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Récit authentique des particularités du passage de la ville de Francfort-sur-le-Mein du pouvoir des troupes françaises en celui des armées combinées du roi de Prusse et du landgrave de Hesse, le 2 décembre 1792

8 pages
1792. France (1792-1795). In-4 °. Pièce.
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RÉCIT AUTHENTIQUE
1 1
Du particularités du pajjage de III ville de Francfort sur le Mein du pouvoir des
troupes françaises en celui des années combinées du Roi de Prusse êt dit
i Landgrave 'de Hesse, le 2 décembre 1792.
T 1 ; 11 ——~-— 1
Le Pubfijc a été inftru.it -que depuis le 22 Oftobre de cette année la ville de Francfort
étoit occupée, par les troupes françaises ") , lorsque vers les derniers jours de Novembre
les troupes réunies de sa Majeste Pruillenne & du Landgrave de Heile s'en approchèrent
sur plusieurs colonnes. Le 28 Novembre à midi l'avant-garde de l'une de ces colonnes,
fous les ordres du comte de Kalhreuth, lieutenant-général des armées pruffienncs, s etott
emparée de Berghen, & auffitôt la tour de Ffiedberg fut occupée par ses portes avancés,
tandis que les houssards d'Eben battoient la campagne jusque fous les murs de la ville.
Vers les 4 heures du foir le Général comte de Kalkreuth envoya un officier-général
avec un Trompette pour sommer la garnison française, dont on portoit la force à 18ao
hommes. L'officier prussien s'étant fait annoncer, fut conduit chez le général Van
Helden, commandant français, qui le renvoya avec une réponse négative, fondée sur
ce qu'il attendoit du secours de la part du Général Cufîine, qui étoit dans le voisinage.
Cependant le Général Van Helden avoit demandé les clés des arsenaux & des maga-
sins à poudre , offrant de payer la consommation qu'il feroit en munitions ; ouverture
qui découvroit assez clairement ses projets dedéfenfe, & les dangers extrêmes dans les-
quels il vouloit jetter la ville. Tout bien confidéré, & malgré l'assurance faire au nom de
la nation française qu'en cas de dommage tout feroit payé & réparé, le Sénat prit le
parti d'envoyer au Général français les deux Exconfuls, d'un coté, pour lui déclarer qu'il
'-n'y avoit point de provision de poudre , & que les principes qu'on avoit irrévocable-
ment adoptés, exigeoient le refus le plus confiant d-e livrer les munitions & d'ouvrir
les arsenaux j d'un autre coté, pour lui faire des représentations contre ses projets de
tléfenfe, & employer tous les moyens de le détourner d'une résolution qui exposoit la
,ville aux derniers dangers. Mais les députés à leur retour rapportèrent au Sénat, tant
d'après les déclarations du Commandant que celles de l'aide-de-camp Fischer, qu'il avoit
du Général C'llftine les ordres les plus précis de s'emparer de la groÏÏe artillerie & des mu-
nitions de la ville pour se défendre, tandis que ce Général se tiendroit à portée de le fou-
tenir à propos. Ils avoient eu beau lui objecter que la ville n'étoit pas allez fortifiée pont
qu'une garnison pût s'y maintenir, aufli bien que les fuites qui pourroient en réfultec
s'il ne craignoit pas d'exposer la ville au feu de l'artillerie ; rien ne l'avoit ébranlé, & il
avoit déclaré constamment ne pouvoir rien négliger ni faire en contravention de ce que
portaient les ordres qu'il avoit reçus, ou au péril de compromettre son honneur.
*) Voyez le récit abrégé SC authentique de {'-entrée des troupes françaises dans la ville de Francfort.
Le général Van Helden, qui d'ailleurs, tant par ses procédés qne par le maintien le
plus exact du bon ordre, s'ert acquis ici l'efiimc & l'affcétion de tout le monde, se rendit
lui-même peu après à l'hôtel de ville, accompagné de quelques officiers, pour réitérer
sur-tout ses demandes rélatives aux munitions. Les Bourguemeftres & les députés firent
de nouveaux efforts pour le détourner de penser à la défense dans la ville, perfirtant
d'ailleurs dans leur refus, comme lui dans ses protertations de ne pouvoir s'écarter en
rien de tout ce que ses ordres, le service & son honneur, lui impofoient : & c'efi à ces
ouvertures réciproques que les choses en rertèrent pour le moment.
Cependant le Sénat résolut de députer dès le même foir les Exconfuls au Général
comte de Kalhreuth, pour entamer sans délai une négociation qui conjurât le danger où
étoit la ville , de se voir prise de force. Les députés arrivèrent à il heures du foir au
quartier-général à Berghen, & le Général prussien les assura qu'il n'entreprendroit rien
pour le moment contre la garnison française, & même que, pour ne pas exposer la ville
à la terreur & au danger inséparables d'une attaque, il confentiroit volontiers à Iairter
sortir la garnison avec armes & bagages, pourvu que le Général français eût évacué la
ville le lendeman à midi, attendu que S. M. le Roi de Prusse arriveroit vers ce tems-lâ
avec le gros de l'armée, & qu'alors les choses ne dépendroient plus de lui Général, mais
uniquement des dispositions du Roi. Il ajouta que pour ne point gêner la retraite des
troupes françaises, il avoit déjà retiré ses portes avancés , & qu'il n'empêcheroit même
pas que le Général Van Helden n'en fût informé, afin qu'il pût prendre ses mesures on
conséquence. Les députés revinrent sur le champ faire leur rapport au Sénat encore
artemblé, & auffitôt après, quoiqu'il fût deux heures du matin, s'emprerterent d'aller
donner avis du tout au Général Van Helden, qui ne put désapprouver la démarche du Sénat
& lui fit faire des remercimens, sans reparler de besoins de munition & d'artillerie, non
plus que de projets de défense.
Néanmoins dès le lendemain, 29 Novembre, on fit la tentative de s'emparer de
force de l'artillerie de la ville. Vers les huit heures du matin , un détachement des
troupes de ligne fut envoyé au Ramhof, & y fit forcer les portes de l'arsenal ; mais.
l'émeute populaire qui se manifesta auflitôt, empêcha de passer outre. La foule qui s'étoit
portée en cet endroit, paroifloit vouloir arrêter la force par la force. On commanda
sur le champ un détachement des soldats de la ville, qui fut porté à l'entrée du Ramhof;
mais qui n'auroit pas pu empêcher l'attroupement de pénérrer, si quelques membres du
Sénat ne s'étoient auflitôt portés sur les lieux, où leurs remontrances, appuyées par un
grand nombre de leurs concitoyens, furent assez efficaces pour empecher qu'on n'en vînt
aux voies de fait, & que le détachement françois ne fût troublé dans sa retraite, qui se
fit en ordre & paisiblement.
L'artillerie demeura donc en place, le Général VanHelden fit des excuses de ce qui
* s'étoit parte, & dans l'espace d'une heure le calme fut rétabli. Mais il ert aisé de s'ima-
giner toute l'inquiétude que "durent concevoir le Sénat & la Bourgeoisie après ce coup
d'éclat, qui ne mettoit que trop au jour un dertein formé de se défendre dans la ville,
& tous les dangers qu'elle alloit courir. On étoit sur le point de s'en expliquer vive-
ment au Général Custine, & de lui faire à ce sujet les plus prertantes sollicitations, lorsque
sur les 4 heures du foir, dès le même jour, son arrivée imprévue surprit toute la ville.
Il se rendit sur le champ, avec les officiers qui l'accompagnoient, à l'hotel de ville, ou
le Sénat restoit continuellement assemblé. Une grande affluence de peuple l'accompagna
julque fous les portiques, les Bourguemeftres regnans & ceux de Fannée précédente allèrent
l'y recevoir, pour le conduire à la salle d'audience, & là il leur fit une déclaration for-
melle portant en fubfhnce : ,.
,, Que dans ces momens critiques il étoit venu pour donner avis au Magiurat qu'il