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Réflexions républicaines sur l'incarcération de plusieurs patriotes de Perpignan, par une des victimes de cette oppression (J. Anglade)

De
15 pages
impr. de J. Alzine (Perpignan). 1794. In-8° . Pièce.
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A PERPIGNAN, de l'Imprimerie dç J. Aiziitrb.
L'AN fil DE LA RÉPUBLIQUE.,
REFLEXIONS
RÉPUBLICAINES,
-
1
Sur l'Incarcération de plusieurs'
Patriotes de Perpignan.
)
Par une des Victimes de cette Oppression.
Que la vertu triomphe, en tous lieux , en tout tems
Des ej*e»K^des humains et des vœux des tyrans.
A z
RÉFLEXIONS RÉPUBLICAINES
SUR L'INCARCÉ RATION
de plusieurs patriotes de Perpignan,
Dl. toutes les époques qu'offre à méditer l'histoire de notre révo*
Infinn, la plus remarquable , comme la plus instructive est celle qui
a dévoilé une partie des intrigues habiles , dont parloit Barrère à la
Convention , par lesquelles on a-voulu calomnier les patriotes pour
les opprimer, Se les opprimer pour anéantir la République. Il ne
fhJfir pas de dire : Robespierre étoit un tyran , il faut encore le per-
suader aux plus incrédules : je voudrois que chaque département
s'empressât à faire connoître toute l'étendue de ses forfaits, comme
le monument le plus utile au bien public. C'est lui qui transformoit
111 liberté en esclavage , la justice en inquisition , qui faisoit égorger
le peuple fous prétexte de le sauver. » Un homme fage , humain,
ni avec un caractère doux , ne conçoit pas plus, dit Voltaire , qu'il
y ait parmi nous des bêtes féroces ainsi altérées de carnage , qu'il ne
conçoit des métamorphoses de tourterelles en vautours. » Cependant
rien n'est plus vrai que la barbarie de Robespierre i c'est que l'oubli des
principes enfante des monstres : puniffons les coupables , mais proté-
geons les innocens.
C'est fous ces auspices salutaires que j'oserai parler des patriotes de
Perpignan, accusés de fédéralisme ou royalisme , c'est-à-dire d'avoir
partagé les sentimens & la conduite des Lyonnais , des Toulonnais,
&c. 8tc. 3 Qu'ont - Us fait pour mériter cette infâme inculpation i
Ames sensibles & vraiment républicaines, voici un précis de l'origine
&. des fuites du fédéralisme ; lisez Se jugez ! - l:)
Dès les premiers jours de la Convention nationale, dit Jean-Bon
St.-André, le projet de fédéraliser la France femanifefta ouvertement..
» Au nombre des auteurs Se complices de cette conspiration-contre
l'unité & l'indivisibilité de lu République, contre la liberté Se la sûreté.
du peuple Français, étoient Brissot , Janfonné, Guadet, Pétion ,
Rolland , Carra 1- Riroteau , &c. &c. Ils cherchèrent à empoiibnner
la liberté Se l'esprit.public dans leur source , en dépravant ou eii
égarant L'opinion générale, ; plusieurs unirent leurs plumes à celles
de cçnt journalistes mercénaires, pour tromper la nation entière sur
lç caractère de ses mandataires, 8< sur les opérations; de da Convien-
tkiru Rbllao^ avoit organité çhez lui..des ateliers (j'iIJJ.P'Ollwe 4e de
calomnie; Rolland interceptoit, par le moyen des administrateurs
(4)
infideles des postes, qu'il avoit choisis, les correrpondances patrio
tiques, &£ le petit nombre. d'écrits utiles que le civisme pauvre Se
persëcuté pouvoit publier pour la défense des principes & de la vérité ;
il fepermettoit souvent de supprimer les discours des députés répu-
blicains, dont l'envoi avoit été ordonné par la Convention ; quelquefois
même il porta l'audace au point de les tronquer & les falsifier.
Rabaut, dit St Étienne, te fignaloit par un autre genre de talent
remarquable ; il s'était fait directeur d'un papier très-répandu ( le
moniteur ), qui étoit sensé rendre, avec une exaftitude littérale , les
opinions des orateurs de la Convention ;-en cette qualité, on donnoit
aux discours des patriotes le caractère & les modifications analogues
au genre de calomnie que la faftion avoit mis à l'ordre du jour.
Souvent par l'addition , par la soustraction ou par le déplacement d'un
mot, il faisoit délirer, aux yeux de l'Europe entière, tous les dé-
fenseurs de la République Française ; il avoit un émule dans la per-
sonne de son collègue Louvet, qui recevoir 10,000 livres par an, pour
mentir à l'univers dans le journal des débats dé la Convention.
» A ces indignes moyens se joignoit la correspondance mensongère
des agens de la faftion avec leurs commettans ; les déclamations dont
ils faisoient chaque jour retentir le fanôuaire des lois ; souvent même
des pétitions qu'ils avoient la lâcheté de mendier ou de difter, &
jusqu'aux réponses du président ; en un mot, la tribune, le fauteuil,
la barre , la correspondance, les papiers publics, tout alors sembloit
prostitué à. la calomnie » (1). Comment donc ne pas se tromper
sur le- véritable état des choses à Parisl; mais comment en conclure
que nous avons partagé par là le crime des conspirateurs (2) ?
(
(1) jîcle d'accusation contre plusieurs membres de la Convention
nationale, présenté au nom du comité de fureté générale par André,
Amar & imprimé par ordre de la Convention.
(2) D'après cet extrait, si on sépare d'un discours ou d'un écrit
quelconque relatifs aux événement du 31 Mai, ce qui est purement
historique, de ce qui est principe ; ce qui vient des autres, de ce
qui vient du rédacteur; il est aisé de connoître s'il y a le moindre
figne de conspiration. » Une critique même, dit T. J., quelque
audacieuse qu'elle puisse être, n'est point une conspiration. Autant
vaudroit accuser quelqu'un d'assassiner un malade ,lorsqu'il montre
Jes fautes de son médecin. Nul ne détruit si radicalement le gou-
vernement; que celui qui en tire un ufuge directement contraire à
la fin pour laquelle il est institué. » Sifième. let. de la montag..
Je ne parlerai point des dispositions avec lesquelles nous devons
porter nos jugemens ; s'il est nécessaire de connoître les choses t
ou les personnes, leurs habitudes, le degré de leur intelligence,
dé leur intérêt personnel, de leur méchanceté, de leur obstination ,
tejfet que teue - ou telle punition-peut produire dans les esprits ;
(5)
Ai
* L'une des conséquences les plus importantes qu'ils tiroient de tant
le démarches calomnieuses, ajoute Amar, étoit la nécessité d'entourer
la Convention d'une espèce de garde prétorienne, fous le nom de force,
départamentale. Us ne cefroient de présenter cet étrange projet, qui
étoit la première bafe de leur système de fédéralisme §c de tyrannie.
Bientôt un grand nombre d'administrations excitées par leurs dange-
reuses insinuations, & encouragées par leurs réquisitions particulières,
rompirent les liens qui les attachoient à la représentation nationale :
elles osèrent lever des bataillons, &c. » Certes, si ce font là les bases,
it-la çondaite des fédéralistes , qui pourra ouvertement ncus compter
parmi ce nombre ? qui pourra lire le discours suivant que je pro.
nonçai à lafociété populaire, le premier Janvier 1793 ( style barbare) ,
.sans gémir de la facilité avec laquelle nous y avons été. compris
» On vous dit que la liberté est en péril, que nos représentans font
ssus le couteau des despotes , que la Convention nationale doit quitter
Paris , ou les départemens volera fonfecours. Qu'elle est donc la con-
duite que vous devez tenir 1 ne vous y trompez pas , frères & amis , ce
fera sans doute,celle d'un homme sage qui ne veut point sacrifier la réa-
lité à des chimères, ou à des ouï-dire, qui redouble de méfiance, comme
plus en s'efforce à le précipiter en aveugle, dans des démarches
qui pourroient lui arracher le plus violent repentir. Si vous avez des
lettres de Biroteau, vous avez aussi le silence de ses collègues , celui
de la majorité de la Convention, qui, comme vous savez, est l'horizon ,
que nous devons avoir sans-cesse fous les yeux. Croyez-vous qu'ils
n'aiment pas la liberté comme nous 1 croyez-vous qu'ils n'auroient
pas sonné la cloche d'alarme, si le danger étoit si imminent qu'on
vous l'a dépeint ? -
La Convention nationale feroit-elle réellement menacée , faudroit
il se lever 1 faudroit-il courir ? non , parceque nous ne sommes pas
nous toute la France , parce que nous manquerions aux principes les
plus sacrés du républicaniCme, qui demandent de l'ordre dans tout
ce que nous faisons, parce que nos frères des départemens nous
croiroient à notre poste quand nous n'y ferions plus , parce que c'est
à la Convention nationale feule à commander Se à nous à obéir.
Voulez-voas servir la République , voulez-vous profiter des exein,
pies que l'histoire nous présente ? méfiez-vous de toute espèce d'exal-
tation ; soyons tout de glace pour entreprendre & tout de feu pour
obéir. Ce qui perdit Athènes , ce qui perdit Rome, ce furent ces com-
motions partielles, ces élans de l'amour propre, qui nous représentent
puisque rien ne doit être fait que pour concourir au bien public ;
Vhonnête' homme trouve tout cela gravé dans son coeur. Ah ! que-
- ses ennemis de la question intentionnelle doivent être précieux aux
conspirateurs qui condamnent si cruellement les bonnes intentions
des républicains l
(6 )
les choses si différentes d'elles-mêmes, qui ,. nous font perdre de yije nos
plus chers intérêts,, lors même que nbus nous ëroyons plus assurés de
les. servir. 1 ,
Le véritable point d'appui d'une république est dans l'amour de l'ar-
dre, dans l'union indissoluble des individus qui la composent, dans là
résolution" inébranlable de sacrifier en tout temps & en tout lieu la
volonté particulière à la volonté de tous.
Cet amour de l'ordre , cette union imperturbable , cette résolution
fainte qui, de la volonté de vingt-quatre millions d'hommes , ne fait
plus qu'une feule volonté , se trouvent réunis dans le refped&{. l'o-
béiffance sans borne que nous devons à la Loi. Manquer à la Loi, ci-
toyens , quelle que foit la portion qu'il s'agisse d'enfreindre, quel que
foit le motif qui nous y détermine , nous forâmes déjà à moitié chemin
de notre perte. Point de liberté, point de république, point de bonheur
partout où la Loi ne fera pas idolâtrée, partout ou elle ne fera pas re-
gardée comme le principe de tous nos mouvemens 8c la règle de tou-
tes nos délibérations. Or que fait-on lorsqu'on vous propose de pren-
dre les armes y en ne confiiltant que votre opinion particulière , de
quitter le poste que la loi vous recommande , pour courir en aveugles
à celui qu'elle ne vous a point confié 1 que fait-oa lorsqu'on vous insi-
nue de donner l'exemple dangerenx d'une itif,.ibordiva "tion déchirante ,
d'une autorité illusoire ; lorsqu'on vous dit de sauver la République, par
les moyens les plus efficaces pour l'anéantir ?
LaConvention est en danger ! doutez-vous donc de la bienfuifance
du soleil lorsque vous le voyez" oftiifqué de quelqnès. nuages î 8c quels
nuages encore que les simples lettres d'un individu ! Citoyens, le grand
intérêt oo.Ja République, les bases fondamentales du gouvernement po-
pulaire font la confiance 8f la soumission. Choisissez des mandataires
fidèles, des hommes qui soient vraiment dignes de.vo.tre estime » & ra-
posez-vous sur eux du foin'de tout ce qui vous iniéreffe , ne les jugez
que d'une manière légale 8c que lorsque vous aurez des preuves cer-
taines de leur prévarication.
La Loi, citoyens , la Loi, si nous voulons torrfervèr notre point dè
ralliement avec tous nos frères de la République, si nous comptons
pour quelque chose les vertus civiques qui doivent nous caractériser.
Direz-vous encore que la nécessité efl la plus forte des lois ? où est
donc cette nécessité dans l'état actuel des choses 3 le besoin de vivre
en société , celui de jouir de nos droits quelconques, d'avoir une loi
qui puisse nous les garantirl'amour sacré de la patrie , voilà sans
domg-la première des nécessités. Socrate étoit bien pressé par la né-
cessité ; mais la Loi, dit-il, ah ! laifièz-moi mourir avec la douce fatif-
'faétion de n'avoir jamais désobéi à la Loi. - --
Oui, Citoyens, elle est le soleil moral, qui doit diriger nos idées 8c
fixer irrévocablement nos opihions elle nous commande jusqu'à pre-
sent de rester à notre poste y de le défendre par notre prudence , par
notre patience, par notre courage, par notre union, , par le prompt
acquit de nos contributions quelconques 8c paftôus Tës autres moyens

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