Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Question de Cuba, par M. Macias

De
14 pages
impr. de Serrière (Paris). 1851. In-8° , 16 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

QUESTION DE CUBA.
QUESTION DE CUBA
PAR
M. MACIAS.
PARIS
IMPRIMERIE SERRIERE ET et.,
rue Montmartre, 131.
1851.
) J.
QUESTION DE CUBA.
Au moment où la question de Cuba s'agite
en Europe par la voie de la presse et occupe
tous les cercles politiques, chaque parti doit é-
tablir ses argumens de la manière li plus con-
venable aux intérêts qu'il défend. Il nous a
donc paru opportun (Rappeler l'attention pu-
blique sur l'article publié dans le Globe de Lon-
dres, le 27 du mois dernier.
Cet article éclaire sulfisamment l'opinion
sur deux points importons : le premier point, la
tolérance accordée par le gouvernement des
Etats-Unis aux mpneurs des expéditions contre
Cuba; le second point, le prétendu crime de
ces expéditions elles-mêmes. Cependant, nous
avons cru que quelques observations de notre
part ne pourraient que fortifier cette démons-
tration du journal anglais; nous vous les adres-
sons donc avec l'article sus-mentionné, en vous
priant de nous faire la faveur de leur donner
place dans les colonnes de votre estimable
journal.
6
Si nous n'avons pas mal compris l'article du
Globe, nous croyons que ce journal reconnatt :
lo Que l'expédition formée par le général
Lopez, aux Etats-Unis, dans le but de renver-
ser le gouvernement monarchique de Cuba,
n'a qu'un défaut, c'est de n'avoir pas pris tout
d'abord des développemens suffisans, circons-
tance que les auteurs de l'article regardent
comme une question de temps seulement.
20 Que l'expédition espagnole qui partit de
Barcelone contre l'Italie, pour soutenir un
gouvernement inquisitorial contre un gouver-
nement républicain, reste obscure et ridicule
faute d'actions brillantes qui l'eussent illus-
trée.
3o Qu'il est notoire que les vieilles monar-
chies se confèrent le droit et le privilège
qu'elles dénient aux gouvernemens républi-
cains , d'étendre leurs principes politiques
comme elles le font elles-mêmes.
4? Qu'il faut avoir une morale bien élasti-
que, pour se permettre d'anathématiser en Amé-
rique ce qu'on sanctifie en Europe, et que s'il
existe un « principe » qui puisse autoriser des
expéditions absolutistes comme celle do l'Es-
pagne contre l'Italie , le même « principe »
doit autoriser les tentatives républicaines des
gouvernemens d'Amérique.
Quant à l'expédition du général Lopez, nous
confessons notre surprise du jugement qu'en
ont porté les habiles directeurs du Globe, qui
passent pour être dans la confîdeBce de leur
gouvernement, ce qui fait supposer un titre
quelconque pour la mériter.
Les éditeurs du Globe ne peuvent cependant
ignorer que dans les expéditions du genre de
celles du général Lopez, on n'a jamais tenu -
compte de leurs proportions pour apprécier
leur mérite, et qu'elles ont toujours été jugées
dignes d'occuper, une place distinguée dans les
-7-
pages de l'histoire. Témoin celles du général
Miranda, du colonel Mina, etc., etc., rela-
tées avec respect dans les pages de l'histoi-
re de la Colombie, du Mexique, etc., etc. Les
expéditions de Miranda eurent pour objet de
libérer la Colombie, et celles de Mina le Mexi-
que. Celles du premier consistaient en un nom-
bre d'hommes égal à celui que comptait le gé-
néral Lopez, et la seconde en un nombre bien
inférieur.
Toutes deux s'organisèrent en pays é-
trangers et en partirent pour leur destina-
tion. Mina mourut sans avoir quitté la terre
fprme, et Miranda mourut également après
une retraite forcée, lors de sa troisième ten-
tative. Les expéditions de ces héros avortèrent
devant les efforts de leurs ennemis, et ils fini-
rent par succomber glorieusement eux-mêmes;
mais la Colombie et le Mexique secouèrent le
joug ignominieux qui Ips déshonorait, et
acquirent le nom de nations libres !
Ces exemples devraient suffire.
Mais nous dédirons rappeler aux éditeurs du
Globe qu'en outre de la sanction européenne, !a
seconde expédition du général Miranda obtint
généralement et spécialement celle de la nation
anglaise et l'appui moral et matériel des auto-
rités et des sujets britanniques. Voilà des faits
certains. Pourquoi donc le Globe voudrait-il
que l'expédition du général Lopez, analogue
à celles de Miranda et de Mina, n'obtînt pas la
même place qu'elles dans l'admiration de l'his-
toire?
Ce qui précède suffit donc pour que le petit
nombre d'individus qui, en Europe, se trouvent
dans la nécessité d'étudier la question de Cu-
ba puissent juger de l'expédition du générai
Lopez ; mais il n'en est pas de même pour la
généralité de ceux qui s'y intéressent, et, à