paternelles prévenan-
ces du souverain, ajoutez le zèle, la tendresse
du Pontife pour le peuple de Rome, pour le peu.
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