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Rapport... sur la monographie de la cathédrale de Chartres / par M. Didron,...

De
16 pages
impr. de P. Dupont (Paris). 1839. 16 p. ; in-8.
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DES uns ET JIO.M \n:\s
Au ministère de l'instruction publique siège une com-
mission archéologique qui prend le nom de Comité des
arts et monumens; qui a été créée en 18/' par M. Ouizot
et organisée en 1837 par M. de Salvandy; qui est prési-
dée par M. de Gasparin , pair de France , ancien ministre
de l'intérieur; qui se compose des notabilités archéolo-
giques de Paris; dont la principale mission est de catalo-
guer tous les édifice^ religieux, civils, militaires de la France
et de dresser un cadastre monumental.
Le 3i décembre i838, M. le ministre de l'instruction
publique adressa au roi un rapport sur le budget général de
son ministère. Dans ce rapport, M. de Salvandy s'exprime
en ces termes au sujet du comité :
« Le Comité des arts et monumens a poursuivi ses tra-
ff vaux avec un zèle particulier. Préoccupé de la pensée
« de sauver d'une destruction entière ce qui nous reste
« de monumens intacts ou de ruines appartenant à l'ar-
u cliitecture nationale, il s'est proposé de faire des statis-
1801
ic tiques de tous les monumens et des monographies des
« plus importans. Par ce double moyen, il a espéré dé-
« robcr au temps et aux chances d'accident ces nobles re-
« liques du génie français; et, en même temps qu'il con-
te servera les formes et les proportions par le dessin, ses
« monographies doivent apprendre aux plus ignorans à
« les respecter. Il se prépare, en ce moment, d'cxcellens
« travaux dans les deux genres qui ont été confiés à des
« mains habiles. J'ai voulu moi-même, sire, y prendre
« part, et je me suis charge d'écrire l'histoire de la cathé-
« drale de Chartres.
« C'est encore dans cette pensée de conservation que le
« Comité n'a pas voulu attendre que les instructions dé-
« taillées qu'il prépare pour tous les départemens fussent
« entièrement terminées, et qu'il a rédigé provisoirement
« une sorte de formulaire archéologique, à l'aide duquel
« il pourra être fait immédiatement une reconnaissance
« superficielle de tous les monumens de la France. Ce for-.
« mulaire, qui comprend une série de questions très suc-
« cinctes et très précises sur les antiquités gauloises, ro-
« mairies et du moyen âge, sera tiré à trente-six mille
« exemplaires, nombre égal au nombre des communes de
« France; quatre mille exemplaires ont été imprimés et
« envoyés comme essai, dans plusieurs départemens, aux
« correspondais du ministère, et, par l'entremise de
« MM. les recteurs , aux inspecteurs des écoles primaires
« que leurs fonctions appellent dans toutes les com-
te mimes.
« L'histoire de la musique n'a pas été oubliée par le Co-
« mité; des instructions rédigées à ce sujet vont mettre
« les correspondans sur la trace dece qu'il peut exister de
« manuscrits relatifs à cette matière.
« Le Comité des arts et monumens, sire, mérite cet
« éloge que je me plais à lui donner , qu'eu même temps
« qu'il s'est occupé avec ardeur de rechercher les moyens
« de faire connaître tous les monumens, il a, en plusieurs
« circonstances, donné des avis qui ont appris à les rcs-
« pccter. L'art national sera redevable à son intervention
« de quelques soins de plus apportés , soit par les autori-
« tés locales, soit par les architectes des départemens,
« à la restauration ou à la conservation des monumens
« précieux. »
Des travaux entrepris parle Comité, la monographie
de la cathédrale de Chartres est l'un des plus importuns.
Quatre personnes concourent à élever ce monument ar-
chéologique : M. Lassus, architecte, fera tous les dessins
d'architecture et d'ornementation, lèvera les plans, don-
nera les coupes et les élévations; M. Amaury-Duval, pein-
tre, dessinera toute la statuaire; M. de Salvandy s'est ré-
servé d'écrire l'histoire de la cathédrale, de raconter sa
fondation, ses vicissitudes, la vie des personnages qui
l'ont habitée, pour ainsi dire, celle des évèques qui l'ont
ornée, agrandie, modifiée , en un mot, de faire toute l'his-
toire de son passé; M.Didron a été chargé de faire la des-
cription du monument, de raconter son état actuel, de
dessiner, par la parole, toutes les pierres l'une après
l'autre, toutes les statues, toutes les figures peintes sur
verre ou sur mur, toutes les formes variées que la sculp-
ture imprime aux divers métaux en leur donnant un
caractère et un style qui accusent une époque, un siècle,
une année.
Le travail graphique se poursuit avec activité depui;
deux ans; la description est commencée de l'année der-
nière. Les fonds très limités du Comité des arts ne per-
mettent pas d'aller aussi vite qu'il faudrait; et les Cham-
bres, pour qui celte colossale monographie doit avoir
une tournure toute nationale, devraient appliquer un
crédit spécial à ce travail archéologique. En trois ou qua-
tre ans, tout serait terminé; et le comité, dégrevé des
frais considérables qu'il est obligé de faire, poursuivrait
ses autres travaux avec plus d'ensemble et d'aciivité.
Avant de publier la première partie de sa description,
l'antiquaire, chargé de ce travail, adressa le rapport sui-
vant à M. le ministre de l'instruction publique, sur l'en-
semble de la cathédrale de Chartres, et en particulier
sur la statuaire allégorique et historique qui la décore.
RAPPORT
A M. M SM.V.VNDV, MINISTUK DK l/l>STtilCÏ ION H lif.lQ! li,
SUft 1A MONOORAPaiB
Mo>SU.lli LU MlNt.VTUK,
Par un arrêté [du mois de juillet dernier, vous m'avez conlié la
description de la,{cathédrale de Chartres;]car vous désirez qu'un
texte accompagne les dessins de M. Lassus, architecte, et de
M. Amaury-Duval, peintre, chargés delà partie graphique du tra-
vail historique que vous faites exécuter sous la direction du Comité
des arts et monumens. Vous voulez qu'une légende serve d'explica-
tion aux tableaux.
Mon travail, à l'image dejla'eathédralo même, se divise en trois
parties distinctes : en description de l'architecture, de la sculpture
et de la peinture. La description de l'architecture formera un vo-
lume , celle de la sculpture un volume, celle de la peinture un vo-
lume ; tous trois in-4°, dans le format des publications historiques
de votre ministère. Ces trois volumes paraissent nécessaires pour
que celte monographie, à laquelle vous attachez avec raison une
haute importance/;soit réellement profitable aux études archéolo-
giques ; pour qu'elle soit un travail modèle, un canon régulateur
des autres monographies (pie vous vous proposez de faire exécuter
par toute la France sous les yeux du Comité historique des arts et
monumens; pour que rien ne passe sans le signaler, le décrire cl
(i
l'expliquer. Il y a en effet deux cathédrales à décrire : l'église sou-
terraine, crypte immense , et l'église supérieure, qui remorque à
sou arrière-train une grande chapelle du nom (h; Sainl-Pyal ; il y
a quatre mille ligures en pierre et cinq mille en verre à nommer et
interpréter.
Kn présence d'objets si nombreux, j'ai dû me limiter pour celte
aimée-ci, cl pourvoir à la besogne des années suivantes; car le tra-
vail graphique durera dix ans:peut-être, et la description devra
marcher de pair avec les dessins.
J'avais à choisir entre la description de l'architecture, celle de la
sculpture et celle de la peinture. Naturellement j'aurais dû com-
mencer par l'architecture dont les deux autres arts ne sont que
l'accessoire et l'ornement ; en blason, on commence par nommer le
champ, avant (pie d'appeler les pièces qui le sèment et le décorent.
Mais les dimensions d'un monument font dans une description ar-
chitecturale l'objet d'un premier et principal chapitre ; la forme
même d'un édifice est subordonnée à ses proportions. Or, vu les
dessins exécutés par M. Lassus, il m'était impossible de rédiger
celle partie importante; car cet architecte n'a mesuré (piele portail
occidental. Le reste de l'église, les portails latéraux, la crypte, ne
sont et ne pouvaient être encore relevés. Il m'a donc fa: lu ajourner
l'archileciure et la réserver pour la lin du travail.
Restaient la peinture et la sculpture. Je me suis attaqué à celte
dernière do préférence , parce qu'à Chartres elle est à la peiulure
ce que le litre d'un chapitre est au chapitre même : la sculpture est
le sommaire ou l'argument des vitraux. Ainsi, la peinture comme la
sculpture parlent de saint Kuslache, de Thomas Jteckct, de saint
Rémi ; mais la seconde ne raconte que le fait principal de leur vie :
le martyre de saint Kuslache, l'assassinat de Deckel, le baptême de
Clovis; tandis (pie la première peint la vie entière, de la naissance
à la mort. J'ai donc cru utile de faire connaître le texte avant
d'étaler le commentaire ; j'ai voulu ouvrir tout simplement une per-
spective sur les belles et nombreuses légendes qui foui de Notre-
Dame de Chartres le musée te plus complet de la mythologie chré-
tienne, avant de pénétrer dans les détails de cette poésie ravissante
et à peuples inconnue. D'ailleurs, comme la sculpture est à l'exté-
rieur de la cathédrale et la peinture à l'intérieur, je n'étais pas
lâché de commencer parce qui frappe d'abord les yeux; ordinai-
rement on aime à étudier un monument dam- s ordre où on le voit.