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Rapport fait par Leclerc (de Maine-&-Loire), sur les institutions relatives à l'état civil des citoyens : séance du 16 brumaire an 6 [du Conseil des Cinq-cents] ([Reprod.])

De
96 pages
[de l'Impr. nationale] (Paris). 1798. État civil -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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20x
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART
N8S 1010a
lANSI and ISO TEST CHART No 2,
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford OX3 »BW, UK
A
Maine -Sc^toire),
Séance du 16 Brumaire an £. ̃!
nation puifle
de& c^lui de fa ^morale. Lorfque le peupla
commença la révolution j.' lor%ie d'une main
encore,» il traça les cahiers de jfoo indépendance
s
1 attitfe vote le plus unWelleàient l'article fondamental
«Je plus impératif de tous, quoiqu'il ne fût pas écrit «,
termes formel ce fut celui-ci Donne^ -mus ifautris
mcturs Ce qu'il y avoit alors d'hommes prévoyans & arnii
de la. liberté
ientans, & c'eft une vérité que ce devoir fut fenti du plus
grand nombre. Mais plus une amélioration dans la morale
publique parut un befoin prenant, plus les ennemis du
peuple eurent de facilité à fe jouer des vains efforts de
ceux qui voulurent l'opVter. Les uns s ogpofèrent ouverte-
ment a leurs vœux les autres, plus,
habiles, anéantirent l'effet de paroiuant
excitant avec perfidie ànâardeur du'il
neut fallu que modérer afin de\pouvoir ht/donner une
direftion falutâne :r& tel fut le hypo.
ente que la générofité françaife fut rendue vaine par fa propre
jmpéiuofité. Les bornes prefcrites. par 1& iageïïè furent dé-
paflees Se la France faIllie périr..
O combien les amis de la patrie gémirent en voyant
le moment opportun leur échapper! combien de larmes
ils* verfèrenc fur les mœurs quand l'événement ne jufti-
fiant que rrop leur inquiète prévoyance, la République,
un moment dépravée parut Ce charger volontairement
des chaînes les plus pefanres & les plus abjectes qu'aucun
peuple air jamais portées Quçls furent leur confternation
& leur defefpour.lorfque, cherchant dans la combinai Con
des rellourccs politiques & dans la marche préfumable
des événemens, un remède tant de calamités le réfultat
de tons leurs calculs vint aboutir à ces effrayantes maximes
d'un pubhcifte juftement célèbre. qu'il n'eft, point de
République fan* morale & qu'un peuple peut conquérir
fa liberté mais qu'il ne la recouvre plus après l'avoir
perdue!
Grâces t'en foienr rendues, piiiffâncé protectrice, pro-
vidence éternelle dont tant d'époques de notre révolution
atteftent par qui la République t wnc de fpis
3
triomphé de tes propos armes,* que le peuple français
gepeut plus mëconnoÎKe fans fe rendre coupable de .la
«Jus noM* mgratitwle j gtaees ['en faSm rendues tu nous
feras des bords de KaByrae, iu nous 6s recouvrer notre
liberté rends-nous aufli tes vertus fur Usuelles elle doit
fais voir au monde étonné l'exemple J'un peuple
de abondance
ïiund <m le croie. près de fa ruine, auffi terrible dans les
levers que généreux & grand dans fes fuccès &, par un
K^ige nouveau renaillanc rout-à-coup à la morale, la*
Soptaw ivei: tranfoort, la pratiquant avec joie, ¡'aimant
avec paflipn 6c la défendant avec toute l'énergie que les
4Unes wgoureufes mettent i la çonfervation des choies aux-
fluelles «enr leur bien être..
Mais pourquoi qualiBerde prodige, un retour qui s'opère
fpontan^henr, & qui n'ea parmi nous qu'une fuite natu-
relle des épreuves par lefquelles nous avons pane ? Il eft
dans la nature des corps, polijciques comme des individus
!de chercher le repos après de longues tourmentes ot où
*ft le repos des peuples li ce n'eft dans la mwale publique?
De U cette tendance à la motaie, qu'il eft impolie de
méconnaître dans le peuple fiançais. Ce n'eft point a lui
en faite fentir la nécelTué que nous devons confacrer nos
efforts, c'eft 1 le diriger dans fa pratique, c'eft a lui
donner d'autres mœurs comme il en fentoit le beforn dès
l'origine de la 'révolution & comme vous le font entendre
encore aujourd'hui ces voix innombrables qui vouî crient
de toutes parts Doane^-nous d'antres mœurs ou nous allons
retomber dans nos anciennes habitudes.
Ils avoient entendu ce cri ceux qui tenoient les rênes
4e la léeiflation avant le t8 itucYidot & déjà ils le pre-
jioient mm l'accompliflèment de leurs vœux. Déjà toutes
Jes iaftltutioni qui pouvant contrarier ces vœux facritèges,
paient rrappée» d'anathême. Plus de fêtes nationales un
morne filcHce auroit confondu le 10 août & Le i4 juillet
.avec les journées les plus indifférentes, d quelques tépa-
A a
4
blicains fidèles h en eufl&nt
momiott. La fondation de la République elle-même était
condamnée à n'avoir* par plus d'éclat. Comme les àatfe«V
cette époque mémorable que quatre! cerit mille individu!
ont célébrée avec faut de pompe & d'alégreffè au champ de
Mars, eût été circonscrite dahs.Féfroite enceinte d?une cbor
ou peuvent tenir à peine cinq à fix cents individus reflertés #
«àchés pour ainfi dire entte quatre mues local trop digne
enléffei? des crrcônftances, puifque 'telles Ce ûk>nttoienc li
'fureur & Intolérance des royaimes, qu'il fe «ouvoit enédrè
trop fpacieux'pour le petit nombre de ceux qui ofoierrt da*
«e temps déhonre fe proclamer hautement les amis de la
RépnWîqiîe. Alors l'ombre qu'une mort
r prématurée ravit à la
ques & militaires, n'auroit' point vu couler les htmes de
*out>n peuple réuni pour lui rendre les derniers honneur*}
point transis fort nom à la poiré-
rite; les rameaux des magifrijats & des guerriers n'auroièilt
point couvert fon maufdlëe de jeunes filles né lauroierit
.point orné de fleurs, & l'éWefile défaillance de l'une
Nèfles n'anroit point rendu témoignage d'une triftefle aûffi
profonde que vraie. 'Malheur à toi jeune républicaine fi
'.ce .ligne involontaire d'une trop jufte douleur te fût échappé
en préfence des efclaves deia royauté; malheur à toi! th
t'àurôiérit vouée pour le refre de ta vie à^l'infulte & aux
dénominations injurieufes dont ils accablent injaftement
quiconque chéritToit la liberté de fon pays.
Cependant 3 quelle époque parlà-t-on davantage de' mo-
rale? Impofteurs ils parloient de morale, & n'appeloîéin
que tes préjugés. A les entendre, l'inltrùâion publique ne
pouvoir compatir avec la morale. Il falloir replacer exciunV;
vement l'éducation dans les 'mains ties prêtres catholiques-; j
& quand on parloir de quelque au ireinititution républicViirie,
c'etoirou pour la rejeter avec mépris, on pdut l'ajourner in-
défrniment: ce.qui écoic l'équivalent d'un rejet. QueMe foi
poavoit-on ajouter tn effet à cette prouieflè fi( fouvent arra-
5
g3
rfïée,' àt créer un jour des inflitutions, îorfqu'on traraflloit
lourdement' & détruire celles qui fruâi&nenr le plus. & qui
étoient les plus propres adonner 6a lutlre aux nouvelles ? Si
fon en; :croit les rapports de perfonnes diçres de foi les
«dmirriftrareurs du confervatoire de musqué avoieiu reçu
JÇerdre de brifer toutes les lyres républicaines & de pré-
fienter des vues fur les moyens de renfermer exclufuîmenc
dans les temples cathodiques l'ufagede cet art fi puilEint fur
ks mœurs, lorfqu'une faine phtlofophie le dirige. D'où
aient que les ennemis de la République en agMùient ainft ?
C'eft qo'ils avoient. entende ce cri qui retentit fans cefTe à
mes oreilles, & qu'il eft bon que le légiûateur bntetîde fou-
Teac :Dûnae%:nous d'autres meurs ou nous allons retomber
dans nos anciennes habitudes.
C'étoit donc aflèz pour provoquer le retour des anciennes
habitudes, & de tous les abus qui s'y lièrent autrefois- non-
feulement de ne rien propofer qui pût en faire perdre la
mémoire mais encore de laiffer périr celles qu on avoit
tenté d'y fubftituer. C'eft ainfi que le calendrier décadaire
cette institution fi refpeékble, ne fût-ce que par tes rap-
ports avec les travaux par lefquels d'ilhiftres aftronomes
ont honoré les premières années de la République s'eit
a peine fauve de l'oubli dans les aâes du gouvernement,
tandis que fë calendrier grégorien a repris coure fa vigueur.
C'eft ainli que» malgré la volonté bien manifefrée du
peuple français d'établir l'unité des poids & des meures,
les veilles des fàvan&qtii ont réfolu ce problème fe trouvent
perdues même dans les parties qu'il eft prouvé qu'on au-
̃ roit pu exécuter fut-Je->ehamp & que les mètres- diftri-
bués aux marchands en vertu d'une loi poulinent dans
on- arrière- magafin, tandis que les mefures anciennes attef-
tent publiquement, & à tous les inftans » rinipuifiTance de
la légiflation. C'eft ainfi que l'un des Ponfeils au mépris
de fes propres afrétés, languit depuis long-temps d-ihs une
felle auflî peu décente que peu propre à fes délibérations
tandis qu'il vous fera bientôt démontré que quelques mois
6
inroient fuis pour lui procurer nn local plus commode
plus digne tout- a- la-fois des travaux auxquels il fe livre Ce
du caraôèredont Tes. membres font revêtue. C'eft ainfi
que depuis deux années, la confthution eft ouvertement
violée dans l'article qui porte « que les membres dit Corps
légiflatif ont un coftumc dans l'exercice de leurs fondions: »
fans d->ute afin que le défaut de tenue dans les féances
du Corps téginatif prêtât à la comparai fcm qu'en faifoient
ceux qui avulent quelque tendance à regretter l'étiquette
de l'ancien régime. Enfin c'eft ainfi qiùnottlement on a
réclamé contre l'efprce d'indécence avec laquelle fe font
les aâf civils relatifs à la naifïance, au mariage 4c au
décès tandis qu'il eût été f facile d'imprimer toutes les
cérémonies relatives à ces principales époquea de la vie le,`
caractère tput-â-la-fois angufbe & touchant dont elles font'
fufceptibles. Quoi qu'on en ait dit il n'eût pas été moins
facile d'accréditer le calendrier républicain de faire adopter
les nouvelle; me fur es de hâter la conftruction de la falle dit
Confeil des Cinq-Cents, de donner un coftume aux légifla-
leurs & d'ajourer de bonnes inftitutions à tous ces objets
très puiffans fur les n?arnrs publiques, bien que futiles en
apparence mais ce n'étoit pas li le but qu'un vouloir at-
teindre. On ne vonloit pas donner d'autres mœurs au peuple
français, afin qu'il retournât de lui-même à fes anciennes
habitudes & certes perfonnes de nous ne peut nier qu'il
n'y marchât à grands pas.
Vous le favez repréfentans dn peuple, cette marche
rétrograde fut fi rapide, fi effrayante que vons défefpé-
râte¡ non- feulement de la retarder mais encore de donner
à 1 efprit public un mouvement pins faiutaire dans le cas
où quelques prodige l'aurait arrêtée au dernier pas que les
contre-révolutionnaires lui faifoient faire chaque jour. Au-
jourd'hui même que ce prodige eft opéré, peut être en
eft-il pliifiçurs parmi vous qui défefp:rent encore d'en dé-
nuire les fiineftes effets. Repréfentans fidèles, je vieni vous
raffiner. Gardons- nous de croire que le mal foie fans re!-
7
v&e: donnons plus de confiance au bon naturel des Fran-
çais, & à la paUÏance morale qu'il ne dépend que de nous
deconferver. Que faut-il pour faire le \>\tn ?
Une volonté ferme confiante & unanime de votre part
de, celle du Diteltoire exécutif. Avec cette réunion de
moyens nous pourrons tout entreprendre, & vaincu toutes
Le bien agit dVilleurs par fa propre influence 1 il triomphe
longue du mécontentement le plus invétéré. Quel étoit
te moyeu dont fe fervoient nos ennemis ? L'horreur de nos
rféfaftres pàffés, & la menace d'y retomber, IF fon ne le
précipitoit dans les bras du royalifme. Vous avez d»<«pe la
trainte d'une auffi* terrible rechute agitiez maintenant pour
tffacer jufqu'à la trace de nos maux & de nos haines. L4
douleur d'un enfant qui s'eft fait à lui-même quelque blef-
fure', ne réfifte ni aux caïmans qu'un lui donne, ni *.iat-
ait d'un plaifir nouveau qu'on met à fa portée; & ce.neft
faire injure ni aux hommes en général ni aux Français en
pïtticulier que de leur appliquer cette maxime confacrée
depuis longtemps: Lcs hommes font de grands enfans. Bien
roalheureufe la nation qui, n'ayant pas,ce genre de flexibi-
lité, fe au bien être par le
qu'elle fe feroit fait à elle-même en ufant maladroitement
des moyens qui dévoient la conduite au bonheur Le peuple
fiançais, en cherchant d'autres moeurs, s'étoit précipité mo-
mentanément dans l'immoralité la plus abfolue; lien fort
aujourd'hui de lut-même renoncera-t-il à fa première en-
treprife, & faudra t-tl qu'il s'enveloppe dans tous les pré-
jugés qui déshonoraient fes anciennes habitudes ? Non, vous
•' ne le touffrirez pas.
Ses anciennes habitudes la légèreté, 1'infcuciance la
fcrvilité labjeâiori la fuperflition & l'intolérance Non,
non. telle ne fera point la morale du peuple français. Des
inclinations fiables, l'attachement à la patriè 1 indépen-
dance républicaine la dignité qui convient à des hommes
ene pi&éftare* & la douce fraternité, tels font; fa fttinar
ipens dont il porte le germe dans; fon cœur.
Notre objefe eftd'tn ravdvrfer le développement $& voici
les moyens quenotte vous propofons d'employer' pour arri-*
ver à cette heureufe fin.. Il i'>
Les moeurs particulières! étant les principaux éiémens de
la morale publique c'eft' à former les moeurs patriculièrei
que le légîflareur doit premièrement s'attacher. Aucun des
milans dé h'yié des ciroyéns aucune de leurs' a&ions
aucune de leurs affections aucun de leurs intérêts ne doi-
vent lui 'être indiftérens il faut en quelque forte qu'il a«
l'œil fur les ades journaliers de chaque individu, pour le!
diriger vers le but commun fur lequel repofé l'unité f»i
L inftitution qui fé rapprochera le plus dé cette furvëïï-
lance domeftique,'pi5urainfi parler, celle qui la fuppleera..
dans les détails auxquels la légiflation ne pourroit attein.
dre, fera donc celle que nous devrons préférer. Il êVél
une qui réuniroit ces avantages, qui donneroit de l'intérêt
non feulement aux époques principales de la vie, mais en-
core à tous les acles de quelque 'importance qui font évé-
nement d.ms les familles, & dont on aime ou dont on
a quelquefois besoin de rappeler le foNVenir; qui feroit ua
objet continuel d'émulation foit par t'exempte du pane,
ion par l'efpe'ranrs de l'avenir qui, fans- rompra l'unité
des familles, donneroir à chaque individu un intérêt au)
lui ferait propre dont Ix faurce feroit dans la pratique,
exacte de la morale particulière, & qui fans lomprera-
nité faciale, créeroit des mœurs & un intérêt, de famille
qui ne pourroient exifler que d'accord avec la morale pu-
blique; qui concourroit à h folémnité-, à ramhemicitë
même de tous les aétes relatifs à l'état civil des citoyens
franrrais, & qui contribueroit à rendre à ces a&cs trop
niëprifésaujotird^htii le caraâèrè touchant & religieuïqni
n'auroit jamais dû les abandonner-; qui remplacerait enfin,
mais par des effets moraux bien plus étendus tout lebtèà
V
™& qu'elle rappelleroit <an*
willes des devoirs à remplir des venus a pratiquer de*
qualités à acqwéw & une providence a refpeaer. -ew
iirfticucion ferott celle d'un livre de famille compose comme
netts allons l'expliquer defti né aux ̃̃«(âges que .nous dewr-
minerons, indifpenfabie tous les citoyens le rendu tacre
tant par fou objet ue ar les précautions qui fetoient prues
pour empêcher qu'il pût jamais être ou profané ou déna..
Le livre de famille contiendroit les aSes de naiffartce
a*adop|ion d'infctiption civique, de mariage, de tutete
m -«vSUle, & de décès. Ces aûes fe fuccéderoienc dans
l'ordïe naturel des époques qu'ils. devraient conftarer ̃ ôt
ferpknt fçparé? les tins des autres par une -place dettmee
prix remportés dune époque à
J'autre» foit dans les écoles nationales fou dans- les retes
publiques.. Il y auroit en outre, une place pour Iefoûventr
des tours où l'on suroît fervi de témoin pour un mariage,
l'îine adoption ou tout autre recuit comme pour celui.
du jour où l'on auroit le malheur de perdre un entant, un
parent ou un ami. Il en feroit de même des jours ou Ion
îeroit enta dans des foncions publiques au choix du peuple
9u du gouvernement. Les.aûes infcrits fur le livre d$ ta-
roilje ne croient pas les mêmes que ceux compolant les
regiftris publics ils feroient rédigés de manière a preientet
Jes principales époques de la. vie fous- leur afped moral
Wnéglieer toutefois le» formes purement civiles dans
les points principaux dont la connoiffaBce eft neceflatre
pour faciliter le règlement des intiûts &~des difcufllpiis
de famille: Ce livre paroîtroit dans toutes les iblemmces
tehtives à 1 état civil, & chaque acte y fetoirrendU- aut
xhentiquepar les
cour les resiflres publics. Il feroit déFendu fous des peines
iniertr rkn
renfla lei aaroa'VGiiiuqaji fût compofé.
fcroieht prononces contiècettx qui auraient volontairerhenr
ltcéré ou fouillé un livre de famille ,'foit qu'il fut leur pro.
priété foit qu'il fût celle d'un autre tout, jufqa'au fijrfple
manque ^e refpeft pour cette inftitution devroit être févèrc-
ment repris,
Après la mort des deax époux, les livres de famille parte*
roient ,l'aîné des en fans ou au plus proche héritier. Le.
confervation en feroit un devoir facré. Le pofleflèur ne pour-
voir «n refufer la communication à aucun des membres de la;
famille,& ceux-ci feroient autorifés 1 l'accufer en. juftice en
cas de refus, de lacération, de fouillure ou de faux } il en
devroitencorelacommunication au magiftrat chargé d'infpec-
ter l'inftruftion publique, & ce magiftrat auroit 1 obligation
de faire punir les infrasons aux lois relatives cet. objet.
Nul no feroit adinis à l'infcription civique s'il h'étoit
pourvu d'un livre de famille, & nul ne pourroiten acquérir
s'il n'en étoit jugé digne par ion inftru&ion & fa moralité.
Immédiatement après la cérémonie de l'infcription civique,
rafle de naiffànce du nouvel infcrit feroit rapporté fuc ton
livre 4 ainfi que la mention des prix qu'il auroit remportés, &i
ce livre lui ferviroit dans tous les autres a&es de fa vie.
Les filles forties de tutèle ou qui feroient dans le cas de
quitter la maifon paternelle our vivre à leur ménage, au-
roieat auffi un livre compote comme celui des hommes
excepté les acîes d'infcrip:ion civique de rutèle & de ma-
riage.
La mention des prix remportés par les orphelins feroit
écrite fur le livre de leur tuteur, & celle des prix rempov-
tés par le. enfans-trouvés fur le livre de l'un des deux té-
moins qui auroient figné fon acte de naiffance. De cette ma-
nière, il n'y auroit pas un feu! individu, dans quelque pofi-
tioa que le fort l'eût mis qui ne trouvât une place foit
dans le livre qui lui fetoit propre, foit dans celui desper-
fonnes à la garde defquelles la, loi l'aiïroir confié.
Cette inftitution ainfi combinée nous avons eu raifon
dedife qu'elle donneroit plus d'intérêt aux différens aâa
Il
lé prouver il fuffit de rappeler que les for*
moles y, feraient en même temps morales & touchantes. Il
des hommes que parce qu'on ne les reproduit
point aflez à leur penfée. Si vous les leur préfentez elles
éveillent en eux des intimons qui n'éioient quadonpu, &
leur, procurent des joui fiances d autant plus pures qu'elles
font plu» naturelles & d'autant plus vives qu'ils ^perçoivent
avec étonncment que li fource en étoit dans leur cœur.
Àinfi lorfque ddiix époux s'unifient par le noeud du ma-
riage, fi vous vous bornez au contrat civil comme on le,
&it aujourd'hui & fi vous les renvoyez de la maifon com-
mune fxns avoir donné à cet ado les couleurs tout-a-la-fow
ni, le regardent que comme une formalité d ufage
lois établies dans l'Etar ou ils vivent: ce n'eft quune obli-
gation commje toutes les autres un bail à vie v » je puis
m'exDrimer ainfi un contrat fynallagmatique dans lequel
en a' tout au plus <koit d"exiger de la bonne foi. Mais
vous y joignez des idées plus touchantes fi vous leur rappo^
lez en peu de mots le but moral & politique de cette wfti-
tutioa, tout-à coupleurs penfées prennent un autre eflor «> Se
leur coeur fè remplit des fentimens les plus délicieux ce qui
n'êtoit qu'un fimple accord devient un ferment religieux:
ce n'eft plus affez de prendre les hommes à témoin on veut
que la divinité intervienne dans ce padte folern nel le ra-
tifie on fent l'étendue & la réciprocité de fes devoirs on,
veut gardet la mort l'impreflion qu'a faite cette au-
.gulle cérémonie; Se le monument qui nous en retrace ̃l'épo-
que tous les inthns, e0 un de nos biens les plu? précieux.
de de la naiflance d'un fils £c de tous les
civil. Du çôté moral., jls ont
chacun la couleur qui leur eft propre & réveillent en nous
dont, nous aimnns perpétuer le fouventr. J ai
que je chérifibis & je veux me rappeler le
M*
jour six mort la 4 fi
v d bui, fait que facisfatre une
tel jour a celle heure, mon celle d'êrre voihkout
ce que me dit ce funefte papier & quand j'ai lu (es froid»
néant eft la feulé qu'U m'aie comma*
mquée. Mais fi jouvre un livre de familk ma dquleur.
prerjd un tour autre inté/êr
idée (Impie il m'eft Importible d'en féparer
de l ame & |a rémmiérarion des vertus idées p.ïliciqus*
aurant que .vraies fur lesquelles fe .fonde la 'confolarion
des malheureux & l'une des bafes fondamentales de la
morale publique.
Et combien d'autres circonflances moins importantes à la
vérité dont le livre de famille doublerait fa valeur Qui de'
aousdifconviendracnieles prix qu'il remporta dans fajcuncflè
loi auraient paru mille fois plus précieux t s'il avoit eu lacer.
ticude qu'ils feraient connus à perpétuité des defeendans
de fes defeendans? Nous nous le diffira nierions en vain
m plus modeftés feroient fâchés de ne pas laiffer quelque
«aces de gloire au moins parmi leurs proches. Si les, livres
de famille avaient exifté brfque le peuple vous mitai»
«ombre de fes repréfentans il n'en eft pas uWirmi vous
<ïm neut été' plus vivement touché de cet
gnage de la confiance nationale, par la certitude d'en uânf«
mais l'inftitution du livre de famille donbloir l'intérêr
des dirlérentes époques de la vie, il auroit aufft l'avantage
dwre une fotrce inépuifable d'émulation. Cette émubrio»>»
qui ne pourrait employer qu'un feul moyen celui de la
Vertu autoit deux objers qui la dirigeroient vers le même
bat i«. l'intérêt de famille, qui
to&ion purement dotneftique il eft vrai 3 de compter parmi
fes membres morts ou vi vans un' grand nombre d'hommes
mftniKt ou vertueux y qui pour être ainfi con-
̃€««*»«« i n'en feroit pas moins vive.: z°. l'intérêt particulier,
le nombre & la nature des 1 eftime
trop
Utile a -la -République pour pas 1 eflor.
Et qu'on ne craigne p^ que ce noble fenrimenc dégénérai
baffe envie & rompît le lien des familles.
mbotd i'èhvie ne. peut pas fe fuppcfer dans les choies
Sis i rompre qui
refaite de IMnjuftke or la mémoiiô des hdhitnes vertnenx
feïoitun bien commun,
t
redoutons pas davantage l'inauence de lintéiËt de
jamais l'Intérêt général.
Jamais tferfohne de
livre oii ceux
de fes aïeux, d'abord parce que là concurrence étant gcné-
*ye & continuelle, & la
i peu près dans une égale ptopottion les de l'efprit&
ne & les
grandes vernis affeftaflcnt dé-
la lefture du
vatît jamais être faite hors de fon enceinte, les titres fut
lefqùels ils fe fonderoient ponr. prétendre à la
erre dans une autre fcsuïce. Nous
mettons pour condition; expi-elle fe
taire un avantage public des choies que
livres de famille afin de diffiper entièrement les alarmes
4e ceux qui verraient
deroens d'une diftindion établie fur
d'ailleurs nos mœurs d'une manière
̃U*'
tant par le bonheur
de n'avoir pas déme-
ou a
dieux lares fi l'on en
vains yerfés dans l'étude le
iouvenir des ancêtres qui s'étoient
des vertus.,{),¡ les révéroit fans en tirer vanité. Leur autorité
ne s'étendoir pointi au-delà du feuil de. la porte Se nul
n o(a fs. faire au Forum ni fous le Portique un
fonnel de leurs glorieufes actions
tégeaiïcnr les foyers & qu'ils infpiraHent la famille le
délie de les imiter; on n'attendoit rien plus de cette infti.
mrion.
Il en ferait de m'eme de celle que nous propbfons. Quç
Je refpecî pour les livres de famille fût tel qu'on fe crut
protégé dan* fa maifon par la préfence invitible des aïeux
dignes de véneraciqn c'eRua fèntJment naturel. Vous trpu-
yez-vous au milieu du danger, il e1tprouve,
rience que vou. y Jerez dans une forte de fécurité fi la
vertu vous /.accompagne foit que voasMa portiez (dans
votre propre coeur ion que vous en nourrirez
votre penfe'e. Le premier qui iiurotluifit les dieux larçs
dans fa ma donc unt idée morale ô( grande')
d convertit fon toit en un temple contacté
aux ancêtres & a la pointe; car, en célébrant les bonnes
nos aïeux dans nos foyers non par "de vaines
ou des facrifices fuperiïitieux mais par une"refpeâucqfe.
commémoration dans les fêtes de famille dont le retour
périodique fan&ifiera pour ainfi dire » les époques princi-
pale*, de notre vie. Une idée heureufe en appelle mille.
^Celle des fêtes de famille naît d'elle-même de l'idée que
nous développons en ce moment. Ce n'eft pas ici l'iuftant
de les indiquer il nous fuffit d'obferver quant à préfent,
qu'elles feroienc une occaiion de rendre un hommage
x5
Unième d anticiper fur les
pas encore vu le jour. l'avenir,
ietoient également mis â contribution, pour la morale pu-
& le livre de famille toujours pris témoin de
1» juftice des hommages rendus ou à rendre. L'impreflion
pourrait être rendue journalière
par Tufaga de quelque formule fiinple qui
les membres de la famille
font réunis & pour donner à notre inftitution un carac-
tère encore plus religieux rien n'empécheroit qu'il y eût
chaque année un jour confacté àpafler en revue tous les
livres de la famille. De quel intérêt feroit cet examen des
mœurs d'une longue fuite d'aïeux Quelle différence entre
& les tableaux de famille où latoftp
ne retrace que la phyfionomie & l'âôe dss individus Cet;
homme avoit de grands traits; mais peut-être la bonté de
fon ame n'y répondit elle pas cet autre porte une phyfio-
.nomie plus modefte mais qui fait s'il ne poflèda pas de
îgrandes qualités ? Tette en l'incertitude où laitlènc ces froides
Copies': jk qu'en arrive- 1 il ? C'eft que las d'errer dans un
•eareil vague le plus fouvent on laifle là l'original pour
ne s'entretenir que du mérite du peintre. Avec les livres
lis famille au contraire le pauvre comme le riche con-
ooît fon origine ce compte dans fa lignée les hommes
qui ont honoré leur vie par des actions mémorables.. Les
traits de ceux qui Ce fout ditlingués, n'ont pas befoin d'être
confiés a la toile j ta tradition les confervre d'âge en âgé.
(Cet homme- dont le livre porte de fi honorables, témoi-
grandeur j il avoit tel au de vifage &c.
-Ces poitrails ne s'effaceraient pas plus par le temps que
les fiècles nombreux¡qui fe font écoulés depuis la mort titi
ils de Fingal n'ont effacé les chants immortels ou fi cette
liqage plus fugitive que la penfëe ,Ce. dilfipoit i la longue
l'imagination de chaque cette perte. Dès
qu'on nous entretient de quelque homme célèbre, nous ne
mais tel qu'il nous convient & ce fantôme
réalité.
Mais en voilà fufKfammenc pour démontrer l'utilité du
livre de famille prouver qu'il ne pourrait jamais te
trouver en «ppofition avec la morale publique. Il eft égaler
pour qu'on ne regrettât point de
voir fon influence circonferite dans les bornes de la maifoiK
parlons maintenant des circonitances uniques où il devrait
franchir çea. bornes pour aller chercher au temple de la
.concourir en même temps à la folemnité des fêtes relatives
Je dois le dire ici des
dont on les prive aujourd'hui. Des idées fe'duifantes venoienc
s'offrir à mon efprit mais la plupart manquoient ou de
folemnité ou de (implicite..Un ami avec lequel je m'en-
ttetenois prononça le anot à& livre de famille J'en (as
,frappé comme d'un trait de lumière & je regardai dès
;lors mon travail cotrime achevé, j.
L,e livre de famille compofé commei il
fus, eft l'ame de toutes les cérémonies que n<9us avons i
yous propofer pour les aéles civils. Vous le verrez repa-
io«re en première ligne à toutes les époques de la viev
comme une divinité urtélaire qui s'attache i la deftiu^
d'un individu, & ne 'l'abandonne qu'à • la mort. Inappli-
cation que nous en allons époque,
,-fera cotuloîtrs d'ailleurs que, i'il avbit de grands avantagés
dans la vie morale, il ferait f uffi d'une grande utilité dans
îles relations civiles, parla faciliré qu'il donneroiti pour la
coujieiiîàiice des rapports de confanguinité. Quoique nous
i7
{de B
Les cérémonies dont nous allons vous occuper, font celles
delà nailfance de l'adoption de l'infcription civique, j ou
mariage du divorce & des fépulfurcs.
Nous vous préfenrerons à pari celles de nos vues qui
nous ont paru pur». mène législatives. l en eft d'autres qui,
bien, que réglementaires nous ont femblé devoir égale-
ment émaner de vous elles feront l'objet d'une inftruc-
tion ou règlement que nous foumettrons à voue adoption.
il eft des matières dans lefquelles la filiation des idées n'eft
pas tellement établie que trop de latitude dans l'exécu-
tion- n'expofât le Directoire à s'écarter involontairement de
l'efptit de la législation & d'ailleurs en fait de loierh-
nctés il etlr: impoliible' cie donner une idée julle fans en-
trev dans quelques développemons..Notre régit ment con-
tiendra donc tous les détails dans lefquels d'autres que les
inventeurs pourroient s'égarer, & tous ceux funs lefquels
nous ne vous aurions préfenté que des images imparfaites.
Ceux qui font des réfultats nécelFiires de nos principes ou
qui peuvent varier fans leur porter aueinte feront aban-
donnés au Directoire.
C'eft la première fois qu'on vous prypofe d'établir & de
déterminer des folemnitéVpour les adtes de l'état civil ;toutes
Us queftions relatives cet objet font donc encore nou-
Quel fera le caractère de ces foiemnirés ? Seront elles
purement morales & politiques ? Devront-elles être mêlées
Si nous nous contentons de leur donner un
moral & politique, le livre (uffifam-
but,: mais u nous croyons qu'il fait néce flaire
d'y faire intervenir tes idées retigieufes, nous aurons a
examiner Ci nos lois fondamentales nous laitïlnc eette
18
Quant à la néceffité elle eft trop bien démontrée pour
qu'il fuit permis d'en doutet il n'e. perfonne de nous qui
ne fâche que la prefque totalité des citoyens fait que, quand
elle le voudroit il lui feroit impofîible d'abandonner fes
rapports avec Dieu. Nous voyons tous les jours de jeunes
époux paffcr de la maifon commune, où rien n'a parlé i
leur ame dans des temples où, felon la fefte dont ils font
membres des prêtres adrefîènt pour eux des prièjes
l'Eternel & par un malheur qui ne tarderoit pas devenir
irréparable, il en eft un grand nombre qui ne voyant que
dans cette dernière démarche l'accompliUement du contrat,
ne fe croient pas enchaînés par la feule énonciarion de leur
confentement & la fignatiîre dés registres publics.* C'eft une
idée fauffe à la vérité mais il fuffit qu'elle exifte & qu'elle
tende à déconfidérer la légiûation pour qu'on ne doive né-
gliger aucun moyen de l'anéantir & le législateur n'y par-
viendra peut-être qu'en prenant l'Eternel à témoin de la tain.
teté de tous les a&ss-reiatifs l'état civil.
Il eft d'ailleurs d'autres cônfidérations de l'intérêt le
plus grand qui vous furent préfentées dans une motion
d'ordre, repouflee avant le 18 fructidor, mieux accueillie
d-epuis & dont il doit m'être permis de rappeler quelques
principes.
.Malheur à l'Etat dans lequel la loi feroit moins refpeâée
que les religions c'eft en vain que les gouvernans croiroient
s'être ,mis à l'abri de leur invafion en les faifant rivalifer entre
elles il ru'eft que trop certain que', dans les combats qu'elles
felivr croient, en dernier résultat il y en auroit toujours
une qui domineroit toutes les aurres & qui finiroit par affer-
vit le gouvernement lui-même mais quand cela ne de-
vroit pas, arriver quand on parviendrait à établir entre
tous les cultes un équilibre parfait qu'y a-t-il de plus dé-
plorable que l'effet moral qui en réfnlteroit néceflàiremeni ?
L'unité fociale ne repofe pas feulement fur l'unité de lé-
giflation elle exige encore autant qu'il eft poffible unité
dans les affections principales; & fi les fc£tes n'ont pas un
B
centre commun, elles font nécefflairement entre elles en
état 4e guerre. Montrez aux citoyens,"
cette tribune dans un temps où les vérins républicaines^
étoient mal reçues, « montrez aux citeryens
Il entre eux que des rapports terreftees & paflageis j pré--
» ftntez-leur continuellement fous les yeux t'image d'une
féparation éternelle vous augmentez feufîblement la
» tendance que les fe&es ont naturellement à s'ifolep les
unes des autres vous femez des germes d'intolérâncei
» vous jetez les premiers fondemens du mur d'airain qut
» s'éjevera dans la fuite entre tel ou tel culte toutes les
Il affections fe concentrent dans quelques coteries au lieu
» de vivifier l'univerfalité des citoyens au lieu d'une grande
« famille vous en avez plufieurs jaloufes les unes des
» autres vous êtes obligés de confacter à les maintenir en
» paix tout le temps que vous auriez pu donner à la profpé-
rite publique.
Et comment établir entre -ous les cultes non feulement
une paix durable mais une harmonie telle qu'ils con-
courent avec un zèle égal au maintien de l'Etat ? Rien
n'eft plus facile dans tout gouvernement dont les lois fon-
damentales, fans reconnoître aucune religion particulière,
admettent néanmoins le dogme de l'exiftence de Dieu. Que
le gouvernement s'empare de .ce dogme" qu'il en infère
les conféquences pratiques dans fa légiflaiion & qu'il le
préfente aux _fe&ateurs des différens cultes comme le point
de contâcft qui les unif & les enchaîne une morale com-
mune dès* lors les haines de religion difparoi fient & les
opinions nt divergeant plus que fur des points d'une
moindre importance chacun y perfifte à fon gré fans in-
convénient pout l'ordre public. Eh bien telle eft la pofx-
tion de la République françaife. La déclaration des droits,'
qui précède notre adte conftitutionnel ne peut rien conte-
nir d'oifeux. Chacun de fes articles eft fufceptîble de con-
féquences applicables à la légiflation or, quelle confé-i
quence tirerai-je du préambule de cette déclaration 'Ci te
zo
n'eft que l'exiftence de l'Etre fupréme eft pour les Fran-
çais un point fondamental de morale que le législateur a
le droit de réduire en pratique ? dans quelles circonf-
tances pourroit-il en faire un emploi plus falutaire que
dans celles où les citoyens célèbrent les principales époques
de leur vie ? Nous n'héfiterons donc pas à vous propofer
de donner aux cérémonies civiles un caractère fi non reli-
gieux, ce mot ertraieroit peut-être les perfonnes qui te.
doutent l'établiflement d'nn culte au moins pieux & de
reconnoiiïànce envers l'auteur & le confervateur de tous
les êtres,
Si vous adoptez ces vues, il vous faudra pour les folem.
nités'un édifice décent fpacieux & bien ordonné, des ours
consacres aux cérémonies, des magiftrats pour les préfider,
des feribes pour la tenue des regiitres publics pour rem-
plir le livre de famille des hymnes, des chanteurs des
joueurs d'inftrumens & un cortège.
Les édifices exiftent les ci-devant églifes appartiennent à
la nation la République peut convertir en temples répu
blicains toutes celles qui lui feront nécelfaires il fuffira
de faire quelques légers changemens dans leur difpofition
intérieure. 1
Les jours confacrés aux cérémonies doivent être diffif-
rens feton le caraâère de ces cérémonies & la poffibiftté
de leur aflîgner un délai. C'eft un très-grand mal aujour-
d'hui de confondre dans l'ame des fpe&ateurs & des par-
ties intéreflees les fentimens les plus oppofés la rriftefle
& la joie, l'émotion touchante d'un' hymen contracté fous
les aufpices de l'amout &"dê"la vertu le deuil infé-
parable de fidée d'une époufe qui retrace un ferment fo-
letmnel & rompt une chaîne dans laquelle elle n'avoit
efpéré que bonheur.. Aflbcier ainh" le-divorce & le mariage
eft peut-être l'idée la plus groflicie & la plus qu'on
ait pu concevoir dans les temps de confuuondont nous
Sommes heuteufement fortis. Que te divorce fe faire à des
jours différais que les aftes relacifs au mariage à la naïf-
21
B 3
les fouvenirs capables de flétrit le cœur et de faue douter
de leur fainteré.
Il eft de l'eflénce de ces aftes d'être -publics- te tour
qu'on leur confacrera doit être celui du repos, afin que
tous les citoyens puiflenc en être les témoins jufqu a pre-
fent leur publicité n'eft qu'illufoîre. Quoiqu ils ne (ment
pas précifément fecrets il n'en eft pas moins vrai qu ils
le font, en quelque forte, furtivement Se a la dérobée, Plût.
au ciel au refte que dans l'état atael des choies on en
cachât plus foi-neufemtnt encore la honteufe nudité 1 Mais
quand vous les aurez' revetus de formes gracieules & lo-
lernoetles, il faut que l'artifan en puilTé jouir fans que cela
nuite a fes intérêts fans que fon travail journalier en toic
interrompu il faut que le jour & fheure en foient fixés
de manière que chacun pniffle fe dire en allant au temple
de la République S'il fe fait dans le canton un mariage,
une adoption ou une préfentation d'enfant, je fuis fur den
voir les cérémonies, d'en entendre les hymnes & de par-
ticiper à la joie commune.
C'ett exprimer allez que vous ne voulez plus de ces
contrats dandeftins faits au milieu des ténèbres, &, pour
ainfi dire à huis clos. Le foleil doit éclairer toutes les cé-
rémonies civiles, & les jeunes époux lie peuvent craindre
de manifefter aux regards du public l'expreflion modefte et
touchante de fentimens avoués par la nature & par les lois.
L'c-ffor que prennent ces fencimens fur les phyfionomies
des époux de leurs parens de leurs amis, chacun lclon
fon caractère, fôn âge, fon fexe & la part plus ou moins
intime qu'il prend à la folemniw ntft pas la partie la
moins attendnflame & la moins morale de ces fétes. Que
tout te monde en jouiffe & y trouve des émotions utiles
pour les mœurs.
Le jour du repos et établi par la loi qui, a inffirïré le ca-
lendrier républicain. Si des préjugés qu'on a pris pUilir a
éveiller dans ces dafi*B*<emps ont difcrédité cette infticu-
,le,%
ce n'eft
eft bonne en foi; il
faire chérir même. Un de vos membres, Pifon-Dugalland,
vous a propofé par une motion d'ortie, de rendre ié décadi
un jour de repos civil dans toute l'étendue de la République.
Ce jour-là, difoit-il } les tribun.uix vaqueraient de droit-
k$ citations les adcs judiciaires ne pour-
roient avoir lieu, comme ils ne Pavoient pas ci-devant le
jjur de dimanche On le foiemniferoit dans chaque
canton par la lecture publique- des lois, le récit des affaires
extérieures 8c intérieures de la République pendant ta dé-
cade, & par des jeux & des exercices appropriés aux temps
& aux lieux, & excités par l'exemple l'émulation & les
récompenfos On y renverroit, ajoucoit l'auteur de
la motion les actes de naiuance & de, mariage & on
accompagnerait ces actes de folemnités analogues à ces
époques principales de la vie humaine.
Déjà nous étions occupés -à chercher les moyens de mettre
̃ en pratique la plus grande partie de" Tes propofitions, lorfque
vous nous les avez renvoyées & vous retrouverez principa-
l'état civil. Celles qui concernent les lectures publiques, au-
ront auflî une place dans la diftribinion du décadi. Quanta
ce qui a rapport a la vacance des tribunaux & aux différens
actes judiciaires cette partie appartenant à la rédaction du
code civil, bien convaincus que vous ne l'oublierez point
lorfqu'il en fera que/lion, nous ne vous en occuperons pas
dans ce moment.
Le décadi fera donc un jour marqué par tout?Ye qui peut
exciter les citoyens à fe réunir au fein du repos la curiofité
oreilles le délaiTerment du
corps & Us jouilîànces. de le bruit des
des inftiumens difpoferant les cœurs à
une douce alégreiTe. La journée fera remplie par les cérémo-
nies de la naiflànce, de mariage, par le
Kidi^àr^n a- «**» •
agréable vartété jufou'au coucher du fc L^.
l'ourquo. n a-t-»,. .tellement 0.-
.»*» .•-
jamais connu d autre.
Se réélu immédiatement qu'une feule fuis.
liiibleucnc,
& nous
juge-de-
paix fauf les exceptions qui paroîtront néceflaires.
Quant aux hymnes, aux chanteurs & aux joueurs d'inf-
trumens, à la mufique en un mot, cet attrait fi puiirant,
ce lien qui enchaîne il forcement les Sectateurs des diffétens
cultes, ce plaifir dont la privation aida peut-être plus qu'on
ne croit les auteurs Se la guerre de.la Vendée ce mobile de
la gloire ce créateur ou ce modérateur des pallions cet
art enhn trop dédaigné parmi nous malgré les fervices im-
portans qu'il a rendus à la liberté c'eft prefque à regret que
jen parle, parce que je puis peine lui donner quel..
ques hgnes iorfque de nombreufes pages ne fuffiroient pas
a développer fon utilité fa nécefliié fon état actuel, fes
ecam la direction qu'on peut lui donner enfin fes rapports
avec les mou» privées, la morale publique & la légiflatiou.
Cependant j'aurais à prouver que fi fa propagation eft indifpen-
labl, elle dE bien loin u'êtrê impoflïble j'autois détruire
je préjugé qui lutte peut-être encore contre l'exemple des
buiffcs & des Allemands, qui la font entrer avec fuccès dans
leur éducation primaire à démontrer qu'il eff faux que
nous y (oyons moins propres que les Italiens & les Alle-
mands qup fon utiliré n'en: point aflez fende, quoiqu'on
parmfre en convenir afliz généralement, que nous n'avons
point allez d'écolcs d musqué quoiqu'il nous refte encore
allez- d'éiemens pour conferver cet art précieux aux plaifirs
& a la morale du peuple qu'il eft aifé de 1 empêcher d'être
corrupteur /ans Im rien 6rer de fes attraits qu'il peut être,
en un mut un des fou tiens de la République & qu'il de-
viendra un de Ces dettrufteiirs fi la légiflation ne s'en em-
pare pour lui donner un raradfcère convenable.
Mais tes bornes d'un rapport m'obligeant a remettre ces
developpcmens au moment où la drfeuflion les rendra in-
diJpeiifAblcs nous prendrons dès-à préfenc pour confiantes
Ja plus grande partie de
bornerons à vous entretenir
davoir, un jour, pour le
25
chaque chef-lieu de canton, 'un nombre fuffifant de mufi-
cieos de cette de les remplacer provifoiretnent ,ufqu a ce que
le nombre en foie atfex multiplie & de la nature des hymnes
qu'ils doivent exécuter.
Gommencons par ce. dernier objet, & fuppofons qu il
y ait pour chacune des cérémonies qui le- feront dans le
chef-lieu de chaque canton deux ou trois hymnes, dont rune
fera excluuvement confacrée aux louants de ltie£?el>
& les deux autres aux préceptes de morale & de pollue
qu auront le plus de rapport à l'aû* qu'elles célébrvront.
L'hymne à l'Eternel pouvant & devant fervir a toutes les
cérémonies neuf ou dix morceaux, tout au phts compo-
feront la liturgie des cantons pour tous les ades de. 1 .««
civil Que les chants de ces hymnes fou-nt fimpla & po-
pulaires" en même temps que touchans & rel.gieux que
trois ou quatre des perfonnes du canton -qui' auront les voix
les plus agréables apprennent à les bien chanter, tantôt
enfemLle tantôt alternativement que cjnq ou fi x- autres,
connoiflant affez les inhumons pour en tirer des funs juties
& jouer des accompagnemens fimples s umflent a ces
voix & que les hymnes aient un refrain que les affiftans
pint chanter en chœur il n'y a rien li que les citoyens
eux-mêmes ne parvinflènt bientôt a exécuter, 5 il furhroit
pour cela que quelques citoyens influensïe refloavmfleiiî que,
chez les Romains & chez les Grecs les perfonnes les plus
diîtinsniées briguoient l'honneur de concourir à 1 éclat des
toes. Déjà dans quelques villcs de département avant
qu'un régime justement* odieux eût aflbupi lenthoulu fme
de h liberté» on voyoit de jeunes fallcs mêler lems yo-x
à celles des citoyens, & le concours feul des imuteurs {or-
moit poux la célébration des fûtes nationales des concerts
on ne>eut plus intéreflàns. J'ai vu jafqu'i des commune,
runlcs où le même Û:le produisit proportionnellement les
mêmes effets; & il ne faut pas douter que nous ne devions
être étonnés un jour de notre richetlè en cette cfpece c.u
ulens lorfque l'attrait de la
2(5
auront fait des hymnes dignes de l'objet que nous vous
goût du chant & de la mufique inftrumentale lorfque des
écoles fpéciales de mufique diflëminées fur le territoire
de la France conferveront Se perfectionneront cet ait enchan-
teur., lorfqu'il fera partie de l'enfeignement dans les écoles
centrales, & lorsque, dans les écoles primaires & fecon-
voulons-nous un
récent de nos djfpofitions en ce genre,
hous au dernier exercice public du confervatoire de mufique.
Qui n'a pas été ravi d'admiration en voyant des enfans de
douze à treize. ans obtenir des Succès dont fe croient ho-
norés des hommes qui profcfTtnt leur art avec diftindion
depuis de longues années ? Quelle pépinière d'artides pour
les différentes écoles de la République f fans compta en-
core tous ceux qui nous reftent des anciennes cathédrales
& qui n'attendent qu'un figue d'encouragement pour re-
prendre l'exercice de leurs talens; & ceux qui compofent.
les nombreux corps de muiïque par qui nos guerriers furent
li fouveiit guidés dans le chemin'de la gloire lorsque, dé
retour dans leurs foyers ils feront entendre les mâles ae-
.cens qui retentirent aux champs d'Arcole & fur les bords
du Rhin; lorfque, après avoir enflamme tous les cœurs par
Je fouvenir des hauts faits de nos héros, ils entonneront
l'hymne fi denrée de la paix, de cette paix tant de fuis.
provoquée par des voix hypocrites tandis qu'il a fallu la
conquérir fur tes manœuvres des ennemis intérieurs autant
que fur la valeur des guerriers de l'Au.triche; l'hymne de
la paix, en un mot, dont les doux accens effuieront tant
de larmes, ranimeront tant d'efpérances & préfaceront
jeunes g.c«$
voudront' s'initier dans leur art & multiplier
propagation de la es
ïameaenes-, ni l'amour du travail ? Mais ce neft pas parmi
vous qu'il en: néceffaire de combattre ce veux préjugé.
Ouelqu'attrayanre que fût cette démunftranon & quel-
qu'uttle qu'elle pût être au dehors le fefpect que je dois
à l'emploi de vos momens m'oblige encore à la regarder
comme convenue, fauf à y revenir fi la difcufoon le rend
nécellatre. Je m'arrête don<f;,& reprenant le fil de mes
idées je dis que bientôt nous n'aurons plus a craindre
de manquer d'exécutans non- feulement pour les hymnes des
cérémonies civiles mais encore pour celles de toutes nos
fêtes nationales. Cependant, comme il eff naturel de ne pas
trop compter fur l'affiduite
des voyages & d'autres motifs empêcheroient d ailiiter con-
tinuellement aux célébrations des adtes civils, nous croyons
qu'il eft indifpenfable d'avoir un certain -nombre d hommes
attachés par une rétribution au.,fervice intérieur des temples
républicains de, chaque canton. Ces individus, en nombre
ftridtement néceffaire ^our l'exécution tant de la partie vo-
cale que de la partie inftrumentale des hymnes, pourraient
feulement être aidés des amateurs qui voudroient s'y y joindre:
de forte que la folemnité feroit indépendante de ta vo-
lonté de ces derniers. La rétribution des muliciens attaches
nedevroit pas être forte i°. parce que les morceiux qu ils
exécuteroient érant fimples fâciles & peu nombreux levr
étude n'exigeroit pas beaucoup de temps a°._ parce que le
jour du repos étant presque'uniquement celut pendant le-
quel ils auroienc quelques devoirs â remplir, cela lie, les
empôcheroit pds d'extreer une autre profeflion. C eft ainii
qu'on avoit autrefois, danses églifes des ferpens & dts
chantres fus dans la «.Lille des cultivateurs ou des artilans.
Quelques-uns lemplilïbiem ces fondions par l'attrait leul
du plaifir & de. lVpèce de gloire que leurs concitoyens y
attachoiqqt; quelques autres fe faifoient payer, mats ci peu
dechofe» que ce n'eit pas la peineud'en parler. Ne nous
effrayons donc point dta Kaitenaent de nos chanteurs &*de
qu'il en coûte
rien au tréfor public & fans que les particuliers en Dolent
grèves. Ainfi ïobftacle le plus puiiïanr, celui des finances,
étant applani, nous avons lieu de croire qu'on peut ad-
mettre nos propofitions fans craindre qu'elles foient impra-
ticables..
^Mais, en attendant que l'éducation nous ait donné des
"des fymphoniftes capables d'être les mufi-
cieus en titre de chaque canton, & ce terme n'eft certai-
nement pas éloigné, nous avons dans beaucoup d'endroits
peut lingulitrement contribuer a hâter
de notre fyftéme. Que dans les lieux où il y a j^trnifon
les aiimmiftrateurs s'entendent avec les commandans des
corps armes pour que les. muficiens faflent provifoirement
le iervice des temples républicains; que dans les villes où
il y avoir cathédrale chapitre ayant mufique concerts
publics ou toute autre inftitution muncale, les artift«s
loient employés au même ufage Se que tous les hommes
capables foient invités à former des élèves bientôt le be.
foin fi univerfellemenr & fi vivement fenti de donner de
la folemnité aux grandes époques de la vie, bientôt l'exem-
ple des communes où l'on aura te bonheur de pratiquer
ces cérémonies, bientôt l'émulation & l'amour même de
la nouveauté, porteront les cantons à délirer que des jeunes
gens s'mftruilent dans l'art de la mufique. Et combien
faut-il de temps pour que trois ou quatre individus par-
viennent jouer avec allez d'accord & d'enfemble des
accompagnemens prefque fyllabiques de chants nobles
ou fix mois tout au plus. Si ce terme
parfaite nous
vtroit bonne dans une ville de vingt mille âmes, & qui
ce-
29
œiidant que nous pendons qu'il fallût dédaigner de polir
Se des hymnes dans les chefs-lieux de
devroit être affez pure pour ne
«as exciter le mépris de 1'habitant des villes; mais cette
fes temples comme elle s'en: introduite dans la mufique
militaire. Tout le monde fait que tel homme y fait la
partie fans prefque aucun autre fecours que celui de la rou-
tine • & jufqu'à ce que l'éducation ait entièrement déve-
loppé nos organes, quand la routine aideroit un peu nos
fymphoniftes & nos chanteurs, l'inconvénient ne ferou pas
«and. Ce qui arrive tous les jours à l'opéra, pour ce qui
regarde le chant, nepourroit-il donc arriver pour des hymnes
beaucoup plus faciles que les airs dramatiques, tels qu'on
les compofe aujourd'hui ? En un mot, il nous eft împof-
fible de ne pas croire que fix mois de leçons feroient plus
que'fufiifans pour rempUr notre objet & nous fommes
perfuadés que l'an 6 pourroir ne pas s'écouler fans que
tous les temples républicains retenriflènc d'accords dignes
des folemnités auxquels ils feroient confacrés.
Si ces détails font minutieux. ils étaient mdifpenfables
pour prouver que nous n'embraffons pas une chimère. Ceux
qui vont fuivre ne feront guère plus attrayans mais ils
auront le même effet.
'Y Nous avons dit en parlant des depentcs, qo'clles ne
-coûteroient rien au tréfor public & q ue nous donnerions,
le moyen d'y pourvoir fans qu'elles fuflent à charge aux
particuliers il eft temps de tenir parole.
Les frais que nous aurons habituellement â couvrir, font
ceux du livre de famille de l'entretien du temple, & du
paiement des feribes & des muliciens. Nous propofons que
le livre de famille foir vendu au bénélice de la Repubh-
que, & que le prix eu foit fixé proportionnellement aux
fortunes de manière que pauvres l'aient prefque pour
rien, & que les perfonnes très-riches le paient un prix beau-
qui ne viendra qu'une fois
3o
dans la vie à une époque auflï intéreflànte que le fera un,
jour ce le^de l'infcription civique, coûteroit-elle plus à faire
querelle qu'entraînoit autrefois la cérémonie religieafe de
la première communion ? Non fans doute il faut efpéret
que les Français fentiront bientôt que le jour ou l'on encre
dans la communion fociale fi je puis m'exprimer ainfi eft
aulïï un jour folemnel, & qu'un léger facrifice n'eft,,rien,
jorlqu ils agit de lui donner de l'éclat ,4c d'en perpétuer le
fouven.r. A.nfi le livre de famille loin de coûter a. l'Erat,
lui rapporteroK certainement de quoi payer une partie des
antres depenfes néceflîtées par nos cérémonies civiles. Et
qu'on ne dife pas que ce n'eft là qu'un produit éventuel,
parce que pluneurs citoyens pourrroient ne pas acquérir
de livre de famille. A cela nous répondons que quiconque
voudroit s'en difpeufer ne le pourroir qu'en renonçait à
l'exercice des droits de citoyen & il eft permis de douter
qu ce prix beaucoup de perfonnes vouluffent fe fouftraire
une légère dépenfe & cela pour un objet dont la pof-
ielhon aura sûrement des charmes pour quiconque n'a"pas
erdu toute idée de fociabilité. Nous penfons d'ailleurs que
la négligence qu'on mettroit à fe procurer ce meuble né-
cehaire, devroit être punie par des amendes pécuniaires
que nous déterminerons. Cette négligence ne préjudicieroit
donc point au produit du livre de famille; & cela pofé,
rien ne nou^empêche de le confidérer comme devant con-
courir très-efficacement à nos dépenfes. Quant au furplus,
nous pensons qu on y pourvoiroit fuffifamment par des pref-
tations également proportionnées aux fortunes, lors des cé-
réyonies de la naiflTance, du mariage, de l'adoption &
lut- tout du divorce.
Les naifTances & les mariages font, pour les familles;
des monumens de joie dont en beaucoup d'endroits les
prêtres tiroient un grand parti po# leur intérêt; ils ont
accoutume d'avance le peuple a la petite taxe qu'ôn lui
impofera pour fes plaifirs, & il ne regrettera pas de con-
courir, à des époques reculées, aux frais de tes ijomOknces
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de toute la vie. Le mot proportionnel d'ailleurs répond
tout ce qu'on pourroit dire à cet égard. Quant au divorce,
cette inftitution que nous regardons comme un mal necei-
faire, nous fommes également d'avis qu'il doit frayer à des
cérémonies qui lui font étrangères & prou,ver au nioins.
par là fon r.fped pour des actes auxquels il paroîc en quel-
ue furce faire outrage. Nous ajouterons enfin que le dé-
faut dobfervation des lois dans toutes fes parties fera aufli
puni. par des amendes dont nous énoncerons les, cas & la
quotité & qui auront la même deftmauon. Que le Direc-
toire foit chargé de furveiller toutes ces recettes, & qu'il
les répmiffe enfuite de telle manière que. les plus riches
viennent au fecours des plus pauvres qu'il fixe lui-même
le traitement des Ghàé*. fetài la population- & les autres
confidérations locales de manière toutefois que le traitc-
met le plus foiblé foit fuffifant pour exciter à en remplir
les fonûions que ce produit en un mot foit bien écono-
mifé & bien administré l'on trouvera de quoi faire race
â tout. Si vous croyez, au furplus que des lois financières
i cet égard foient utiles elles vous feront propofees. C ett
affez quant à préfent, de vous avoir convaincus que fi 1a
chofe manquoit de réuffite ce ne feroit point faute de fe-
Maintenant que nous nous fommes affinés de tous no
moyens d'exécution il ne nous refte plus qua chercher
les formes qui conviennent à nos cérémonies.
Celles qu'on a pratiquées jufqu'â ce jour font purement
civiles & pour ainfi dire judiciaires elles n'ont d'autre but
que, de conftater des époques, & d'authentiquer des aftes
dont l'application revient fouvent dans le cours de la vie,
& fert à réeler les droits des individus dans les familles
& leurs rapports avec la fociété. Nous vous parlerons peu
de cette partie nous n'avons pas. penfé qu'il fût de notre
compétence d'y porter un regard fevère. Si Ion y remar-
que quelques défeauofités c'eft en travaillant à notre code
civil que vous les effacerez. Nous les larrons donc fub-
3a
rifler en tout ce qui pourra s'accorder avec les formes mo-
raies politiques que nous étions appelés à vous proposer-
nous les ferons mai cher de front avec elles mais fans con-
fufion & de manière que l'imperfection des unes puille être
corrigée fans qu'il fort neceuaue de toucher aux autres.
Nous propoferens par exemple de laiffer fubfifter la
déclaration de nailfance telle qu'elle eft aujourd'hui j mais
nous. ne la regarderons que comme un provisoire, & nous
exigerons de plus une préfentation folemnelle laquelle
nous donnerons rout l'éclat d'une fête.
L'homme n'eft jamais fi près de la mort qu'à l'inftant
de fa naiffance il fuffit donc qu'il ait été mis au jour,
pour qu'on ne puilfe fe difpenfer de conftater fon appa-
ricion. Cet a&e doit être prompt, débarrafle de formes, &
f>it affezjrt£s- du lit de la mère pour que ni elle ni le
nouveau ne ne fouffrent de cette léparation. Ce n'eft pas
Jorfque l'expreflîon des douleurs de l'enfantement retentit
encore, & lorfque l'enfant & la mère ont befoin d'une foule
de précautions qu'il faut préfenter l'appareil des cérémo-
nies, ou rappeler des préceptes de morale alors il règne
dans l'ame de tous les membres de la famille un mélange
d'inquiétude & de joie, un trouble trop ennemi du re-
cueilkment; c'eft quelques jours après, lorfque le nouveau
né a pris 1 habitude de vivre & lorfque fa mère eu: allez
rétablie pour jouir d'une fête dans laquelle tout concourt
à lui afligner la première place, qu'on peur les présentera à
,la fociété reconnoiffante. Qu'alors un cortège nombreux les
accompagne au temple de la République; qu'ils marchent
au fon d's inltrurnens, précédés de jeunes gardons & de
jeunes filles avec des corbeilles remplies des fleurs de la
ïaiibn que la mère elle même porre Je fruit de l'hymen
que le père marche fes côtés, tenant oftenfiblement le
livre de famille fur lequel fera inicrit l'acte de, préfentation;
que les témoins, les pare tu & les amis les fuivent en habit
à l'Eternel j que le père préienie fok'mnelîernent fon-iivre
Rapport fait par Lcclcrc {de C
de famillf qu'il foit l'autel de la patrie, de lui»
du magiftrat; que ce dernier profère
avec dignité dès formules morales
emblème timple & touchant égaie enfuit* cette cérémonie»
& qu'eue fe termine par des chants analogues tel eK en
[a préfentation d'un enfant. Le règlement que nous vous
préfênrerons à la fuite de notre projet de réfolurion con-
tiendra des détails propres a vous en idée.
M nous fuffira quant à préfent de vous prévenir que nous
nous fommes défiés de toutes les penfées brillantes qui font
venues nous féduire, pour ne nous attacher qu'iodes idées
{impies, communes même, pourvu qu'elles fuilènc prati-
tables, & qu'elles s'accordaient avec la morale & la liberté.
Nous avons laitfé quelque latitude pour l'époque de la
ptéfentation. Nous avons penfé que la faculté de choiiir
un beau jour & de s'entendre avec Iesparens& fes amiî
pour un mutant également convenable tous, feroir, favo-
table l'éclat de la cérémonie mais nous n'avons pas trop
étendu ce délai & des peines affez fortes vous feront pro-
pofées contre ceux qui ne préfenteroient pas leurs entans
dans le terme prefcru, ou qui négliguroicnc tout -à- fait de
les patenter..
Si les témoins d'un acte de naiuance ne dévoient que re-
préfencer en juftice. il feroit indifférent qu'ils fuiïent du
même fexe nous leur donnons une détonation plus étendue.
Nous établirons entre eux & l'enfant des rapports intimes
une affinité, des devoirs. En cas de perte des père & mère
naturel», tes deux témoins doivent lus remplacer à bien des
égards. C'eft de leur part irtie el'pèce d'adoption morale qui
les oblige à veiller an bonheur de l'être dont ils ont actefté
l'entrée au monde. Ils font réciproquement obligés les uns
envers les' autres non par la loi: mais par une fWrre de
parenté, par une affedlion particulière &
de la vie. C'eit une à l'entant de ceiébier
tous
its deux témoins a cette
un iècond père une féconde mère. Ces fêtes intéiieures en-
tretiennent l'union entre les p.irens; & l'admifâon d'étran-
gers ayant avec eux un rapport légal & plus intime que celui
de l'amitié empêche les familles de fe tunir dans un trop
grand ifolement Mutes font unies par un point de contait,
& bientôt i! n'exiite plus qu'une feule famille. Nous pe»fons
donc qu'il tft utile d'exiger qu'il y ait un témoin de chaque
Tous les enfans qui naiflTent dans le fein de la patrie,
ont un droit égal à fa bienveillance. L'enfant
qui elt né hors le mariage, ont des protecteurs nés dans
les commifïr.res du Directoire exécutif ce font. donc les
commiflaiics qui en feront la profanation. Mais nous pro
poferons d'atténuer en ce cas le charme des céiémoniesor-
dinaircs, fans violer toutefois le refpeft dû à l'enfance &
au malheur, & feulement de manière à laiflèr au mariage la
prééminence qu'une bonne légiflation ne péutjui refufer.
L'adoption eflenquelque forte une féconde naifTance. Nous
aurions deûré que l'état de nos lois civiles nous eût permis
de nous occuper des formes qu'il elt poffible de lui donner
mais nous n'wons rien encore de précis à cet ébatd, ni quant
aux eff-ts qu'elle doit produire ni quant au cas où elle
poorra etrepermife ni enfin quanta l'âge avant
Se p*llé lequel on ne pdôrra ni adopter ni être adopté. Cepen-
dant le caractère de ia cérémonie' de l'adoption tient à la
décifion de toutes ces queftions, Se principalement de la
dernière. Quelque perfuadés que nous ioyons que cette déci-
llon eft,.dts plus urgentes, nous n'avons pas penfé qu'il nous
convînt de vous préfenter des vues fur des objets qui tiennent
un rapport fur -tout
qui i enferme déjà tant de points de vous
inviterons feulement à prefler à cet égard le travail de -votre
coinmiflion de la clafliHcation des lois & nous nous con-
de déclarer que les adoptions